Vendredi 8 mai (Confinement J53)

Déconfinement

Du point de vue pratique, les dispositions du gouvernement français se trouvent ici, et, quant à la vie du Prieuré, il est impératif de vous renseigner au préalable sur les horaires des Offices.

La Punchline de Dom Delatte

Dans le combat spirituel, ce sont des actes intérieurs de foi, d’espérance, de charité ; c’est une attitude de calme, d’humilité et de recueillement qui assure la victoire, qui d’ailleurs ne sera que momentanée, le combat n’ayant guère de trêve.

Le combat spirituel et les armes du chrétien (Eph 6, 10-20) : commentaire de Dom Delatte

Plus le programme de la vie chrétienne est élevé (devenir conforme au Fils de Dieu), plus les fidèles ont besoin de prendre en Dieu leur point d’appui. Et non seulement le programme est large, mais l’ennemi est redoutable : il a pour lui la force, la haine, l’intelligence, une longue expérience, une perfide habileté ; nous avons affaire à partie plus forte que nous ; ce n’est pas avec la trempe de votre caractère, que vous croyez vigoureuse ; ce n’est pas avec votre regard, que vous supposez perspicace, mais avec la seule armure de Dieu que vous lui résisterez. Ne vous couvrez même pas de la sécurité que donne une longue persévérance, ou de la fierté trop naturelle des victoires que vous avez remportées, ne comptez que sur Dieu pour résister aux assauts qui vous seront livrés.

La vie chrétienne est un combat ; il nous faut en prendre notre parti. Il y a, rôdant autour de nous, nous disent d’une commune voix saint Pierre et saint Paul, une bête féroce qui ne songe qu’à dévorer. Les vocations les plus hautes sont les plus menacées : elles sont plus élevées au-dessus de la nature ; ce que nous avons promis à Dieu réclame de nous un effort plus soutenu et plus attentif, la déchéance est plus profonde, l’ennemi dépense toutes ses embûches contre ceux qui ont été le plus aimés. Rappelons-nous que le désert était semé de diables, tandis qu’Alexandrie n’en avait qu’un seul, qui jouait de la flûte sur le fronton de la porte.

Jamais l’Apôtre n’a parlé plus ouvertement de cette puissance diabolique. C’est une lutte spirituelle, nous dit-il, ce n’est pas contre la chair et le sang que nous avons à nous défendre. Tout est spirituel ici : l’ennemi, le combat, les coups, l’armure, la victoire ; par conséquent aussi la tactique et les efforts. Ce sont des actes intérieurs de foi, d’espérance, de charité ; c’est une attitude de calme, d’humilité et de recueillement qui assure la victoire, qui d’ailleurs ne sera que momentanée, le combat n’ayant guère de trêve. Ce n’est pas que les paroles, les mouvements, les génuflexions, l’eau bénite n’aient leur efficacité, mais moyennant que les actes intérieurs les animent, les inspirent, et les fassent parvenir à Dieu : « l’entraînement du corps est profitable pour un peu » (1 Tm 4, 8), dit l’Apôtre. Des mouvements qui seraient simplement musculaires ne peuvent rien contre les principautés et les puissances angéliques, contre les princes qui gouvernent ce monde de ténèbres, contre les esprits malfaisants semés dans l’air. Contre eux, l’armure qui vient de Dieu est seule efficace. Au verset 11, l’Apôtre ne semblait préoccupé que de son efficacité défensive ; le mouvement de sa pensée l’amène à montrer la valeur défensive, plus développée, et aussi la valeur offensive de cette armure. Le détail en est donné pièce à pièce : nous y retrouvons le fantassin armé de Polybe (VI, 23), tel qu’il est figuré dans les monuments. L’Apôtre a dit : « chaussures aux pieds » ; il a parlé du glaive ; il a omis les jambières et la lance dont parle Polybe. Son dessein du reste est de donner un enseignement sous forme allégorique, et un esprit bien fait ne demandera jamais à une allégorie, non plus qu’à une parabole, cette symétrie absolue qui ferait coïncider, par superposition exacte, le symbole avec la réalité. Dans un service actif, la ceinture, la cuirasse, la chaussure et le casque sont d’indispensable nécessité : la ceinture sera la fidélité, cette loyauté résolue d’une vie entièrement d’accord avec elle-même et où tout s’appuie fortement ; la cuirasse qui couvre la poitrine et le cœur, c’est la justice et l’attachement au Seigneur (dans l’épître aux Thessaloniciens, la cuirasse symbolise la foi et la charité) ; les pieds sont fortement chaussés, afin de porter résolument l’Évangile de la paix, malgré tous les obstacles du chemin ; les mains sont armées du bouclier de la foi pour arrêter les traits enflammés de l’ennemi ; la tête est défendue par le casque, c’est l’espérance : « l’espérance ne déçoit pas » (Rm 5, 5 ; cf. 1 Th 5, 8).

L’arme offensive, c’est le glaive de la parole de Dieu, la parole de l’Évangile et la Sainte Écriture. Il est à noter qu’au cours de la tentation, c’est toujours avec une parole de l’Écriture Sainte que le Seigneur défait le diable. Avec la parole de Dieu, c’est aussi la parole qui s’adresse à Dieu avec instance et à toute heure.

Déjà dans l’épître aux Romains (Rm 8, 26) l’Apôtre nous a fait connaître celui qui inspirant notre prière la fait s’étendre à tous les besoins de l’Église. Dans cette prière des chrétiens, il sollicite une place, afin que même à Rome, même dans les fers, il lui soit donné de parler dignement du mystère du Christ, et d’annoncer l’Évangile, avec la sainte hardiesse qui convient. Nous vivons, nous, à une heure où l’Église a une histoire et un long passé de gloire surnaturelle ; mais en l’an 62 du Christ, si nous voulons y réfléchir, il fallait une rare dose de foi, de courage, et de confiance, pour promettre la rénovation de l’humanité par un Juif, par un Juif condamné par toutes les juridictions, par un Juif crucifié.

8 mai (calendrier romain) : Apparition de Saint Michel au Mont Gargan

Parmi tous les anges, c’est, sans aucun doute, saint Michel le plus vénéré. Son culte remonte jusqu’à l’antiquité chrétienne. Il est considéré comme le patron de l’Église catholique, le guide des âmes des défunts au paradis (cf. l’Offertoire de la messe des morts). Sa fête est, depuis toujours, célébrée le 29 septembre. Au sixième siècle, on ajouta la fête de l’apparition de saint Michel au Mont Gargan. Cette fête s’étendit bientôt à l’Église universelle. Ce qu’on célèbre, à proprement parler, aujourd’hui, c’est la dédicace de l’Église du Mont Gargan. Parmi les autres apparitions de l’archange, la plus connue est l’apparition à saint Grégoire le Grand. Saint Michel apparut sur le château Saint-Ange (qui porte justement ce nom à cause de l’apparition). Le Pape avait organisé, en 590, une grande procession pour demander à Dieu la cessation de la peste. L’ange, pour signifier que la peste était finie, rentra son épée au fourreau. Signalons aussi l’apparition de saint Michel au Mont-Tombe, qui devint le Mont Saint-Michel.

Saint Michel archange, défendez-nous dans le combat, afin que nous ne périssions pas dans le redoutable jugement.

Dom Pius Parsch, le Guide dans l’année liturgique

Prières

Oratio

Deus, qui, miro órdine, Angelórum ministéria hominúmque dispénsas : concéde propítius ; ut, a quibus tibi ministrántibus in cælo semper assístitur, ab his in terra vita nostra muniátur. Per Dóminum.

Oraison

Ô Dieu, qui dispensez avec un ordre admirable les ministères des Anges et des hommes, accordez-nous dans votre bonté, d’avoir pour protecteurs de notre vie sur la terre, ceux qui sans cesse, dans le ciel, vous entourent et vous servent.

Prière de Raban Maur (780-856)

Christ, gloire des saints Anges, guide et créateur du genre humain, en votre bonté, daignez nous faire monter aux cieux éternels. Veuillez du ciel nous envoyer Michel, l’Ange de la paix, en cette demeure, et que sa venue fréquente nous procure toute prospérité. De là-haut, que prenne son envol Gabriel, l’Ange de la force, pour chasser l’antique ennemi, et qu’il vienne plus souvent en ce temple nous visiter. Envoyez-nous des cieux Raphaël, l’Ange médecin du salut, pour guérir tous les malades, et en même temps diriger tous nos actes. Qu’enfin, de là-haut, Marie, Mère de notre Dieu, que tous les chœurs des Anges avec elle, nous assistent sans cesse, et aussi toute l’assemblée des Bienheureux. Que le Dieu Bienheureux nous l’accorde, qui est Père, Fils et Saint-Esprit, et dont la Gloire retentit dans le monde entier. Ainsi soit-il.

Prière d’Adam de Perseigne (1145-1221) à la Très Sainte Vierge

Mon âme magnifie le Seigneur ! Comment donc le magnifiez-vous, ô Vierge, puisque vous ne le rendez, ni de petit, grand, ni de grand, plus grand ? Vous magnifiez cependant, parce que vous louez, vous magnifiez parce que, parmi les ténèbres de ce monde, plus lumineuse que le soleil, plus belle que la lune, plus odorante que la rose, plus blanche que la neige, vous faites connaître Dieu davantage. Vous le magnifiez, non pas en apportant un accroissement à la grandeur sans mesure, mais en apportant, au milieu des ténèbres du monde, la lumière de la vraie divinité, inconnue des gens de ce monde. Votre âme magnifie le Seigneur, qu’est-ce à dire ? Sinon que vous-même êtes par lui magnifiée jusqu’à recevoir magnifiquement la plénitude de grâce, et à vous étendre jusqu’aux magnificences d’une gloire unique. « Vous étendre », parce que vous êtes toute trempée de la rosée du Saint-Esprit, tout entière imprégnée de l’onction céleste, si bien que votre âme, désireuse d’aimer, s’étend comme une toison huilée, jusqu’à parvenir au Verbe de Dieu lui-même. Vous êtes en effet le réceptacle du Verbe. Vous êtes la Mère de Dieu, le terme au péché. Que par votre intercession mon âme apprenne à s’éloigner du mal, à prendre exemple sur vos vertus, et à magnifier le Seigneur à qui appartient honneur et gloire, autorité et puissance, dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Antienne

Ã. Cognovérunt Dóminum, allelúia, in fractióne panis, allelúia.​

Ã. Ils reconnurent le Seigneur, alleluia, à la fraction du pain alleluia.

Antienne grégorienne “Cognoverunt Dominum aeua”

Antienne Cognoverunt Dominum aeua