Mardi 28 avril (Confinement J43)

La Punchline de Saint Jean Climaque

Un cœur humble est éclairé de la lumière du Ciel.

Mère Cécile Bruyère : Sur ceux qui avancent rapidement dans la vie spirituelle #1

Quels sont ceux qui avancent plus rapidement dans la vie spirituelle ? Peut-être ne sera-t-il pas sans intérêt de nous demander maintenant quelles sont les voies les plus rapides pour arriver à l’union intime avec Dieu, avant même que la mort nous donne l’entrée « à l’intérieur du voile » (Hbr 6, 19) ? C’est là une étude intéressante et fructueuse qu’il est facile d’aborder avec l’aide des saintes Écritures ; et, sans chercher à l’épuiser ici, nous nous bornerons à exposer notre pensée dans quelques considérations générales, qu’il sera loisible à chacun de s’appliquer.

Humilité et enfance spirituelle

Ceux-là arrivent plus promptement et plus sûrement que les autres, qui n’ont aucune idée de grandeur, qui ne visent point à faire figure, ni à avoir de la science, de l’esprit, du caractère, qui n’ont en un mot aucune prétention. Nous l’avons appris de notre adorable Maître : « Je vous bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que vous avez caché ces choses aux sages et aux prudents, et les avez révélées aux petits » (Mt 11, 25). Et encore : « Je vous le dis, en vérité, si vous ne changez et ne devenez comme les enfants, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux » (Mt 18, 3). On ne peut douter que très fréquemment, dans l’Écriture, le royaume des cieux signifie non point seulement la Jérusalem céleste, mais aussi le point culminant de la vie spirituelle.

Il y a un lien visible entre l’enfance spirituelle et la vertu d’humilité. Toutefois, parce que certaines âmes, fatiguées déjà par les chagrins et la lutte de la vie chrétienne, pourraient s’effrayer de ne plus sentir en elles-mêmes ni fraîcheur de sentiments, ni jeunesse spirituelle, Notre-Seigneur est allé au-devant de ces craintes ; et à ces âmes fatiguées, il donne le moyen de renouveler leur jeunesse. Il sait bien que, s’il en est qui débutent par cette gracieuse simplicité qui résout facilement les plus grands problèmes de la vie spirituelle, d’autres, au contraire, finissent par là, et ne recouvrent cette simplicité que dans la transformation totale de leur nature. Aussi leur dit-il : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et ployez sous le fardeau, et je vous soulagerai. Prenez sur vous mon joug, et recevez mes leçons : je suis doux et humble de cœur; et vous trouverez du repos pour vos âmes, car mon joug est doux et mon fardeau léger » (Mt 11, 28-30).

Ces textes sont bien connus sans doute, mais ils demandent à être étudiés avec soin. Le Seigneur s’adresse aux âmes lasses, usées par la lutte. Il leur montre qu’elles peuvent marcher comme les autres ; il leur promet de les soutenir; même il leur donne son propre exemple comme appui : « Ne vous effrayez pas de vos misères, leur dit-il, prenez mon joug ; faites ce que j’ai fait au milieu de mes travaux sur terre : j’ai été doux et humble de cœur. Si vous vous conformez à mon exemple, vous trouverez le repos de vos âmes, c’est-à-dire cette paix qui est la tranquillité de l’ordre, et qui même, lorsqu’elle s’établit définitivement dans l’âme humaine, est le ciel sur terre ».

Aussi les âmes qui s’appliquent à la douceur et à l’humilité de cœur, et prennent cette attitude envers Dieu, envers le prochain, envers elles-mêmes, marchent-elles à grands pas vers leur sanctification : « Bienheureux les doux car il posséderont la terre » (Mt 5, 4)., dit encore Notre-Seigneur. Les Psaumes proclament aussi la préférence de Dieu pour ceux qui sont doux : « Il enseignera ses voies aux doux » (Ps 24, 9). Les Proverbes renferment le même enseignement : « Mieux vaut être humble avec les petits que de partager le butin avec les orgueilleux » (Prv 16, 19). Enfin le grand contemplatif Moïse obtint cet éloge du Saint-Esprit : « Moïse était un homme fort doux, plus qu’aucun homme qui fût sur la face de la terre » (Nm 12, 3).

Componction

Mais la douceur et l’humilité ne sont pas les seules dispositions qui touchent le cœur de notre Dieu ; la vraie componction, un regret profond de ses fautes est encore un moyen d’avancer rapidement : « Mon père, j’ai péché contre le ciel et envers toi; je ne suis plus digne d’être appelé ton fils » (Lc 15, 21). Et le cœur paternel n’y tient plus ; ce n’est pas un pardon seulement qu’il accorde, c’est la plénitude des biens qu’il semble vouloir conférer au repentir. David connaissait bien cette disposition divine, quand il disait : « Le sacrifice pour Dieu, c’est un esprit brisé; ô Dieu, vous ne dédaignez pas un cœur brisé et contrit » (Ps 50, 19).

Prières

Prière de Saint Robert Bellarmin (1542-1621)

Vous serez donc sage, ô mon âme, si vous vous placez toujours au dernier rang. Gardez-vous de jamais ravir la Gloire de Dieu ; descendez dans votre néant, qui seul vous appartient, et dès lors le monde entier ne saurait vous inspirer de l’orgueil. Mais parce que cette précieuse vertu d’humilité avait presque disparu de ce monde, et qu’elle ne se trouvait plus ni dans les livres des philosophes, ni dans les mœurs des nations, le Maître de toutes les vertus est descendu du Ciel ; et quoiqu’Il eût la nature de Dieu, quoiqu’Il fût égal à Dieu son Père; cependant Il s’est anéanti Lui-même en prenant la nature d’esclave, et Il s’est rabaissé, se rendant obéissant jusqu’à la mort, et Il a dit aux hommes : « Apprenez de, moi que je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos de vos âmes » (Mt 11). Ô mon âme, si vous rougissez d’imiter l’humilité des hommes, au moins ne rougissez pas d’imiter celle d’un Dieu, qui ne peut tromper, ni être trompé ; qui résiste aux superbes, et donne sa grâce aux humbles.

Prière de Dom Prosper Guéranger (1805-1875)

Ô Dieu de l’ancienne Alliance, que vous êtes grand, et qui ne tremblerait devant vous ! ô Dieu de la nouvelle Alliance, que vous vous êtes fait petit, et qui ne vous aimerait pas ! Guérissez mon orgueil, principe de toutes mes révoltes : apprenez-moi à estimer ce que vous avez estimé. Vous créez le monde une seconde fois par votre Incarnation, et dans cette création, plus excellente que la première, vous opérez par le silence, vous triomphez par l’anéantissement. Je veux m’humilier à votre exemple, et profiter des leçons qu’un Dieu est venu me donner de si haut. Abaissez donc, ô Jésus, toutes mes hauteurs ; c’est une des fins de votre Avènement. Je me prête à vous, comme à mon souverain Maître : faites en moi ce qu’il vous plaira. Ainsi soit-il.

Oratio

Præsta, quæsumus, omnípotens Deus : ut, qui beáti Vitális Mártyris tui natalícia cólimus, intercessióne eius, in tui nóminis amóre roborémur. Per Dóminum.

Oraison

Accordez, Dieu tout-puissant, à nous qui célébrons la naissance au ciel du bienheureux Vital, votre Martyr, la grâce d’être, par son intercession, fortifiés dans l’amour de votre nom.

Antiennes

Ã. Eúntes in mundum, docéte omnes gentes, baptizántes eos in nómine Patris, et Fílii, et Spíritus Sancti, allelúia.

Ã. Parcourant le monde, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, alleluia.

Antienne grégorienne “Euntes in mundum”

Antienne Euntes in mundum

Ã. Mercennárius est, cuius non sunt oves própriæ, videt lupum veniéntem, et dimíttit oves, et fugit ; et lupus rapit, et dispérgit oves, allelúia.​

Ã. C’est un mercenaire, celui à qui les brebis n’appartiennent pas, il voit venir le loup, laisse là les brebis et prend la fuite; et le loup les ravit et les disperse, alleluia.

Antienne grégorienne “Mercennarius”

Antienne Mercennarius est