Jeudi 7 mai (Confinement J52)

La Punchline de Saint Jean Climaque

J’appelle « chrétien » le fidèle qui, de toutes ses forces, tâche dans ses paroles, dans ses actions et dans toute sa conduite, de marcher sous les étendards de Jésus Christ, et qui, par une foi pure, sincère et ardente, par une vie sainte, et par une charité enflammée, est tout dévoué à la très sainte Trinité.

Mère Cécile Bruyère : Sur ceux qui avancent rapidement dans la vie spirituelle #3

Suite des articles du 28 avril et du 4 mai.

Charité fraternelle

Ceux qui ambitionnent les faveurs divines doivent aussi se montrer larges et généreux envers le prochain. Nous fournissons à Dieu plus que nous ne pensons, la mesure de ses grâces ; et souvent sa conduite à notre égard est calquée sur ce que nous sommes pour nos frères : « La même mesure avec laquelle vous aurez mesuré servira de mesure pour vous » (Lc 6, 38). La sévérité, la sécheresse, la personnalité nous méritent, de la part de Dieu, un juste retour de rigueur. Nous en avons la preuve dans cette parole du Seigneur Jésus qui semble déterminer la matière du divin jugement : « En vérité, je vous le dis, toutes les fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait. Et ceux-ci iront au supplice éternel » (Mt 25, 45-46). Tandis que la charité est la marque distinctive des vrais disciples du Christ, qui l’enseignait à ses Apôtres, en leur disant : « Je vous donne un commandement nouveau: que vous vous aimiez les uns les autres, comme je vous ai aimé,  afin que vous vous aimiez les uns les autres. C’est en ceci que tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres » (Io 13, 34-35). C’est même aux œuvres de miséricorde que le prophète attribue la rémission des péchés : « Apprenez à faire le bien, recherchez la justice, assistez l’opprimé, faites droit à l’orphelin, défendez la veuve. Et venez et discutons ensemble, dit le Seigneur; et si vos péchés sont comme l’écarlate, ils deviendront blancs comme la neige; et s’ils sont rouges comme le vermillon, ils seront blancs comme la laine » (Is 1, 17-18).

L’amour du prochain est aussi la marque de la vraie vie : « Nous, nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons nos frères » (1 Io 3, 14) ; « Celui qui aime son frère demeure dans la lumière et aucun sujet de chute n’est en lui » (1 Io 2, 10). Saint Paul veut que cette charité s’exerce aux dépens de soi-même : « Portez les fardeaux les uns des autres, et ainsi vous accomplirez la loi du Christ » (Gal 6 , 2). Mais ce qui donne une plus vive lumière à toute cette doctrine, c’est la parole même du Sauveur : « Ce n’est pas seulement pour eux (les Apôtres) que je prie, mais aussi pour ceux qui doivent croire en moi par leur parole, afin que tous soient un, comme vous, Père, êtes en moi, et moi en vous, afin qu’ils soient, eux aussi, un en nous » (Io 17, 20-21). Comment donc celui qui rompt l’unité bénéficierait-il de cette prière, source unique de toute sanctification ?

Détachement

Ceux qui marchent d’un pas plus rapide sont encore ceux qui se dépouillent volontiers et persévéramment de ce qu’ils ont ou de ce qu’ils sont : « Ainsi donc, quiconque d’entre vous ne renonce pas à tout ce qu’il possède ne peut être mon disciple » (Lc 14, 33). Ce que Notre-Seigneur exprime encore ainsi : « Et si quelqu’un veut t’appeler en jugement pour te prendre ta tunique, abandonne-lui encore ton manteau » (Mt 5, 40). Cette facilité à abandonner ce que l’on possède marque le détachement indispensable à celui qui veut s’élever sur les ailes de l’esprit. C’est encore la loi de l’athlète : « Tous ceux qui combattent dans l’arène s’abstiennent de tout » (1 Cor 9, 25).

Vaillance

Enfin, ceux-là fournissent une course prompte, qui s’arment de courage et qui bravent l’obstacle : Qui donc nous séparera de l’amour du Christ? la tribulation ? ou l’angoisse ? ou la faim ? ou la nudité ? ou le danger ? ou la persécution ? ou le glaive?… Mais en tout cela nous demeurons victorieux, par celui qui nous a aimés » (Rm 8, 35-37). Ces violents emportent d’assaut le royaume des cieux ; à eux s’applique de droit cette parole : « Au vainqueur je donnerai de la manne cachée, et je lui donnerai un caillou blanc ; sur ce caillou est écrit un nom nouveau, que personne ne connaît, si ce n’est celui qui le reçoit » (Apc 2, 17). Cette nourriture mystérieuse et ce nom inconnu, n’est-ce pas ce grand secret que Dieu dit à l’âme, lorsqu’elle atteint la parfaite charité et la consommation de son union avec l’Epoux céleste ?

Prières

Exhortation de Sainte Catherine de Bologne (1413-1463) à ses sœurs clarisses

Mes très chères sœurs et filles, il faut que je vous quitte sans retour ; Dieu le veut ainsi. Sachez cependant que je vous serai plus utile après ma mort que pendant ma vie, pourvu, toutefois, que vous soyez fidèles à remplir vos devoirs, et que vous n’oubliiez pas mes recommandations sur la charité mutuelle. Je vous l’ai dit souvent, et vous le répète encore : « Aimez la concorde, chérissez la paix ». La paix est le précieux héritage que Jésus-Christ, prêt à monter au ciel, laissa par testament, non seulement à ses apôtres, mais à tous les chrétiens, et par conséquent à vous. Jésus-Christ aime tant cette paix, et il a tant à cœur que les siens la conservent, que si vous la conservez avec soin, comme il est juste, je vous assure, et vous pouvez m’en croire, que tout vous prospérera. Oui, certainement il vous bénira, si vous supportez patiemment les défauts de vos sœurs, si vous avez pitié de leur faiblesse, si tout ce qui peut semer parmi vous la zizanie et la discorde vous est en horreur. Craignez Dieu, mes très chères filles, et rendez-lui toujours le respect et l’amour qu’il a droit d’attendre de vous ; préférant subir toutes sortes de maux que de violer un seul de ses préceptes. Conservez avec le plus grand soin votre réputation, comme vous l’avez fait jusqu’ici, pour le contentement de Dieu et l’édification du prochain.

Prière de Guillaume de Saint-Thierry (1070-1148)

Ô Amour, venez en nous ! Que disparaissent en nous devant votre face toutes les formes de maux qui, des désirs de la chair et de l’orgueil, y naissent à foison, corrompant l’amour dans l’âme créé par vous et pour vous. Car celui qui cherche quelque chose d’autre que vous, comme étant meilleur que vous, cherche ce qui n’est rien. Il se réduit à rien en s’éloignant de vous, qui seul devez être aimé vraiment. Père infiniment bon, je vous offre par le cœur douloureux et immaculé de Marie, le corps, le sang, les plaies et les mérites infinis de Jésus votre Fils bien-aimé, pour expier, purifier, suppléer pour tout ce qui nous manque ; enfin pour vous remercier. Ainsi soit-il.

Prière d’Adam de Perseigne (1145-1221)

Toute notre espérance, toute notre consolation se trouve dans Celui qu’a mis au monde notre Vierge, dans cette fleur au parfum incomparable. Oh ! Fleur qui s’épanouit dans un éternel printemps, fleur riche de grâce, toute pleine de gloire, belle de toute beauté ! Quelle suavité inestimable a son odeur, quel charme sans pareil a sa beauté, quelle douceur inépuisable a son goût ! Ô mon âme, si toujours tu pouvais respirer ce parfum ! Oh ! Si mon cœur pouvait toujours se délecter dans une telle suavité ! Tige sortie de la racine de Jessé, ô Vierge digne de toute louange, qui sans vous flétrir, avez poussé cette fleur et avez comblé ainsi de délices les cœurs et des anges et des hommes ! Ainsi soit-il.

Antienne

Ã. Iterum vidébo vos, allelúia, et gaudébit cor vestrum, allelúia, allelúia, allelúia.​

Ã. Je vous verrai de nouveau, alleluia, et votre coeur se réjouira, alleluia, alleluia, alleluia.

Antienne grégorienne “Iterum videbo”

Antienne Iterum videbo