Confinement jour 4 : Vendredi de la 3ème semaine de Carême

Confinement jour 4 : Vendredi de la 3ème semaine de Carême

Confinement jour 4 : Vendredi de la 3ème semaine de Carême

Évangile du jour commenté par Dom Paul Delatte

Io 4, 5-6 — Jésus vint en une ville de Samarie, nommée Sichar, près du champ que Jacob avait donné à son fils Joseph. Or, là était le puits de Jacob.

Pour se rendre de Judée en Galilée, le Seigneur n’avait pas de chemin plus court que de traverser la Samarie. Un Juif ne s’aventurait sur cette route que pour gagner du temps et par nécessité : ordinairement, on faisait un détour par la Pérée. Or, le Seigneur arriva près d’une ville de Samarie appelée Sichar. Malgré l’autorité d’anciens auteurs qui, comme Eusèbe, ont distingué Sichem et Sichar, il s’agit probablement de la même ville, Sichem est le nom antique, devenu dans la suite Sichar, « la ville de l’ivresse » (Is 28, 1 sq.). Elle était située dans l’étroite vallée qui sépare l’Ébal et le Garizim. Restaurée par Vespasien, elle prit le nom de Flavia Neapolis, Naplouse ; Sichar, écrit saint Jean, se trouvait près du champ que Jacob donna à son fils Joseph (Gn 48, 22). Il y avait là un puits, dit de Jacob, creusé par lui, croyait-on dans le pays. Les chapitres 21 et 26 de la Genèse nous ont appris quelle importance avaient les puits pour des tribus nomades, et aussi avec quelle violence on se les disputait parfois.

Io 4, 6-8 — Jésus fatigué de la route, s’assit tout simplement au bord du puits : il était environ la sixième heure. Une femme de Samarie vint puiser de l’eau. Jésus lui dit : « Donnez-moi à boire. » Car ses disciples étaient allés à la ville pour acheter des vivres.

Il semble que le Seigneur, pour arriver en Galilée, ait pressé la marche ; quoi qu’il en soit, il était fatigué, et il s’assit tout simplement auprès du puits, sur la margelle. C’était environ la sixième heure, notre heure de midi. Vient une Samaritaine pour puiser de l’eau ; des traditions l’appellent Photine. Et Jésus lui dit : « Donnez-moi à boire. » Comme auprès de Nicodème, le Seigneur a recours à l’apostolat de la bonté. Il n’ignore pas l’hostilité qui règne entre Juifs et Samaritains. Le temple élevé sur le mont Garizim était schismatique, il était rival du temple de Jérusalem, et les Samaritains faisaient peu d’accueil aux Galiléens qui se rendaient à la ville sainte (Lv 9, 51-56), et aux Juifs qui remontaient vers le nord. Or, la Samaritaine avait aussitôt reconnu un Juif. Les positions étaient ainsi dessinées, alors même qu’aucun mot n’avait été prononcé encore. Avec une habileté divine, le Seigneur parle le premier, et il demande un service. Il est seul, il est fatigué ; afin de permettre la confession de la Samaritaine, et de peur qu’elle n’ait à rougir devant d’autres que lui, il a envoyé ses disciples à Sichar acheter des vivres. Sans doute, les anges auraient pu s’empresser, comme au lendemain de la tentation, de lui donner assistance : mais ils ne sont pas mandés ; le Seigneur veut tenir son secours de cette créature qui survient, qui ne sait rien de lui, qui ne pressent aucunement où Dieu la mène. Le Seigneur s’en remet à elle ; il sollicite d’elle un acte facile, de simple humanité.

Io 4, 9-10 — La femme samaritaine lui dit : « Comment vous, qui êtes Juif, me demandez-vous à boire, à moi qui suis Samaritaine ? (les Juifs, en effet, n’ont pas de commerce avec les Samaritains). Jésus lui répondit : « Si vous connaissiez le don de Dieu, et qui est celui qui vous dit : Donnez-moi à boire, vous même lui en auriez fait la demande, et il vous aurait donné de l’eau vive. »

Cette diplomatie miséricordieuse n’a pas l’air de réussir dès la première heure. La Samaritaine est sur ses gardes. Elle ne témoigne que surprise, surprise mêlée d’ironie, peut-être : « Comment vous, un Juif, me demandez-vous à boire, à moi qui suis une femme de Samarie ? » Car il n’y a pas de rapports, dit saint Jean, entre Juifs et Samaritains. La réponse n’était pas aimable ; mais enfin, la glace se trouvait rompue. Supposez qu’à cet instant, vraiment décisif, le Seigneur eût répliqué avec Un peu de hauteur et de vivacité : la Samaritaine s’en serait allée, irritée et maugréant, et c’eût été fini. Mais l’âme du Seigneur est douce, et bonne, et indulgente. Il feignit de n’avoir pas compris ce qu’il y avait de désobligeant dans la réponse et poursuivit : « Si vous connaissiez le don de Dieu, et quel est celui qui vous dit : Donnez-moi à boire, c’est vous-même qui l’auriez prié, et il vous aurait donné de l’eau vive. » Nous aurons l’occasion de le remarquer souvent le Seigneur recourt volontiers au procédé socratique : il dit des choses qui semblent étranges, pour mettre en mouvement notre esprit de recherche ; son dessein est de faire sortir les intelligences du cercle étroit de leurs expériences immédiates. Ici, c’est sa démarche même qui est extraordinaire, afin de provoquer la surprise de Photine. La conduite paradoxale qui le fait, lui Juif, s’adresser à une femme Samaritaine, a excité en effet la curiosité de cette dernière ; elle a fait la réponse étonnée que nous avons lue. Votre surprise, lui répond le Seigneur, vient de ce que vous ignorez. Vous ne savez pas le don de Dieu. Vous ne savez pas que toutes ces rivalités sont effacées aujourd’hui. Si vous saviez ce que Dieu a donné au monde (Io 3, 16) ; si vous saviez le nom de celui qui s’est incliné devant vous pour vous demander un peu d’eau à boire, vous eussiez sans doute parlé la première et demandé vous-même de l’eau vive — non seulement de l’eau qui coule, à la différence de celle que les terres laissent filtrer et qu’on recueille, mais de l’eau qui jaillit.

Io 4, 11-14 — « Seigneur, lui dit la femme, vous n’avez rien pour puiser, et le puits est profond : d’où auriez-vous donc cette eau vive ? Etes-vous plus grand que notre père Jacob, qui nous a donné ce puits, et en a bu lui-même, ainsi que ses fils et ses troupeaux ? » Jésus lui répondit : « Quiconque boit de cette eau aura encore soif ; mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai, n’aura plus jamais soif ; Au contraire, l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant jusqu’à la vie éternelle. »

Cet enseignement dépassait de beaucoup la pensée de la Samaritaine ; et tout occupée de l’eau qu’elle vient chercher, de l’urne qu’elle va remplir ; ne voyant que le symbole, n’apercevant pas dans cette parabole la réalité symbolisée, elle répond au hasard : Comment ! de l’eau vive ! mais il faudrait aller jusqu’à la source même. Le puits est profond ; et vous n’avez rien pour puiser. — Pourtant, elle donne à Jésus le nom de Seigneur, ce qui est déjà de la courtoisie et du respect. Un premier pressentiment s’élève en elle : Est-ce donc que vous avez une eau meilleure que celle-ci ? Seriez-vous plus grand que notre père Jacob, qui nous a donné ce puits, à nous, Samaritains ; qui a bu de cette eau, avec ses fils, avec ses troupeaux ? S’il avait existé une eau meilleure que celle-ci, une source à fleur de terre, croyez-vous que notre père Jacob ne l’eût pas trouvée ? — On sent avec quelle jalousie les gens de Samarie gardaient, pour les opposer aux Juifs, les traditions qui les rattachaient aux patriarches. Même alors que le ton est partiellement changé, Photine demeure en garde et se défie toujours.

Le Seigneur aurait pu répondre par l’affirmative à la question directe : « Etes-vous plus grand que notre père Jacob ? » Mais il eût indisposé la Samaritaine en affirmant, comme il le fera ailleurs, qu’il y a ici plus que Jacob, plus que Jonas, plus que Salomon (Mt 12, 41-42). La vraie question, d’ailleurs, eût été ainsi déplacée par une diversion fâcheuse : car pour le Seigneur aussi bien que pour la Samaritaine, il s’agit de l’eau, mais pas de la même. Quels sont donc les avantages de l’eau offerte par Jésus, avantages tels qu’elle eût dû, la première, chercher à s’en procurer ? Peut-être, cette fois, Photine sortira-t-elle de ses mesquines préoccupations de ménage, lorsque la comparaison établie aura montré les qualités des deux eaux. « Celui qui boit de l’eau de ce puits aura soif encore ; mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus soif, éternellement. Car l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissante, en vie éternelle. » L’eau de Jacob désaltère le corps, et pour un instant, et la source en demeure extérieure ; l’eau que propose le Seigneur est bien différente ; qui en boit n’aura plus soif, il portera sa source en lui, source d’eau vive, jaillissant à flots, source qui ne tarira pas. Boire, c’est croire ; l’eau, c’est la vie surnaturelle et tous les dons créés et incréés qu’elle implique. Par sa nature, et dans sa plénitude, elle élimine de notre âme toute soif, tout désir, tout besoin. Elle suffit.

Io 4, 15-18 — La femme lui dit : « Seigneur, donnez-moi de cette eau, afin que je n’aie plus soif, et que je ne vienne plus puiser ici. » « Allez, lui dit Jésus, appelez votre mari, et venez ici. » La femme répondit : « Je n’ai point de mari. » Jésus lui dit : « Vous avez raison de dire : Je n’ai point de mari ; Car vous avez eu cinq maris, et celui que vous avez maintenant n’est pas à vous ; en cela, vous avez dit vrai. »

Mais Photine demeure obstinément fidèle à son point de vue étroit. C’est justement mon affaire, dit-elle ; voilà bien l’eau dont je voudrais, cette eau vive, moyennant laquelle on n’aurait plus soif et on ne serait plus obligé de venir de la ville jusqu’ici pour faire sa provision. — Et voici qu’elle demande enfin, qu’elle formule un désir : « Seigneur, donnez-moi cette eau… » Il va de soi que pendant qu’il parle, le Seigneur, par une opération intérieure très douce, fait descendre la lumière dans l’âme de la Samaritaine, et crée en elle les dispositions de docilité, d’humilité, de confiance, qui, seules, assurent le succès. Mais s’il y a au cœur de la Samaritaine un désir commençant de la vie surnaturelle, il y a aussi des renoncements et des éliminations à consentir. La chose est délicate ; le Seigneur prend encore un ingénieux détour : Allez d’abord, lui dit-il ; le bien de Dieu est abondant, l’eau vive coule pour tout le monde : allez dire à votre mari de venir avec vous. — Photine répond : « Je n’ai pas de mari. » C’est sa confession exacte et loyale, mais réticente. Et le Seigneur, en partie peut-être pour la tirer d’embarras et lui épargner des précisions pénibles, lui révèle sa vraie situation. « Vous avez eu raison de dire : Je n’ai pas de mari ; car vous avez eu cinq maris, et celui que vous avez maintenant n’est pas votre époux ; c’est vrai, ce que vous avez dit. »

Io 4, 19-20 — La femme dit : « Seigneur, je vois que vous êtes un prophète. Nos pères ont adoré sur cette montagne, et vous, vous dites que c’est à Jérusalem qu’est le lieu où il faut adorer. »

« Seigneur, reprend la femme, je vois que vous êtes un prophète ! » Elle confesse implicitement la vérité de ce qu’a avancé le Seigneur, explicitement la connaissance surnaturelle et la dignité de celui qui lui parle. Puis, un instant de silence. Nous allons voir que la Samaritaine, quels que fussent d’ailleurs ses torts, avait une conscience vraiment religieuse. Sitôt qu’elle a reconnu, dans la personne de Jésus, un envoyé de Dieu extraordinaire, elle lui demande la solution de ses doutes. Ce n’est pas une diversion pour échapper au Seigneur et esquiver mi reproche ; ce n’est pas davantage qu’elle ait oublié l’eau vive dont lui a parlé le prophète ; mais, avec un sens très exact de ce en quoi consiste la vie surnaturelle, un rapport normal avec Dieu et la prestation du culte qui lui est dû ; dans sa loyauté qui veut s’éclairer, elle expose le problème auquel elle a souvent pensé. On était en face du mont Garizim, où, vers 430 avant Jésus-Christ, avait été élevé le sanctuaire national. « Nos pères, dit la Samaritaine, c’est sur cette montagne qu’ils ont adoré, et vous dites, vous autres, que c’est à Jérusalem qu’est le lieu où il faut adorer. » Lorsque Photine dit : nos pères, elle ne veut pas parler seulement de la population samaritaine, confuse et mêlée, telle qu’elle s’était reconstituée après la destruction du royaume d’Israël (4 Rg 17) ; elle fait allusion à des ancêtres communs, à la souche même de la race juive ; car les Samaritains se réclamaient, en faveur de leur culte, de certains textes du Pentateuque, interprétés et quelquefois remaniés arbitrairement (Gn 33, 20 ; Dt 27, 1-8 ; Ios 24, 1). Garizim, d’après eux, était un lieu saint ; son sanctuaire jouissait d’une longue possession. Il ne peut y avoir, ripostaient les Juifs, qu’un seul temple du Dieu unique (Dt 12, 4 sq.), et Dieu a choisi Jérusalem.

Io 4, 21-24 — Jésus dit : « Femme, croyez-moi, l’heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne, ni dans Jérusalem, que vous adorerez le Père. Vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. Mais l’heure approche, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; ce sont de tels adorateurs que le Père demande. Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent doivent l’adorer en esprit et en vérité. »

Pour répondre au cas de conscience de la Samaritaine, la parole du Seigneur prend un singulier accent de solennité. Tout à l’heure, l’eau du puits de Jacob lui a fourni l’occasion d’élever les âmes jusqu’à la source divine qui jaillit en elles : maintenant, par un procédé identique, il les élève, d’un culte matériel, étroit et souvent grossier, à la conception spirituelle et définitive d’un culte aimé de Dieu. « Croyez-moi, femme, dit Jésus : l’heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne, ni à Jérusalem, que vous adorerez le Père. » C’est chose presque oiseuse de dirimer la controverse entre Juifs et Samaritains, entre le mont Sion et le mont Garizim ; désormais ces divisions n’existeront plus : le culte de Dieu ne sera plus limité à un lieu. Pourtant, dans une parenthèse rapide, le Seigneur règle à l’avantage des Juifs le problème particulier proposé par Photine : « Vous, vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons, parce que le salut vient des Juifs. » La religion des Samaritains, en dehors même des éléments idolâtriques accueillis par elle, limitée aux seuls livres de la Loi, pratiquée d’ailleurs par une population additionnée d’une forte portion païenne, était devenue une sorte de déisme chétif. Dans une lettre adressée à Antiochus Épiphane, les Samaritains n’avaient même pas hésité, afin de s’assurer un avantage sur Jérusalem, à solliciter que le temple du mont Garizim portât le nom de Jupiter Hellénique. Ils adoraient Dieu, sans doute, mais un Dieu qu’ils ne connaissaient pas. Les Juifs, plus fidèles, maintenus par un pouvoir religieux régulier, avaient conservé tout le Mosaïsme et les espérances messianiques ; ils étaient les vrais dépositaires des promesses, et c’était d’eux, c’était de Juda, que devait venir le salut (Is 2, 2-3). Leur situation était donc privilégiée, jusqu’à l’heure où la Jérusalem spirituelle n’aurait d’autres limites que les confins de la terre.

Le Seigneur reprend (23-24) l’enseignement amorcé déjà (21). La formule, cette fois, n’est plus négative : c’est l’exposé positif et formel de la grande révolution religieuse. « Mais l’heure vient, et elle est venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; car le Père réclame de tels adorateurs. Dieu est esprit, et ceux qui adorent, c’est en esprit et en vérité qu’ils doivent adorer. » Nous apprenons ici, avec l’heureuse Samaritaine, tout ce qu’il suffit à l’homme de savoir : ce que c’est qu’adorer, adorer en esprit et en vérité, adorer le Père, adorer le Père en Esprit et en Vérité. Adorer, c’est s’incliner, c’est servir : dans ce terme compréhensif, l’Écriture, après l’ancienne Alliance, résume tout l’ensemble de nos rapports avec Dieu, elle enveloppe à nouveau et le culte religieux, et la fidélité morale. Adorer en esprit, c’est adorer avec l’âme, avec le dedans comme avec notre corps, en un mot avec l’être tout entier. Car il y aurait méprise à écarter le culte extérieur, que le Seigneur aime, alors même qu’il ne l’aime que vivifié par l’esprit. Conclure, de ce que Dieu cherche un culte spirituel et sincère, qu’il n’y a plus de place pour les attitudes extérieures de la religion, c’est se heurter à l’exemple du Seigneur lui-même, qui nous a laissé des prières orales et de qui il est dit dans saint Luc : « Ayant fléchi les genoux, il priait » (22, 41) ; c’est démentir Malachie, annonçant le sacrifice de l’Alliance nouvelle, le culte de l’Eucharistie (1, 11). Et, sans doute, adorer Dieu en vérité, c’est l’adorer non seulement par notre être, mais aussi par chacune des œuvres de notre vie, de manière à n’y laisser aucune déloyauté, aucune contradiction avec notre foi et notre prière. Mais à qui rendrons-nous ce culte vraiment complet ? A Dieu ?

On nous dit : au Père ; et trois fois, avec une insistance voulue, est répété ce nom de Père. Non que ce ne soit le même qui est réellement Dieu, et Père ; mais la Paternité de Dieu ne devait être mise en pleine lumière que par Je christianisme. Sans doute on la connaissait déjà dans l’Ancien Testament ; mais cette Paternité divine visait Israël, le peuple tout entier, rarement des particuliers. Et surtout, ce n’était pas, de façon distincte, une Paternité prenant sa source, son titre et son motif dans la vie même de Dieu, dans le mystère de la Très Sainte Trinité. Il était réservé au christianisme de faire de nous des enfants de Dieu, de donner à chacun de nous un titre à parler à Dieu comme fils. Sans omettre d’adorer chez Dieu l’être suprême, la cause infinie, le créateur et la Providence, nous lui dirons désormais, divina institutione formati : notre Père, mon Père. Et pour que l’homme osât prendre devant Dieu une attitude si nouvelle, il a fallu que Dieu lui-même donnât le signal, fît les premières démarches. Si Dieu se montre et se révèle comme Père, s’il donne pour moi son Fils unique, si je suis incorporé au Fils par la foi et le baptême, alors l’adoration me sera possible et facile. Et si Dieu me donne son Esprit, qui est aussi l’Esprit du Fils, je serai de taille à traiter intérieurement avec Dieu comme avec mon Père : « Parce que vous êtes fils, écrira l’Apôtre, Dieu a mis dans nos cœurs l’Esprit de son Fils, qui crie : Abba, Père ! » (Gal 4, 6). J’adorerai en Esprit, parce que l’Esprit-Saint me rendra témoignage que je suis enfant de Dieu, et parce que lui-même prie en mon âme, avec des gémissements ineffables (Rm 8). Et j’adorerai en Vérité, parce que, dorénavant, je ne suis plus en face des figures et des ombres, des prophètes et des promesses, mais bien en face du Fils de Dieu et en contact assidu avec des réalités, voilées sans doute, mais présentes et intimes. Adorer le Père en Esprit et en Vérité est donc, en définitive, appartenir au Fils et à l’Esprit, et se laisser guider par les deux Personnes divines jusque chez le Père : « Par le Fils, dira encore l’Apôtre, nous avons tous, Juifs et gentils, dans un même Esprit, accès chez le Père » ( Eph 2, 18).

Tels sont les adorateurs que Dieu réclame. Dieu ayant fait de son côté tout ce qui est requis pour s’assurer des adorateurs en esprit et en vérité, il ne les aura pas cherchés en vain. Il est doux pour nous de savoir que Dieu désire quelque chose ; ce quelque chose est doux en lui-même ; il est doux de le lui donner. —Spiritus est Deus… Le Seigneur veut montrer que les exigences de Dieu tiennent à son caractère même, à l’affinité profonde qui doit régner entre Dieu et celui qui l’adore. Dieu est esprit : seul, un culte en esprit peut lui agréer. Sacrifices, oraisons, jeûnes, rien ne lui sourit si l’âme ne se donne. C’est nous que Dieu veut. Et ces paroles rappellent enfin que Dieu est affranchi de toutes conditions d’espace, nullement confiné à Jérusalem ou à Garizim ; il est partout ; et il est adoré dans son temple, là où il y a un chrétien qui prie son Père en secret (Mt 6, 6).

La plénitude de doctrine qui était proposée à Photine la conduisit-elle à se demander si le Messie ne serait pas présent ? Ou bien cette doctrine si haute lui semblait-elle exiger des explications et des développements réservés sans doute au. Messie ? Du moins ne saurait-on méconnaître les tendances religieuses qui sollicitaient son cœur et son amour de la vérité. Encore que mélangée de bien des erreurs, l’attente messianique existait chez les Samaritains. « Je sais, dit Photine, — et intérieurement le Seigneur aidait cette foi, — je sais que le Messie vient, celui qu’on appelle le Christ ; lorsque celui-là sera venu, il nous annoncera toutes choses. » D’avance, elle est gagnée à lui ; sa docilité est parfaite. Et Jésus lui dit : « Le Christ, c’est- moi qui vous parle. » En Judée, nous a dit le chapitre précédent, le Seigneur ne se livrait pas, parce qu’il connaissait l’âme de chacun : ici, il se révèle tout entier. Jamais il n’a été ni plus précis, ni plus confiant.

Io 4, 31-34 — Etant revenus de la ville, ses disciples le pressaient, en disant : « Maître, mangez. » Mais il leur dit : « J’ai à manger une nourriture que vous ne connaissez pas. » Et les disciples se disaient les uns aux autres : « Quelqu’un lui aurait-il apporté à manger ? » Jésus leur dit : « Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé et d’accomplir son œuvre.

Lorsque les disciples ont laissé Jésus auprès du puits de Jacob, quelque temps auparavant, il était fatigué, il avait faim et soif : maintenant qu’ils sont revenus avec des vivres, ils le trouvent dispos, n’ayant plus besoin de rien. « Maître, disent-ils, mangez. » — « Je me nourris, leur répond le Seigneur, d’un aliment que vous ne connaissez pas. « Déconcertés par cette déclaration inattendue, ils se disaient entre eux : « Est-ce que quelqu’un lui aurait apporté à manger ? » Mais Jésus poursuit sa pensée : « Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé et de porter son oeuvre à la perfection. » Il est vraiment le Verbe du Père et se rapporte tout entier à lui et à son oeuvre. Cette oeuvre est le salut de la grande famille humaine. Elle commence à s’accomplir ; la vocation de Samarie, c’est déjà le prélude de la vocation des gentils, et une telle perspective ravit l’âme du Sauveur ; la nourriture matérielle est oubliée.

Force et fatigue du Christ (selon saint Augustin)

Quid ergo illo fórtius, per quem sine labóre facta sunt ómnia ? Infírmum vis nosse ? Verbum caro factum est, et habitávit in nobis. Fortitúdo Christi te creávit : infírmitas Christi te recreávit. Fortitúdo Christi fecit, ut, quod non erat, esset : infírmitas Christi fecit, ut, quod erat, non períret. Cóndidit nos fortitúdine sua, quæsívit nos infirmitáte sua.

Y a-t-il rien de plus fort que celui qui a fait toutes choses sans éprouver de fatigue? Veux-tu t’assurer qu’il a été faible? « Et le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous ». La force du Christ t’a créé ; la faiblesse du Christ t’a recréé ; La force du Christ a fait que soit ce qui n’était pas ; la faiblesse du Christ a fait que ce qui était ne périsse pas. Il nous créés par sa force ; il nous a sauvés par sa faiblesse.

Prières

Præsta, quæsumus, omnípotens Deus : ut, qui in tua protectióne confídimus, cuncta nobis adversántia te adiuvánte vincámus. Per Dóminum.

Faites nous vous le demandons, Dieu tout-puissant, que, pleins de confiance en votre protection, nous triomphions par votre secours de tout ce qui nous est contraire. Par Notre-Seigneur.

Litanies de Saint Roch

Seigneur , ayez pitié de nous.
Jésus-Christ, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, écoutez-nous.
Jésus-Christ, exaucez-nous.

Père céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Esprit-Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Sainte Trinité, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Marie, priez pour nous.
Saint Roch, issu de parents nobles, priez pour nous.
Saint Roch, qui avez méprisé le monde avec tant de générosité, priez pour nous.
Saint Roch, fidèle disciple de Jésus-Christ, priez pour nous.
Saint Roch, imitateur constant de la mortification de Jésus-Christ, priez pour nous.

Saint Roch, qui, pour l’amour de Jésus-Christ, avez chéri les opprobres, priez pour nous.
Saint Roch, qui, quoique innocent, avez enduré les mépris et les fers, priez pour nous.
Saint Roch, embrasé des feux de l’amour divin, priez pour nous.
Saint Roch, qui avez distribué vos biens aux pauvres, et qui vous êtes si généreusement sacrifié pour eux, priez pour nous.

Saint Roch, qui avez exposé votre vie au service des malades, priez pour nous.
Saint Roch, qui avez servi les pestiférés avec un zèle si héroïque, priez pour nous.
Saint Roch, rendu miraculeusement à la vie, priez pour nous.

Saint Roch, le salut des plus illustres cités, priez pour nous.
Saint Roch, qui avez guéri les pestiférés par le signe de la Croix, priez pour nous.
Saint Roch, dont le nom a été célébré par les oracles de l’Église, priez pour nous.
Saint Roch, notre protecteur, priez pour nous.
Saint Roch, couronné de gloire et d’honneur par Jésus-Christ, priez pour nous.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous.
V/. Priez pour nous, bienheureux saint Roch,
R/. Afin que nous méritions d’être délivrés des maladies de notre âme et de notre corps.

Oraison

Nous vous supplions, Seigneur, de veillez sur votre peuple avec un amour continuel ; et, par les suffrages et les mérites de saint Roch, préservez-nous des fléaux de l’âme et du corps. Par Jésus-Christ Notre-Seigneur. Ainsi soit-il.

Antienne

Ã. Aqua * quam ego dédero, si quis bíberit ex ea, non sítiet umquam.

Ã. Celui qui boit de cette eau, que je donnerai, il n’aura plus jamais soif.

Antienne grégorienne “Aqua quam ego dedero”

Confinement jour 2 : Mercredi de la 3ème semaine de Carême

Confinement jour 2 : Mercredi de la 3ème semaine de Carême

Confinement jour 2 : Mercredi de la 3ème semaine de Carême

Remarque préliminaire : La page d’évangile qui suit paraîtra d’actualité puisqu’il y est question de lavement de mains. Aujourd’hui on nous recommande – à raison – les gestes barrières pour se préserver et préserver les autres de la maladie corporelle. Notre-Seigneur Jésus-Christ nous invite à ne pas négliger les gestes barrières de protection pour notre âme : elle est beaucoup plus importante que notre corps. Alors ces gestes corporels que nous répétons chaque jour doivent nous renvoyer aux gestes barrières spirituels que nous devons accomplir : nous préserver de la souillure du péché et des occasions de tomber dans le péché. La maladie morale est bien plus grave que n’importe quelle maladie corporelle : elle risque d’entraîner la mort éternelle de l’enfer.

La Punchline d’Origène

Sans nous inquiéter de la tradition des pharisiens, essayons, à la lumière du bon sens, de purifier nos actions et ainsi de laver les mains de nos âmes.

Évangile du jour commenté par Dom Paul Delatte

Mt 15, 1-4 — Alors des scribes et des pharisiens de Jérusalem s’approchèrent de Jésus, en disant :  « Pourquoi Vos disciples violent-ils la tradition des anciens ? Car ils ne lavent pas leurs mains lorsqu’ils mangent du pain. » Mais Jésus leur répondit : « Et vous, pourquoi violez-vous le commandement de Dieu, à cause de votre tradition ? »

Même à une longue distance de Jérusalem, le Seigneur ne cesse pas d’être observé. La Synagogue soudoie des espions. Les pharisiens et quelques scribes de Jérusalem se concertent et se groupent auprès de Jésus : l’évangile ne précise point en quelle localité. Ils viennent, bien décidés à trouver quelque élément blâmable ; à défaut de grosses infractions, ils relèvent avec âpreté les menus détails qui leur déplaisent : c’est le propre des esprits difficiles et mécontents. Ils observent, avec malignité, la conduite du Seigneur, celle des disciples ; car critiquer les disciples, c’est encore critiquer le Maître, responsable de leur formation. Ils ont remarqué que certains disciples prenaient leurs repas avec des mains profanes, c’est-à-dire non lavées et, selon eux, impures. Peut-être n’était-ce qu’accidentellement ; mais l’hostilité conclut facilement de l’acte à l’habitude, et aime à généraliser. Saint Marc, qui écrit pour les gentils, fournit ici quelques explications. Les pharisiens, dit-il, et du reste tous les Juifs, ne se mettent à table qu’après s’être soigneusement purifié les mains. Ce n’était pas seulement question de propreté : c’était le désir d’effacer toute souillure légale, contractée par le simple contact avec une personne ou un objet réputés impurs. Aussi avaient-ils accoutumé de placer leurs synagogues ou leurs lieux de prière dans le voisinage des eaux courantes (Act 16, 13) ; et ils préparaient, dans leurs demeures, d’abondantes réserves d’eau pure (Io 2, 6).

Le précepte de la pureté légale et des ablutions était de Dieu (Lv 14, 15, 22, etc.) ; mais la précaution de se laver à tout propos, à toute heure, toutes les fois qu’on était allé sur la place publique ; l’habitude de tremper ou d’asperger coupes, vases d’airain et même lits de table, tout cela était surajouté à la Loi, tout cela venait de la casuistique des pharisiens et du ritualisme méticuleux où se complaisait leur pensée. Les exigences s’augmentaient de jour en jour : comment des gens du peuple eussent-ils pu les connaître et les supporter toutes ? L’autorité traditionnelle avait établi ces coutumes comme une défense extérieure et comme une haie de protection autour de la Loi. Qu’était-il arrivé ? Un déplacement de l’attention religieuse. On en était venu à oublier la Loi écrite, parfois même à lui préférer la tradition des hommes ; le Décalogue s’était émietté en prescriptions menues. Ce souci jaloux des rites extérieurs avait réduit d’autant la religion intérieure de chacun : au lieu de se traduire, comme il est normal, par l’attachement et la dévotion à Dieu, la piété juive prétendait se satisfaire par la fidélité matérielle à des pratiques souvent puériles. Ainsi le conflit que nous avons vu s’ouvrir jadis à propos du sabbat, se poursuit sur un autre terrain. Évitons toute méprise : dans ces cas de conscience chétifs, dans ces discussions d’apparence insignifiante, deux conceptions fondamentales et opposées de la vie religieuse se heurtent violemment.

Les pharisiens et les scribes demandent au Seigneur :  « Pourquoi vos disciples ne marchent-ils pas selon la tradition des anciens ? Pourquoi mangent-ils avec des mains impures? » Au lieu de discuter un point de détail, au lieu d’excuser, au lieu de s’arrêter aux surfaces, la réponse du Seigneur va chercher dans les cœurs les dispositions mêmes qui sont la cause première du débat. Ce n’est pas le stratagème de discussion qui consiste à déserter rapidement le terrain où l’on se sent plus faible, à déplacer la question pour reconquérir ailleurs ses avantages ; ce n’est même pas, à proprement parler, une critique répondant à une autre critique, mais plutôt une récusation opposée à des juges incompétents. Toutes les inquiétudes pharisiennes naissent d’un état d’âme profond. Le pourquoi du Seigneur rend raison de leur pourquoi : « Mais vous, leur dit-il, pourquoi transgressez-vous le commandement de Dieu, pour demeurer fidèles à votre tradition? » Comment osent-ils s’arroger la fonction de juges et de docteurs, ceux qui méconnaissent et méprisent la Loi, le code religieux selon lequel on doit prononcer ?

Mt 15, 4-9 — Car Dieu a dit : « Honore ton père et ta mère » ; et : « Que celui qui maudira son père ou sa mère soit puni de mort. » Mais vous, vous dites : « Quiconque aura dit à son père ou à sa mère : “Tout don que je fais à Dieu vous profitera”, ne sera pas tenu d’honorer son père ou sa mère. » Ainsi, vous avez annulé le commandement de Dieu par votre tradition. Hypocrites, Isaïe a bien prophétisé de vous, quand il a dit : « Ce peuple M’honore des lèvres, mais son cœur est loin de Moi ; ils Me rendent un culte inutile, enseignant des doctrines et des ordonnances humaines. »

Un précepte de Dieu a été formulé par Moïse : « Honorez votre père et votre mère » ; et encore :  « Celui-là est digne de mort qui maudit son père ou sa mère » : ce précepte implique, il va de soi, le devoir de les assister dans leurs besoins, d’assurer la vie à ceux qui nous l’ont donnée (Dt, 5, 16 ; Ex, 20, 12 ; 21, 17). Et Voici comment certains Juifs en usaient avec leurs parents :  « Que les biens dont j’aurais pu vous aider, leur déclaraient-ils, soient Corban, c’est-à-dire deviennent une offrande sacrée. » Sous le bénéfice de cette consécration intentionnelle et non réelle, ils s’autorisaient à laisser leurs parents mourir de faim, et, dans une mesure, rendaient Dieu complice de leur cruauté ; car c’était sous prétexte de ne pas manquer à Dieu qu’ils se refusaient à distraire quelque chose de leurs biens. Vraiment, dit le Seigneur, voilà une belle manière d’annuler la parole et le commandement de Dieu, pour demeurer fidèles à une tradition imaginée par vous, transmise par vous ! Est-ce là honorer son père et sa mère ? Et vous faites beaucoup d’autres choses semblables, toutes inspirées par le même esprit. — Le grief a été choisi avec un art infini : il ne s’agit plus, en effet, d’une ablution matérielle, somme toute insignifiante, mais d’un précepte divin, de droit naturel, formulé, garanti et sanctionné par Dieu ; d’un précepte qui appartenait mi-partie à la première table de la Loi, mi-partie à la seconde.

C’était une grande et forte leçon, montrant une fois de plus aux docteurs, aux foules, aux apôtres que la religion est chose d’âme, et que ce n’est pas avec des attitudes, des mots, des pratiques d’où l’esprit est absent que l’on peut se rendre agréable à Dieu. Que le Seigneur exige de nous l’accomplissement de nos devoirs envers lui, c’est doctrine bien connue : encore faut-il reconnaître qu’il n’accueille que le culte et l’adoration en esprit et en vérité. Les œuvres extérieures demeurent prescrites, sans doute, mais comme traduction de sentiments intérieurs, et parce que c’est avec notre être tout entier, ramené à l’unité et à la simplicité d’intention, qu’il nous faut paraître devant Dieu : « Que notre esprit soit au diapason de notre voix », dira saint Benoît ; et la Liturgie : « Que notre langue, notre cœur, notre vie, notre force fassent éclater la louange. » Comme dans les Psaumes et les Prophètes, comme dans le sermon sur la Montagne, comme dans cette autre circonstance où les pharisiens s’entendront appeler des sépulcres blanchis, le Seigneur accable ici de son mépris le mensonge en action, la duplicité du judaïsme. « Hypocrites, dit-il, Isaïe a bien prophétisé à votre sujet, lorsqu’il a déclaré : Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi ; c’est un culte vain qu’ils me rendent, enseignant des doctrines qui ne sont que des commandements humains (Is 19, 13, selon les Septante) ; laissant de côté la Loi de Dieu, et s‘attachant avec force à la tradition des hommes. »

La parole prophétique distingue la condition du peuple et la responsabilité plus grande de ceux qui enseignent et sont d’office les guides des consciences. Docteurs et scribes avaient autrefois bien mérité de Dieu, et déployé un effort louable pour maintenir Israël dans l’observation de la Loi ; mais ils avaient exagéré dans l’application, et avaient déplacé l’axe réel de la religion. Le Seigneur se trouve en face d’une situation inquiète, troublée, où les peuples doivent tout à la fois respecter les commentateurs officiels de la parole divine et se tenir en garde contre leurs tendances. Il y a donc une heure possible où nous devions exercer un contrôle sur l’enseignement qui nous est présenté? Oui, cette heure existe ; même elle existe toujours ; il n’est pas d’instant où nous ne devions légitimement être soucieux de notre pensée et de notre foi. A une condition cependant : c’est que nous possédions à côté de nous, comme les Juifs, la norme vivante selon laquelle se fera l’œuvre de discernement. Dès lors que les Juifs avaient le Seigneur, s ‘autorisant lui-même par sa doctrine, sa sainteté, ses miracles, ils possédaient en lui la forme exacte et authentique de la pensée religieuse ; saint Pierre le reconnaissait : « Seigneur, à qui irions-nous ? Vous avez les paroles de la vie éternelle. Ils pouvaient avec sécurité, sans indécision ni insolence, grâce au Seigneur présent, faire le départ de ce qui était exact ou fautif dans l’enseignement de leurs docteurs. Les chrétiens ont été placés par Dieu dans Une condition analogue. Nous ne sommes plus, dit l’Apôtre, comme des enfants qui chancellent, comme des épaves portées çà et là à tout vent de doctrine ; nous ne sommes pas à la merci du premier venu (Eph 4, 14). Nous possédons à côté de nous, et, dans une mesure, en nous (1 Io 2, 27; Hbr 8, 10-11), la norme infaillible de l’enseignement surnaturel : ce n’est ni notre intelligence, ni notre conscience ; c’est, comme pour les Juifs de l’âge évangélique, Notre-Seigneur Jésus-Christ lui-même, enseignant, ordonnant, sanctifiant, dans la personne de son Église.

Mt 15, 10-14 — Puis, ayant appelé à Lui les foules, Il leur dit : « Écoutez et comprenez. Ce n’est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l’homme ; mais ce qui sort de la bouche, voilà ce qui souille l’homme. » Alors les disciples, s’approchant, Lui dirent : « Savez-vous que les pharisiens, en entendant cette parole, se sont scandalisés ? » Mais Il répondit : « Toute plante que mon Père céleste n’a pas plantée sera déracinée. Laissez-les : ce sont des aveugles qui conduisent des aveugles ; or, si un aveugle conduit un aveugle, ils tombent tous deux dans la fosse. »

La conversation du Seigneur avec les pharisiens et les scribes avait eu lieu probablement sans mystère et devant le peuple, à moins que celui-ci ne se soit écarté par respect lorsque les représentants de la Synagogue avaient abordé la discussion. Quoi qu’il en soit, l’évangile nous montre le Seigneur appelant « de nouveau » la foule, et lui livrant, à elle plus docile et plus droite, la moralité de l’incident. « Écoutez-moi tous, disait-il, et comprenez bien. » C’est le prélude ordinaire d’un enseignement grave. « Il n’est rien d’extérieur à l’homme qui, entrant chez lui, le puisse souiller ; mais ce qui sort de l’homme, voilà ce qui souille l’homme; ce n’est pas ce qui entre par sa bouche qui le rend impur, c’est ce qui en sort. Si quelqu’un a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! » Et Jésus abandonna chacun à ses réflexions. Tandis qu’il s’éloignait, ses disciples s’approchèrent et lui dirent : « Savez-vous bien que les pharisiens ont été scandalisés par vos paroles ?» Leur indignation s’était déjà traduite sans doute lorsque le Seigneur avait contesté la valeur des traditions rabbiniques, tout ce qui constituait précisément leur originalité, leur caractère, la source de leur autorité. Mais en plus, suggérer aux foules que la distinction des viandes pures et impures importait peu ; que les souillures légales cataloguées par eux n’intéressaient point, au fond, la religion : n’était-ce pas d’une imprudence et d’une audace extrêmes ?

Pourtant, le Seigneur maintient et accentue son dire : « Toute plante que n’a pas plantée mon Père céleste sera déracinée. » La Synagogue était de Dieu, comme origine ; elle avait pour devoir de reconnaître et de désigner le Messie, elle devait préparer le peuple à sa venue. Dans la mesure où elle se dérobait à ce devoir, elle cessait d’être la plantation de Dieu ; et en attendant que la chute de Jérusalem la déracinât complètement, la puissance divine qui l’avait constituée et qui se trouvait dans le Messie la frappait de malédiction et de stérilité. C’est déjà une mise en demeure de choisir entre le judaïsme et lui, une invitation à rompre avec l’autorité infidèle. Même alors, cependant, le Seigneur n’use pas de procédés violents : ce n’est point à la foule, mais au groupe restreint de ses disciples qu’il adresse l’injonction : « Laissez-les : ce sont des aveugles conduisant des aveugles. » Le peuple n’a ni le loisir, ni la possibilité d’étudier les Écritures. La pensée de Dieu ne lui vient que par l’intermédiaire de ses chefs, en qui il reconnaît Dieu ; il est essentiellement enseigné. Lorsqu’un aveugle conduit un aveugle, quelle chance y a-t-il pour eux de parvenir là où ils tendent ? Quelle chance n’y a-t-il pas plutôt pour l’un et l’autre de s’égarer dans les fondrières, et de s’y abîmer d’autant plus sûrement qu’ils se trouvent plus étroitement attachés (Lc 6, 39)?

Mt 15, 15-20 — Pierre, prenant la parole, Lui dit: « Expliquez-nous cette parabole. » Et Jésus dit : « Vous aussi, êtes-vous sans intelligence ? Ne comprenez-vous pas que tout ce qui entre dans la bouche va dans le ventre, et est jeté dans un lieu secret? Mais ce qui sort de la bouche part du cœur, et c’est là ce qui souille l’homme. Car c’est du cœur que sortent les mauvaises pensées, les meurtres, les adultères, les fornications, les vols, les faux témoignages, les blasphèmes. Voilà les choses qui souillent l’homme; mais manger sans s’être lavé les mains ne souille pas l’homme. »

On était arrivé à la maison où se retirait le Seigneur. Et, dans l’intimité, saint Pierre, au nom des apôtres, lui dit :  « Expliquez-nous cette parabole. » Il s’agit du thème de méditation livré aux foules et relatif à ce qui entre et à ce qui sort de l’homme, à la véritable souillure morale. Cet enseignement leur semble, à eux Juifs, bien nouveau, bien extraordinaire, et, à première vue, très opposé à la Loi, qui distingue, depuis Noé (Gn 7, 2), entre aliments purs et aliments impurs ; aussi les apôtres paraissent-ils croire à une parabole mystérieuse, symbolique, qu’il ne faut pas prendre à la lettre et qui a besoin d’une glose pour être entendue sagement. Mais le Seigneur s’étonne de n’avoir pas encore été compris :  « Vous aussi, répond-il, êtes-vous donc sans intelligence ? » Les pharisiens sont fixés dans leur orgueilleux aveuglement ; la foule est ignorante et d’esprit lourd ; mais vous ? Il est facile pourtant de reconnaître que les aliments et ce qui, de l’extérieur, entre dans l’homme, ne pénètre pas jusqu’à son cœur, jusqu’à son âme. Tout cela est élaboré dans l’estomac, pour être expulsé ensuite. Tout cela demeure donc, avant, pendant, après, toujours étranger à l’homme intime, à l’homme moral, et ne saurait lui infliger une vraie souillure. Ce qui le souille, c’est ce qui vient de lui, ce qui procède de son cœur. De là procèdent les pensées mauvaises, les adultères, la fornication, l’homicide, les vols, les actes frauduleux, la cupidité, les faux témoignages, les malignités, la ruse, les impuretés, l’envie, les blasphèmes, l’orgueil, tous les vices. Voilà qui est réellement mauvais, qui fait l’homme impur aux yeux de Dieu ; mais manger sans s’être lavé les mains est chose inoffensive !

C’est donc sur le dedans et sur l’âme que s’exercera notre vigilance. La moralité et la religion n’existent que là. Et qui tient la pensée, la volonté, l’amour premier d’où procède l’agir, tient par là même l’homme tout entier. Jamais peut-être il n’y eut de leçon plus haute que celle-ci. Pourtant, attendons-nous à rencontrer l’objection :  « Mais alors, pourquoi s’abstenir de viandes et de certains aliments ? pourquoi toutes les prescriptions de l’ascétisme ? » La réponse est aisée. Les choses dont nous nous privons ne sont aucunement mauvaises, l’épître aux Colossiens nous l’apprendra (Col 2, 21-22) ; et nous savons par l’Apôtre qu’une nourriture matérielle ne saurait, par elle-même, nous rendre ni agréables à Dieu, ni impurs (1 Cor 8-9 ; Rm 14). Là encore, ce sont les dispositions de notre cœur, l’obéissance à l’Église, le désir de nous soumettre tout entiers au Seigneur qui font la valeur de la mortification chrétienne.

Prières

Oratio

Concéde, quæsumus, omnípotens Deus : ut, qui protectiónis tuæ grátiam quærimus, liberáti a malis ómnibus, secúra tibi mente serviámus. Per Dóminum.

Oraison

Accordez à notre demande, Dieu Tout-Puissant, que, recherchant la grâce de votre protection, nous soyons délivrés de tous les maux et vous servions avec une âme tranquille. Par Notre-Seigneur.

Prière à saint Sébastien contre la maladie

Seigneur notre Dieu, laissez-vous fléchir par nos prières et nos offrandes en l’honneur de saint Sébastien, et délivrez-nous de toutes sortes de dangers par l’intercession de votre bienheureux martyr. Nous vous en prions par N.-S. J.-C. Ainsi soit-il.
Saint Sébastien, délivrez-nous, par vos prières et votre secours, des maladies contagieuses.

Père céleste, jetez les yeux sur votre doux Fils qui a tant souffert pour nous. Considérez, Seigneur, quel est celui qui souffre, et pour qui il souffre. C’est Jésus-Christ, votre fils innocent, qui souffre pour me racheter, moi votre esclave, couvert de péchés. Celui qui est la source de la vie, s’est laissé conduire au supplice comme un agneau, et obéissant jusqu’à la mort, a bien voulu mourir de la mort la plus cruelle. Votre Fils, celui que vous avez engendré éternellement de votre substance, a daigné prendre sur lui toutes mes faiblesses. Pardonnez-nous, mon Dieu, nos fautes et nos faiblesses. Ainsi soit-il.

Antienne

Ã. Audíte * et intellégite traditiónes, quas Dóminus dedit vobis.
Ã. Écoutez et comprenez les traditions que le Seigneur vous a données.

Antienne grégorienne “Audite et intellegite”

Confinement jour 1 : Mardi de la 3ème semaine de Carême

Confinement jour 1 : Mardi de la 3ème semaine de Carême

Confinement jour 1 : Mardi de la 3ème semaine de Carême

Le mot de Saint Augustin

Pour quelle raison reprends-tu ton frère ? Parce que tu es peiné de ce qu’il a péché contre toi ? À Dieu ne plaise. Si tu fais cela par amour pour toi, tu ne fais rien ; mais si tu le fais par amour pour lui, tu fais très bien.

Évangile du jour commenté par Dom Paul Delatte

Mt 18, 15-18 — En cette occasion, Jésus dit à ses disciples : « Si ton frère a péché contre toi, va, et reprends-le entre toi et lui seul. S’il t’écoute, tu auras gagné ton frère. Mais, s’il ne t’écoute pas, prends encore avec toi une ou deux personnes, afin que toute l’affaire soit réglée par l’autorité de deux ou trois témoins. S’il ne les écoute pas, dis-le à l’Eglise; et s’il n’écoute pas l’Eglise, qu’il soit pour toi comme un païen et un publicain. En vérité, Je vous le dis, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié aussi dans le Ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié aussi dans le Ciel. »

Votre frère a eu quelque tort envers vous : une injure personnelle, une violence, une injustice. N’attendez pas qu’il vienne s’excuser ni s’expliquer. Allez vers lui le premier (Mt 5, 23-24). Soyez seul avec lui : un témoin, ou une galerie de témoins ne peuvent que nuire, parce qu’ils provoquent facilement un plaidoyer. Abordez votre frère, faites-lui comprendre que c’est un simple malentendu, que vous ne voulez vous souvenir de rien, que vous désirez qu’il agisse de même (Cf. Lv 17, 3). Il y a chance que votre initiative sera accueillie. Ne regardez pas à l’effort qu’elle exige de vous ; regardez à la récompense, regardez au fruit : vous aurez gagné votre frère à la charité et à Dieu ! Peut-être n’est-il rien au monde qui arrête l’épanouissement de la vie surnaturelle autant qu’une amertume, une rancune, un éloignement obstiné. Une sorte d’excommunication silencieuse prononcée contre l’un ou l’autre de nos frères.

Vous n’avez pas réussi ? Ne vous découragez pas, revenez à la charge. Prenez avec vous un ou deux autres frères, non pour les faire juges du tort originel ou de l’endurcissement du coupable, mais pour appuyer l’effort de votre charité. Votre frère rougirait de ne pas agréer leur démarche. Ils lui feront entendre des paroles affectueuses et raisonnables ; et ce qui vous a été refusé, à vous, sera obtenu par cette coalition aimable. Toute l’affaire sera ainsi traitée et apaisée entre trois ou quatre consciences, — selon le précepte du Deutéronome : « C’est sur la parole de deux ou trois témoins que tout différend doit se régler » (Dt 19, 15). Il peut se faire que vous alliez encore à un échec : n’importe ; n’abandonnez pas votre frère. Exposez la chose à l’Église, à l’assemblée des fidèles ; non pas pour provoquer ses sévérités, mais pour solliciter ses prières. L’intervention de toute la famille chrétienne, l’invitation collective adressée au Tout-Puissant, obtiendra ce qu’un seul ou quelques-uns n’ont pu obtenir : « Afin que le Seigneur qui peut tout rende la santé au frère malade » (Règle de Saint Benoît, c. 28). — Pourtant l’obstination peut être telle que l’homme n’écoute ni l’Église ni Dieu : alors il est excommunié ; il n’est plus de l’Église, il s’exclut volontairement en brisant le lien de la charité. N’ayez plus de rapport avec lui : traitez-le comme les Juifs traitent un païen ou un publicain.

Il nous faut être attentifs aux versets 17 et 18. L’Église ou assemblée dont il est parlé n’est certainement point la Synagogue, dépourvue de toute autorité pour lier et délier les chrétiens, et à qui l’on n’aurait pu soumettre de tels problèmes. Ce n’est pas davantage l’autorité civile : elle ne se préoccupe de ces mêmes causes que lorsqu’elles se traduisent par un détriment matériel ; et lorsqu’elle intervient, ce n’est pas par voie de réconciliation ou d’excommunication qu’elle procède, mais par voie de contrainte. Il n’est pas question non plus d’une réunion quelconque de chrétiens, d’un collège où tous les membres seraient égaux ; c’est la société chrétienne considérée comme dépositaire du pouvoir et de l’autorité, puisqu’il est prescrit au fidèle de l’écouter, sous peine de n’être plus traité comme chrétien. Dans le verset 18, le Seigneur s’adresse à l’Église telle qu’elle existait alors, préparée et déjà constituée dans les apôtres. Ce qui a été donné à Pierre personnellement (Mt 16, 19) est accordé aux apôtres unis à leur chef : « En vérité, je vous le dis : tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. » Ce pouvoir est absolument universel et relatif à tout ce qui appartient aux fins de l’Église. Ce que les chefs de l’Église auront prononcé ici-bas par autorité doctrinale ; par autorité et puissance d’ordre, dans le domaine de la sanctification ; par autorité de juridiction, en prononçant l’anathème : tout cela sera sanctionné, homologué, ratifié dans le ciel.

Mt 18, 19-20 — « Je vous dis encore que si deux d’entre vous s’accordent sur la terre, quelque chose qu’ils demandent, ils l’obtiendront de Mon Père qui est dans les Cieux. Car là où deux ou trois sont assemblés en Mon nom, Je suis au milieu d’eux. »

Ces versets se rapportent encore à la charité. Là où un homme est impuissant, le Seigneur a réclamé l’intervention de plusieurs (verset 16) : il relève maintenant de nouveau la bénédiction promise à l’union fraternelle. Il suffit que, sur cette terre, deux disciples du Christ, deux âmes unies ensemble de pensée et de vouloir, demandent à Dieu une grâce quelconque, pour qu’elles soient exaucées du Père céleste. Et la raison profonde de cette toute-puissance de la prière commune est indiquée aussitôt par Jésus. « Car là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux. » Il est avec ces âmes chrétiennes et en elles, inspirant soutenant leur prière, et l’offrant lui-même à son Père, lui dont l’intervention est efficace toujours.

Mt 18, 21-22 — Alors Pierre, S’approchant de Lui, dit : « Seigneur, combien de fois pardonnerai-je à mon frère, lorsqu’il aura péché contre moi ? Sera-ce jusqu’à sept fois ? » Jésus lui dit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois. »

Saint Pierre reconnaît que le Seigneur n’a pas dautre souci que de créer la charité dans l’Église ; et en face du pardon des injures, dont il a été précédemment question (15-16), il éprouve une part d’indécision et soumet un cas de conscience : « Seigneur, dit-il, combien de fois pardonnerai-je à mon frère, lorsqu’il péchera contre moi ? Jusqu’à sept fois ? » La doctrine des rabbins disait : trois fois, et pas plus : sans doute par respect pour la formule employée par le Seigneur dans Amos (1, 3) : le quatrième crime de Damas fait déborder la coupe de la colère divine (Cf. Iob 33, 29). Ailleurs il est dit : « Sept fois le juste tombe et il se relève » (Prv 24, 16). L’âme de saint Pierre était bonne et allait d’elle-même aux grandes indulgences. Pourtant, il demeure en deçà de la mesure prescrite par le Seigneur. Lorsqu’on veut, en style oriental, marquer l’indéfini de la vengeance, on multiplie la mesure par son décuple : « On vengera sept fois la mort de Caïn, et celle de Lamech soixante-dix fois sept fois » (Gn 4, 24). Il convient que la charité chrétienne aille aussi loin. Comment celui qui pardonne pourrait-il compter, puisqu’il ne se souvient même pas ! Pour additionner, il faut tenir compte des événements qui ont précédé ; et l’âme qui pardonne les a oubliés ! Elle ressemble à Dieu ; elle ne fait pas revivre le mal pardonné. « Je ne vous dis pas jusqu’à sept fois, répond Jésus, mais jusqu’à soixante-dixsept fois », en d’autres termes, toujours.

Prières

Tua nos, Dómine, protectióne defénde : * et ab omni semper iniquitáte custódi. Per Dóminum.

Par votre protection, défendez-nous, Seigneur ; et gardez-nous toujours de toute iniquité. Par Notre-Seigneur.

Prière à saint Roch contre la maladie

Dans votre bonté, nous vous en supplions, Seigneur, gardez toujours votre peuple : et par les mérites de saint Roch, préservez-le de toute contagion de l’âme et du corps. Par Jésus-Christ.

Pópulum tuum, quǽsumus Dómine, contínua pietáte custódi : et beáti Rochi suffragántibus méritis, ab omni fac ánimæ et córporis contagióne secúrum. Per Dóminum.

Antienne

Ã. Ubi duo vel tres * congregáti fúerint in nómine meo, in médio eórum sum, dicit Dóminus.

Ã. Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux, dit le Seigneur.

Antienne grégorienne “Ubi duo vel tres”

10 ans de sacerdoce du R. P. Joseph-Marie Mercier

10 ans de sacerdoce du R. P. Joseph-Marie Mercier

Il y a 10 ans déjà (le 5 novembre 2005), à Verrua Savoia, le R. P. Joseph-Marie Mercier recevait la grâce du sacerdoce des mains de S. E. Monseigneur Stuyver, en compagnie de M. l’Abbé Jocelyn Le Gal. Que Dieu leur donne la grâce de poursuivre le bon combat, le combat de la Foi, dans la fidélité à Notre-Seigneur et à son Eglise.

Cet anniversaire sera célébré solennellement le dimanche 15 novembre 2015 au Prieuré Notre-Dame de Bethléem, à Faverney. Voici le programme de la journée :

à 10h : Messe solennelle d’action de grâces
vin d’honneur
à 16h : Vêpres et Salut du Saint-Sacrement

Mise à jour des honoraires de Messe

Mise à jour des honoraires de Messe

Voici les nouveaux honoraires pour les intentions de Messe :

20 euros pour une intention de Messe
200 euros pour une Neuvaine de Messes
800 euros pour un Trentain grégorien

L’honoraire de Messe n’est en aucun cas un prix qu’on attribuerait à la Messe elle-même qui n’en a pas, mais une offrande faite au prêtre alors qu’il promet l’application de la célébration d’une Messe à une intention particulière. Cette pratique s’appuie tant sur la coutume de l’Eglise que sur la Sainte Ecriture.