Vendredi 8 mai (Confinement J53)

Vendredi 8 mai (Confinement J53)

Vendredi 8 mai (Confinement J53)

Déconfinement

Du point de vue pratique, les dispositions du gouvernement français se trouvent ici, et, quant à la vie du Prieuré, il est impératif de vous renseigner au préalable sur les horaires des Offices.

La Punchline de Dom Delatte

Dans le combat spirituel, ce sont des actes intérieurs de foi, d’espérance, de charité ; c’est une attitude de calme, d’humilité et de recueillement qui assure la victoire, qui d’ailleurs ne sera que momentanée, le combat n’ayant guère de trêve.

Le combat spirituel et les armes du chrétien (Eph 6, 10-20) : commentaire de Dom Delatte

Plus le programme de la vie chrétienne est élevé (devenir conforme au Fils de Dieu), plus les fidèles ont besoin de prendre en Dieu leur point d’appui. Et non seulement le programme est large, mais l’ennemi est redoutable : il a pour lui la force, la haine, l’intelligence, une longue expérience, une perfide habileté ; nous avons affaire à partie plus forte que nous ; ce n’est pas avec la trempe de votre caractère, que vous croyez vigoureuse ; ce n’est pas avec votre regard, que vous supposez perspicace, mais avec la seule armure de Dieu que vous lui résisterez. Ne vous couvrez même pas de la sécurité que donne une longue persévérance, ou de la fierté trop naturelle des victoires que vous avez remportées, ne comptez que sur Dieu pour résister aux assauts qui vous seront livrés.

La vie chrétienne est un combat ; il nous faut en prendre notre parti. Il y a, rôdant autour de nous, nous disent d’une commune voix saint Pierre et saint Paul, une bête féroce qui ne songe qu’à dévorer. Les vocations les plus hautes sont les plus menacées : elles sont plus élevées au-dessus de la nature ; ce que nous avons promis à Dieu réclame de nous un effort plus soutenu et plus attentif, la déchéance est plus profonde, l’ennemi dépense toutes ses embûches contre ceux qui ont été le plus aimés. Rappelons-nous que le désert était semé de diables, tandis qu’Alexandrie n’en avait qu’un seul, qui jouait de la flûte sur le fronton de la porte.

Jamais l’Apôtre n’a parlé plus ouvertement de cette puissance diabolique. C’est une lutte spirituelle, nous dit-il, ce n’est pas contre la chair et le sang que nous avons à nous défendre. Tout est spirituel ici : l’ennemi, le combat, les coups, l’armure, la victoire ; par conséquent aussi la tactique et les efforts. Ce sont des actes intérieurs de foi, d’espérance, de charité ; c’est une attitude de calme, d’humilité et de recueillement qui assure la victoire, qui d’ailleurs ne sera que momentanée, le combat n’ayant guère de trêve. Ce n’est pas que les paroles, les mouvements, les génuflexions, l’eau bénite n’aient leur efficacité, mais moyennant que les actes intérieurs les animent, les inspirent, et les fassent parvenir à Dieu : « l’entraînement du corps est profitable pour un peu » (1 Tm 4, 8), dit l’Apôtre. Des mouvements qui seraient simplement musculaires ne peuvent rien contre les principautés et les puissances angéliques, contre les princes qui gouvernent ce monde de ténèbres, contre les esprits malfaisants semés dans l’air. Contre eux, l’armure qui vient de Dieu est seule efficace. Au verset 11, l’Apôtre ne semblait préoccupé que de son efficacité défensive ; le mouvement de sa pensée l’amène à montrer la valeur défensive, plus développée, et aussi la valeur offensive de cette armure. Le détail en est donné pièce à pièce : nous y retrouvons le fantassin armé de Polybe (VI, 23), tel qu’il est figuré dans les monuments. L’Apôtre a dit : « chaussures aux pieds » ; il a parlé du glaive ; il a omis les jambières et la lance dont parle Polybe. Son dessein du reste est de donner un enseignement sous forme allégorique, et un esprit bien fait ne demandera jamais à une allégorie, non plus qu’à une parabole, cette symétrie absolue qui ferait coïncider, par superposition exacte, le symbole avec la réalité. Dans un service actif, la ceinture, la cuirasse, la chaussure et le casque sont d’indispensable nécessité : la ceinture sera la fidélité, cette loyauté résolue d’une vie entièrement d’accord avec elle-même et où tout s’appuie fortement ; la cuirasse qui couvre la poitrine et le cœur, c’est la justice et l’attachement au Seigneur (dans l’épître aux Thessaloniciens, la cuirasse symbolise la foi et la charité) ; les pieds sont fortement chaussés, afin de porter résolument l’Évangile de la paix, malgré tous les obstacles du chemin ; les mains sont armées du bouclier de la foi pour arrêter les traits enflammés de l’ennemi ; la tête est défendue par le casque, c’est l’espérance : « l’espérance ne déçoit pas » (Rm 5, 5 ; cf. 1 Th 5, 8).

L’arme offensive, c’est le glaive de la parole de Dieu, la parole de l’Évangile et la Sainte Écriture. Il est à noter qu’au cours de la tentation, c’est toujours avec une parole de l’Écriture Sainte que le Seigneur défait le diable. Avec la parole de Dieu, c’est aussi la parole qui s’adresse à Dieu avec instance et à toute heure.

Déjà dans l’épître aux Romains (Rm 8, 26) l’Apôtre nous a fait connaître celui qui inspirant notre prière la fait s’étendre à tous les besoins de l’Église. Dans cette prière des chrétiens, il sollicite une place, afin que même à Rome, même dans les fers, il lui soit donné de parler dignement du mystère du Christ, et d’annoncer l’Évangile, avec la sainte hardiesse qui convient. Nous vivons, nous, à une heure où l’Église a une histoire et un long passé de gloire surnaturelle ; mais en l’an 62 du Christ, si nous voulons y réfléchir, il fallait une rare dose de foi, de courage, et de confiance, pour promettre la rénovation de l’humanité par un Juif, par un Juif condamné par toutes les juridictions, par un Juif crucifié.

8 mai (calendrier romain) : Apparition de Saint Michel au Mont Gargan

Parmi tous les anges, c’est, sans aucun doute, saint Michel le plus vénéré. Son culte remonte jusqu’à l’antiquité chrétienne. Il est considéré comme le patron de l’Église catholique, le guide des âmes des défunts au paradis (cf. l’Offertoire de la messe des morts). Sa fête est, depuis toujours, célébrée le 29 septembre. Au sixième siècle, on ajouta la fête de l’apparition de saint Michel au Mont Gargan. Cette fête s’étendit bientôt à l’Église universelle. Ce qu’on célèbre, à proprement parler, aujourd’hui, c’est la dédicace de l’Église du Mont Gargan. Parmi les autres apparitions de l’archange, la plus connue est l’apparition à saint Grégoire le Grand. Saint Michel apparut sur le château Saint-Ange (qui porte justement ce nom à cause de l’apparition). Le Pape avait organisé, en 590, une grande procession pour demander à Dieu la cessation de la peste. L’ange, pour signifier que la peste était finie, rentra son épée au fourreau. Signalons aussi l’apparition de saint Michel au Mont-Tombe, qui devint le Mont Saint-Michel.

Saint Michel archange, défendez-nous dans le combat, afin que nous ne périssions pas dans le redoutable jugement.

Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

Prières

Oratio

Deus, qui, miro órdine, Angelórum ministéria hominúmque dispénsas : concéde propítius ; ut, a quibus tibi ministrántibus in cælo semper assístitur, ab his in terra vita nostra muniátur. Per Dóminum.

Oraison

Ô Dieu, qui dispensez avec un ordre admirable les ministères des Anges et des hommes, accordez-nous dans votre bonté, d’avoir pour protecteurs de notre vie sur la terre, ceux qui sans cesse, dans le ciel, vous entourent et vous servent.

Prière de Raban Maur (780-856)

Christ, gloire des saints Anges, guide et créateur du genre humain, en votre bonté, daignez nous faire monter aux cieux éternels. Veuillez du ciel nous envoyer Michel, l’Ange de la paix, en cette demeure, et que sa venue fréquente nous procure toute prospérité. De là-haut, que prenne son envol Gabriel, l’Ange de la force, pour chasser l’antique ennemi, et qu’il vienne plus souvent en ce temple nous visiter. Envoyez-nous des cieux Raphaël, l’Ange médecin du salut, pour guérir tous les malades, et en même temps diriger tous nos actes. Qu’enfin, de là-haut, Marie, Mère de notre Dieu, que tous les chœurs des Anges avec elle, nous assistent sans cesse, et aussi toute l’assemblée des Bienheureux. Que le Dieu Bienheureux nous l’accorde, qui est Père, Fils et Saint-Esprit, et dont la Gloire retentit dans le monde entier. Ainsi soit-il.

Prière d’Adam de Perseigne (1145-1221) à la Très Sainte Vierge

Mon âme magnifie le Seigneur ! Comment donc le magnifiez-vous, ô Vierge, puisque vous ne le rendez, ni de petit, grand, ni de grand, plus grand ? Vous magnifiez cependant, parce que vous louez, vous magnifiez parce que, parmi les ténèbres de ce monde, plus lumineuse que le soleil, plus belle que la lune, plus odorante que la rose, plus blanche que la neige, vous faites connaître Dieu davantage. Vous le magnifiez, non pas en apportant un accroissement à la grandeur sans mesure, mais en apportant, au milieu des ténèbres du monde, la lumière de la vraie divinité, inconnue des gens de ce monde. Votre âme magnifie le Seigneur, qu’est-ce à dire ? Sinon que vous-même êtes par lui magnifiée jusqu’à recevoir magnifiquement la plénitude de grâce, et à vous étendre jusqu’aux magnificences d’une gloire unique. « Vous étendre », parce que vous êtes toute trempée de la rosée du Saint-Esprit, tout entière imprégnée de l’onction céleste, si bien que votre âme, désireuse d’aimer, s’étend comme une toison huilée, jusqu’à parvenir au Verbe de Dieu lui-même. Vous êtes en effet le réceptacle du Verbe. Vous êtes la Mère de Dieu, le terme au péché. Que par votre intercession mon âme apprenne à s’éloigner du mal, à prendre exemple sur vos vertus, et à magnifier le Seigneur à qui appartient honneur et gloire, autorité et puissance, dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Antienne

Ã. Cognovérunt Dóminum, allelúia, in fractióne panis, allelúia.​

Ã. Ils reconnurent le Seigneur, alleluia, à la fraction du pain alleluia.

Antienne grégorienne “Cognoverunt Dominum aeua”

Antienne Cognoverunt Dominum aeua

Jeudi 7 mai (Confinement J52)

Jeudi 7 mai (Confinement J52)

Jeudi 7 mai (Confinement J52)

La Punchline de Saint Jean Climaque

J’appelle « chrétien » le fidèle qui, de toutes ses forces, tâche dans ses paroles, dans ses actions et dans toute sa conduite, de marcher sous les étendards de Jésus Christ, et qui, par une foi pure, sincère et ardente, par une vie sainte, et par une charité enflammée, est tout dévoué à la très sainte Trinité.

Mère Cécile Bruyère : Sur ceux qui avancent rapidement dans la vie spirituelle #3

Suite des articles du 28 avril et du 4 mai.

Charité fraternelle

Ceux qui ambitionnent les faveurs divines doivent aussi se montrer larges et généreux envers le prochain. Nous fournissons à Dieu plus que nous ne pensons, la mesure de ses grâces ; et souvent sa conduite à notre égard est calquée sur ce que nous sommes pour nos frères : « La même mesure avec laquelle vous aurez mesuré servira de mesure pour vous » (Lc 6, 38). La sévérité, la sécheresse, la personnalité nous méritent, de la part de Dieu, un juste retour de rigueur. Nous en avons la preuve dans cette parole du Seigneur Jésus qui semble déterminer la matière du divin jugement : « En vérité, je vous le dis, toutes les fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait. Et ceux-ci iront au supplice éternel » (Mt 25, 45-46). Tandis que la charité est la marque distinctive des vrais disciples du Christ, qui l’enseignait à ses Apôtres, en leur disant : « Je vous donne un commandement nouveau: que vous vous aimiez les uns les autres, comme je vous ai aimé,  afin que vous vous aimiez les uns les autres. C’est en ceci que tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres » (Io 13, 34-35). C’est même aux œuvres de miséricorde que le prophète attribue la rémission des péchés : « Apprenez à faire le bien, recherchez la justice, assistez l’opprimé, faites droit à l’orphelin, défendez la veuve. Et venez et discutons ensemble, dit le Seigneur; et si vos péchés sont comme l’écarlate, ils deviendront blancs comme la neige; et s’ils sont rouges comme le vermillon, ils seront blancs comme la laine » (Is 1, 17-18).

L’amour du prochain est aussi la marque de la vraie vie : « Nous, nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons nos frères » (1 Io 3, 14) ; « Celui qui aime son frère demeure dans la lumière et aucun sujet de chute n’est en lui » (1 Io 2, 10). Saint Paul veut que cette charité s’exerce aux dépens de soi-même : « Portez les fardeaux les uns des autres, et ainsi vous accomplirez la loi du Christ » (Gal 6 , 2). Mais ce qui donne une plus vive lumière à toute cette doctrine, c’est la parole même du Sauveur : « Ce n’est pas seulement pour eux (les Apôtres) que je prie, mais aussi pour ceux qui doivent croire en moi par leur parole, afin que tous soient un, comme vous, Père, êtes en moi, et moi en vous, afin qu’ils soient, eux aussi, un en nous » (Io 17, 20-21). Comment donc celui qui rompt l’unité bénéficierait-il de cette prière, source unique de toute sanctification ?

Détachement

Ceux qui marchent d’un pas plus rapide sont encore ceux qui se dépouillent volontiers et persévéramment de ce qu’ils ont ou de ce qu’ils sont : « Ainsi donc, quiconque d’entre vous ne renonce pas à tout ce qu’il possède ne peut être mon disciple » (Lc 14, 33). Ce que Notre-Seigneur exprime encore ainsi : « Et si quelqu’un veut t’appeler en jugement pour te prendre ta tunique, abandonne-lui encore ton manteau » (Mt 5, 40). Cette facilité à abandonner ce que l’on possède marque le détachement indispensable à celui qui veut s’élever sur les ailes de l’esprit. C’est encore la loi de l’athlète : « Tous ceux qui combattent dans l’arène s’abstiennent de tout » (1 Cor 9, 25).

Vaillance

Enfin, ceux-là fournissent une course prompte, qui s’arment de courage et qui bravent l’obstacle : Qui donc nous séparera de l’amour du Christ? la tribulation ? ou l’angoisse ? ou la faim ? ou la nudité ? ou le danger ? ou la persécution ? ou le glaive?… Mais en tout cela nous demeurons victorieux, par celui qui nous a aimés » (Rm 8, 35-37). Ces violents emportent d’assaut le royaume des cieux ; à eux s’applique de droit cette parole : « Au vainqueur je donnerai de la manne cachée, et je lui donnerai un caillou blanc ; sur ce caillou est écrit un nom nouveau, que personne ne connaît, si ce n’est celui qui le reçoit » (Apc 2, 17). Cette nourriture mystérieuse et ce nom inconnu, n’est-ce pas ce grand secret que Dieu dit à l’âme, lorsqu’elle atteint la parfaite charité et la consommation de son union avec l’Epoux céleste ?

Prières

Exhortation de Sainte Catherine de Bologne (1413-1463) à ses sœurs clarisses

Mes très chères sœurs et filles, il faut que je vous quitte sans retour ; Dieu le veut ainsi. Sachez cependant que je vous serai plus utile après ma mort que pendant ma vie, pourvu, toutefois, que vous soyez fidèles à remplir vos devoirs, et que vous n’oubliiez pas mes recommandations sur la charité mutuelle. Je vous l’ai dit souvent, et vous le répète encore : « Aimez la concorde, chérissez la paix ». La paix est le précieux héritage que Jésus-Christ, prêt à monter au ciel, laissa par testament, non seulement à ses apôtres, mais à tous les chrétiens, et par conséquent à vous. Jésus-Christ aime tant cette paix, et il a tant à cœur que les siens la conservent, que si vous la conservez avec soin, comme il est juste, je vous assure, et vous pouvez m’en croire, que tout vous prospérera. Oui, certainement il vous bénira, si vous supportez patiemment les défauts de vos sœurs, si vous avez pitié de leur faiblesse, si tout ce qui peut semer parmi vous la zizanie et la discorde vous est en horreur. Craignez Dieu, mes très chères filles, et rendez-lui toujours le respect et l’amour qu’il a droit d’attendre de vous ; préférant subir toutes sortes de maux que de violer un seul de ses préceptes. Conservez avec le plus grand soin votre réputation, comme vous l’avez fait jusqu’ici, pour le contentement de Dieu et l’édification du prochain.

Prière de Guillaume de Saint-Thierry (1070-1148)

Ô Amour, venez en nous ! Que disparaissent en nous devant votre face toutes les formes de maux qui, des désirs de la chair et de l’orgueil, y naissent à foison, corrompant l’amour dans l’âme créé par vous et pour vous. Car celui qui cherche quelque chose d’autre que vous, comme étant meilleur que vous, cherche ce qui n’est rien. Il se réduit à rien en s’éloignant de vous, qui seul devez être aimé vraiment. Père infiniment bon, je vous offre par le cœur douloureux et immaculé de Marie, le corps, le sang, les plaies et les mérites infinis de Jésus votre Fils bien-aimé, pour expier, purifier, suppléer pour tout ce qui nous manque ; enfin pour vous remercier. Ainsi soit-il.

Prière d’Adam de Perseigne (1145-1221)

Toute notre espérance, toute notre consolation se trouve dans Celui qu’a mis au monde notre Vierge, dans cette fleur au parfum incomparable. Oh ! Fleur qui s’épanouit dans un éternel printemps, fleur riche de grâce, toute pleine de gloire, belle de toute beauté ! Quelle suavité inestimable a son odeur, quel charme sans pareil a sa beauté, quelle douceur inépuisable a son goût ! Ô mon âme, si toujours tu pouvais respirer ce parfum ! Oh ! Si mon cœur pouvait toujours se délecter dans une telle suavité ! Tige sortie de la racine de Jessé, ô Vierge digne de toute louange, qui sans vous flétrir, avez poussé cette fleur et avez comblé ainsi de délices les cœurs et des anges et des hommes ! Ainsi soit-il.

Antienne

Ã. Iterum vidébo vos, allelúia, et gaudébit cor vestrum, allelúia, allelúia, allelúia.​

Ã. Je vous verrai de nouveau, alleluia, et votre coeur se réjouira, alleluia, alleluia, alleluia.

Antienne grégorienne “Iterum videbo”

Antienne Iterum videbo

Mercredi 6 Mai (Conf. J51) : Saint Jean devant la Porte Latine

Mercredi 6 Mai (Conf. J51) : Saint Jean devant la Porte Latine

Mercredi 6 Mai (Conf. J51) : Saint Jean devant la Porte Latine

La Punchline du Père Garrigou-Lagrange O.P.

Malgré les tristesses parfois accablantes de la vie présente, nous avons trouvé le vrai bonheur ou la paix, du moins au sommet de l’âme, lorsque nous aimons Dieu par-dessus tout, car la paix est la tranquillité de l’ordre, et nous sommes alors unis au principe même de tout ordre et de toute vie.

Saint Jean devant la Porte Latine (Vies des Pères, etc. par Alban Butler et Godescard)

Les fils de Zébédée, Jacques et Jean, ne connaissaient encore ni le mystère de la croix, ni la nature du royaume de Jésus-Christ, lorsque, par l’organe de leur mère, ils le priaient de les faire asseoir l’un à sa droite, et l’autre à sa gauche, c’est-à-dire, de leur donner les deux premières places de son royaume. Pouvez-vous, leur dit le Sauveur, boire le calice que je dois boire ? Pouvez-vous participer à mes opprobres et à mes souffrances ? Les deux disciples répondirent affirmativement, et protestèrent à leur divin maître qu’ils étaient dans la résolution de tout endurer pour lui. Alors Jésus leur prédit qu’ils boiraient son calice, et qu’ils auraient beaucoup à souffrir pour la vérité de son évangile. Cette prédiction fut littéralement accomplie dans saint Jacques, lorsque Hérode le fit mourir à cause de la religion qu’il professait.

Quant à saint Jean, qui aimait si tendrement son divin maître, et qui en était si tendrement aimé, on peut dire, sans faire violence au texte sacré, qu’il but du calice du Sauveur, et qu’il en partagea l’amertume lorsqu’il assista à son crucifiement. En effet, son cœur était déchiré par le sentiment des douleurs qu’il lui voyait souffrir ; mais ce n’était encore là qu’un prélude de ses peines. Après la descente du Saint-Esprit, il se vit condamné, avec les autres apôtres, à la prison, aux fouets, aux opprobres. Enfin la prédiction de Jésus-Christ eut son entier accomplissement, lorsqu’il mérita, sous le règne de Domitien (81-96), la couronne du martyre.

L’empereur Domitien, auteur de la seconde persécution générale suscitée à l’église, était universellement haï pour sa cruauté, son orgueil et ses impudicités. Il fut, au rapport de Tacite, encore plus cruel que Néron, et il prenait plaisir à repaître ses yeux du spectacle des exécutions barbares dont l’autre au moins se dérobait ordinairement la vue. Sous son règne, Rome fut inondée du sang de ses plus illustres habitants. Ennemi de tout bien, il bannit ceux qui avaient la réputation d’hommes vertueux, entre autres Dion Chrysostome et le philosophe Epictète; mais ce fut sur les Chrétiens que tombèrent ses principaux coups. Outre qu’il ne pouvait souffrir la sainteté de leur doctrine et de leur vie, qui lui était un reproche tacite de ses crimes, il était encore animé contre eux par cette haine que leur portaient tous les païens.

Saint Jean l’évangéliste vivait encore. Il était chargé du gouvernement de toutes les églises d’Asie, et jouissait d’une grande réputation tant à cause de cette éminente dignité que pour ses vertus et ses miracles. Ayant été arrêté à Éphèse, il fut conduit à Rome l’an 95 de Jésus-Christ. Il parut devant l’empereur, qui, loin de se laisser attendrir par la vue de ce vénérable vieillard, eut la barbarie d’ordonner qu’on le jetât dans une chaudière remplie d’huile bouillante. Il y a toute apparence que le saint apôtre souffrit d’abord une cruelle flagellation, conformément à ce qui se pratiquait à l’égard des criminels qui n’avaient point le droit de bourgeoisie romaine. Quoiqu’il en soit, on ne peut au moins douter qu’il n’ait été jeté dans l’huile bouillante : Tertullien, Eusèbe et saint Jérôme le disent expressément.

Nous ne craignons point d’assurer que le Saint fit éclater une grande joie lorsqu’il entendit prononcer su sentence ; il brûlait d’un ardent désir d’aller rejoindre son divin maître, de lui rendre amour pour amour, et de se sacrifier pour celui qui nous a tous sauvés par l’effusion de son sang. Mais Dieu se contenta de ses dispositions, en lui accordant toutefois le mérite et l’honneur du martyre ; il suspendit l’activité du feu, et lui conserva la vie, comme il l’avait conservée aux trois enfants qui furent jetés dans la fournaise de Babylone. L’huile bouillante se changea pour lui en un bain rafraîchissant, et il en sortit plus fort et plus vigoureux qu’il n’y était entré.

L’empereur fut très frappé, ainsi que la plupart des païens, de cet événement ; mais il l’attribua au pouvoir de la magie. Ce que l’on publiait des prétendus prodiges opérés par le fameux Apollonius de Tyane, qu’il avait fait venir à Rome, ne contribua pas peu à le confirmer dans cette opinion. La délivrance miraculeuse de l’apôtre ne fit donc sur lui aucune impression, ou plutôt elle ne servit qu’à augmenter son endurcissement dans le crime. Il se contenta toutefois de bannir le Saint dans l’île de Pathmos. Ce mauvais prince ayant été assassiné l’année suivante, Nerva, rempli de bonnes qualités, et d’un caractère naturellement pacifique, fut élevé à l’empire. Saint Jean eut la liberté de sortir du lieu de son exil, et de retourner à Éphèse.

Ce fut auprès de la porte appelée Latine par les Romains, qu’il remporta ce glorieux triomphe. Pour conserver la mémoire du miracle, on consacra une église dans cet endroit sous les premiers empereurs chrétiens. On dit qu’il y avait un temple de Diane, dont on changea la destination pour le faire servir au culte du vrai Dieu. Cette église fut rebâtie en 772 par le pape Adrien I. La fête de saint Jean devant la porte Latine a été longtemps chômée en plusieurs églises. Elle a été d’obligation en Angleterre, au moins depuis le douzième siècle jusqu’à la prétendue réforme; mais on la mettait seulement au nombre des fêtes du second rang, auxquelles toute œuvre servile était défendue, excepté le labour des terres. Les Saxons qui s’établirent dans la Grande-Bretagne avaient une dévotion singulière à saint Pierre et à saint Jean l’évangéliste.

Prières

Oratio

Deus, qui cónspicis, quia nos úndique mala nostra pertúrbant : præsta, quǽsumus ; ut beáti Ioánnis Apóstoli tui et Evangelístæ intercéssio gloriósa nos prótegat. Per Dóminum.

Oraison

Ô Dieu, qui nous voyez troublés par les maux qui nous arrivent de toutes parts, faites, nous vous en prions, que la glorieuse intercession du bienheureux Jean, votre Apôtre et Évangéliste, nous serve de protection.

Prière d’Adam de Perseigne (1145-1221) à la Très Sainte Vierge

Ô Marie, pour moi, vous êtes l’ancre au milieu du ballottement des flots, le port dans le naufrage, le secours dans la tribulation, la consolation dans la douleur. Vous êtes le soulagement dans l’angoisse, le secours dans les moments où tout va mal, la juste modération quand cela va trop bien, la joie dans l’attente, le rafraîchissement dans le labeur. Tout ce que je puis gazouiller de vos louanges, ne parvient pas à être de vous une digne louange, ô digne de toute louange ! Quand même je parlerais les langues des hommes et des anges, quand même je m’épuiserais totalement, non, ce serait encore trop peu ! Ainsi soit-il.

Antienne

Ã. In fervéntis ólei dólium missus beátus Ioánnes Apóstolus, divína se protegénte grátia, intactus exívit, allelúia.

Ã. Jeté dans une chaudière d’huile bouillante, le bienheureux Apôtre Jean, protégé par la grâce divine, en sortit sain et sauf, alleluia.

Antienne grégorienne “In ferventis”

Antienne In ferventis

Mardi 5 mai (Conf. J50) : Dédicace de la Cathédrale de Besançon

Mardi 5 mai (Conf. J50) : Dédicace de la Cathédrale de Besançon

Mardi 5 mai (Conf. J50) : Dédicace de la Cathédrale de Besançon

La Punchline du P. Garrigou-Lagrange

Dans les choses de ce monde, qui contiennent du bien et du mal intimement mêlés et sont pour cela très complexes, celui qui veut être simple, manque de pénétration, reste naïf, ingénu et superficiel.

Sermon

Sur la Dédicace de la Cathédrale de Besançon

Sur la Dédicace des églises (texte de Dom Gaspard Lefebvre)

De tous temps Dieu a voulu qu’on lui érigeât des autels et qu’on lui consacrât des endroits où le peuple se réunirait pour lui rendre le culte qui lui est dû (All.) et pour y recevoir plus abondamment ses grâces (Or.). Comme autrefois Salomon pour le temple de Jérusalem, l’Église s’est toujours plu à employer toutes les ressources du génie humain et toutes les richesses de la nature pour qu’elles fissent retour à Dieu dans la construction de sanctuaires dignes de Lui.

La cérémonie de la Dédicace du Temple de Jérusalem dura huit jours et les Juifs en renouvelaient solennellement la mémoire chaque année. L’Église consacre de même ses temples par une fête qui avait autrefois presque l’éclat de Pâques et de l’Epiphanie, et dont les rites se ramènent à trois chefs principaux : consécration de l’église, consécration de l’autel et translation des reliques. Par sa dédicace à Dieu, l’église est revêtue d’un caractère qui commande le respect et la confiance. C’est là en effet, comme chez Zachée, que Jésus descend (Évang.). L’église est « la maison de Dieu, la porte du ciel, on l’appelle le palais divin » (Intr.). Elle est « le tabernacle de Dieu parmi les hommes » (Ép.) et c’est là que s’établissent les relations officielles qui relient l’homme à son Créateur, car c’est là que se déroulent les cérémonies du culte liturgique prescrites par l’Église et par lesquelles on honore les trois personnes divines. « Soyez ici présent, dit l’Évêque au jour de la Consécration, ô Dieu éternel, un en nature et trois en personnes : Père, Fils, Esprit-Saint. » La pierre ferme sur laquelle est solidement bâtie la maison du Seigneur (All.), c’est l’autel où descend Jésus et qui est le centre où tout converge dans l’église. Le Christ est en effet la pierre d’angle de l’édifice spirituel dont le temple matériel n’est que l’emblème et qui est formé par la réunion de tous les chrétiens, « ces pierres vivantes taillées par le ciseau des épreuves et polies par le marteau des souffrances, pour devenir le temple divin où honneur et gloire sont rendus en tous lieux au Père, au Fils et au Saint-Esprit » (Hymne de Mat., Postc.). Et ce symbole est d’autant plus réel que, comme l’église et l’autel qui sont d’abord lavés, puis oints de l’huile sainte, et qui reçoivent Jésus-Hostie, chaque chrétien est lavé dans les eaux du Baptême, oint du chrême de la Confirmation et reçoit l’Eucharistie dans son cœur. Le temple matériel est enfin le symbole de la Jérusalem céleste où retentissent continuellement les chants d’allégresse des élus. Un jour en effet l’Église glorifiée entrera à tout jamais dans le vrai sanctuaire de Dieu qui est le ciel (Ép.).

Jésus s’invite chez Zachée (Lc 19, 1-10) : Commentaire de Dom Delatte

L’histoire de Zachée est propre à saint Luc. L’enseignement qu’elle contient nous sera révélé dans la conclusion de l’épisode : l’évangile est universel ; tout le monde peut devenir fils d’Abraham, moyennant une conversion sincère et la foi ; le Royaume des cieux n’est fermé ni aux riches, ni aux publicains, ni aux pécheurs. — Le Seigneur était entré dans Jéricho et traversait la ville. Et voici qu’un homme, nommé Zachée, cherchait à voir qui était Jésus. C’était un chef des publicains, de la corporation détestée. Les fonctionnaires qui prélevaient les impôts au nom de Rome étaient considérés comme des pécheurs publics, et leurs exactions achevaient de les rendre impopulaires. Zachée était riche : il reconnaîtra lui-même que sa gestion n’avait pas toujours été sans reproche; mais une curiosité éveillée par la grâce lui faisait désirer de voir le Seigneur. Il n’y parvenait point, car la foule était dense et lui de petite taille. Alors il devança le cortège, courut dans la direction que Jésus devait prendre, monta sur un sycomore, et attendit. Le Seigneur n’ignorait pas le dessein du publicain, puisqu’il l’avait intérieurement inspiré ; et, arrivé sous le sycomore, il leva les yeux et interpella Zachée par son nom : « Zachée, hâtez-vous de descendre, car aujourd’hui c’est dans votre maison que je dois demeurer. » Le Seigneur s’invite lui-même, familièrement ; il donne au publicain beaucoup plus que celui-ci n’avait espéré. Et Zachée, en hâte, descendit et le reçut chez lui, tout heureux.

Mais en constatant quel gîte s’était choisi le Seigneur, tous, c’est-à-dire la portion pharisienne de la cité, les nombreux prêtres de Jéricho, tous s’étonnent, murmurent, selon leur habitude, et se disent l’un à l’autre : «Il a pris son logement chez un pécheur! » Cependant la bonté du Seigneur fut justifiée par son fruit même. La conversion de Zachée, en effet, fut immédiate, et la seule présence de Jésus accomplit en un instant ce que toute la hauteur pharisienne eût été bien incapable d’obtenir. À l’entrée de sa maison, ou un peu plus tard, le chef des publicains, debout, dit au Seigneur sa résolution généreuse et bien arrêtée : « La moitié de mes biens. Seigneur, je la donne aux pauvres ; et si j’ai nui à quelqu’un, je lui restitue le quadruple. » Il parle comme si la chose était déjà faite. Et le Seigneur affirme qu’en cette heure même le salut a été accordé à la maison de Zachée, et qu’il est, lui aussi, un vrai fils d’Abraham. En dépit du mépris qu’affectait la Synagogue pour les collecteurs de l’impôt étranger, la grâce de Dieu a prévenu ce publicain. Car le Fils de l’homme est venu en ce monde à dessein de chercher et de sauver ce qui était perdu (Mt 25, 24 ; Lc 5, 32). En vérité, dira bientôt le Seigneur aux pharisiens, les publicains et les pécheresses vous précéderont dans le Royaume de Dieu (Mt 21, 31).

Saint Pie V (1504-1572) : extrait du Liber Sacramentorum du Cardinal Schuster O.S.B.

Le nom de Frère Michel Ghislieri — Pie V — orne le frontispice du Missel et du Bréviaire romains, parce que c’est sous son autorité que s’acheva la révision des livres liturgiques expressément réservée au Saint-Siège par le Concile de Trente. Outre ces mérites dans le domaine de la liturgie, saint Pie V a la gloire d’avoir été le Pape de la réforme que depuis deux siècles déjà, appelaient en vain les Pontifes ses prédécesseurs, les conciles, un grand nombre d’évêques et de saints de cette époque si complexe qu’on appelle communément la Renaissance.

Saint Pie V est donc le Pape de la réforme ecclésiastique ; non pas en ce sens qu’il fût le premier à la vouloir et à l’inaugurer, puisque, quand il monta sur le trône de saint Pierre, le Concile de Trente était déjà terminé depuis un certain temps. Mais il fut le Pape de la réforme en tant que, par son autorité et par son exemple, il mit définitivement la Curie romaine et l’épiscopat tout entier sur la voie de ce réveil salutaire de l’esprit ecclésiastique, que plusieurs de ses prédécesseurs, tout en le désirant dans leur cœur, n’avaient pas su soutenir, faute de courage et de constance.

On s’étonne que saint Pie V, de famille modeste, et pauvre religieux dominicain, ait pu s’élever si haut pour le bien de l’Église. Mais c’était un saint, et les instruments de sa puissance étaient la recherche de la seule gloire de Dieu et la prière assidue. Par celle-ci surtout il triompha de l’insolence des Turcs, et il sanctifia le peuple confié à ses soins.

Le saint Pontife sortit pour la dernière fois du Vatican le 21 avril 1572, huit jours avant sa mort, et ce fut une scène admirable.

Quoique malade, il voulut en ce jour visiter pour la dernière fois les sept basiliques principales de Rome, dans l’espérance, disait-il, d’en revoir sous peu les martyrs au ciel. De la basilique de Saint-Paul, il parcourut à pied presque tout le long et mauvais chemin qui conduit à Saint-Sébastien. Arrivé enfin, à bout de forces, à Saint-Jean, ses familiers le supplièrent de monter en litière, ou de remettre le reste du pèlerinage au lendemain. Il répondit en latin : Qui fecit totum, Ipse perficiat opus, et continua sa route.

Il arriva le soir seulement au Vatican, où, s’étant reposé quelque peu, il se fit lire les sept psaumes de la pénitence et le récit de la Passion du Seigneur, n’ayant même plus la force d’enlever son camauro quand il entendait prononcer le saint Nom de Jésus.

Le 28 avril, il essaya de célébrer la messe mais n’y parvint pas. Muni des sacrements, il rendit sa sainte âme à. Dieu le soir du 1er mai, et ses dernières paroles furent une invocation liturgique du Bréviaire :

Quaesumus, Auctor omnium,
In hoc Paschali gaudio,
Ab omni mortis impetu
Tuum defende populum.

« Daignez, Auteur de toutes choses, En cette joie de Pâques, contre tout retour de la mort, défendre votre peule »
.Sixte-Quint transporta son corps dans une chapelle de Sainte-Marie-Majeure, où on le vénère encore aujourd’hui.

Prières

Oratio

Deus, qui nobis per síngulos annos huius sancti templi tui consecratiónis réparas diem, et sacris semper mystériis repæséntas incólumes : exáudi preces pópuli tui, et præsta ; ut, quisquis hoc templum benefícia petitúrus ingréditur, cuncta se impetrásse lætétur. Per Dóminum.

Oraison

Ô Dieu, qui renouvelez chaque année en notre faveur le jour où ce saint temple vous a été consacré, et qui nous conservez en état d’assister à vos saints mystères, exaucez les prières de votre peuple et accordez à quiconque entrera dans ce temple pour demander vos grâces, la joie de les avoir obtenues.

Oratio

Deus, qui, ad conteréndos Ecclésiæ tuæ hostes et ad divínum cultum reparándum, beátum Pium Pontíficem Máximum elígere dignátus es : fac nos ipsíus deféndi præsídiis et ita tuis inhærére obséquiis ; ut, ómnium hóstium superátis insídiis, perpétua pace lætémur. Per Dóminum nostrum.

Oraison

Ô Dieu, qui, afin d’écraser les ennemis de votre Église, et de réformer le culte divin, avez daigné choisir pour Pontife suprême le bienheureux Pie, faites que nous ressentions le secours de sa protection, et que nous nous attachions à votre service de telle sorte qu’après avoir triomphé de toutes les embûches de nos ennemis, nous goûtions les joies de l’éternelle paix.

Prière de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153) à la Très Sainte Vierge

Ô glorieuse Marie, qui pourra mesurer la longueur, la largeur, la hauteur, la profondeur de votre miséricordieuse bonté ? Sa longueur s’étend jusqu’aux derniers jours du monde, où vous exaucerez encore ceux qui vous invoqueront ; sa largeur enveloppe l’univers entier, et toute la terre est remplie de votre clémence ; sa hauteur s’élève jusque dans la céleste Jérusalem, dont elle a réparé les ruines ; sa profondeur est descendue jusqu’aux régions des ténèbres ; elle a porté la rédemption à ceux qui étaient assis à l’ombre de la mort. Ô Marie, par votre douce miséricorde, vous compatissez avec tendresse à nos misères, et par votre charité puissante, vous les soulagez avec efficacité. Ô Vierge bénie, faites-nous sentir la douceur de votre grâce ; obtenez, par vos saintes prières, aux pécheurs leur pardon, aux malades leur guérison, aux faibles le courage, aux affligés la consolation, à tous ceux qui sont dans le danger le secours et la délivrance. Que tous ceux, ô Vierge clémente, que tous ceux qui invoqueront avec confiance le nom si doux de Marie, reçoivent en récompense la grâce de Jésus-Christ, votre Fils et Notre Seigneur, qui est le Dieu béni sur toutes choses dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Prière de Pierre de Celle (1115-1187) à la Très Sainte Vierge

Attirez-moi sur vos pas, ô Vierge Marie, afin que je cours à l’odeur de vos parfums ; attirez-moi, retenu que je suis par le poids de mes péchés et par la malice de mes ennemis. De même que nul ne va à votre Fils si le Père ne l’attire, ainsi, j’ose le dire, en quelque manière, nul ne va à lui si vous ne l’attirez par vos saintes prières. C’est vous qui enseignez la véritable sagesse, c’est vous qui obtenez la grâce aux pécheurs parce que vous êtes leur avocate, c’est vous qui promettez la gloire à quiconque vous honore parce que vous êtes la trésorière des grâces. Ainsi soit-il.

Antienne

Ã. Zachǽe, festínans descénde ; quia hódie in domo tua opórtet me manére. At ille festínans descéndit, et excépit illum gaudens in domum suam. Hódie huic dómui salus a Deo facta est, allelúia.

Ã. Zachée, descends vite, car aujourd’hui, il faut que je demeure dans ta maison. Et lui descendit bien vite, et le reçut avec joie dans sa maison. Aujourd’hui le salut a été accordé par Dieu à cette maison, alleluia.

Antienne grégorienne “Zachæe”

Antienne Zachaee

Lundi 4 mai (Confinement J49)

Lundi 4 mai (Confinement J49)

Lundi 4 mai (Confinement J49)

La Punchline du Père Garrigou-Lagrange O.P.

L’âme compliquée est celle qui juge de tout selon les impressions variables de sa sensibilité et qui veut les choses par égoïsme selon la variété de ses caprices, dans lesquels parfois elle s’obstine ou qui au contraire changent avec l’humeur, le temps et les circonstances.

Mère Cécile Bruyère : Sur ceux qui avancent rapidement dans la vie spirituelle #2

Suite de l’article du 28 avril.

Abandon

Ceux-là encore avancent plus rapidement dans les voies de Dieu, qui bannissent les inquiétudes et les prévisions indéfinies, selon la leçon de Notre-Seigneur Jésus-Christ : « Vous vous inquiétez et vous agitez pour beaucoup de choses : une seule pourtant est nécessaire » (Lc 10, 41-42). Ou encore : « Ne vous mettez donc point en peine, disant : Que mangerons-nous ou que boirons-nous, ou de quoi nous vêtirons-nous? C’est de tout cela en effet que les païens sont en quête… N’ayez donc point de souci du lendemain… à chaque jour suffit sa peine » (Mt 6, 31-34). Saint Paul insiste et apprend aux chrétiens par quelle voie il est facile de couper court à toute inquiétude : « Ne vous inquiétez de rien; mais en toute circonstance faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâce » (Phil 4, 6). Et dans un autre endroit : « Je veux que vous soyez sans inquiétude » (1 Cor 7, 32). C’est aussi la recommandation de saint Pierre : « Déchargez-vous sur lui de toutes vos sollicitudes, car lui-même prend soin de vous » (1 Pt 5, 7). Il serait superflu de rechercher les passages sans nombre dans lesquels le Saint-Esprit nous enseigne que l’inquiétude et la prévoyance exagérées sont ennemies de la vie spirituelle ; Notre-Seigneur a lui-même signalé cette disposition nuisible, comme une des causes qui étouffent la bonne semence : « Ce qui est tombé dans les épines, ce sont ceux qui ont entendu, mais vont et se laissent étouffer par les sollicitudes, les richesses et les plaisirs de la vie, et ils ne portent point de fruit » (Lc 8, 14).

Confiance

Ceux-là progressent rapidement qui ont une confiance aveugle en la bonté de Dieu ; ils compromettent ainsi le Père céleste et lui ravissent ses faveurs les plus excellentes : « Si donc vous, tout méchants que vous êtes, vous savez donner à vos enfants de bonnes choses, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit-Saint à ceux qui lui demandent » (Lc 11, 13). Ce spiritus bonus, quel est-il, si ce n’est le plein épanouissement de la charité et la consommation de l’union divine ? « N’abandonnez donc pas votre confiance; une grande récompense y est attachée » (Hbr 10, 35).

Seulement il ne s’agit pas dans ces paroles d’une confiance qui hésite et qui tremble, mais de celle-là même qui faisait dire au saint homme Job : « Même si Dieu me tuait, j’espérerais en lui » (Iob 13, 15) ; ou encore de celle indiquée au psaume : « En vous, Seigneur, j’ai espéré et je ne serai jamais confondu » (Ps 30, 2). David va même jusqu’à dire que l’abondance des suavités célestes est réservée à cette confiance : « Qu’elle est grande, Seigneur, l’abondance de Votre douceur envers ceux qui espèrent en vous,  à la vue des enfants des hommes » (Ps 30, 20). Ce que confirme Jérémie, quand il dit : « Le Seigneur est bon avec ceux qui espèrent en lui » (Ier 3, 25). C’est encore la voie de la pleine sécurité, car David assure que Dieu se fait le bouclier de ceux qui espèrent en lui (2 Sm 22, 31). Isaïe attribue aux âmes confiantes les privilèges surnaturels du plus haut prix : « Ceux qui espèrent dans le Seigneur renouvellent leur force; ils prendront des ailes comme l’aigle, ils courront sans se fatiguer, et ils marcheront sans se lasser » (Is 40, 31). N’est-ce pas assurer à la confiance en Dieu, avec la victoire définitive, le vol le plus puissant dans la contemplation ?

Il est certain que rien n’est plus odieux et plus injuste que la méfiance servile qui nous fait douter de l’infinie bonté de Dieu. Nous devons tout attendre de la générosité divine, selon ces paroles de l’Apôtre : « S’il n’a pas épargné son propre Fils, mais qu’il l’a livré pour nous tous, comment ne nous donnera-t-il pas aussi toutes choses avec lui ? » (Rm 8, 32) Ces pensées sont aussi anciennes que le monde. Dieu disait déjà par la bouche d’Ezéchiel : « Je chercherai ce qui était perdu, je ramènerai ce qui était égaré, je panserai ce qui était blessé, je fortifierai ce qui était faible, et je conserverai ce qui était gras et fort, et je les ferai paître avec justice » (Ez 34, 16). N’est-ce donc pas faire à Dieu une sanglante injure que méconnaître ses intentions miséricordieuses et s’obstiner à craindre en dépit de cette loi de la confiance ? N’est-ce pas blesser au vif le Seigneur ? Et peut-on s’étonner que saint Benoît ait donné comme conclusion de l’art spirituel ces deux admirables sentences : « Mettre en Dieu son espérance… Et ne jamais désespérer de la miséricorde de Dieu » (RB 4, 41 et 72) ?

Prières

Élévation d’Adam de Perseigne (1145-1221)

Pour nous, c’est elle le port, c’est elle l’ancre de notre espérance ; c’est elle cette femme forte, féconde et puissante, à laquelle il nous faut recourir, nous qui sommes indigents et infirmes. Sa richesse suffit à combler la pauvreté de ses enfants, sa force à délivrer ceux qui n’ont pas la moindre confiance dans leurs propres forces. À celui qui navigue sur cet océan peu sûr, Marie est l’Étoile indispensable. Elle est le port de toute miséricorde pour le pauvre monde naufragé. Que le coupable ne perde pas l’espérance ; elle, notre mère, elle qui, pour nous, a mis au monde notre Juge, a fait aussi de notre Juge notre défenseur. Si tu désires le pardon de tes fautes, lève les yeux avec confiance vers Marie, et tu obtiendras miséricorde. Si, au milieu d’une épreuve, tu te sens chavirer dans ta faiblesse, un mouvement du cœur, tu te réfugies près de Marie et tu trouveras la force et la patience. Si l’amour du monde auquel tu as renoncé vient à te poursuivre, recours à Marie, la Souveraine du monde, et tu pourras piétiner comme du fumier tout ce qui est du monde. Si l’attrait de la chair t’aiguillonne, une invocation à la Vierge, une invocation à Marie et, sous l’ombrage que la vertu du Tout-Puissant a établi en elle, l’ardeur mauvaise qui s’était allumée en toi se refroidira. Chaque fois que le démon te livre combat, réfugie-toi près de la Reine des anges : au seul signe de celle qui commande, l’astuce du tentateur s’évanouira. Oui, car elle est l’aurore qui, dès qu’elle se lève, chasse les ténèbres, met un terme aux maux, une borne à l’erreur, et fait brûler les rayons de la véritable lumière. Marie est en effet la mère de la grâce, la mère de la miséricorde, le chemin qui mène à la vie, le moule de la sainteté, le remède du repentir, l’enseignement de la patience, la joie de l’Église, le terme des misères, la porte du paradis en même temps que son port, auquel Jésus Christ daigne nous conduire ! Ainsi soit-il.

Prière de Saint Odilon de Cluny (962-1049)​

Ô très tendre Vierge et Mère du Sauveur de tous les siècles, à partir d’aujourd’hui et pour toujours, prenez-moi à votre service. Désormais, en toutes circonstances, soyez ma très miséricordieuse avocate ; venez sans cesse à mon aide. Après Dieu, en effet, je ne veux plus préférer personne à vous et, de mon plein gré, pour l’éternité, comme votre propre serviteur, je me livre à votre domination. Ainsi soit-il.

Oratio

Deus, mæréntium consolátor et in te sperántium salus, qui beátæ Mónicæ pias lácrimas in conversióne fílii sui Augustíni misericórditer suscepísti : da nobis utriúsque intervéntu ; peccáta nostra deploráre, et grátiæ tuæ indulgéntiam inveníre. Per Dóminum nostrum.

Oraison

Ô Dieu, consolateur des affligés et salut de ceux qui mettent en vous leur espérance, vous qui avez miséricordieusement agréé les pieuses larmes que répandait la bienheureuse Monique pour la conversion de son fils Augustin, donnez-nous, à la pieuse intercession de l’un et de l’autre, la grâce de déplorer nos péchés et d’en trouver le pardon en votre indulgence.

Antienne

Ã. Tristítia vestra vertétur in gáudium, et gáudium vestrum nemo tollet a vobis, allelúia, allelúia.​

Ã. Votre tristesse se changera en joie, et votre joie, personne ne vous l’enlèvera, alleluia, alleluia.

Antienne grégorienne “Tristitia vestra vertetur”

Antienne Tristitia vestra vertetur