Lundi 20 avril (Confinement J35)

La Punchline de Saint Pierre (1Pt 2, 15)

Comportez-vous comme des hommes libres, comme des serviteurs de Dieu, non pas comme des hommes qui se font de la liberté un manteau pour couvrir leur malice.

Saint Pierre et Saint Jean au tombeau (Io 20, 1-9) : commentaire de Dom Paul Delatte

Le premier jour de la semaine, dit saint Jean, Marie de Magdala se rendit, avant l’aube, au tombeau. Sans doute on peut supposer que les saintes femmes n’y allèrent pas toutes ensemble, mais par petits groupes ou même isolément, et qu’il y eut, ce matin-là, bien des allées et venues de Jérusalem au sépulcre. Et il est vraisemblable que saint Jean met en scène la seule Marie-Madeleine parce qu’elle vint seule et la première au tombeau. Dès son arrivée, elle vit la pierre déplacée, et reconnut que le sépulcre était vide. Et tandis que les autres saintes femmes approchaient, à leur tour, Marie rebroussa chemin, afin de porter la nouvelle aux deux apôtres qui avaient un titre spécial à être avisés : Simon Pierre et le disciple que Jésus aimait. Marie vint leur dire : « On a enlevé le Seigneur du tombeau, et nous ne savons où on l’a mis ! » (Ce pluriel suppose peut-être la présence des autres saintes femmes.)

En toute hâte, les deux disciples se rendent au sépulcre. Ensemble ils courent, mais saint Jean, le plus jeune, devance Pierre et arrive le premier. Il s’incline pour observer l’intérieur du tombeau, voit les bandelettes déposées sur le sol, mais n’entre pas. Est-ce parce qu’il juge son inspection suffisante? ou bien veut-il réserver à Pierre, par une déférence affectueuse, l’honneur d’entrer le premier? On peut supposer aussi une part d’anxiété, selon cette disposition du cœur humain qui nous porte à retarder notre joie, à trembler devant notre bonheur : on craint qu’il n’y ait mécompte, et qu’il ne faille ensuite revenir en arrière. Saint Grégoire, fidèle à son point de vue allégorique, estime que saint Jean représentait la Synagogue et saint Pierre le peuple des gentils. Bientôt, Pierre arriva ; et il entra, lui : un simple coup d’œil ne lui suffisait pas. Il explora avec attention la demi-obscurité du sépulcre, il aperçut les bandelettes, et une conclusion lui vint tout naturellement à l’esprit. Ceux qui auraient voulu s’emparer du corps l’eussent à coup sûr pris tel quel, sans se donner la peine très superflue de dérouler les bandelettes et de les ranger avec soin. Bien plus : le suaire qui couvrait la tête du Seigneur était plié à part, dans un angle du sépulcre. Il n’y avait donc ni larcin, ni trace de précipitation quelconque. La main des anges, qui avait roulé la pierre, après la Résurrection, avait aussi recueilli et rangé avec respect les linges qui enveloppaient les membres sacrés du Sauveur. Sans doute saint Pierre fit observer à saint Jean tous ces détails. Le disciple bien-aimé entra à son tour ; il vit et il crut.

Jusqu’alors, dit l’évangile, ils n’avaient pas compris le sens de l’Écriture, là où elle nous apprend qu’il faut que le Christ ressuscite d’entre les morts. Ils savaient ce que c’est que résurrection : il y en avait des exemples dans l’Ancien Testament, et déjà, dans le Nouveau ; à plusieurs reprises, ils avaient entendu leur Maître annoncer sa Passion et sa Résurrection le troisième jour ; mais leur intelligence n’apercevait pas la liaison des souffrances et de la gloire, les souffrances comme condition de la gloire, l’héritage acquis au Fils de Dieu par ses douleurs. La trame de la pensée divine leur apparut alors. Sans peut-être comprendre le mystère comme saint Paul devait l’exposer dans la suite, ils donnèrent son vrai sens à un ensemble de paroles et d’événements inexpliqués pour eux jusqu’alors, et se reposèrent sur Dieu de l’accomplissement ultérieur. À vrai dire, saint Jean ne nous parle explicitement que de la lumière qui lui fut donnée : mais on peut conjecturer de son récit que saint Pierre commença dès lors à croire ; saint Luc (24, 12) nous le montre s’en retournant étonné et pensif.

Prières

Prière de Saint Thomas d’Aquin (1225-1274)

Seigneur, mettez de l’ordre dans ma vie, et ce que vous voulez que je fasse, donnez-moi de le connaître, donnez-moi de l’accomplir comme il faut et comme il est utile au salut de mon âme. Que j’aille vers vous, Seigneur, par un chemin sûr, droit, agréable et menant au terme, un chemin qui ne s’égare pas entre les prospérités et les adversités, en sorte que je vous rende grâce dans les choses prospères et que je garde la patience dans les choses adverses, ne me laissant ni exalter par les premières, ni abattre par les secondes. Seigneur, que toute joie me fatigue qui est sans vous, et que je ne désire rien en dehors de vous. Que tout travail, Seigneur, me soit agréable qui est pour vous et tout repos insupportable qui est sans vous. Donnez-moi souvent de porter mon cœur vers vous, et quand je faiblis, de reconnaître ma faute avec douleur, et avec un ferme propos de me corriger. Ainsi soit-il.

Antienne

Ã. Pax vobis, ego sum, allelúia : nolíte timére, allelúia.

Ã. La paix soit sur vous, c’est moi, alleluia, n’ayez pas peur, alleluia.

Antienne grégorienne “Pax vobis”