Confinement jour 3 : Saint Joseph, époux de la Bse Vierge Marie

Confinement jour 3 : Saint Joseph, époux de la Bse Vierge Marie

Confinement jour 3 : Saint Joseph, époux de la Bse Vierge Marie

Sermon pour la fête de saint Joseph

Sur la fidélité de saint Joseph (19 mars 2011)

Évangile du jour commenté par Saint Bernard

Mt 1, 18-19 — Marie, la mère de Jésus, étant fiancée à Joseph, avant qu’ils habitassent ensemble, il se trouva qu’elle avait conçu de l’Esprit-Saint. Mais Joseph, son époux, étant un homme juste, et ne voulant pas la diffamer, résolut de la renvoyer secrètement.

Il était nécessaire que Marie fut fiancée à Joseph, puisque c’était le moyen de soustraire aux chiens un saint mystère, de faire constater par son propre époux la virginité de Marie, et de ménager en même temps la pudeur et la réputation de la Vierge. Est-il rien de plus sage, rien de plus digne de la divine providence ? Par ce moyen, les secrets desseins de Dieu ont un témoin, se trouvent soustraits à la reconnaissance de l’ennemi, et l’honneur de la Vierge mère est conservé sans tache. Autrement Joseph aurait-il été juste en épargnant l’adultère ? Or il est écrit : « Joseph son mari, étant un homme juste et ne voulant pas la déshonorer en la traduisant en justice, résolut de la renvoyer en secret (Mt 1, 19). » Ainsi, c’est parce qu’il était juste qu’il ne voulut point la traîner en justice ; mais de même qu’il n’eût point été juste, si, connaissant la faute de Marie il l’avait dissimulé ainsi il n’est point juste non plus, si, connaissant son innocence, il l’eût néanmoins condamnée. Comme il était juste et qu’il ne voulait point la traduire devant les juges, il résolut de la renvoyer en secret.

Mais, pourquoi voulut-il la renvoyer ? Ecoutez sur ce point, non pas ma propre pensée, mais la pensée des Pères. Si Joseph voulut renvoyer Marie, c’était dans le même sentiment qui faisait dire à saint Pierre, quand il repoussait le Seigneur loin de lui : « Éloignez-vous de moi car je suis un pécheur (Lc 5, 8), » et au centurion, quand il dissuadait le Sauveur de venir chez lui : «Seigneur je ne suis pas digne que vous veniez dans ma maison (Mt 8, 8). » C’est donc dans cette pensée que Joseph aussi, se jugeant indigne et pécheur, se disait à lui-même, qu’il ne devait pas vivre plus longtemps dans la familiarité d’une femme si parfaite et si sainte, dont l’admirable grandeur le dépassait tellement et lui inspirait de l’effroi. Il voyait avec une sorte de stupeur à des marques certaines qu’elle était grosse de la présence d’un Dieu, et, comme il ne pouvait pénétrer ce mystère, il avait formé le dessein de la renvoyer. La grandeur de la puissance de Jésus inspirait une sorte d’effroi à Pierre, comme la pensée de sa présence majestueuse déconcertait le centurion ; ainsi Joseph, n’étant que simple mortel, se sentait également déconcerté par la nouveauté d’une si grande merveille et par la profondeur d’un pareil mystère ; voilà pourquoi il songea à renvoyer secrètement Marie. Faut-il vous étonner que Joseph se soit trouvé indigne de la société de la Vierge devenue grosse, quand on sait que sainte Elisabeth ne put supporter sa présence sans une sorte de crainte mêlée de respect ? En effet, « d’où me vient, s’écria-t-elle, ce bonheur, que la mère de mon Seigneur vienne à moi (Lc 1, 43) ? » Voilà donc pourquoi Joseph voulait la renvoyer. Mais pourquoi avait-il l’intention de le faire en secret, non point ouvertement ? De peur, sans doute, qu’on ne lui demandât la cause de ce divorce et qu’il ne fût obligé d’en faire connaître le motif. En effet, qu’est-ce que cet homme juste aurait pu répondre à un peuple à la tête dure, à des gens incrédules et contradicteurs ? S’il leur avait dit ce qu’il pensait, et la preuve qu’il avait de la pureté de Marie ? est-ce que les Juifs incrédules et cruels ne se seraient point moqués de lui et n’auraient point lapidé Marie ? Comment, en effet, auraient-ils cru à la Vérité muette encore dans le sein de la Vierge, eux qui ont méprisé sa voix quand elle leur parlait dans le temple ? A quels excès n’auraient-ils pas osé se porter contre celui qu’ils ne pouvaient pas voir encore, quand ils ont pu porter des mains impies sur sa personne resplendissante alors de l’éclat des miracles ? C’est donc avec raison que cet homme juste, pour ne point être dans l’alternative, ou de mentir, ou de déshonorer une innocente, prit le parti de la renvoyer en secret.

Mt 1, 20-21 — Et comme il y pensait, voici qu’un Ange du Seigneur lui apparut en songe, disant : Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre avec toi Marie, ton Épouse ; car ce qui est né en Elle vient du Saint-Esprit. Elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus ; car il sauvera son peuple de ses péchés.

Si quelqu’un pense et soutient que Joseph eut le soupçon que tout autre homme aurait eu à sa place, mais que, comme il était juste, il ne voulut point habiter avec Marie, à cause de ses doutes mêmes, et que c’est parce qu’il était bon qu’il ne voulait point la traduire en justice, quoiqu’il la soupçonnât d’être coupable, et qu’il songeait à la renvoyer en secret ; je répondrai en deux mots qu’il faut pourtant reconnaître que les doutes de Joseph, quels qu’ils fussent, méritent d’être dissipés par un miracle d’en haut. Car il est écrit que comme il était dans ces pensées, c’est-à-dire pendant qu’il songeait à renvoyer Marie, un ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne craignez point de retenir avec vous Marie, votre épouse, car ce qui est né en elle est l’œuvre du Saint-Esprit (Mt 1, 20). » Voilà donc pour quelles raisons Marie fut fiancée à Joseph, ou plutôt, selon les expressions de l’Évangéliste « à un homme appelé Joseph (Lc 1, 27). » Il cite le nom même de cet homme, non pas parce qu’il fut son mari, mais parce qu’il était un homme de vertu, ou plutôt d’après un autre Évangéliste (Mt, 1), il n’est point simplement un homme, mais il est appelé son mari ; il était juste qu’il fût désigné par le titre même qui devait nécessairement paraître lui appartenir. Ainsi il dut être appelé son mari parce qu’il fallait qu’on crût qu’il l’était effectivement. De même il mérita d’être appelé le père du Sauveur, quoiqu’il ne le fût pas effectivement, afin qu’on crût qu’il l’était, comme l’Évangéliste remarque qu’on le croyait en effet : « Quant à Jésus, dit-il, il entrait dans sa douzième année, et passait pour être le fils de Joseph (Lc 3, 23).» Il n’était donc en réalité ni le mari de la mère, ni le père du Fils, quoique par une certaine et nécessaire disposition, comme je l’ai dit plus haut, il reçut pendant un temps les noms de père et d’époux et fut regardé comme étant l’un et l’autre en effet.

Mais d’après le titre de père de Dieu que Dieu même voulut bien qu’on lui donnât et qu’on crût pendant quelque temps lui appartenir, et d’après son propre nom qu’on ne peut hésiter à regarder aussi comme un honneur de plus, on peut se faire une idée de ce que fut cet homme, ce Joseph. Rappelez-vous maintenant le patriarche de ce nom qui fut vendu en Egypte ; non-seulement il portait le même nom, mais encore il eut sa chasteté, son innocence et sa grâce. En effet, le Joseph qui fut vendu par ses frères qui le haïssaient et conduit en Egypte, était la figure du Christ qui, lui aussi, devait être vendu ; notre Joseph, de son côté, pour fuir la haine d’Hérode, porta le Christ en Egypte (Mt 2, 14), Le premier, pour demeurer fidèle à son maître, ne voulut point partager le lit de sa maîtresse (Gn 39, 12) ; le second, reconnaissant sa maîtresse dans la mère de son Seigneur, la vierge Marie, observa lui-même fidèlement les lois de la continence. A l’un fut donnée l’intelligence des songes, à l’autre il fut accordé d’être le confident des desseins du ciel et d’y coopérer pour sa part. L’un a mis le blé en réserve non pour lui, mais pour son peuple ; l’autre reçut la garde du pain du ciel non-seulement pour son peuple, mais aussi pour lui. On ne peut douter que ce Joseph, à qui fut fiancée la mère du Sauveur, n’ait été un homme bon et fidèle, ou plutôt le serviteur même fidèle et prudent que le Seigneur a placé près de Marie pour être le consolateur de sa mère, le père nourricier de son corps charnel et le fidèle coopérateur de sa grande œuvre sur la terre. Ajoutez à cela qu’il était de la maison de David, selon l’Evangéliste ; il montra qu’il descendait en effet de cette source royale, du sang même de David, ce Joseph, cet homme noble par sa naissance ; mais plus noble encore par le cœur. Oui, ce fut un digne fils de David, un fils qui n’était point dégénéré de son père ; mais quand je dis qu’il était un digne fils de David, je dis non-seulement selon la chair, mais pour sa foi, pour sa sainteté et pour sa dévotion. Dieu le trouva en effet comme son aïeul David un homme selon son cœur, puisqu’il lui confia son plus saint mystère, lui révéla les secrets les plus cachés de sa sagesse, lui fit connaître une merveille qu’aucun des princes de ce monde n’a connu, lui accorda la grâce de voir ce dont la vue fut ardemment désirée mainte fois par une foule de rois et de prophètes, d’entendre celui qu’ils n’ont point entendu ; non-seulement il lui fut donné de le voir et de l’entendre, mais il eut l’honneur de le porter dans ses bras, de le conduire par la main, de le presser sur son cœur, de le couvrir de baisers, de le nourrir et de veiller à sa garde. Il faut croire que Marie ne descendait pas moins que lui de la maison de David, car elle n’aurait point été fiancée à un homme de cette royale lignée, si elle n’en eût point été elle-même. Ils étaient donc l’un et l’autre de la famille royale de David ; mais ce n’est qu’en Marie que se trouva accomplie la promesse véridique que le Seigneur avait faite à David, Joseph ne fut que le témoin et le confident de son accomplissement.

En résumé (selon Saint Bernard)

Fidélis servus, et prudens, quem constítuit Dóminus suæ Matris solátium, suæ carnis nutrítium, solum dénique in terris magni consílii coadiutórem sibi fidíssimum.

Joseph fut ce serviteur fidèle et prudent que le Seigneur a établi pour soutenir Marie, sa mère, pour être le père nourricier de sa chair, et, en un mot, comme le seul sur la terre, à être associé à sa grande œuvre.

Prières

Sanctíssimæ Genitrícis tuæ Sponsi, quæsumus, Dómine, méritis adiuvémur : ut, quod possibílitas nostra non óbtinet, eius nobis intercessióne donétur : Qui vivis et regnas.

Faites Seigneur, que les mérites de l’Époux de votre Mère très sainte nous viennent en aide ; afin que les grâces que nous ne pouvons obtenir par nous-mêmes nous soient accordées par son intercession. Vous qui vivez & régnez avec le Père en l’unité du Saint Esprit, Dieu pour tous les siècles des siècles.

Prière à saint Joseph pour obtenir la grâce d’une bonne mort

Grand Saint Joseph, qui êtes le modèle, le patron et le consolateur des mourants, je vous demande aujourd’hui votre protection pour le dernier instant de ma vie, pour ce moment terrible où je ne sais si j’aurai la force de vous appeler à mon aide. Faites, je vous en conjure, que je meure de la mort des justes.

Mais afin que je puisse espérer une si grande grâce, obtenez-moi de vivre, comme vous, en la présence de Jésus et de Marie et de ne jamais blesser leurs regards par la tache hideuse du péché.

Que je meure, dès ce moment, à moi-même, à mes passions, à mes désirs terrestres, à tout ce qui n’est pas Dieu, afin de vivre uniquement pour celui qui a donné sa vie pour moi.

Jésus, Marie, Joseph, assistez-moi dans mes derniers moments, soutenez-moi, défendez-moi contre les assauts du démon et accordez-moi d’expirer saintement.

Prière du Pape Léon XIII à saint Joseph

Nous recourons à vous dans notre tribulation, ô bienheureux Joseph, et, après avoir imploré le secours de votre très sainte épouse, nous sollicitons aussi avec confiance votre patronage.

Par l’affection qui vous a uni à la Vierge immaculée, Mère de Dieu ; par l’amour paternel dont vous avez entouré l’Enfant Jésus, nous vous supplions de regarder avec bonté l’héritage que Jésus-Christ a conquis au prix de son sang, et de nous assister de votre puissance et de votre secours dans nos besoins.

Protégez, Ô très sage gardien de la divine Famille, la race élue de Jésus-Christ ; Préservez-nous, ô Père très aimant, de toute souillure d’erreur et de corruption ; soyez-nous favorable, ô notre très puissant libérateur.

Du haut du ciel assistez-nous dans le combat que nous livrons à la puissance des ténèbres ; et, de même que vous avez arraché autrefois l’Enfant Jésus au péril de la mort, défendez aujourd’hui la sainte Eglise de Dieu des embûches de l’ennemi et de toute adversité.

Couvrez chacun de nous tous de votre perpétuelle protection, afin que, soutenus par votre secours, nous puissions vivre saintement, pieusement mourir et obtenir la béatitude éternelle du Ciel. Ainsi soit-il.

Antiennes

Ã. Missus est * Gabrihel Ángelus ad Maríam Vírginem desponsátam Ioseph.

Ã. L’Ange Gabriel fut envoyé à la Vierge Marie, l’épouse de Joseph.

Antienne grégorienne “Missus est”

Ã. Ioseph, fili David, noli timére accípere Maríam cóniugem tuam : quod enim in ea natum est, de Spíritu Sancto est.

Ã. Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre avec toi Marie, ton Épouse ; car ce qui est né en Elle vient du Saint-Esprit.

Antienne grégorienne “Ioseph, fili David”

Pour le jeudi de la 3ème semaine de Carême

Aujourd’hui la Station romaine du Carême est l’Église des Saints Côme et Damien, patron des médecins. Prions-les spécialement pour tout le personnel médical qui lutte contre la maladie.

Magníficet te, Dómine, sanctórum tuórum Cosmæ et Damiáni beáta solémnitas : qua et illis glóriam sempitérnam, et opem nobis ineffábili providéntia contulísti. Per Dóminum.

Qu’elle vous glorifie, Seigneur, la bienheureuse solennité de vos saints Côme et Damien, en laquelle vous leur avez donné la gloire éternelle, et  à nous le secours de votre ineffable providence. Par Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Ã. Omnes * qui habébant infírmos, ducébant illos ad Iesum, et sanabántur.

Ã. Tous ceux qui avaient des malades les amenaient à Jésus, et ils étaient guéris.

Antienne grégorienne “Omnes qui habebant”

Confinement jour 1 : Mardi de la 3ème semaine de Carême

Confinement jour 1 : Mardi de la 3ème semaine de Carême

Confinement jour 1 : Mardi de la 3ème semaine de Carême

Le mot de Saint Augustin

Pour quelle raison reprends-tu ton frère ? Parce que tu es peiné de ce qu’il a péché contre toi ? À Dieu ne plaise. Si tu fais cela par amour pour toi, tu ne fais rien ; mais si tu le fais par amour pour lui, tu fais très bien.

Évangile du jour commenté par Dom Paul Delatte

Mt 18, 15-18 — En cette occasion, Jésus dit à ses disciples : « Si ton frère a péché contre toi, va, et reprends-le entre toi et lui seul. S’il t’écoute, tu auras gagné ton frère. Mais, s’il ne t’écoute pas, prends encore avec toi une ou deux personnes, afin que toute l’affaire soit réglée par l’autorité de deux ou trois témoins. S’il ne les écoute pas, dis-le à l’Eglise; et s’il n’écoute pas l’Eglise, qu’il soit pour toi comme un païen et un publicain. En vérité, Je vous le dis, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié aussi dans le Ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié aussi dans le Ciel. »

Votre frère a eu quelque tort envers vous : une injure personnelle, une violence, une injustice. N’attendez pas qu’il vienne s’excuser ni s’expliquer. Allez vers lui le premier (Mt 5, 23-24). Soyez seul avec lui : un témoin, ou une galerie de témoins ne peuvent que nuire, parce qu’ils provoquent facilement un plaidoyer. Abordez votre frère, faites-lui comprendre que c’est un simple malentendu, que vous ne voulez vous souvenir de rien, que vous désirez qu’il agisse de même (Cf. Lv 17, 3). Il y a chance que votre initiative sera accueillie. Ne regardez pas à l’effort qu’elle exige de vous ; regardez à la récompense, regardez au fruit : vous aurez gagné votre frère à la charité et à Dieu ! Peut-être n’est-il rien au monde qui arrête l’épanouissement de la vie surnaturelle autant qu’une amertume, une rancune, un éloignement obstiné. Une sorte d’excommunication silencieuse prononcée contre l’un ou l’autre de nos frères.

Vous n’avez pas réussi ? Ne vous découragez pas, revenez à la charge. Prenez avec vous un ou deux autres frères, non pour les faire juges du tort originel ou de l’endurcissement du coupable, mais pour appuyer l’effort de votre charité. Votre frère rougirait de ne pas agréer leur démarche. Ils lui feront entendre des paroles affectueuses et raisonnables ; et ce qui vous a été refusé, à vous, sera obtenu par cette coalition aimable. Toute l’affaire sera ainsi traitée et apaisée entre trois ou quatre consciences, — selon le précepte du Deutéronome : « C’est sur la parole de deux ou trois témoins que tout différend doit se régler » (Dt 19, 15). Il peut se faire que vous alliez encore à un échec : n’importe ; n’abandonnez pas votre frère. Exposez la chose à l’Église, à l’assemblée des fidèles ; non pas pour provoquer ses sévérités, mais pour solliciter ses prières. L’intervention de toute la famille chrétienne, l’invitation collective adressée au Tout-Puissant, obtiendra ce qu’un seul ou quelques-uns n’ont pu obtenir : « Afin que le Seigneur qui peut tout rende la santé au frère malade » (Règle de Saint Benoît, c. 28). — Pourtant l’obstination peut être telle que l’homme n’écoute ni l’Église ni Dieu : alors il est excommunié ; il n’est plus de l’Église, il s’exclut volontairement en brisant le lien de la charité. N’ayez plus de rapport avec lui : traitez-le comme les Juifs traitent un païen ou un publicain.

Il nous faut être attentifs aux versets 17 et 18. L’Église ou assemblée dont il est parlé n’est certainement point la Synagogue, dépourvue de toute autorité pour lier et délier les chrétiens, et à qui l’on n’aurait pu soumettre de tels problèmes. Ce n’est pas davantage l’autorité civile : elle ne se préoccupe de ces mêmes causes que lorsqu’elles se traduisent par un détriment matériel ; et lorsqu’elle intervient, ce n’est pas par voie de réconciliation ou d’excommunication qu’elle procède, mais par voie de contrainte. Il n’est pas question non plus d’une réunion quelconque de chrétiens, d’un collège où tous les membres seraient égaux ; c’est la société chrétienne considérée comme dépositaire du pouvoir et de l’autorité, puisqu’il est prescrit au fidèle de l’écouter, sous peine de n’être plus traité comme chrétien. Dans le verset 18, le Seigneur s’adresse à l’Église telle qu’elle existait alors, préparée et déjà constituée dans les apôtres. Ce qui a été donné à Pierre personnellement (Mt 16, 19) est accordé aux apôtres unis à leur chef : « En vérité, je vous le dis : tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. » Ce pouvoir est absolument universel et relatif à tout ce qui appartient aux fins de l’Église. Ce que les chefs de l’Église auront prononcé ici-bas par autorité doctrinale ; par autorité et puissance d’ordre, dans le domaine de la sanctification ; par autorité de juridiction, en prononçant l’anathème : tout cela sera sanctionné, homologué, ratifié dans le ciel.

Mt 18, 19-20 — « Je vous dis encore que si deux d’entre vous s’accordent sur la terre, quelque chose qu’ils demandent, ils l’obtiendront de Mon Père qui est dans les Cieux. Car là où deux ou trois sont assemblés en Mon nom, Je suis au milieu d’eux. »

Ces versets se rapportent encore à la charité. Là où un homme est impuissant, le Seigneur a réclamé l’intervention de plusieurs (verset 16) : il relève maintenant de nouveau la bénédiction promise à l’union fraternelle. Il suffit que, sur cette terre, deux disciples du Christ, deux âmes unies ensemble de pensée et de vouloir, demandent à Dieu une grâce quelconque, pour qu’elles soient exaucées du Père céleste. Et la raison profonde de cette toute-puissance de la prière commune est indiquée aussitôt par Jésus. « Car là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux. » Il est avec ces âmes chrétiennes et en elles, inspirant soutenant leur prière, et l’offrant lui-même à son Père, lui dont l’intervention est efficace toujours.

Mt 18, 21-22 — Alors Pierre, S’approchant de Lui, dit : « Seigneur, combien de fois pardonnerai-je à mon frère, lorsqu’il aura péché contre moi ? Sera-ce jusqu’à sept fois ? » Jésus lui dit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois. »

Saint Pierre reconnaît que le Seigneur n’a pas dautre souci que de créer la charité dans l’Église ; et en face du pardon des injures, dont il a été précédemment question (15-16), il éprouve une part d’indécision et soumet un cas de conscience : « Seigneur, dit-il, combien de fois pardonnerai-je à mon frère, lorsqu’il péchera contre moi ? Jusqu’à sept fois ? » La doctrine des rabbins disait : trois fois, et pas plus : sans doute par respect pour la formule employée par le Seigneur dans Amos (1, 3) : le quatrième crime de Damas fait déborder la coupe de la colère divine (Cf. Iob 33, 29). Ailleurs il est dit : « Sept fois le juste tombe et il se relève » (Prv 24, 16). L’âme de saint Pierre était bonne et allait d’elle-même aux grandes indulgences. Pourtant, il demeure en deçà de la mesure prescrite par le Seigneur. Lorsqu’on veut, en style oriental, marquer l’indéfini de la vengeance, on multiplie la mesure par son décuple : « On vengera sept fois la mort de Caïn, et celle de Lamech soixante-dix fois sept fois » (Gn 4, 24). Il convient que la charité chrétienne aille aussi loin. Comment celui qui pardonne pourrait-il compter, puisqu’il ne se souvient même pas ! Pour additionner, il faut tenir compte des événements qui ont précédé ; et l’âme qui pardonne les a oubliés ! Elle ressemble à Dieu ; elle ne fait pas revivre le mal pardonné. « Je ne vous dis pas jusqu’à sept fois, répond Jésus, mais jusqu’à soixante-dixsept fois », en d’autres termes, toujours.

Prières

Tua nos, Dómine, protectióne defénde : * et ab omni semper iniquitáte custódi. Per Dóminum.

Par votre protection, défendez-nous, Seigneur ; et gardez-nous toujours de toute iniquité. Par Notre-Seigneur.

Prière à saint Roch contre la maladie

Dans votre bonté, nous vous en supplions, Seigneur, gardez toujours votre peuple : et par les mérites de saint Roch, préservez-le de toute contagion de l’âme et du corps. Par Jésus-Christ.

Pópulum tuum, quǽsumus Dómine, contínua pietáte custódi : et beáti Rochi suffragántibus méritis, ab omni fac ánimæ et córporis contagióne secúrum. Per Dóminum.

Antienne

Ã. Ubi duo vel tres * congregáti fúerint in nómine meo, in médio eórum sum, dicit Dóminus.

Ã. Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux, dit le Seigneur.

Antienne grégorienne “Ubi duo vel tres”

10 ans de sacerdoce du R. P. Joseph-Marie Mercier

10 ans de sacerdoce du R. P. Joseph-Marie Mercier

Il y a 10 ans déjà (le 5 novembre 2005), à Verrua Savoia, le R. P. Joseph-Marie Mercier recevait la grâce du sacerdoce des mains de S. E. Monseigneur Stuyver, en compagnie de M. l’Abbé Jocelyn Le Gal. Que Dieu leur donne la grâce de poursuivre le bon combat, le combat de la Foi, dans la fidélité à Notre-Seigneur et à son Eglise.

Cet anniversaire sera célébré solennellement le dimanche 15 novembre 2015 au Prieuré Notre-Dame de Bethléem, à Faverney. Voici le programme de la journée :

à 10h : Messe solennelle d’action de grâces
vin d’honneur
à 16h : Vêpres et Salut du Saint-Sacrement

L’élection de Jorge M. Bergoglio

La « démission » de Benoît XVI

Il nous semble utile de relayer ici le communiqué de l’Institut Mater Boni Consilii sur cet événement, car il résume clairement la situation actuelle de l’Eglise (source : http://www.sodalitium.eu/index.php?pid=142).

La renonciation de Joseph Ratzinger

Le matin de ce 11 février 2013, durant le Consistoire, Benoît XVI a annoncé sa “renonciation au ministère d’Évêque de Rome, successeur de saint Pierre”, en précisant que le Siège serait effectivement vacant à partir du 28 février à vingt heures.

Unique motivation donnée pour cette décision : l’ingravescentem ætatem, c’est-à-dire l’avancement de l’âge (on n’a pas connaissance de l’existence d’autres motifs).

La renonciation au Souverain Pontificat est une possibilité prévue par le canon 221 du code de droit canonique promulgué par Benoît XV, c’est pourquoi, en elle-même, une décision de ce genre n’altère pas la divine constitution de l’Église, bien que posant de très graves difficultés d’ordre pratique. C’est pour cette raison que les rares renonciations du passé advinrent dans des circonstances de particulière gravité dans l’histoire de l’Église, et c’est pour cela que le geste accompli aujourd’hui par Benoît XVI ne peut être comparé à ceux du passé.

Il s’agit – comme le suggèrent les paroles utilisées, ingravescente ætate – de la volonté d’appliquer y compris à la charge papale ce que déjà le concile Vatican II (par le décret Christus Dominus) et Paul VI (Motu proprio Ecclesiæ Sanctæ du 6 août 1966 et Motu proprio Ingravescentem ætatem du 21 novembre 1970) avaient décidé pour les curés, les évêques et les cardinaux (démission dès l’âge de soixante-quinze ans ; exclusion du conclave dès l’âge de quatre-vingts ans pour les cardinaux).

Ces décisions conciliaires et montiniennes n’avaient pas seulement comme but pastoral déclaré d’éviter d’avoir des pasteurs inaptes au ministère du fait d’un âge avancé (et celui non déclaré d’éloigner d’éventuels opposants aux réformes), mais celui de transformer – au moins de fait et aux yeux du monde – une hiérarchie sacrée en une administration bureaucratique semblable aux administrations de gouvernement des états démocratiques modernes, ou aux ministères pastoraux synodaux des sectes protestantes. Aujourd’hui Joseph Ratzinger parachève la réforme conciliaire en appliquant également à la dignité sacrée du Souverain Pontificat les modernes catégories mondaines et séculières ci-dessus évoquées, comparant aussi en cela la Papauté Romaine à l’épiscopat subalterne. Il est très probable, en effet, que la décision d’aujourd’hui devienne comme moralement obligatoire pour ses successeurs, faisant de la Papauté une charge ad tempus et provisoire de président du collège épiscopal ou, pourquoi pas, du conseil œcuménique des églises.

Au début de son “pontificat”, Benoît XVI insista effectivement sur l’aspect collégial de l’autorité de l’Église : l’Évêque de Rome est le président du collège épiscopal, un évêque parmi les évêques ; au terme de son “gouvernement”, Joseph Ratzinger a voulu présenter – comme n’importe quel évêque conciliaire – sa démission.

Mais le 19 avril 2005, quand Joseph Ratzinger fut élu au Souverain Pontificat par le Conclave, accepta-t-il vraiment, et non seulement extérieurement, l’élection ? D’après la thèse théologique élaborée par le Père M.-L. Guérard des Lauriers o.p. (à l’égard de Paul VI et de ses successeurs) cette acceptation ne put qu’être extérieure et non réelle et efficace, puisque l’élu a démontré ne pas avoir eu, ni alors, ni ensuite, l’intention objective et habituelle de pourvoir au bien de l’Église et de procurer la réalisation de sa fin. À partir de ce jour, Joseph Ratzinger fut certes l’élu du conclave, mais non formellement le Souverain Pontife qui gouverne l’Église “avec” son Chef invisible, Notre-Seigneur Jésus-Christ. Par la décision de ce jour, en syntonie avec la doctrine et la discipline conciliaire et avec le vif sentiment antipapal qu’il a hérité du protestantisme allemand et du modernisme agnostique dont il a été et reste un représentant de premier ordre, Joseph Ratzinger n’a fait que rendre explicite et manifeste son refus de gouverner vraiment l’Église, et cesse ainsi d’être – juridiquement – non le Pape, qu’il n’a jamais été, mais l’élu du conclave et l’occupant matériel du Siège Apostolique.

Dans la – déjà – dramatique situation de l’Église, le geste d’aujourd’hui affaiblit encore davantage la barque apostolique secouée par la tempête. Il est vrai en effet que ce geste reconnaît l’incapacité et la non volonté de Ratzinger de gouverner l’Église, mais il est vrai aussi qu’il parachève, comme déjà dit, la discipline conciliaire de discrédit de la hiérarchie ecclésiastique. Seule l’élection d’un vrai Successeur de Pierre pourrait mettre fin à cette crise d’autorité, mais la composition du corps électoral laisse présager – à vue humaine – que la nuit sera encore plus profonde, et l’aube encore lointaine. Que Dieu nous assiste, avec l’intercession de la Très Sainte Vierge Marie, et des Saints Apôtres Pierre et Paul.

Verrua Savoia, le 11 février 2013.

Version imprimable à télécharger.