2ème Dimanche après Pâques (Confinement J41)

2ème Dimanche après Pâques (Confinement J41)

2ème Dimanche après Pâques (Confinement J41)

La Punchline de Dom Delatte

La liberté ne consiste ni dans l’absence de précepte, ni dans l’affranchissement de toute autorité, ni dans la faculté de se soustraire à l’ordre.

Sermon

"Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent"

Jésus est le Bon Pasteur (Io 10, 1-18) : commentaire de Dom Delatte

L’allégorie dont se sert ici l’évangile était familière à la pensée juive (Ier 23; Ez 24; Ps 22); même, cette figure de diction est si naturelle que, dans la langue d’Homère, les rois s’appellent les pasteurs des peuples. À première vue, on n’aperçoit que les traits, vulgaires, d’une scène pastorale sans éclat ; et notre pensée y demeurerait inattentive si, dès le premier instant, le Seigneur n’usait de la formule solennelle : « En vérité, en vérité, je vous le dis », pour nous avertir des mystères voilés par les emblèmes : la Synagogue infidèle, rejetée, abolie ; l’Église, qui lui succède ; le Pasteur de cette société nouvelle qui embrasse toute l’humanité.

Le thème de l’allégorie est d’une simplicité extrême : une bergerie, en pleine campagne. Autour du bercail où reposent les brebis, une muraille continue, couronnée d’épines. En un seul point, la clôture s’interrompt, coupée par une porte étroite donnant accès au pasteur, aux brebis, mais solidement fermée contre les voleurs de nuit. Car les maraudeurs ne sont pas rares : loups et chacals rôdent autour de l’enceinte, y cherchant un défaut, et irrités par le bêlement des brebis. Un gardien veille à l’intérieur, non loin de la porte, qui ne s’ouvre qu’à bon escient. De cette donnée toute pastorale s’inspire l’ensemble que nous étudions.

Nous ne le comprendrons bien qu’à la condition de l’analyser et d’y reconnaître, non pas une seule parabole, mais trois petits tableaux paraboliques différents, formant triptyque : le premier, de 1 à 6, décrivant le mode régulier de l’accès au bercail ; le second, de 7 à 10, relatif à la porte du bercail ; le troisième, de 11 à 18, tout entier consacré à dessiner le vrai et unique Pasteur.

1er tableau : Pasteur vs voleurs et étrangers 

Il est possible d’entrer dans un bercail soit par escalade, soit à la faveur d’une brèche pratiquée à la muraille de clôture. Celui qui entre de la sorte se trahit par son procédé même : c’est un voleur ; il ne vient que pour nuire. Le pasteur, lui, n’a nul besoin des voies furtives et détournées : tout est préparé pour lui. Il est désigné, prophétisé, connu d’avance ; le gardien de la porte, — que ce soit Moïse, que ce soit Jean-Baptiste, il n’importe, — lui ouvre dès qu’il se présente, le matin. Il est reconnaissable à ce premier indice qu’il entre par la voie normale, frayée pour lui. Tout l’Ancien Testament l’a préparé, l’a attendu, a donné son signalement. Encore, entrer par la porte n’est-il qu’un premier indice qui le désigne : il en est d’autres qui appartiennent à l’intimité du bercail. Sa voix est connue du gardien, elle est connue des brebis. Il leur parle, et appelle par leur nom, car il les connaît individuellement, les brebis que son Père lui a données. Les ténèbres sont dissipées, on va vivre, marcher, boire et manger. Le pasteur se met à la tête des brebis et les conduit aux pâturages. Elles le suivent, elles marchent quand il marche, elles s’arrêtent où il s’arrête. Sa voix leur est connue : loin de les effarer, elle les rassemble. Mais que ce soit un étranger qui leur parle, les brebis ne l’écoutent pas : sa parole n’est pour elles que du bruit ; ou bien même elles s’enfuient, effrayées, dans toutes les directions. Telle fut l’allégorie proposée aux Juifs ; mais elle leur demeura incomprise : ils n’en virent pas l’application à l’heure présente.

2ème tableau : Jésus est la porte du bercail

Une autre fois, le Seigneur leur dit, empruntant au même thème de vie pastorale une parabole nouvelle, proposée avec la même solennité : En vérité, en vérité, je vous le dis, de ce bercail nouveau, l’Église succédant à la Synagogue, c’est moi qui suis la porte, par où entrent, par où sortent les brebis (7, 9). Le péril des brebis ne vient pas seulement de ceux qui s’introduisent dans le bercail par escalade, la nuit ; mais aussi de ceux qui, le soir, lorsque le troupeau rentre au bercail, se tiennent devant la porte pour en détourner les brebis, les appeler à eux, les emmener dans les fourrés et les égorger. La pensée du Seigneur n’est pas que tous ceux qui, avant lui, sont venus parler aux âmes n’ont été que des voleurs et des brigands : les patriarches et les prophètes ont parlé au nom de Dieu ; mais que ceux, comme les Juifs de la Synagogue, qui s’efforcent de détourner de la porte, qui est le Seigneur, ne veulent que conduire les brebis à la mort. Au lieu que les brebis fidèles, entrant par la porte, sortant par la porte qui est le Christ, trouvent les gras pâturages et, grâce à lui, l’abondance de la vie.

Tableau principal : Jésus est LE bon Pasteur

Le troisième tableau (11-18) est consacré tout entier à dessiner le vrai, le parfait, l’unique pasteur. L’opposition qui, au premier tableau, s’est établie entre l’escalade et l’entrée normale ; au second tableau, entre la porte et ceux qui détournent de la porte, s’accuse maintenant entre le mercenaire et le pasteur. Mais ce pasteur est vraiment unique, il est le Pasteur. Il en est qui vivent de leur troupeau : lui donne sa vie pour ses brebis. Ne cherchons pas outre mesure ce qui est représenté par le mercenaire. Après tout, le mercenaire fait son métier : le troupeau n’est pas à lui, on ne saurait lui demander un excès de dévouement, ni le sacrifice de lui-même. Il fuit, parce qu’il est mercenaire. A la vue du péril, il songe naturellement à se mettre à l’abri : et le loup a tout le loisir de ravir et de disperser. Quant au vrai et unique pasteur, il connaît ses brebis, ses brebis le connaissent. Connaissance implique ici possession, intimité affectueuse. Le Seigneur connaît, il guide, il aime, il défend, il garde ce qui est à lui, ce qui est acheté au prix de son sang ; et les brebis, qui connaissent, aiment à leur tour, et se rangent, et obéissent, et bénissent, et remercient le pasteur. C’est trop peu encore. Car tout ce qui vient d’être dit n’a pas cessé, dans son expression, d’appartenir à l’ordre humain. On a dit : connaître. Encore faudrait-il préciser davantage le système de relations qui unissent le pasteur aux brebis, les brebis au pasteur. C’est à la vie de Dieu même qu’en est emprunté le dessin ; les choses se passent comme dans la grande famille incréée ; tous autres termes de comparaison sont chétifs et insuffisants pour décrire ce que nous sommes à Notre- Seigneur Jésus-Christ et ce qu’il est pour nous. Il est avec nous comme son Père est avec lui, grâce à notre nature qui est devenue la sienne. Je connais, dit-il, mes brebis, et mes brebis me connaissent, comme mon Père me connaît et comme je connais mon Père. On appartient tous, pasteur et brebis, à ce monde divin, on n’a qu’un même cœur, une même vie. On se connaît bien, on s’aime, on est sûr l’un de l’autre ; on vit ensemble, dans la joie, dans la paix, dans la tendresse, dans la sérénité. Le pasteur n’a d’autre intérêt que ses brebis, les brebis d’autre souci que le pasteur.

Le Seigneur ajoute cette marque distinctive du bon pasteur : le dévouement jusqu’à la mort pour ses brebis. On ne lui arrachera pas sa vie : il la donne, librement, par amour ; il la dépose, il s’en dépouille aisément, doucement, comme d’un manteau ; on dirait que c’est un jeu pour lui, tant il en parle avec assurance et tranquillité. Et après avoir jeté ce regard prophétique sur sa Passion prochaine, le Seigneur contemple les brebis qui, dans sa mort,, trouveront la vie. Sans doute, le monde s’écarte de lui, mais il est quand même assuré de l’avenir. Il discerne, dans cette foule mêlée, les âmes qui sont à lui ; le judaïsme, en dépit de sa réprobation globale, lui donnera des élus. Mais il songe surtout à la foule immense qui lui viendra d’ailleurs, de la gentilité. J’ai d’autres brebis, dit-il, qui ne sont pas de ce bercail… Elles lui appartiennent de toute éternité, en vertu de la prédestination divine ; il les possède, non par anticipation, mais réellement, comme déjà présentes à lui ; et la trame historique de leur vie ne fera que traduire la pensée de Dieu et réaliser son dessein. — Il me faut les aller chercher, elles aussi; elles écouteront ma voix ; et, toutes ensemble, brebis d’Israël, brebis de la gentilité, formeront un seul troupeau sous un seul pasteur. Il n’y aura plus, par Jésus-Christ et en lui, qu’union et unité parfaite, comme dans l’exemplaire incréé : « qu’ils soient un, comme nous sommes un, moi en eux, et vous en moi, afin qu’ils soient parfaitement un » (Io 17, 22-23). Toute la Jérusalem céleste, toute la société des rachetés puisera une même et éternelle vie aux sources du Sauveur ; et saint Jean, dans l’Apocalypse, la voit groupée, en une même fonction liturgique, autour de son Pasteur, autour de l’Agneau immolé et toujours vivant.

Le verset 17 peut être considéré comme une parenthèse, après laquelle le Seigneur revient à l’indice caractéristique du bon pasteur. Le Père aime le Fils, à cause de son sacrifice, qui est volontaire, spontané, souverainement libre, et l’acte suprême de l’obéissance. Si le Père m’aime, c’est parce que je donne ma vie, pour la reprendre ensuite. Nul ne me la ravit, mais je la donne de moi-même. J’ai le pouvoir de la donner et j’ai le pouvoir de la reprendre. Tel est l’ordre que j’ai reçu de mon Père. —Mais comment concilier ce précepte, ce mandat paternel avec la pleine liberté du Fils, revendiquée sous une forme si catégorique? Les théologiens s’y emploient : contentons-nous ici de remarquer non pas seulement que c’est une même volonté, commune au Père et au Fils, qui a conçu toute l’œuvre de la Rédemption ; mais aussi que, dans la volonté humaine de Notre-Seigneur Jésus-Christ, la liberté ne consiste ni dans l’absence de précepte, ni dans l’affranchissement de toute autorité, ni dans une indécision première, ni dans la faculté de se soustraire à l’ordre, mais dans l’affranchissement de toute détermination qui ne serait pas d’ordre intellectuel ou divin. Une détermination à base d’intelligence n’est aucunement incompatible avec la vraie liberté. Mais ce n’est pas le lieu de traiter cette question avec les développements qu’elle mérite.

Prières

Oratio

Deus, qui in Fílii tui humilitáte iacéntem mundum erexísti : fidélibus tuis perpétuam concéde lætítiam ; ut, quos perpétuæ mortis eripuísti cásibus, gáudiis fácias pérfrui sempitérnis. Per eúndem Dóminum.

Oraison

Ô Dieu, qui, par l’humilité de votre Fils, avez relevé le monde abattu : accordez à vos fidèles une allégresse constante, et faites jouir des joies éternelles ceux que vous avez arrachés aux dangers d’une mort sans fin.

Oratio

Gregem tuum, Pastor ætérne, placátus inténde : et, per beátum Cletum Mártyrem tuum atque Summum Pontíficem, perpétua protectióne custódi ; quem totíus Ecclésiæ præstitísti esse pastórem. Per Dóminum nostrum.

Oraison

Pasteur éternel de l’Église, regardez avec bienveillance votre troupeau, protégez-le et gardez-le toujours. Nous vous le demandons par le bienheureux Clet votre Martyr et souverain Pontife que vous avez placé comme berger à la tête de l’Église.

Notre-Dame du Bon Conseil

L’apparition de Notre-Dame du Bon Conseil est si célèbre, Son image si répandue et si honorée dans l’Église, qu’il convient de donner place à cette forme de dévotion. La petite ville de Gennazano, à dix lieues environ de Rome, sur les montagnes de la Sabine, honora, dès le Vème siècle, la Sainte Vierge sous le vocable de Notre-Dame du Bon Conseil. Au XVème siècle, l’église menaçait ruine. Une pieuse femme, nommée Petruccia, entreprit de la reconstruire, malgré ses quatre-vingts ans; elle y employa sa fortune, qui ne suffit pas à l’achever. Petruccia prédit que la Sainte Vierge achèverait l’œuvre. Or, le 25 avril 1467, à l’heure des vêpres, une céleste harmonie se fit entendre dans les airs, la foule vit descendre une nuée brillante qui alla se reposer sur l’autel de la chapelle de Saint-Blaise, par où avait commencé la restauration de l’église. Au même moment, toutes les cloches du pays sonnèrent leurs plus joyeuses volées. La nuée disparue, la foule émerveillée aperçut une image de Marie portant l’Enfant Jésus, peinte sur enduit et se tenant au fond de l’autel, près du mur, sans appui naturel. Il fut dûment constaté que cette peinture avait été transportée miraculeusement d’une église de Scutari, ville d’Albanie. La Providence avait voulu la soustraire aux profanations des Turcs, maîtres de ce pays, et l’envoyer comme récompense de la foi de Petruccia et des habitants de Gennazano. L’histoire des merveilles de tous genres accomplies, depuis ce temps, autour de l’image miraculeuse, demanderait des volumes entiers. Souvent on a vu l’image changer d’aspect, et les yeux de la Sainte Vierge prendre un air de vie exprimant la joie ou la douleur. Que de maladies et d’infirmités guéries! Que de grâces spirituelles obtenues! Gennazano est toujours un lieu de pèlerinage vénéré et très fréquenté, et beaucoup de pieux pèlerins même étrangers à l’Italie, si le temps le leur permet, tiennent à visiter ce sanctuaire béni. Les souverains Pontifes ont comblé d’indulgences la dévotion à Notre-Dame du Bon Conseil, et Léon XIII a inséré dans les Litanies de la Sainte Vierge le titre de Mère du Bon Conseil.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l’année (Mame, 1950)

Notre-Dame du Bon Conseil (Genazzano)

Petites litanies de Notre-Dame du Bon Conseil

Seigneur, ayez pitié de nous.
Jésus-Christ, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous.
Jésus-Christ, écoutez-nous.
Jésus-Christ, exaucez-nous.
Père Céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Fils Rédempteur du monde qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Esprit-Saint qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Trinité Sainte qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Vierge Marie, notre Mère, conseillez-nous et protégez-nous.
Fille bien-aimée du Père Eternel, conseillez-nous et protégez-nous.
Auguste Mère du Fils de Dieu, conseillez-nous et protégez-nous.
Divine Epouse du Saint-Esprit, conseillez-nous et protégez-nous.
Temple de la Très Sainte Trinité, conseillez-nous et protégez-nous.
Reine du Ciel et de la terre, conseillez-nous et protégez-nous.
Siège de la Divine Sagesse, conseillez-nous et protégez-nous.
Dépositaire des secrets du Très-Haut, conseillez-nous et protégez-nous.
Vierge très prudente, conseillez-nous et protégez-nous.
Dans nos perplexités et dans nos doutes, conseillez-nous et protégez-nous.
Dans nos angoisses et nos tribulations, conseillez-nous et protégez-nous.
Dans nos affaires et nos entreprises, conseillez-nous et protégez-nous.
Dans les périls et les tentations, conseillez-nous et protégez-nous.
Dans les combats contre le démon, le monde et la chair, conseillez-nous et protégez-nous.
Dans nos découragements, conseillez-nous et protégez-nous.
Dans tous nos besoins, conseillez-nous et protégez-nous.
A l’heure de notre mort, conseillez-nous et protégez-nous.
Par votre Immaculée Conception, conseillez-nous et protégez-nous.
Par votre Bienheureuse Nativité, conseillez-nous et protégez-nous.
Par votre Admirable Présentation, conseillez-nous et protégez-nous.
Par votre Glorieuse Annonciation, conseillez-nous et protégez-nous.
Par votre Visitation Bénie, conseillez-nous et protégez-nous.
Par votre Maternité Divine, conseillez-nous et protégez-nous.
Par votre Sainte Purification, conseillez-nous et protégez-nous.
Par les Douleurs de votre Cœur Ma­ternel, conseillez-nous et protégez-nous.
Par votre Précieuse Dormition, conseillez-nous et protégez-nous.
Par votre Triomphale Assomption, conseillez-nous et protégez-nous.

Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous.

V/. Priez pour nous Notre-Dame du Bon Conseil,
R/. Et obtenez-nous le don du Bon Conseil.

Prions

Dieu, qui nous avez donné pour Mère celle qui mit au monde votre Fils bien aimé, et qui avez daigné glorifier sa merveilleuse image par une admirable apparition, daignez nous accorder que, suivant sans cesse ses Conseils, nous vivions selon votre Cœur et nous puissions heureusement parvenir à la gloire éternelle. Par le même Jésus-Christ Notre Seigneur. Ainsi soit-il.

Antiennes

Ã. Ego sum pastor óvium : ego sum via, véritas, et vita : ego sum pastor bonus, et cognósco meas, et cognóscunt me meæ, allelúia, allelúia.

Ã. C’est moi le pasteur des brebis : moi, qui suis la voie, la vérité et la vie : c’est moi le bon pasteur, et je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent, alleluia, alleluia.

Antienne grégorienne “Ego sum Pastor ovium”

Antienne Ego sum Pastor ovium

Ã. Ego sum pastor bonus, allelúia, qui pasco oves meas, allelúia.

Ã. C’est moi le bon pasteur, alleluia, qui pais mes brebis, alleluia.

Antienne grégorienne “Ego sum Pastor bonus, alleluia”

Antienne Ego sum Pastor bonus aeua

Ã. Ego sum pastor bonus, qui pasco oves meas, et pro óvibus meis pono ánimam meam, allelúia.​

Ã. C’est moi le bon pasteur, qui fais paître mes brebis, et je donne ma vie pour mes brebis, alleluia.

Antienne grégorienne “Ego sum Pastor bonus”

Antienne Ego sum Pastor bonus

Vendredi 24 avril (Confinement J39)

Vendredi 24 avril (Confinement J39)

Vendredi 24 avril (Confinement J39)

La Punchline de Saint Fidèle de Sigmaringen

Qu’est-ce qui entraîne les chrétiens à rejeter la facilité, à renoncer au confort, à supporter les épreuves, à souffrir une vie pénible ? C’est la Foi vive qui agit par la Charité.

Sermon de Saint Bernard pour le 1er dimanche après Pâques (suite)

Les trois témoignages dans le ciel et sur la terre

S’il n’y a qu’à ceux qui reçoivent le Christ qu’il est donné d’être faits enfants de Dieu, il s’ensuit que ce n’est que d’eux aussi qu’il a été dit : « Quiconque est né de Dieu vainc le monde ». De là vient encore que, après avoir dit : « Quel est celui qui vainc le monde si ce n’est celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu », l’Apôtre, voulant nous rendre encore plus précieuse la foi par laquelle le Christ habite dans nos cœurs, nous parle aussitôt de son avènement et nous dit : « C’est ce même Jésus qui est venu nous purifier avec l’eau et avec le sang » (1 Io 5, 6). Il nous montre même une voie plus élevée encore en continuant : « Et c’est l’Esprit aussi qui rend témoignage que Jésus-Christ est le Fils de Dieu ». Je pense que, par ces mots qu’il place entre le commencement et la fin de sa phrase, « non-seulement avec l’eau, mais aussi avec le sang », il veut nous faire sentir la différence qu’il y a entre Jésus et Moïse qui vint dans l’eau seulement, d’où son nom de Moïse.

Que ceux qui connaissent l’histoire de l’Ancien Testament se rappellent comment, à l’époque où tous les enfants mâles des Israélites étaient tués en Égypte, Moïse fut exposé sur le Nil et sauvé par la fille du Pharaon , et qu’ils me disent s’il n’est pas évident qu’il fut en cette circonstance la figure de Jésus-Christ. En effet, comme Hérode, le Pharaon d’Égypte cède à la crainte lorsqu’il a recours à la cruauté, mais comme lui aussi, il fut déçu dans son attente. Dans les deux cas, bien des enfants périrent à cause de la crainte que ces tyrans avaient conçue d’un seul enfant, et dans les deux cas aussi, c’est celui à qui ils en voulaient, qui échappe à la mort. Bien plus de même que c’est la fille de Pharaon qui reçut Moïse dans ses mains et le sauva, ainsi est-ce l’Égypte qu’on peut regarder avec raison comme la fille du Pharaon qui reçut le Christ et le sauva. Toutefois il est clair qu’il y a bien plus en cet enfant que dans Moïse, puisqu’il ne vient pas seulement dans l’eau, mais dans l’eau et dans le sang. « En effet, les grandes eaux, dit saint Jean, ce sont tous les peuples (Apc 17, 9). » Ainsi celui qui n’a réuni qu’un peuple, mais ne l’a point racheté, est venu dans l’eau seulement. Quant à la délivrance de la servitude d’Égypte, ce n’est pas à Moïse mais au sang même de l’Agneau qu’elle est due; or, elle est la figure de notre délivrance, de notre sortie de la vie pleine de vanité que nous menions dans le monde, par la vertu du sang de Jésus-Christ, l’Agneau immaculé! C’est lui qui est notre législateur, celui en qui se trouvent une foule de miséricordes, qui n’est pas mort seulement pour son peuple, mais pour tous les enfants de Dieu qui étaient dispersés, afin de les rassembler en un seul peuple. Rappelez-vous que Jean l’évangéliste lui-même a vu ce qu’il nous rapporte, et nous savons que son témoignage est véridique, qu’il a vu, dis-je, le sang et l’eau couler du côté du Sauveur endormi sur la croix, alors que pendant le sommeil de mort de ce nouvel Adam, l’Église naquit et fut rachetée en même temps.

C’est donc ainsi qu’il vient aujourd’hui à nous par l’eau et par le sang, de manière que le sang et l’eau soient un témoignage de son avènement et de la victoire de la foi. Mais il est un témoignage bien plus grand que celui-là encore, c’est le témoignage de l’esprit même de vérité. Ce triple témoignage est vrai et certain, heureuse l’âme qui mérite de le recevoir. « En effet, il y a trois témoins qui rendent témoignage sur la terre, c’est l’esprit, l’eau et le sang. » Or dans l’eau, voyez le baptême, dans le sang, le martyre et dans l’esprit la charité, car c’est l’esprit qui donne la vie, et la vie de la foi est la charité. Et si vous me demandez quel rapport il y a entre le Saint-Esprit et la charité, Paul vous répondra : « C’est que l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné » (Rm 5, 5). Or, il faut absolument que le Saint-Esprit s’ajoute à l’eau et au sang puisque, toujours depuis le même Apôtre, tout ce que nous avons sans la charité ne sert à rien (1 Cor 13, 3).

Mais si je dis que l’eau désigne ici le baptême, et le sang le martyre, cela n’empêche pas que le baptême soit en même temps unique et quotidien, de même que le martyre. Il y a, en effet, un martyre spirituel et un acte d’effusion de sang dans les mortifications journalières de la chair, de même qu’il y a une sorte de baptême dans la componction du cœur et dans l’effusion des larmes. Voilà comment les cœurs faibles et infirmes, qui ne peuvent verser leur sang tout d’un coup pour Jésus-Christ, se trouvent dans la nécessité de le répandre, dans un martyre plus doux, mais beaucoup plus long. Il en est de même du baptême : comme il ne peut se réitérer, il ne reste à ceux qui tombent fréquemment encore dans le péché qu’à le suppléer par de fréquentes ablutions. Voilà pourquoi le Prophète disait : « Je laverai toutes les nuits mon lit de mes larmes et j’arroserai ma couche de mes pleurs » (Ps 6, 7). Voulez-vous donc savoir qui est celui qui vainc le monde? Remarquez ce qu’il y a à vaincre en lui, c’est saint Jean lui-même qui vous l’apprend en ces termes : « Mes chers amis, n’aimez ni le monde ni ce qui est dans le monde; car tout ce qui est dans le monde est ou concupiscence de la chair, ou concupiscence des yeux, ou ambition du siècle » (1 Io 2, 15 et 26). Voilà ce qu’il faut entendre par les trois colonnes d’attaque qu’ont formées les Chaldéens, mais cela me rappelle que le saint patriarche Jacob marcha aussi sur trois colonnes quand il revint de Mésopotamie, parce qu’il appréhendait le courroux de son frère. À vous aussi, mes frères, il faut trois sortes de remparts contre ces trois sortes de tentations, la mortification de la chair vous fera vaincre la concupiscence, et, si vous vous le rappelez, je vous ai dit que le témoignage du sang ne signifiait pas autre chose que la mortification ; quant à la concupiscence des yeux, c’est par les sentiments de la componction et la fréquence des larmes que vous en viendrez à bout, et pour ce qui est de l’ambition, c’est la charité qui en anéantira la vanité, car il n’y a qu’elle pour châtier l’âme et purifier l’intention. Vous triomphez donc certainement du monde si vous mortifiez votre corps, et le conduisez en esclavage, de peur qu’il n’abuse de sa liberté pour s’adonner aux plaisirs; si vous avez des yeux plutôt pour pleurer que pour satisfaire votre dissipation et votre curiosité; si enfin, embrasés d’un amour tout spirituel vous n’ouvrez votre cœur à aucune vanité.

C’est avec bien juste raison qu’il est dit que c’est un seul et même esprit qui rend témoignage en même temps dans le ciel et sur la terre ; en effet pour ce qui est de l’affliction de la chair, elle aura un terme, et la source des larmes se tarira un jour; mais quant à la charité, elle ne faillira jamais; nous n’en avons qu’une sorte d’avant-goût dans la vie présente, nous en aurons la plénitude et la consommation dans l’autre. Toutefois, quoique l’esprit demeure après l’eau et le sang, attendu que ni l’eau ni le sang ne posséderont le royaume de Dieu, il est bien rare, en attendant, qu’il se trouve sans eux si tant est qu’il puisse subsister maintenant sans eux, car, dit saint Jean, « Tous les trois ne font qu’un » (1 Io 5, 7), en sorte que si l’un des trois fait défaut on ne peut dire que les deux autres subsistent. Ensemble ces trois témoignages méritent toute créance, et celui en qui ils se trouvent réunis ici-bas ne saurait manquer d’avoir un bon témoignage dans les cieux. Il confesse le Fils de Dieu devant les hommes, non pas de la voix et en ses paroles seulement, mais par les œuvres et en vérité, et le Fils de Dieu le confessera à son tour devant les anges de Dieu. Le témoignage du Père pourra-t-il lui manquer s’il a celui du Fils? Non certainement, et le Père certainement rendra témoignage de ce qu’il a vu dans le secret (Mt 6, 6). Quant au Saint-Esprit, il ne se sépare ni du Père, ni du Fils, puisqu’il est l’esprit et du Père et du Fils. D’ailleurs, comment pourrait-il être privé dans le ciel du témoignage qu’il a mérité de recevoir de lui sur la terre? « Il y en a trois qui rendent témoignage dans le ciel, le Père, le Fils, et le Saint-Esprit » (1 Io 5, 7). N’allez pas croire par hasard que ces trois témoins ne concordent point ensemble, tous trois ne font qu’un. Assurément ils ne font qu’un, ceux que le Père recevra dans les cieux avec le titre d’enfants et d’héritiers, eux que le Fils appellera à lui comme ses frères, et ses cohéritiers, eux que le Saint-Esprit réunira en un seul et même Esprit avec Dieu, car le Saint-Esprit est le lien indissoluble de la Trinité.

Prière

Prière de Saint Fidèle de Sigmaringen (1578-1622)

Ô Foi catholique, comme tu es ferme, comme tu es inébranlable, bien enracinée, bien fondée sur la pierre solide ! Le ciel et la terre disparaîtront, mais tu ne pourras jamais disparaître. Dès le commencement, le monde entier t’a contredite, mais tu as triomphé de tous par ta grande puissance. La victoire qui a vaincu le monde, c’est notre Foi. Elle a fait plier des rois très puissants sous le joug du Christ, elle a conduit les peuples à obéir au Christ. Qu’est-ce qui a fait que les saints Apôtres et martyrs ont subi de durs combats et de cruels supplices, sinon la Foi, principalement la Foi en la Résurrection? Qu’est-ce qui a conduit les anciens moines à dédaigner les plaisirs, à mépriser les honneurs, à piétiner les richesses pour mener au désert une vie céleste, sinon la Foi vive? De nos jours, qu’est-ce qui entraîne les chrétiens à rejeter la facilité, à renoncer au confort, à supporter les épreuves, à souffrir une vie pénible? C’est la Foi vive, qui agit par la Charité. C’est elle qui a fait abandonner les biens présents par l’espérance des biens futurs et, en échange des biens présents, recevoir les biens du monde a venir. Ainsi soit-il.

Antienne

Ã. Venérunt ad monuméntum María Magdaléne, et áltera María, vidére sepúlcrum, allelúia.

Ã. Elles vinrent au monument, Marie de Magdala et l’autre Marie, voir le sépulcre, alleluia.

Antienne grégorienne “Venerunt ad monumentum”

Antienne Venerunt

Jeudi 23 avril (Confinement J38)

Jeudi 23 avril (Confinement J38)

Jeudi 23 avril (Confinement J38)

La Punchline des Pères du Désert

Un ancien a dit : Éloigne-toi de tout homme qui conteste dans les discussions.

Sermon de Saint Bernard pour le 1er dimanche après Pâques

La Foi qui vainc le monde

« Tout ce qui est né de Dieu vainc le monde » (1Io 5, 4). Depuis que le Fils unique de Dieu a cru que ce n’était pas une usurpation pour lui d’être égal à Dieu, qu’il a daigné, en même temps, se faire fils de l’homme et s’est montré homme par tout ce qui paraît au dehors, le néant de l’homme ne semble pas trop présumer de lui en s’attribuant une filiation divine : en effet, il n’est pas indigne de Dieu de devenir le Père de ceux dont le Christ s’est fait le frère. Voilà pourquoi saint Jean qui nous rappelle bien souvent et avec plus d’insistance que les autres notre adoption en qualité « d’enfants de Dieu, nous dit dès le commencement même de son Évangile : « Il leur a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu » (Io 1, 12). Or, ce langage s’accorde très bien avec celui que nous lui avons entendu tenir aujourd’hui dans sa lettre, quand il disait : « Tout ce qui est né de Dieu vainc le monde. » Car tous ceux qui sont avec le Christ sont haïs du monde, mais le monde est vaincu par le Christ et par eux avec lui. « Ne vous étonnez point, dit-il, que le monde vous haïsse, et sachez qu’il m’a haï avant vous (Io 15, 18). » Et ailleurs il ajoute : « Mais ayez confiance, car j’ai vaincu le monde (Io 16, 33). » Voilà comment s’explique clairement pour nous la vérité de ce que l’Apôtre nous disait quand il s’exprimait ainsi : « Ceux qu’il (sans doute Dieu le Père) a connus dans sa prescience, il les a aussi prédestinés pour être conformes à l’image de son Fils » (Rm 8, 29). Vous l’entendez, « pour être conformes, » ils sont donc adoptés après lui, afin qu’il fût lui-même l’aîné de plusieurs frères; et si c’est après lui que le monde les hait, il est également vaincu par eux après l’avoir été par le Christ.

Il est donc bien vrai que ce qui est né de Dieu vainc le monde, en sorte que vaincre la tentation soit la preuve qu’on est né de Dieu. Il est aussi vrai que, si celui qui est né de Dieu, et qui est fils de Dieu par nature, le Christ, a triomphé du monde et de son prince, alors nous tous qui sommes les enfants de l’adoption nous pouvons aussi vaincre le monde. Et nous le vainquons, en effet, mais ce n’est qu’en celui qui fait notre force et en qui nous pouvons tout. Car « la victoire par laquelle le monde est vaincu est l’effet de notre foi » (1Io 5, 4). En effet, c’est par la foi que nous devenons enfants adoptifs de Dieu, et ce que le monde, qui est tout entier adonné au mal, déteste en nous et poursuit, c’est notre foi; mais aussi ce par quoi il est vaincu, c’est notre foi, selon ce mot de l’Écriture : « C’est par la foi que les saints ont vaincu des royaumes » (Hbr 11, 33). Pourquoi la victoire ne serait-elle point attribuée à la foi, quand la vie même lui est attribuée? Car il est dit : « Le juste vit de la foi » (Ha 2, 4, et Rm 1, 17). Toutes les fois donc que vous résistez à la tentation, toutes les fois que vous vainquez l’esprit malin, n’attribuez point votre victoire à vos propres forces; non, ne vous glorifiez point en vous-même, mais glorifiez-vous seulement dans le Seigneur. En effet, comment ce Fort armé de l’Évangile céderait-il la victoire à votre faiblesse? Écoutez d’ailleurs, les avis que nous adresse celui que le Seigneur a établi lui-même le pasteur de son troupeau : « Votre adversaire tourne autour de vous comme un lion rugissant, cherchant qui il pourra dévorer, résistez-lui en demeurant fermes dans la foi » (1Pt 5, 8). Voyez-vous comme tous les témoignages de la vérité concordent parfaitement entre eux? Paul dit que c’est par la foi que les saints ont vaincu des royaumes (Hbr 11, 33) ; Pierre nous apprend que c’est par la foi qu’il faut tenir tête au prince de ce monde, et saint Jean ajoute : « La vraie victoire par laquelle le monde est vaincu est l’effort de notre foi. »

Le même apôtre continue: « En effet, qui est-ce qui est vainqueur du monde sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ? » (1Io 5, 5) Il n’y a rien de plus certain que cela, mes frères, il est bien sûr que quiconque ne croit pas au Fils de Dieu, non-seulement est déjà vaincu, mais jugé même, car sans la foi il n’est pas possible de plaire à Dieu (Hbr 11, 6). Toutefois, un doute peut-être s’élève dans votre esprit, en voyant que, parmi tant d’hommes qui croient que Jésus est le Fils de Dieu, il y en a si peu qui ne soient pas dans les liens de leurs passions. Pourquoi donc dire « Qui est-ce qui vainc le monde, sinon celui qui croit que Jésus est Fils de Dieu », puisque le monde lui-même tout entier [à l’époque de Saint Bernard] le croit maintenant? Est-ce que les démons ne le croient pas aussi, et ne tremblent-ils pas? Je réponds à cela, qu’il ne faut pas croire que c’est regarder Jésus comme le Fils de Dieu, que de ne se sentir ni effrayé de ses menaces, ni attiré par ses promesses, ni obéissant à ses préceptes, ni soumis à ses conseils. Celui qui en est là, quand même il confesserait de bouche qu’il le tient pour Dieu, ne le nie-t-il point par sa conduite? Or, « la foi sans les œuvres est une foi morte en elle-même »(Iac 2, 20). Aussi ne faut-il pas s’étonner qu’une foi pareille ne soit pas le moins du monde victorieuse, puisqu’elle n’est pas même vivante.

Vous me demandez quelle est, pour moi, la foi vive et victorieuse? C’est celle par laquelle le Christ habite dans nos cœurs, attendu que le Christ est notre force et notre vie. En effet, selon l’Apôtre : « Lorsque Jésus-Christ, qui est notre vie, viendra à paraître, vous paraîtrez aussi alors dans la gloire » (Col 3, 4). Mais d’où viendra cette gloire, sinon de la victoire, et pourquoi apparaîtrons-nous avec lui sinon parce que nous vainquons avec lui?

Prières

Prière de Sainte Hildegarde de Bingen (1098-1179)

Je crois en vous fidèlement, ô mon Dieu, et c’est dans la foi que j’accomplis toutes mes œuvres. Augmentez ma joie par la pratique de chaque vertu, vous ma joie, ô Seigneur de l’univers ! Dans l’amour et la foi, je veux vous suivre car c’est vous qui m’avez créé(e). Vous me donnez ce qui est bon, il ne me manque rien de ce que je demande et désire. La foi m’enseigne la prière juste : donnez-moi uniquement ce qui vous plaît et qui ne passe pas ! Plein(e) de misère, vers vous je soupire, pour mon frère ou pour moi-même, inspirez-moi les œuvres bonnes et saintes qui accomplissent toutes les exigences de votre Amour ; comblez mes désirs légitimes ! Ainsi soit-il.

Oratio

Deus, qui nos beáti Geórgii Mártyri tui méritis et intercessióne lætíficas : concéde propítius ; ut, qui tua per eum benefícia póscimus, dono tuæ grátiæ consequámur. Per Dóminum.

Oraison

Ô Dieu, qui nous donnez un motif de joie dans les mérites et l’intercession du bienheureux Georges, votre Martyr, accordez-nous, avec bonté, qu’en recourant à cette intercession pour solliciter vos bienfaits, nous les obtenions au moyen de votre grâce.

Antiennes

Ã. Beatus Georgius in consilio impiorum non abiit, sed in lege Domini voluntas eius fuit, allelúia.

Ã. Le Bienheureux Georges ne s’est pas rendu au conseil des impies, mais sa volonté se tint dans la loi du Seigneur, alleluia.

Antienne grégorienne “Beatus Georgius”

Ã. Labia iusti laudabunt Deum in vita sua, allelúia, et ideo dextera sua suscepit eum, allelúia.

Ã. Pendant sa vie, les lèvres du juste loueront le Seigneur, alleluia, et c’est pourquoi sa droite l’accueillera, alleluia.

Antienne grégorienne “Labia iusti”

Ã. Misi dígitos meos in fixúras clavórum, et manum meam in latus eius, et dixi : Dóminus meus, et Deus meus, allelúia.

Ã. J’ai mis mes doigts dans les plaies causées par les clous, et ma main dans son côté, et j’ai dit : Mon Seigneur et mon Dieu, alleluia.

Antienne grégorienne “Misi”

Ã. Quia vidísti me Thoma, credidísti : beáti qui non vidérunt, et credidérunt, allelúia.

Ã. Parce que tu m’as vu, Thomas, tu as cru : Bienheureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru, alleluia.

Antienne grégorienne “Quia vidisti me”

Mercredi 22 avril (Confinement J37)

Mercredi 22 avril (Confinement J37)

Mercredi 22 avril (Confinement J37)

La Punchline de Notre-Seigneur (Io 15, 6)

Si quelqu’un ne demeure pas en Moi, il est jeté dehors et, comme le sarment qui ne porte pas de fruit : il sèchera, sera jeté au feu et brûlera.

Jésus est la vraie vigne (Io 15, 1-11) : commentaire de Dom Paul Delatte

C’est l’action de grâces, prononcée par le Seigneur lui-même, après la première Messe et la première communion, lors de la dernière Cène. Nous y apprenons la condition vraiment nouvelle où les disciples sont établis en face du Père, en face du Fils, et les uns avec les autres, et enfin tous ensemble devant le monde. Les apôtres viennent de se partager la coupe du précieux sang. La vie du Seigneur est entrée en leurs âmes. C’est moi, dit le Sauveur, qui suis la vigne, la vraie vigne. L’allégorie de la vigne était consacrée par l’usage de l’Écriture (Is 5, 1-7 ; Ier 2, 21 ; Ez 15 ; Ps 79). Mais ce n’était que symbole lointain : Jésus est la vraie vigne. Pourquoi la vigne, Seigneur? — Parce qu’elle est humble d’aspect et son bois impropre à tout usage ; parce que son fruit est exquis et réjouit le cœur des hommes. — Pourquoi la vraie vigne? — Parce qu’il en est une autre qui a trahi l’espoir de Dieu (Is 5, 7). Le maître de la vigne, celui qui la cultive et en recueille le fruit, c’est mon Père, c’est le Père céleste. À lui doit revenir tout le fruit. La terre de qui est née cette vigne, c’est la très sainte Vierge Marie.

Le vigneron a soin de sa vigne. Toute branche qui est en moi, mais inutile, et sans porter de fruit, il l’enlève. C’est un sarment stérile : à quoi bon le laisser puiser dans la vigne une sève dont il ne profite pas ? Allusion, sans doute, à Judas. Mais les branches fécondes, celles qui produisent, le Père les émonde, afin qu’elles portent plus de fruit encore. Sa richesse à lui s’accroît de leur fécondité, et ses soins grandissent en proportion de leur rendement ; une sorte d’émulation s’établit entre le vigneron divin et les branches : plus il reçoit d’elles, plus elles reçoivent de lui. En quoi consiste, dans la réalité symbolisée, le fruit dont il est question trois fois au verset 2, nous le saurons bientôt (verset 8). Comme il a été parlé d’un travail du Père qui émonde et purifie Jésus renouvelle aux apôtres, et, cette fois, sans exception, l’assurance déjà donnée plus haut (Io 13, 10) : ils sont purs, désormais, à raison de leur attachement au Seigneur et à sa doctrine.

Jusqu’ici, ce n’est encore que d’une façon abstraite et imprécise que le Seigneur a dessiné la relation des branches à son Père et à lui-même ; mais les paroles suivantes ne laissent rien à désirer comme tendresse et comme clarté. « Demeurez en moi, et moi en vous ». On ne peut « demeurer » que là où l’on est : le Seigneur est donc en nous, et nous dans le Seigneur. C’est le baptême, en un sens, qui nous fait entrer dans le Seigneur ; c’est l’Eucharistie qui met le Seigneur en nous. Il s’agit donc pour les disciples de demeurer dans les conditions que leur ont créées ces deux sacrements. L’intimité de cette inhabitation mutuelle est décrite avec les formes mêmes qui servent pour désigner l’intimité du Père et du Fils : demeurez ; ne sortez pas de moi. Il n’y a pas de joie hors de moi. Vous en moi, moi en vous : ainsi, nous serons heureux. — Mais encore, Seigneur, qu’est-ce que demeurer? — C’est chose simple. Demeurer, c’est laisser votre pensée, votre vouloir, votre cœur, votre activité, toute votre âme, tout votre être, là où ils sont, et aux mains de qui vous les avez livré.

Aussi bien, si vous ne savez pas ce que c’est que demeurer en moi, voyez ce qu’est pour le sarment demeurer dans la vigne. Il est possible sans doute à une branche de demeurer unie au cep sans produire de fruit : il y a des branches folles, stériles, que le vigneron ampute et élague. Mais la branche une fois retranchée est-elle capable de porter, hors de la vigne, un fruit qu’elle ne produisait pas lorsqu’elle était unie au cep? Le sarment ne peut produire qu’à la condition de demeurer uni à la vigne ; de même pour vous : vous ne sauriez porter de fruit qu’à la condition de demeurer en moi. — Et afin de ne laisser aucune indécision dans l’esprit de ses disciples, le Seigneur ajoute : le cep, c’est moi ; les branches, c’est vous. Celui qui demeure en moi, par l’attachement de sa foi, et en qui je demeure, par l’effusion d’une vie qui est mienne, celui-là produit des fruits abondants : mais sans moi, vous ne pouvez rien faire. — Chacun comprend qu’il s’agit de l’ordre surnaturel et des œuvres qui ont un poids devant Dieu, une valeur devant son appréciation souveraine. L’insertion au Seigneur par la foi et le baptême ne nous permet plus d’agir à notre gré, comme affranchis de cette condition juridique nouvelle, à la façon des païens.

Le Seigneur ne dédaigne pas de nous solliciter par notre propre intérêt. Si nous demeurons en lui, nous porterons beaucoup de fruits ; si nous cessons de lui être vitalement unis, non seulement nous ne porterons aucun fruit, mais notre sort sera terrible. Encore que le nom de Judas ne soit pas prononcé, il est difficile de méconnaître qu’il soit fait ici allusion au traître. Si quelqu’un, dit Jésus, ne s’attache pas à moi, « il a été » mis dehors, comme un sarment inutile : c’est chose faite, il est sans vie désormais et se dessèche : en dehors de la vigne, en dehors de la vie, en dehors de la lumière, il est tellement un élément inutile que le premier venu s’en empare, le jette au feu, et il brûle. Après Ezéchiel (15, 5), et en commentant ce passage de saint Jean, saint Augustin a remarqué que le bois de la vigne est impropre à tout usage et n’a d’autre lieu que la vigne ou les flammes : Unum de duobus palmiti congruit, aut vitis, aut ignis ; si in vite non est, in igne erit : ut ergo in igne non sit, in vite sit. Il n’y a que deux options pour les sarments : ou la vigne ou le feu ; si le sarment n’est pas sur la vigne, il est dans le feu : ainsi donc s’il n’est pas dans le feu, il est sur la vigne.

Si vous demeurez en moi, si mes paroles demeurent en vous, si elles sont la lumière de votre intelligence, la règle de votre volonté, la norme divine de votre activité, demandez tout ce que vous voudrez : il vous sera accordé. Votre prière viendra des suggestions de Dieu même, vous ne demanderez que des biens salutaires, vous ne demanderez à Dieu que les richesses divines : rien ne vous sera refusé. — Tout esprit réfléchi ne manquera pas d’observer combien de fois le verbe « demeurer » est employé au cours de cet entretien ; combien aussi il est question du fruit que doit produire la vigne. Il remarquera encore qu’entre le cep et les branches, et, partant, entre le Seigneur et nous, il y a unité de vie, de sève et d’œuvres ; qu’il y a, de nous au Seigneur, dépendance absolue, dépendance continue, dépendance croissante, à raison des grâces reçues, chaque jour plus nombreuses, — nous allions même dire dépendance mutuelle, car c’est par nous que le Seigneur travaille aujourd’hui encore et ce sont les branches qui portent le fruit. — In hoc clarificatus est Pater meus… La fin de toutes choses c’est que Dieu soit glorifié, qu’il soit reconnu comme Dieu, comme Père, adoré et servi comme tel ; c’est que nous le lui disions, dans nos louanges et dans nos chants, et que toute notre vie le lui signifie : tout notre être retournant à Dieu, comme tout entier il vient de lui : l’adoration en esprit et en vérité. Mais l’adoration elle-même grandit en son titre avec la dignité de l’adorateur. Or, quand est-ce que le Père est vraiment glorifié? C’est lorsque notre vie produit, et lorsque, de toute notre vie. Dieu recueille ce fruit : notre adoration. Et quand est-ce que cette adoration est la plus haute et la plus parfaite qui soit? Lorsque nous sommes complètement les disciples du Seigneur, enseignés, guidés, déterminés par lui; lorsqu’il ne reste plus en nous que lui-même. Alors monte vers le Père l’hommage de l’adoration complète, parce qu’elle est celle du Christ en nous.

« Comme le Père m’a aimé, ainsi je vous ai aimés moi-même. Demeurez dans mon amour. » Qui n’a songé à l’amour, à la félicité des trois Personnes en leur solitude, en leur société éternelle? Alors qu’il ne peut y avoir chez Dieu nulle indigence, comment a-t-il voulu aimer au dehors, chercher à être aimé? C’est le mystère. Et sommes-nous donc de la Trinité, nous autres, pour que le Fils de Dieu nous aime depuis l’éternité, comme son Père l’a aimé et l’aime éternellement?… Comment pouvons-nous y penser sans tressaillir? Ainsi, je suis aimé d’un amour qui ressemble à celui du Père pour le Fils, d’un amour premier, continu, infini, immuable, si je le veux. Je suis vraiment baigné et pénétré de cette dilection. Et c’est le Fils de Dieu, comme si j’étais nécessaire à son bonheur, qui me dit : Demeurez dans mon amour ; ce qui signifie directement, non pas : dans l’amour que vous avez pour moi ; mais : dans l’amour que j’ai pour vous. Est-ce qu’on n’y est pas bien? Est-ce que quelque chose peut vous manquer auprès de moi, qui vous aime? Est-il quelque chose qui vous plaise hors de moi? Demeurez à moi et à Dieu. — Je le veux bien. Seigneur ; mais que me faudra-t-il faire? — Quand on entre dans la Trinité, il faut prendre les mœurs de la Trinité. Demeurez dans ce réseau de la tendresse divine, et vivante, et personnelle, qui vous enveloppe tout entier, demeurez-y par toute votre activité, par une adhésion constante et pratique à ce que je veux de vous, — que ma volonté vous soit témoignée par des préceptes, par les événements, par les circonstances, par les inspirations de ma grâce. En gardant mes commandements, vous demeurerez dans mon amour ; de même que j’ai gardé, moi, les commandements de mon Père et que je demeure en son amour. Si je vous parle ainsi, c’est afin que la joie du Fils soit en vous, et que votre joie soit achevée et parfaite.

Prière

Prière de Louis de Blois, O.S.B. (1506-1566)

Ô Jésus, Sagesse éternelle, envoyez-moi votre lumière. Éclairez-moi, lumière brillante et gracieuse, afin que les ténèbres de mon aveuglement se changent en un midi éclatant de splendeurs. Ô bon Jésus, ornez mon âme de cet éclat de la charité que vous aimez ; engraissez-la de cette substance de l’amour dont vous faites vos délices ; délivrez-la de tout ce qui vous déplaît, et faites qu’elle vous plaise en toutes choses. Ô ardeurs très suaves, dévorez et consumez heureusement ce grain de poussière de ma substance. Transportez-moi en vous, afin que, vous étant uni par l’indissoluble lien de l’amour, je vive de vous, et, comme un lys, je fleurisse devant vous. Ô très belle et très gracieuse fleur, Jésus ; ô vie permanente, vie par laquelle je vis et sans laquelle je suis abîmé de tristesse, vie douce et aimable, accordez-moi que je vous sois uni, que je vous embrasse, et par la suave charité, bercez-moi dans votre sein, vous qui êtes la paix très agréable, et faites que je m’y endorme saintement. Ainsi soit-il.

Antienne

Ã. Allelúia, ego sum vitis vera, allelúia : vos pálmites mei, allelúia, allelúia.

Ã. Alleluia, je suis la vraie vigne, alleluia : vous êtes mes rameaux, alleluia, alleluia.

Antienne grégorienne “Alleluia ego sum vitis vera”

Antienne romaine “Alleluia ego sum vitis vera”

Lundi 20 avril (Confinement J35)

Lundi 20 avril (Confinement J35)

Lundi 20 avril (Confinement J35)

La Punchline de Saint Pierre (1Pt 2, 15)

Comportez-vous comme des hommes libres, comme des serviteurs de Dieu, non pas comme des hommes qui se font de la liberté un manteau pour couvrir leur malice.

Saint Pierre et Saint Jean au tombeau (Io 20, 1-9) : commentaire de Dom Paul Delatte

Le premier jour de la semaine, dit saint Jean, Marie de Magdala se rendit, avant l’aube, au tombeau. Sans doute on peut supposer que les saintes femmes n’y allèrent pas toutes ensemble, mais par petits groupes ou même isolément, et qu’il y eut, ce matin-là, bien des allées et venues de Jérusalem au sépulcre. Et il est vraisemblable que saint Jean met en scène la seule Marie-Madeleine parce qu’elle vint seule et la première au tombeau. Dès son arrivée, elle vit la pierre déplacée, et reconnut que le sépulcre était vide. Et tandis que les autres saintes femmes approchaient, à leur tour, Marie rebroussa chemin, afin de porter la nouvelle aux deux apôtres qui avaient un titre spécial à être avisés : Simon Pierre et le disciple que Jésus aimait. Marie vint leur dire : « On a enlevé le Seigneur du tombeau, et nous ne savons où on l’a mis ! » (Ce pluriel suppose peut-être la présence des autres saintes femmes.)

En toute hâte, les deux disciples se rendent au sépulcre. Ensemble ils courent, mais saint Jean, le plus jeune, devance Pierre et arrive le premier. Il s’incline pour observer l’intérieur du tombeau, voit les bandelettes déposées sur le sol, mais n’entre pas. Est-ce parce qu’il juge son inspection suffisante? ou bien veut-il réserver à Pierre, par une déférence affectueuse, l’honneur d’entrer le premier? On peut supposer aussi une part d’anxiété, selon cette disposition du cœur humain qui nous porte à retarder notre joie, à trembler devant notre bonheur : on craint qu’il n’y ait mécompte, et qu’il ne faille ensuite revenir en arrière. Saint Grégoire, fidèle à son point de vue allégorique, estime que saint Jean représentait la Synagogue et saint Pierre le peuple des gentils. Bientôt, Pierre arriva ; et il entra, lui : un simple coup d’œil ne lui suffisait pas. Il explora avec attention la demi-obscurité du sépulcre, il aperçut les bandelettes, et une conclusion lui vint tout naturellement à l’esprit. Ceux qui auraient voulu s’emparer du corps l’eussent à coup sûr pris tel quel, sans se donner la peine très superflue de dérouler les bandelettes et de les ranger avec soin. Bien plus : le suaire qui couvrait la tête du Seigneur était plié à part, dans un angle du sépulcre. Il n’y avait donc ni larcin, ni trace de précipitation quelconque. La main des anges, qui avait roulé la pierre, après la Résurrection, avait aussi recueilli et rangé avec respect les linges qui enveloppaient les membres sacrés du Sauveur. Sans doute saint Pierre fit observer à saint Jean tous ces détails. Le disciple bien-aimé entra à son tour ; il vit et il crut.

Jusqu’alors, dit l’évangile, ils n’avaient pas compris le sens de l’Écriture, là où elle nous apprend qu’il faut que le Christ ressuscite d’entre les morts. Ils savaient ce que c’est que résurrection : il y en avait des exemples dans l’Ancien Testament, et déjà, dans le Nouveau ; à plusieurs reprises, ils avaient entendu leur Maître annoncer sa Passion et sa Résurrection le troisième jour ; mais leur intelligence n’apercevait pas la liaison des souffrances et de la gloire, les souffrances comme condition de la gloire, l’héritage acquis au Fils de Dieu par ses douleurs. La trame de la pensée divine leur apparut alors. Sans peut-être comprendre le mystère comme saint Paul devait l’exposer dans la suite, ils donnèrent son vrai sens à un ensemble de paroles et d’événements inexpliqués pour eux jusqu’alors, et se reposèrent sur Dieu de l’accomplissement ultérieur. À vrai dire, saint Jean ne nous parle explicitement que de la lumière qui lui fut donnée : mais on peut conjecturer de son récit que saint Pierre commença dès lors à croire ; saint Luc (24, 12) nous le montre s’en retournant étonné et pensif.

Prières

Prière de Saint Thomas d’Aquin (1225-1274)

Seigneur, mettez de l’ordre dans ma vie, et ce que vous voulez que je fasse, donnez-moi de le connaître, donnez-moi de l’accomplir comme il faut et comme il est utile au salut de mon âme. Que j’aille vers vous, Seigneur, par un chemin sûr, droit, agréable et menant au terme, un chemin qui ne s’égare pas entre les prospérités et les adversités, en sorte que je vous rende grâce dans les choses prospères et que je garde la patience dans les choses adverses, ne me laissant ni exalter par les premières, ni abattre par les secondes. Seigneur, que toute joie me fatigue qui est sans vous, et que je ne désire rien en dehors de vous. Que tout travail, Seigneur, me soit agréable qui est pour vous et tout repos insupportable qui est sans vous. Donnez-moi souvent de porter mon cœur vers vous, et quand je faiblis, de reconnaître ma faute avec douleur, et avec un ferme propos de me corriger. Ainsi soit-il.

Antienne

Ã. Pax vobis, ego sum, allelúia : nolíte timére, allelúia.

Ã. La paix soit sur vous, c’est moi, alleluia, n’ayez pas peur, alleluia.

Antienne grégorienne “Pax vobis”