Un vrai Pape peut-il faire de fausses canonisations ?

Un vrai Pape peut-il faire de fausses canonisations ?

Un vrai Pape peut-il faire de fausses canonisations ?

C’est ce que tentent de démontrer un certain nombre d’articles émanant de prêtres de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX), à l’approche de la « canonisation » de Jean-Paul II.
Après avoir admis en théorie l’infaillibilité du Pape dans les canonisations (ce qui n’a pas toujours été le cas dans la FSSPX : voir la revue Sodalitium n°53 de juillet 2002, pp. 29-31), ces prêtres la nient dans la pratique par rapport aux « nouvelles canonisations » des « nouveaux papes ». Leurs arguments sont divers mais peuvent se résumer dans l’ajout indu de conditions subjectives aux notes de l’infaillibilité telles que définies par le Concile Vatican I : prudence, examen attentif, volonté subjective d’engager (ou non) son infaillibilité du côté du Pape.
Or cet ajout indu rend incertain l’exercice de l’infaillibilité non seulement par rapport aux derniers « papes », mais par rapport à tous les Papes de tous les temps chez lesquels on pourrait toujours remettre en question les intentions subjectives. Au contraire la doctrine catholique définie précisément par le Concile Vatican I est expliquée avec clarté par Mgr Gasser dans ces réponses aux objections des Gallicans contre le texte du Concile Vatican I :

« Le sujet de l’infaillibilité est le Romain Pontife, en tant que Pontife, ou bien en tant que personne publique en relation à l’Eglise universelle »… « Or, quelques Pères du Concile ne se contentent pas de ces conditions ; ils veulent encore introduire dans cette constitution dogmatique certaines conditions ultérieures qui, de différentes manières, se trouvent dans plusieurs traités de théologie et qui se rapportent à la bonne volonté et au zèle du Pape pour la recherche de la vérité ». Mgr Gasser répondit que peu importaient les motivations et les intentions du Pontife, qui regardaient sa conscience, mais que seul comptait le fait qu’il parlait à l’Eglise : « Notre-Seigneur Jésus-Christ (…) a voulu faire dépendre le charisme de la vérité de ses [du Pontife] rapports publics avec toute l’Eglise ; autrement, le don de l’Infaillibilité ne serait pas un moyen efficace pour le maintien et le rétablissement de l’unité chrétienne. C’est pourquoi il n’est pas à craindre que l’Eglise puisse jamais être induite en erreur par la mauvaise volonté ou par la négligence d’un Pape. La protection de Jésus-Christ et l’assistance promise à Pierre sont si puissantes, qu’elles empêcheraient le jugement du Pape s’il était erroné ou nuisible à l’Eglise, et que, si, de fait, le Pape rend un décret, ce décret sera infailliblement vrai ».

Les prêtres de la FSSPX tombent ainsi dans le subjectivisme qu’ils prétendent dénoncer, et rendent vain le dogme de l’Infaillibilité pontificale. Pourquoi ces arguties qui sentent le Gallicanisme (anti-infaillibiliste), le naturalisme (Autorité du Pape n’est rien de plus que les autorités naturelles comme celle du père de famille), et même le modernisme subjectiviste ? Tout simplement parce qu’ils refusent de tirer la conclusion qui découle inéluctablement de la Foi catholique : Paul VI, Jean-Paul II, Benoît XVI, Bergoglio, bien qu’occupant le siège de Pierre ne sont pas vraiment Papes, ce que confirme l’absence d’infaillibilité chez eux. Hélas, la FSSPX entraîne dans son sillage un grand nombre d’âmes qui finissent par ne plus croire dans le dogme de l’Infaillibilité et par ne plus avoir que du mépris pour la Papauté.
Donc si la « canonisation » de Jean-Paul II ne peut pas être valable c’est parce qu’elle n’émane pas d’un vrai Pape, et non pas parce qu’elle émanerait du « pape non-infaillible » inventé par la FSSPX.

Sur l’Infaillibilité pontificale et les positions de la FSSPX on lira avec profit les articles suivant de la revue Sodalitium (voir ici) :

Sodalitium n°33, octobre 1993 : Réflexions sur la position doctrinale de la FSSPX. pp. 49-52
Sodalitium n°40, janvier 1996 : L’infaillibilité de l’Eglise. pp. 36-56
Sodalitium n°43, avril 1997 : La règle de notre Foi. pp. 31-35 ; et Les erreurs de SI SI NO NO. pp. 35-58
Sodalitium n°47, décembre 1998 : Mgr Williamson contre le Concile Vatican…I ! pp. 48-64
Sodalitium n°50, juin-juillet 2000 : L’infaillibilité du Pape. pp. 36-41
Sodalitium n°52, janvier 2002 : L’Abbé Carandino et le témoignage de la Foi. pp. 35-40

Plus de détails dans le sermon suivant :

Sermon pour le 5ème dimanche après l'Epiphanie (9 février 2014) : Un vrai Pape peut-il faire de fausses canonisations?

Sur des sujets liés à cette question :

Sermon pour la fête de la Purification de Marie (2 février 2014) : Sur l'obéissance à l'Eglise

Sermon pour la solennité de l'Epiphanie (12 janvier 2014) : Sur la Foi

Sermon pour le 2ème dimanche après la Nativité de Notre-Seigneur Jésus-Christ (5 janvier 2014) : Sur l'infaillibilité de l'Eglise

Sermon pour le 1er dimanche après Pâques (1er mai 2011) : Foi catholique et foi de Jean-Paul II

Sermon de saint Odilon sur la Résurrection du Sauveur

Sermon de saint Odilon sur la Résurrection du Sauveur

Saint Odilon est né en 961 ou 962 et il est mort dans la nuit du 31 décembre 1048 au 1er janvier 1049. Il fut béni Abbé de Cluny le 20 mai 994. Il est impossible de dater avec précision ses sermons qui ont dû être rédigés lorsqu’il était Abbé. Les plus anciens manuscrits des sermons que nous ayons datent du début du XIIème siècle.

Les chrétiens ont une confiance très sûre dans la divine promesse de la résurrection des morts. Car la Vérité l’a promise et la Vérité ne peut pas mentir. Elle est donc vraie la promesse de la vérité de la résurrection des corps, car tout ce que promet la Vérité qui ne connaît pas le mensonge, il est nécessaire qu’elle l’accomplisse dans son entier. Et pour que nous sachions avec la plus grande certitude qu’elle arrivera, le Seigneur lui-même a daigné nous montrer dans son propre corps cette résurrection des corps. Le Christ est ressuscité afin que le chrétien ne doute pas de sa résurrection à venir. Car ce qui est arrivé d’abord dans la tête suit dans le corps.

Mais nous devons savoir, frères très aimés, qu’il existe deux morts et deux résurrections. La première mort est même bipartite : l’une par laquelle l’âme pécheresse par la faute s’éloigne de son Créateur, et l’autre dans laquelle elle est rejetée de son corps par la peine après le jugement de Dieu. La deuxième mort quant à elle consiste dans la mort du corps et la punition éternelle de l’âme.

Note du traducteur : Le péché (originel) a pour conséquence la mort du corps : celle-ci est une peine infligée par Dieu à l’homme en raison du péché. Cette mort du corps est la première mort dont les deux parties sont : 1/ le péché, 2/ la mort du corps. La mort du corps entraîne à son tour la mort éternelle de l’âme en état de péché mortel (séparée de son corps, l’âme ne peut plus se repentir). Cette mort éternelle de l’âme est la deuxième mort qui consiste : 1/ dans la mort du corps, et 2/ dans la punition éternelle de l’âme.

Ainsi par la première mort, l’âme de l’homme bon comme celle du mauvais est séparée pour un temps de son corps. Mais par la seconde mort, l’âme du seul méchant est torturée éternellement avec son corps. Les deux morts tenaient l’homme enchaîné du fait que la transgression de nature tenait chacun infecté par la propagation du péché. Mais vint le Fils de Dieu, immortel et juste, qui, afin de mourir pour nous, reçu une chair mortelle de nous. Et dans cette chair mortelle, il supporta avec patience le supplice dû au péché sans être coupable, parce qu’aucun péché ne pouvait être trouvé en lui. C’est pourquoi le Fils de Dieu accepta pour nous la seconde partie de la première mort, la mort du seul corps, par laquelle il nous a lavés et de la domination du péché et de la peine de la punition éternelle. Avec miséricorde, le Christ opère maintenant dans le monde cette résurrection en ceux qu’il exhorte à une bonne vie, en leur donnant la Foi pour qu’ils croient justement, en leur accordant la Charité pour qu’ils s’adonnent volontiers aux bonnes œuvres. Au dernier jour, il daignera les ressusciter dans leurs corps pour leur prodiguer la béatitude éternelle.

Ainsi ressuscités dans l’âme par la Foi, frères très aimés, vivons avec justice afin de ressusciter aussi à la joie éternelle dans notre corps. Sentons ce don de la première résurrection que le Christ nous a accordé avec largesse, de sorte que, alors que notre corps ressuscitera, nous méritions de régner sans fin avec le Sauveur lui-même, quand la mort sera absorbée par la victoire et qu’aux fidèles sera donnée la vraie vie et la vraie joie, comme ce même Dieu Tout-Puissant donnera à ses fidèles les royaumes célestes pour les mérites de la Foi et des bonnes œuvres, Lui qui avec le Père et le Saint-Esprit vit et règne, Dieu, dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

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Benoît XVI et la Fraternité Saint-Pie X : levée de l’excommunication de 1988.

Il y a une semaine, a été rendue publique la levée de l’excommunication des quatre évêques consacrés en 1988 par Mgr Marcel Lefebvre. N’ayant aucun rapport avec la Fraternité Saint-Pie X, cette nouvelle en soi ne nous concerne pas. Cependant il est clair qu’elle a et aura un retentissement important sur tous ceux qui veulent rester attachés à la tradition de l’Eglise. Pour cette raison nous avons trouvé nécessaire de parler de cet événement dimanche dans notre sermon (http://prieure2bethleem.org/sermons-audio/), pour cette raison nous relayons ici le communiqué de nos amis de l’Institut Mater Boni Consilii qui vient compléter ce sermon.


Déclaration de l’Institut Mater Boni Consilii sur le décret du 21 janvier 2009 concernant la levée de l’excommunication des quatre évêques de la Fraternité Saint-Pie X.


Par un décret du 21 janvier 2009, le Préfet de la Congrégation pour les évêques, le cardinal Giovanni Battista Re, a remis « aux évêques Bernard Fellay, Bernard Tissier de Mallerais, Richard Williamson et Alfonso de Galarreta l’excommunication latae sententiae décrétée par cette Congrégation le 1er juillet 1988 », déclarant privé d’effet juridique, « à partir de ce jour, le décret émis à l’époque ».
Comme le rappelle ce même décret, la levée de l’excommunication a été accordée après une demande en ce sens, faite par Mgr Fellay au nom des quatre évêques, et adressée au cardinal Castrillon Hoyos, président de la Commission pontificale Ecclesia Dei (lettre de Mgr Fellay du 15 décembre 2008).
En soi, le décret du 21 janvier concerne exclusivement les quatre évêques, qui sont ainsi « absous » de « l’excommunication » qui les avait frappés plus de vingt ans auparavant, et non pas la Fraternité Saint-Pie X qui pour le moment, avec ses évêques, est encore considérée comme privée de la « pleine communion » et de tout statut canonique. Bien que personne n’en parle, la « suspens a divinis » pour tous les prêtres de la Fraternité semble toujours être en vigueur. Les faits contredisent donc la prétention de la Fraternité elle-même d’avoir été pleinement réhabilitée par le décret du 21 janvier.
Voici les faits, dans leur aspect matériel, mais quel jugement peut-on porter sur cet événement qui, qu’on le veuille ou non, aura une influence sur la vie de l’Église ?

Les consécrations du 30 juin 1988

Un jugement exact, à la lumière de la Foi, sur ce décret et sur le fait que les autorités de la Fraternité Saint-Pie X l’aient sollicité, en l’imposant comme préalable à un futur accord, doit, avant toute chose, se fonder sur l’événement qui fut l’occasion du « décret d’excommunication » qui est privé aujourd’hui d’effets juridiques : les consécrations épiscopales sans mandat pontifical faites par Mgr Lefebvre et Mgr de Castro Mayer le 30 juin 1988.
À l’occasion des consécrations épiscopales de 1988, l’Institut Mater Boni Consilii publia une Déclaration (Sodalitium n° 17, septembre-octobre 1988) qui garde toute sa valeur. Nous y disions notamment :
« L’Institut Mater Boni Consilii constate que Mgr Lefebvre, et ceux qui le suivent, n’ont pas fait formellement schisme, parce que désobéir à Jean-Paul II qui n’est pas formellement Pape n’est pas un schisme. De son côté, Jean-Paul II, étant privé de toute autorité, ne peut excommunier personne, et les censures prévues par le droit lui-même ne s’appliquent pas en l’absence d’autorité.
Cependant, Mgr Lefebvre et la Fraternité Saint-Pie X distillent dans l’esprit des fidèles qui les suivent une pratique – qui se transforme chaque jour davantage en doctrine – absolument schismatique, selon laquelle on doit, dans les faits, désobéir même en matière grave au vrai Vicaire du Christ, sans tenir aucun compte de sa juridiction universelle et immédiate sur les fidèles catholiques. De leur point de vue, le fondateur, les membres et les fidèles de la Fraternité Saint-Pie X, agissent schismatiquement ».
À notre avis, on pouvait donc appliquer aux protagonistes de la journée du 30 juin 1988 cette phrase de la Sainte Écriture : « il n’y a personne qui fasse le bien, pas même un seul ».
La Fraternité Saint-Pie X n’a pas agi licitement en consacrant des évêques non seulement sans l’accord du Pape, mais contre la volonté de celui qu’ils considéraient être le Pape. Les modernistes agissaient encore moins licitement, eux qui occupaient et occupent encore les Sièges épiscopaux, y compris le Siège apostolique, en imposant une doctrine contraire, et même contradictoire, en plusieurs points avec la doctrine de l’Église, et une réforme liturgique d’esprit protestant : « Mais quand nous-même, quand un ange venu du ciel vous annoncerait un autre Évangile que celui que nous vous avons annoncé, qu’il soit anathème »(Gal. I, 8 ; cf. Concile Vatican I, DS 3070).
Le fidèle catholique ne pouvait, ce jour-là, suivre ni Mgr Lefebvre, ni Jean-Paul II, d’autant que nous annoncions déjà à ce moment là, en nous fondant sur les paroles mêmes de Mgr Lefebvre : « Des tractations futures ne sont pas exclues, au contraire même, elles sont prévues. La tromperie continue, comme avant et plus qu’avant ».
La douloureuse impression d’alors (que l’esprit de l’Église catholique ne se trouve ni auprès des modernistes, évidemment, ni même à Écône) se renouvelle aujourd’hui – vingt ans après – face au décret du 21 janvier 2009.

Un geste œcuménique, selon la logique de Vatican II

Les observateurs superficiels (ou malicieux) des récents événements ecclésiastiques, ont d’abord diffusé l’idée que Joseph Ratzinger – Benoît XVI est ou voudrait être le fossoyeur de Vatican II (plaise à Dieu !). La même théorie fut déjà défendue, en son temps, au sujet de Jean-Paul II et même de Paul VI. Il s’agit hélas d’une erreur flagrante, contredite par leurs propres déclarations explicites. Benoît XVI, comme avant lui Paul VI, Jean-Paul Ier et Jean-Paul II, veut simplement appliquer Vatican II, avec la prétention que Vatican II est la continuité (et le développement) du magistère traditionnel (cf. le discours de Benoît XVI à la Curie romaine du 22 décembre 2005, republié de façon significative par l’Osservatore Romano du 25 janvier 2009, p. 5 ; voir la critique sur Sodalitium, n° 59, pp. 28-30).
L’absolution des quatre évêques « lefebvristes » intervient, selon Benoît XVI, dans cette optique conciliaire. Concédée durant la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, publiée la veille de la fin de cette Semaine et du 50ème anniversaire de l’annonce de la réunion du Concile de la part de Jean XXIII (25 janvier 1959), la décision ne peut pas ne pas rappeler un geste analogue et encore plus solennel : l’absolution réciproque (!) des excommunications que s’échangèrent le « Patriarche » schismatique de Constantinople Athénagoras et Paul VI le 7 décembre 1965, avec une déclaration commune qui fut lue à la clôture de Vatican II par le cardinalWillebrands devant le concile réuni en session solennelle.
L’Église catholique exige pour l’absolution des censures ecclésiastiques (dont fait partie l’excommunication) que le coupable mette fin à sa contumace (can. 2248 §2)*, ce qui implique que le coupable « se soit repenti du délit commis et qu’il ait accompli, ou au moins sérieusement promis d’accomplir, une satisfaction appropriée pour les dommages et le scandale causés » (can. 2242 §3) ; bien qu’il revienne à l’autorité qui absout de juger si les conditions requises sont présentes (ibidem), il apparaît évident que les quatre évêques n’y ont pas obtempéré, prétendant au contraire n’avoir jamais été excommuniés (cf. la déclaration de Mgr Fellay du 24 janvier 2009). Mais par ailleurs les Orientaux se sont-ils jamais repentis de leur schisme ? Croyez-vous qu’Athénagoras ait reconnu le primat de juridiction du Pape et l’infaillibilité de son magistère ? Bien sûr que non. Analogiquement, l’absolution accordée par Benoît XVI aux quatre évêques s’inscrit dans l’ecclésiologie œcuménique de la « communion imparfaite » (Unitatis redintegratio, Lumen Gentium) et « au nouveau style d’Église voulue par le concile qui préfère la médecine de la miséricorde plutôt que la condamnation » (Osservatore Romano, 26-27 janvier 2009).
La levée des excommunications est donc, comme soutient l’Osservatore Romano (25 janvier 2009) un des innombrables bons fruits du concile :
« Les bons fruits du concile sont innombrables, et il faut compter parmi eux maintenant le geste de miséricorde à l’égard des évêques excommuniés en 1988. C’est un geste qui aurait plu à Jean XXIII et à ses successeurs [peut-être pas à Paul VI, n.d.a.], un cadeau sincère que Benoît XVI, Pape de paix, a voulu rendre public en coïncidence avec l’annonce de Vatican II (…). Un demi-siècle après cette annonce, Vatican II est vivant dans l’Église ».
Même Benoît XVI l’a dit le 25 janvier, dans la Basilique de Saint-Paul, entouré durant la cérémonie liturgique par des « orthodoxes », des anglicans et des luthériens, en faisant l’éloge de l’œcuménisme conciliaire qui prévoit la conversion de tous, « même de l’Église catholique », commente scandaleusement l’Osservatore du 26-27 janvier.
Le vrai but de Benoît XVI ? Avec la levée de l’excommunication, « le Pape débarasse le terrain de possibles prétextes à des polémiques infinies, pour entrer dans le fond du problème : la pleine acceptation du magistère, y compris évidemment le concile Vatican II » (Osservatore Romano, 26-27 janvier 2009) : c’est bien sûr dans ce sens qu’il faut lire les paroles du décret, qui demande désormais « véritable fidélité et véritable reconnaissance du Magistère et de l’autorité du Pape par la preuve de l’unité visible ».
Si quelqu’un avait encore des doutes, le discours tenu par Benoît XVI le 28 janvier a effacé toute ambiguïté, en parlant explicitement de Vatican II :
« C’est justement pour accomplir ce service de l’unité, qui qualifie de façon spécifique mon ministère de Successeur de Pierre, que j’ai décidé il y a quelques jours, d’accorder la rémission de l’excommunication qu’avaient encourue les quatre évêques ordonnés en 1988 par Mgr Lefebvre sans mandat pontifical. J’ai accompli ce geste de miséricorde paternelle parce que ces prélats ont manifesté à plusieurs reprises leur vive souffrance du fait de la situation dans laquelle ils s’étaient retrouvés. Je souhaite que mon geste soit suivi d’un engagement diligent de leur part à accomplir les pas ultérieurs nécessaires pour réaliser la pleine communion avec l’Église, en témoignant ainsi une vraie fidélité et une vraie reconnaissance du magistère et de l’autorité du pape et du concile Vatican II ».

Mgr Fellay : ambiguïté, pragmatisme et contradiction

Si l’on peut reconnaître une certaine logique – comme on l’a vu – aux modernistes, on ne peut pas en dire autant de la Fraternité Saint-Pie X.
La Fraternité Saint-Pie X reconnaît en Benoît XVI le Vicaire du Christ ; mais malgré cela continue à refuser son enseignement sur Vatican II.
La Fraternité demande à Benoît XVI l’absolution de l’excommunication pour ses quatre évêques, reconnaissant (implicitement) la validité de cette censure, et se reconnaissent ainsi (implicitement) repentis du délit commis. Pour ses fidèles, par contre, elle déclare l’avoir « toujours contestée », présentant l’absolution comme une victoire de la « Tradition ». Et en effet les quatre évêques ont vécu, pendant vingt ans, comme si elle n’avait jamais existé, et même en s’en vantant et en la revendiquant comme signe d’orthodoxie, tout en sachant que si un excommunié, impénitent, reste durant un an dans l’excommunication, il est suspect d’hérésie (can. 2340 §1).
Selon le décret, l’excommunication des évêques a été levée parce que Benoît XVI est « confiant en leur volonté, exprimée dans la lettre citée auparavant, de ne ménager aucun effort pour approfondir, via des discussions nécessaires avec les autorités du Saint-Siège, les questions qui restent en suspens afin de pouvoir parvenir rapidement à une pleine et satisfaisante solution au problème qui s’est posé à l’origine ». Le problème est certainement d’ordre disciplinaire (quel statut donner à la Fraternité) mais aussi et surtout d’ordre doctrinal, et concerne Vatican II et ses réformes. La levée de l’excommunication ne résout pas du tout, mais plutôt couvre, de son ambiguïté, les problèmes posés par Vatican II. Lumen Gentium, Gaudium et spes, Unitatis redintegratio, Nostra Ætate, Dignitatis humanæ etc., sont-ils le développement de la doctrine catholique, ou sont-ils en contradiction avec la doctrine catholique ? Et s’ils sont en contradiction avec la doctrine catholique, de telles erreurs, et les réformes qui les ont suivis, peuvent-elles venir de la sainte Église, infaillible et indéfectible, et donc du Vicaire du Christ ? La déclaration de Mgr Fellay du 24 janvier parle seulement de « raisons doctrinales de fond qu’elle (la Fraternité) estime être à l’origine des difficultés actuelles de l’Église », difficultés énoncées par Jean-Paul II lui-même ! Lesdites raisons doctrinales, qui à ce stade ne sont pas davantage spécifiées, sont présentées comme une opinion de la Fraternité, et non comme la doctrine non négociable de l’Église…
Les premiers actes posés par Mgr Fellay après la « levée des excommunications » semblent confirmer que la Fraternité Saint-Pie X est désormais disposée à accepter des renoncements douloureux, pourvu qu’elle arrive à une solution « positive » des négociations, et à accomplir ainsi le pas suivant désiré par Joseph Ratzinger ; cela de façon cohérente avec l’affirmation de la Fraternité (incluse entre autre dans toutes leurs célébrations de la Messe una cum famulo tuo Papa nostro Benedicto) qui dit reconnaître son autorité et son magistère.

Perspectives futures

Hélas pour les catholiques, des discussions entre la Fraternité Saint-Pie X et des néo-modernistes risque de naître une réponse ambiguë que tous les deux semblent souhaiter, et qui est indispensable pour un accord entre les parties.
Tout fait penser, en effet, qu’on puisse « parvenir bientôt » (décret du 21 janvier) à l’accord. Benoît XVI a pleinement satisfait aux conditions imposées par la Fraternité Saint-Pie X, d’abord avec le Motu Proprio Summorum Pontificum, puis maintenant avec le décret de la Congrégation pour les évêques. Il n’est pas réaliste de penser qu’il l’ait fait sans recevoir de la part de Mgr Fellay et de la Fraternité un engagement à trouver rapidement un accord. Dans cette perspective, la Fraternité Saint-Pie X devrait suivre l’exemple de toutes les autres sociétés religieuses qui, lorsqu’elles se sont séparées d’elle, ont, les premières, signé un tel accord : à savoir accepter la nouvelle doctrine conciliaire et la légitimité de la nouvelle liturgie.
Si, par contre, la Fraternité – dans sa totalité ou en partie – devait refuser de faire « le pas suivant » qui lui est demandé, elle conserverait toutefois cette position contradictoire et fausse, qui la discrédite, selon laquelle les catholiques devraient – pour rester catholiques – désobéir à un Pape légitime et s’opposer à son magistère, puisque les erreurs, que la Fraternité condamne à raison, viendraient du Pape et donc de l’Église, et en définitive du Christ. Qui ne voit pas que ces affirmations sont un outrage à la Papauté, à l’Église, à Notre-Seigneur ?

La ligne de conduite à tenir

La ligne de conduite à tenir est celle que nous avons déjà exprimée dans un précédent communiqué (juin 2008) :

« Notre devoir n’est donc pas de favoriser les « tractations » en cours ou, au contraire, de les dénoncer, mais d’espérer plutôt que, tant la Fraternité Saint-Pie X que ceux qui suivent les erreurs conciliaires – après avoir renoncé aux erreurs jusque là défendues et proclamé intégralement la foi catholique – s’unissent enfin, non dans l’erreur, mais dans la Vérité. »

De son côté, l’Institut Mater Boni Consilii, conformément à ses statuts, « entend représenter pour tous les fidèles qui le désirent (…) en ces temps de désorientation un instrument pour persévérer dans la fidélité absolue au dépôt de la foi révélé par Dieu et proposé par le Magistère infaillible de l’Église ».
Nous sommes certains d’avoir en Jésus-Christ, la Voie, la Vérité, la Vie, et dans l’Église catholique, colonne et fondement de la Vérité, la voie à parcourir et le rocher indestructible sur lequel s’appuyer, rocher contre lequel les portes de l’enfer ne prévaudront point.
L’Institut renouvelle donc sa profession de foi catholique, son adhésion au magistère infaillible et non réformable du Pape et de l’Église. C’est pour cela qu’il estime encore aujourd’hui que la position théologique qui décrit le mieux la situation actuelle de l’Église reste toujours celle que Mgr Guérard des Lauriers défendit publiquement, selon laquelle le Siège apostolique est vacant, formellement mais non pas matériellement, à partir de Vatican II. La résolution de cette crise ne passe pas par une solution disciplinaire comme celle demandée et obtenue par la Fraternité Saint-Pie X, mais seulement par la condamnation des nouveautés introduites par Vatican II contre l’enseignement de l’Église et sa discipline canonique et liturgique (tant pour le rite du Saint Sacrifice de la Messe, que pour les rites de tous les sacrements), et la défaite définitive de l’hérésie moderniste. Dans l’unique Église de Celui qui est la Vérité, ne peuvent cohabiter la vérité et l’erreur, la Messe catholique et le rite réformé. Nous confions cette intention à l’intercession spéciale de la Très Sainte Vierge, de saint Joseph, patron de l’Église universelle, des saints apôtres Pierre et Paul, et des saints pontifes Pie V et Pie X.


Verrua Savoia, 28 janvier 2009.


* Les canons cités font référence au code de droit canon promulgué par Benoît XV.

Une version imprimable peut être téléchargée ici: http://www.sodalitium.eu/index.php?ind=downloads&op=entry_view&iden=117 .

Mystique de Noël d’après saint Bernard

Si la fête de Noël est l’occasion de réjouissances bien légitimes pour nous, chrétiens, il faut cependant veiller à respecter l’ordre, de sorte que la réjouissance du corps n’étouffe pas celle de l’âme, et que la nourriture spirituelle ne soit pas entamée par la charnelle :

« Pour certains, la mémoire de cette faveur se tourne en prétextes pour la chair (Gal.5/13), et tu peux les voir déployer en ces jours-là une grande agitation pour préparer des vêtements fastueux, des aliments délicats, comme si c’était cela, ou des réalités de ce genre, que le Christ recherchait par sa naissance » (Adv. III, 1).

Il nous faut donc considérer ces mystères de la nativité du Seigneur (enfant-Dieu, naissant d’une vierge, etc) qui sont comme

« les récipients d’or et d’argent (cf. Ex. 3/22) dans lesquels, en ces jours de si grande fête, on sert à manger, à la table du Seigneur, même à tous les indigents (ICor. 10/21).ces récipients, nous n’avons pas à les emporter : les plats et les coupes d’or ne nous sont pas donnés, mais bien la nourriture et la boisson qu’ils contiennent » (Nat. III, 1).

Ces vases d’or qui représentent la dimension divine de l’événement, nous les contemplerons, puis nous prendrons la nourriture qu’ils contiennent, vertus du Sauveur à imiter.

Pour saisir l’importance de la Nativité, nous devons revenir au principe de notre histoire. Ainsi, dans son deuxième sermon saint Bernard commence par expliquer l’admirable création de l’homme, glaise dans laquelle Dieu a insufflé une âme, source de la dignité de l’homme par rapport aux autres créatures corporelles :

« Comment ne pas se rendre compte, frères, de tout ce que l’âme apporte au corps? Sans âme, la chair ne serait-elle pas une souche insensible? C’est de l’âme, en effet, que surgit la beauté, de l’âme que vient la croissance, de l’âme que dépendent la clarté du regard et la sonorité de la voix » (Nat. II, 2).

Mais ce n’est pas tout, Dieu avait élevé l’homme à l’état surnaturel, le créant “à son image et à sa ressemblance”, la justice originelle d’Adam était comme un sceau de Dieu en lui :

« Oui, Dieu a fait l’homme droit, et l’homme en cela était à la ressemblance de Celui dont il est écrit : “Droit est le Seigneur notre Dieu: en lui, point d’iniquité”(Ps. 91/16). De même Dieu a fait l’homme véridique et juste, selon qu’il est Lui-même vérité et justice » (Nat. II, 3).

Mais en convoitant la sagesse, connaissance du bien et du mal, Adam et Eve (après Lucifer) voulurent s’attribuer ce qui était le propre de Dieu le Fils; et, par cet orgueil, se condamnèrent eux-même, perdant ce qui leur venait de Dieu en voulant devenir comme des dieux.

Dieu allait-Il perdre irrémédiablement sa créature dans sa justice ? Non, l’homme, contrairement au diable, et en raison même de sa nature à la fois spirituelle et corporelle, pouvait être racheté, et c’est ce que Dieu a voulu :

«Faire miséricorde Lui est propre. Car c’est en Lui-même qu’Il puise la réalité même et la semence, en quelque sorte, du pardon.  Pour ce qui est de juger et de condamner, c’est nous qui L’y contraignons, d’une certaine manière» (Nat. V,3).

Et puisque c’était les prérogatives du Fils de Dieu qui étaient visées, c’est par Lui que l’homme serait comme recréé plus admirablement encore qu’il n’avait été créé :

«Tous Me portent envie -semblait-Il dire- : Je vais donc venir et Me comporter de telle manière que, pour quiconque aura voulu M’envier et désiré M’imiter, cette rivalité tourne à son bien»(Adv. I, 4).

Nous voyons donc dans la Nativité du Verbe fait chair l’accomplissement parmi nous de cette miséricorde après laquelle le monde pécheur soupirait :

«Que paraisse, Seigneur, ta bonté, à laquelle l’homme, créé à ton image (Gn.1/27), puisse se conformer.  Car, pour ce qui est de la majesté, de la puissance et de la sagesse, il nous est impossible de les imiter, et il serait inconvenant pour nous de les convoiter» (Nat.I,2).

Voici le mystère à contempler en cette fête de Noël, mystère de l’infinie miséricorde de Dieu à notre égard : Dieu vient à nous pour nous sauver non pour nous juger, qu’avons nous à craindre ?

«Oui, Il s’est fait petit enfant; la Vierge, sa mère, enveloppe de langes ses membres délicats (Lc. 2/7) : et toi, tu tremblerais encore d’effroi (cf Ps. 13/5) ?  A ce signe du moins tu sauras qu’Il est venu non pour te perdre mais pour te sauver (Lc. 9/56), pour te délivrer non pour t’enchaîner.  Déjà Il part en guerre contre tes ennemis, déjà Il piétine la nuque des orgueilleux et des superbes (Dt. 33/29), Lui qui est puissance et sagesse de Dieu (I Cor.1/24)» (Nat.I,4).

Il vient pour mettre à mort la double mort qui nous affecte : celle de l’âme, le péché, et celle du corps.

«Et déjà, en vérité, dans sa propre personne Il a vaincu le péché quand Il a assumé la nature humaine sans la moindre contamination. Grande, effectivement, a été la violence infligée ainsi au péché, et on peut être certain que celui-ci a été réellement chassé lorsque notre nature, qu’il se glorifiait d’avoir totalement investie et occupée, s’est trouvée dans le Christ absolument dégagée de sa possession» (Nat. I,4).

Et durant toute sa vie ici-bas le Sauveur poursuivra le péché par son enseignement et son exemple, de sorte qu’Il devient pour nous comme les quatre sources qui arrosaient le paradis terrestre (Gn. 2/10 ss.) :

«De la source de la miséricorde, nous recevons, pour laver nos fautes, les eaux de la rémission des péchés.  De la source de la sagesse, nous recevons, pour étancher notre soif, les eaux du discernement.  De la source de la grâce, pour arroser les plantes de nos bonnes oeuvres, nous recevons les eaux de l’empressement spirituel.  Cherchons alors, pour cuire nos aliments, des eaux brûlantes : les eaux de l’émulation.  Ce sont elles qui préparent et chauffent à point l’élan de nos désirs : elles sortent en bouillonnant de la source de la charité» (Nat. I,6).

Mais, c’est par sa passion que le Christ enchaînera cette mort de l’âme.  Nous voyons déjà se dessiner sur la crèche l’ombre de la Croix :

«Oui, le Christ pleure, mais autrement que les autres enfants, ou au moins pour une autre raison.(…) Ceux-là pleurent en raison du joug pesant qui accable tous les fils d’Adam (Si.40/1), Lui à cause des péchés des fils d’Adam.  Et si maintenant, pour eux, Il répand ses larmes, pour eux aussi, plus tard, Il répandra son sang» (Nat.III,3).

Quant à la mort du corps, le Christ la vaincra d’abord en Lui-même par sa résurrection puis en nous quand Il ressuscitera nos corps mortels (Rom.8/11; cf Nat.I,4).

Si Notre Seigneur est la cause de notre salut, Il en est aussi le modèle, l’exemplaire auquel nous devons nous conformer. De là, après avoir contemplé la beauté de ce mystère de Noël, mystère de miséricorde, laissons-nous exhorter à la vertu par l’Enfant-Dieu et toutes les circonstances dont Il a voulu que sa naissance fut entourée. Saint Bernard dit ailleurs :

«C’est donc par Dieu, sans aucun doute, que le commencement de notre salut s’opère, ce n’est en tout cas ni par nous ni avec nous.  Mais le consentement et l’oeuvre du salut, même s’ils ne viennent pas de nous, ne se font cependant plus sans nous» (De gratia et libero arbitrio, XIV, 46).

Le fait lui-même de l’incarnation du Verbe qui se manifeste au monde dans la nativité constitue le premier et le plus profond enseignement, celui de l’humilité, fondement de toutes les vertus :

«Efforcez-vous à l’humilité, car elle est le fondement et la gardienne de toutes les vertus; suivez-la à la trace, car elle seule peut sauver vos âmes (cf Jc.1/21).  Quoi de plus inconvenant, en effet, quoi de plus abominable, et de plus gravement punissable, pour un homme, que de voir le Dieu du Ciel se faire petit enfant, et de continuer soi-même à se grandir au dessus de la terre ?  Quelle insupportable impudence, alors que la Majesté s’est anéantie Elle-même, si le vermisseau s’enfle et se gonfle d’importance » (Nat.I,1).

En second lieu, nous pouvons considérer le temps auquel le Christ a voulu naître.  Pourquoi choisir l’hiver comme saison de sa naissance ?  L’été n’aurait-il pas mieux convenu au Soleil de justice ?  Non, la gloire devait être au terme de son pèlerinage terrestre et non au commencement, sa vie devant être l’exemplaire de notre vie spirituelle :

«Voilà pourquoi, en vue de sa naissance, le Fils de Dieu, doté du pouvoir d’en déterminer le moment, a choisi le plus pénible, surtout pour un nourrisson et, un nourrisson dont la mère, toute pauvre, dispose tout juste de quelques chiffons pour le langer et d’une crèche pour le coucher (Lc.2/7)» (Nat. III,1).

Il nous faut donc, pour suivre le Christ, commencer par la pénitence, naître en hiver.  De plus c’est de nuit qu’Il voulut naître, comme pour se cacher; Il nous enseigne par là la modestie et l’esprit de silence :

«Où sont donc ceux qui, avec tant d’impudence, n’ont qu’un désir : celui de se faire voir ? (…) Si le Christ garde le silence, c’est qu’Il ne veut ni se hausser, ni se magnifier, ni se faire connaître : voici alors qu’un ange L’annonce et que la multitude de l’armée céleste Le loue (Lc 2/13).  Par conséquent, toi qui veux suivre le Christ, cache le trésor que tu as trouvé (Mt.13/44).  Aime à passer inaperçu; que la bouche d’un autre s’occupe de ton renom, que la tienne garde le silence (Pr. 27/2)» (Nat.III, 2).

Enfin, approchons-nous encore et voyons le lieu dans lequel Notre Seigneur a voulu naître :

«Pourquoi donc choisi-t’Il une étable ? -pour désapprouver, bien sûr, la gloire du monde, pour condamner la vanité de ce siècle » (Nat.III,2).

Si nous pénétrons plus avant dans cette étable, nous voyons l’Enfant-Dieu entouré de Marie et de Joseph (Lc.2/12) qui représentent deux vertus à pratiquer :

«De même que la petite enfance du Sauveur manifeste l’humilité, de même la continence est mise en valeur par la Vierge, et la justice par Joseph, que l’Evangile, non sans raison, qualifie d’homme juste (Mt.1/19) en faisant son éloge (cf II Cor.8/18)» (Nat.IV,2).

Nous y voyons encore les bergers invités par les anges eux-mêmes, bergers qui représentent l’esprit de pauvreté, le labeur à la sanctification et la vigilance sur nos actes :

«C’est en effet aux bergers qui veillaient et gardaient leurs troupeaux durant les veilles de la nuit qu’est proclamée la joie de la lumière nouvelle; c’est à eux que la naissance du Sauveur est annoncée (Lc 2/12)» (Nat.V, 5).

Ainsi donc, en ces saints jours de Noël, aimons à nous pencher sur la crèche par la méditation quotidienne de ce mystère de la miséricorde divine qui a employé un moyen si admirable pour opérer notre salut. Pourrons-nous jamais considérer toute la portée de ces paroles du prologue de l’évangile de saint Jean : «Et le Verbe était Dieu… Et le Verbe s’est fait chair, et Il a habité parmi nous… Et nous avons tous reçu de sa plénitude et grâce pour grâce.» ?  Qu’il nous soit permis, pour finir, de citer une dernière fois le saint abbé de Clairvaux à la parole si douce et si forte :

«Oui, vraiment, frères, le Verbe s’est fait chair et Il a demeuré parmi nous (Jn.1/14).  Alors qu’Il demeurait au commencement près de Dieu (Jn.1/2), Il habitait la lumière inaccessible et personne ne pouvait Le saisir (I Tim.6/16).  Qui, en effet, a connu la pensée du Seigneur, ou qui fut son conseiller (Rom.11/34) ? L’homme charnel ne percevra jamais ce qui relève de l’Esprit de Dieu (I Cor.2/14); mais, désormais, que l’homme même charnel le saisisse, car le Verbe s’est fait chair.  Si l’homme ne sait rien entendre, sauf ce qui est chair, et bien, voici que le Verbe s’est fait chair : que l’homme au moins l’écoute dans la chair.  O homme, dans la chair, la Sagesse se montre à toi.  Autrefois cachée, voici que désormais elle pénètre les sens mêmes de ta chair.  C’est charnellement, pour ainsi dire, qu’il t’est proclamé : “fuis la jouissance, car la mort est placée au seuil du plaisir (Regula Sancti Benedicti, VII, 24); fais pénitence, car c’est par cette dernière que le Royaume approche (cf Mt.3/2)”» (Nat. III, 3).

Et : «Oui, à moi toutes ces réalités : c’est pour moi qu’elles sont survenues, c’est à moi qu’elles sont offertes, à moi qu’elles sont proposées comme un modèle à imiter » (Nat.III, 1).

Nos festivités pour le 400ème anniversaire du miracle de Faverney


Cette journée du 22 juin restera certainement dans les mémoires de tous ceux qui y ont participé. Nous en rendons grâces à Dieu, et publions, outre les photos précédentes, les fichiers audio suivants :

Le Miracle de Faverney, le Protestantisme et le Modernisme : sermon de monsieur l’abbé Jocelyn Le Gal, de l’Institut Mater Boni Consilii (43’10 »).

Existence et sens du Miracle de Faverney, par le R.P. Joseph-Marie Mercier (54’19 »).

Cantique à la sainte hostie de Faverney

Antienne en l’honneur de la sainte hostie de Faverney

Enfin je me permets de vous rappeler que ces fichiers audio, de même que toutes les photos et les textes de ce site, sont sous licence Creative common, leurs conditions d’utilisation se trouvent ici.