Confinement jour 5 : Saint Benoît, Abbé

Confinement jour 5 : Saint Benoît, Abbé

Confinement jour 5 : Saint Benoît, Abbé

Sermon pour la fête de saint Benoît

Saint Benoît, Patriarche des moines d'occident (extrait d'un sermon du 11 juillet 2010)

Chronologie de Saint Benoît

  • ca 480 (491 ?) : Naissance à Norcia
  • ca 498 : études à Rome
  • ca 500 : vie érémitique au sacro speco à Subiaco
  • ca 503 : abbé à Vicovaro
  • ca 506 : retour à la vie érémitique puis fondation du monastère de Subiaco selon le modèle de saint Pacôme (12 maisons de 12 moines)
  • ca 529 : Fondation du Mont-Cassin
  • ca 534 : début de la composition de la Règle avec pour base la Règle du Maître
  • ca 539 : fondation de Terracine
  • ca 547 : Mort (21 mars) au Mont-Cassin

De l’Année liturgique de Dom Prosper Guéranger 

Avec quelle vénération profonde nous devons approcher aujourd’hui de cet homme merveilleux, de qui saint Grégoire a dit « qu’il fut rempli de l’esprit de tous les justes » ! Si nous considérons ses vertus, elles l’égalent à tout ce que les annales de l’Église nous présentent de plus saint ; la charité de Dieu et du prochain, l’humilité, le don de la prière, l’empire sur toutes les passions, en font un chef-d’œuvre de la grâce du Saint-Esprit. Les signes miraculeux éclatent dans toute sa vie par la guérison des infirmités humaines, le pouvoir sur les forces de la nature, le commandement sur les démons, et jusqu’à la résurrection des morts. L’Esprit de prophétie lui découvre l’avenir ; et les pensées les plus intimes des hommes n’ont rien de caché aux yeux de son esprit. Ces traits surhumains sont relevés encore par une majesté douce, une gravité sereine, une charité compatissante, qui brillent à chaque page de son admirable vie ; et cette vie, c’est un de ses plus nobles enfants qui l’a écrite : c’est le pape et docteur saint Grégoire le Grand, qui s’est chargé d’apprendre à la postérité tout ce que Dieu voulut opérer de merveilles dans son serviteur Benoît.

La postérité, en effet, avait droit de connaître l’histoire et les vertus de l’un des hommes dont l’action sur l’Église et sur la société a été le plus salutaire dans le cours des siècles : car, pour raconter l’influence de Benoît, il faudrait parcourir les annales de tous les peuples de l’Occident, depuis le VIIe siècle jusqu’aux âges modernes. Benoît est le père de l’Europe ; c’est lui qui, par ses enfants, nombreux comme les étoiles du ciel et comme les sables de la mer, a relevé les débris de la société romaine écrasée sous l’invasion des barbares ; présidé à l’établissement du droit public et privé des nations qui surgirent après la conquête ; porté l’Évangile et la civilisation dans L’Angleterre, la Germanie, les pays du Nord, et jusqu’aux peuples slaves ; enseigné l’agriculture ; détruit l’esclavage ; sauvé enfin le dépôt des lettres et des arts, dans le naufrage qui devait les engloutir sans retour, et laisser la race humaine en proie aux plus désolantes ténèbres.

Et toutes ces merveilles, Benoît les a opérées par cet humble livre qui est appelé sa Règle. Ce code admirable de perfection chrétienne et de discrétion a discipliné les innombrables légions de moines par lesquels le saint Patriarche a opéré tous les prodiges que nous venons d’énumérer. Jusqu’à la promulgation de ces quelques pages si simples et si touchantes, l’élément monastique, en Occident, servait à la sanctification de quelques âmes ; mais rien ne faisait espérer qu’il dût être, plus qu’il ne l’a été en Orient, l’instrument principal de la régénération chrétienne et de la civilisation de tant de peuples. Cette Règle est donnée ; et toutes les autres disparaissent successivement devant elle, comme les étoiles pâlissent au ciel quand le soleil vient à se lever. L’Occident se couvre de monastères, et de ces monastères se répandent sur l’Europe entière tous les secours qui en ont fait la portion privilégiée du globe.

Prière de Dom Prosper Guéranger à saint Benoît

Nous vous saluons avec amour, ô Benoît, vase d’élection, palmier du désert, homme angélique ! Quel mortel a été choisi pour opérer sur la terre plus de merveilles que vous n’en avez accompli ? Le Christ vous a couronné comme l’un de ses principaux coopérateurs dans l’œuvre du salut et de la sanctification des hommes. Qui pourrait compter les millions d’âmes qui vous doivent la béatitude éternelle, soit que votre Règle immortelle les ait sanctifiées dans le cloître, soit que le zèle de vos fils ait été pour elles le moyen de connaître et de servir le grand Dieu qui vous a élu ? Autour de vous, dans le séjour de la gloire, un nombre immense de bienheureux se reconnaît redevable à vous, après Dieu, de la félicité éternelle ; sur la terre, des nations entières professent la vraie foi, parce qu’elles ont été évangélisées par vos disciples.

Ô Père de tant de peuples, abaissez vos regards sur votre héritage, et bénissez encore cette Europe ingrate qui vous doit tout, et qui a presque oublié votre nom. La lumière que vos enfants lui apportèrent a pâli ; la chaleur par laquelle ils vivifièrent les sociétés qu’ils fondèrent et civilisèrent par la Croix, s’est refroidie ; les ronces ont couvert en grande partie le sol dans lequel ils jetèrent la semence du salut : venez au secours de votre œuvre ; et, par vos prières, retenez la vie qui menace de s’éteindre. Consolidez ce qui est ébranlé ; et qu’une nouvelle Europe, une Europe catholique, s’élève bientôt à la place de celle que l’hérésie et toutes les fausses doctrines nous ont faite.

Ô Patriarche des Serviteurs de Dieu, considérez du haut du ciel la Vigne que vos mains ont plantée, et voyez à quel état de dépérissement elle est déchue. Jadis, en ce jour, votre nom était loué comme celui d’un Père dans trente mille monastères, des côtes de la Baltique aux rivages de la Syrie, de la verte Erin aux steppes de la Pologne : maintenant, on n’entend plus retentir que de rares et faibles concerts, qui montent vers vous du sein de cet immense patrimoine que la foi et la reconnaissance des peuples vous avaient consacré. Le vent brûlant de l’hérésie a consumé une partie de vos moissons, la cupidité a convoité le reste, et la spoliation depuis .les siècles ne s’est jamais arrêtée dans son cours, soit qu’elle ait appelé la politique à son aide, soit qu’elle ait eu recours à la violence ouverte. Vous avez été dépossédé, ô Benoit, de ces milliers de sanctuaires qui furent si longtemps pour les peuples le principal foyer de vie et de lumière ; et la race de vos enfants s’est presque éteinte. Veillez, ô Père, sur leurs derniers rejetons. Selon une antique tradition, le Seigneur vous révéla un jour que votre filiation devait persévérer jusqu’aux derniers jours du monde, que vos enfants combattraient pour la sainte Église Romaine, et qu’ils confirmeraient la foi de plusieurs, dans les suprêmes épreuves de l’Église ; daignez, par votre bras puissant, protéger les débris de cette famille qui vous nomme encore son Père. Relevez-la, multipliez-la, sanctifiez-la ; faites fleurir chez elle l’esprit que vous avez déposé dans votre Règle sainte, et montrez par vos œuvres que vous êtes toujours le béni du Seigneur.

Soutenez la sainte Église par votre intercession puissante, ô Benoît ! Assistez le Siège Apostolique, si souvent occupé par vos enfants. Père de tant de Pasteurs des peuples, obtenez-nous des Évêques semblables à ceux que votre Règle a formés. Père de tant d’Apôtres, demandez pour les pays infidèles des envoyés évangéliques qui triomphent par le sang et par la parole, comme ceux qui sortirent de vos cloîtres. Père de tant de Docteurs, priez, afin que la science des saintes lettres renaisse pour le secours de l’Église et pour la confusion de l’erreur. Père de tant d’Ascètes sublimes, réchauffez le zèle de la perfection chrétienne, qui languit au sein de nos chrétientés modernes. Patriarche de la Religion dans l’Occident, vivifiez tous les Ordres Religieux que l’Esprit-Saint a donnés successivement à l’Église ; tous vous regardent avec respect comme un ancêtre vénérable ; répandez sur eux tous l’influence de votre paternelle charité.

Enfin, ô Benoît, ami de Dieu, priez pour les fidèles du Christ, en ces jours consacrés aux sentiments et aux œuvres de la pénitence. C’est du sein même de la sainte Quarantaine que vous vous êtes élancé vers le séjour des joies éternelles : soyez propice aux chrétiens qui combattent en ce moment dans cette même arène. Élevez leur courage par vos exemples et par vos préceptes ; qu’ils apprennent de vous à dompter la chair, à la soumettre à l’esprit ; qu’ils recherchent comme vous la retraite, pour y méditer les années éternelles ; qu’ils détachent leur cœur et leurs pensées des joies fugitives du monde. La piété catholique vous invoque comme l’un des patrons et des modèles du chrétien mourant ; elle se souvient du spectacle sublime qu’offrit votre trépas, lorsque debout au pied de l’autel, soutenu sur les bras de vos disciples, touchant à peine la terre de vos pieds, vous rendîtes votre âme à son Créateur, dans la soumission et la confiance ; obtenez-nous, ô Benoît, une mort courageuse et tranquille comme la vôtre. Écartez de nous, à ce moment suprême, toutes les embûches de l’ennemi ; visitez-nous par votre présence, et ne nous quittez pas que nous n’ayons exhalé notre âme dans le sein du Dieu qui vous a couronné.

Autres prières

Oraison

Dieu tout-puissant et éternel, qui avez en ce jour tiré votre Confesseur, le Bienheureux Benoît, de la prison de son corps pour l’élever au ciel, daignez accorder à vos serviteurs qui célèbrent cette Fête le pardon de toutes leurs fautes, afin que, prenant part dans la joie de leur âme à sa gloire et à son bonheur, ils soient, grâce à son intercession, associés à ses mérites. Par Notre-Seigneur.

Oraison

Dieu tout-puissant et éternel, qui par les glorieux exemples de l’humilité nous avez montrés le triomphe éternel ; donnez-nous, nous vous en prions, de suivre sans erreur la voie de l’obéissance qui vous plaît, sur laquelle le vénérable Père Benoît nous a précédé pour son bien, en étant aidé de la lumière de son esprit.

Neuvaine à Saint Benoît pour obtenir la grâce d’une bonne mort

Antienne. Benoît, aimé du Seigneur, s’étant fortifié par la réception du Corps et du Sang de Jésus-Christ, était debout dans l’église, appuyant ses membres défaillants sur les bras de ses disciples. Les mains élevées vers le ciel, il exhala son âme dans les paroles de la prière; et on le vit monter au ciel par une voie couverte de riches tapis et resplendissante de l’éclat d’innombrables flambeaux.
V/. Vous avez apparu plein de gloire en la présence du Seigneur.
R/. Et c’est pour cela que le Seigneur vous a revêtu de beauté.
Oraison
Ô Dieu, qui avez honoré de tant et de si glorieux, privilèges la précieuse mort de notre très saint Père Benoît, daignez accorder à nous qui honorons sa mémoire, la grâce d’être protégés contre les embûches de nos ennemis, à l’heure de notre mort, par sa bienheureuse présence. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Ainsi soit-il.

Oratio

Omnípotens sempitérne Deus, qui hodiérna die carnis edúctum ergástulo sanctíssimum Confessórem tuum Benedíctum sublevásti ad cælum :  concéde, quæsumus, hæc festa tuis fámulis celebrántibus cunctórum véniam delictórum ; ut, qui exsultántibus ánimis eius claritáti congáudent, ipso apud te interveniénte, consociéntur et méritis. Per Dóminum.

Oratio

Omnípotens, sempitérne Deus, qui per gloriósa exémpla humilitátis, triúmphum nobis ostendísti ætérnum ; da quæsumus, ut viam tibi plácitæ obœdiéntiæ, qua venerábilis Pater illésus antecedébat Benedíctus, nos, præclaris eius mentis adiúti, sine erróre subsequámur.

Preces (novemdiales) in honorem S.P.N. Benedicti ad postulandam gratiam bene moriendi

Antiphona. Stans in oratório diléctus Dómini Benedíctus, Córpore et Sánguine Domínico munítus, inter discipulórum manus imbecíllia membra susténtans, eréctis in cælum mánibus, inter verba oratiónis spíritum efflávit : qui per viam stratam pálliis, et innúmeris corúscam lampádibus cælum ascéndere visus est.
V/. Gloriósus apparuísti in conspéctu Dómini.
R/. Proptérea decórem índuit te Dóminus.
Oratio
Deus, qui pretiósam mortem sanctíssimi Patris nostri Benedícti tot tantísque privilégiis decorásti : † concéde, quæsumus, nobis : ut cuius memóriam recólimus, * eius in óbitu nostro beáta præséntia ab hóstium muniámur insídiis. Per Christum Dóminum nostrum. Amen.

Extraits de la Règle de Saint Benoît

Chapitre 36, Des frères malades

On prendra soin des malades avant tout et par-dessus tout. On les servira comme s’ils étaient le Christ en personne, puisqu’il a dit : « J’ai été malade et vous m’avez visité » (Mt 25, 36), et « ce que vous avez fait à l’un de ces petits, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Mt 25, 40) De leur côté, les malades considéreront que c’est en l’honneur de Dieu qu’on les sert. Aussi ils ne contristeront pas par des exigences superflues les frères qui les servent. Éventuellement, il faudrait cependant les supporter avec patience, parce qu’il en revient plus de mérite. L’abbé veillera donc avec un très grand soin à ce que les malades ne souffrent d’aucune négligence.

Chapitre 49, De l’observance du Carême

Nous exhortons tous les frères à vivre en toute pureté pendant le Carême, et à effacer, en ces jours sacrés, toutes les négligences des autres temps. Nous le ferons dignement, si nous nous préservons alors de tous les vices, si nous nous appliquons à la prière avec larmes, à la lecture, à la componction du cœur et au renoncement. En ces jours donc, ajoutons quelque chose à la tâche accoutumée de notre service : oraisons particulières, restriction dans les aliments et la boisson. Chacun offrira de sa propre volonté à Dieu, dans la joie du Saint-Esprit, quelque pratique surérogatoire; (1 Th 1, 6) il retranchera à son corps sur la nourriture, la boisson, le sommeil, les entretiens; et il attendra la sainte Pâque avec la joie du désir spirituel. Chacun cependant soumettra à son abbé ce qu’il se propose d’offrir à Dieu et n’agira qu’avec sa prière et son approbation : car tout ce qui se fait sans la permission du père spirituel sera imputé à présomption et à vaine gloire, non à mérite. Partant, tout doit se faire avec l’assentiment de l’abbé.

Antienne

Ã. Hódie * sanctus Benedíctus per viam Oriéntis trámitis vidéntibus discípulis cælos ascéndit : hódie eréctis mánibus inter verba oratiónis migrirávit : hódie in glória ab Ángelis suscéptus est.

Ã. Aujourd’hui Saint Benoît, par la voie de l’Orient, sous les yeux de ses disciples, s’est dirigé rapidement vers les cieux. Aujourd’hui, les mains levées dans des paroles d’oraison, il s’en est allé. Aujourd’hui, dans la gloire il a été reçu par les Anges.

Antienne grégorienne “Hodie Sanctus Benedictus”

Pour le samedi de la 3ème semaine de Carême

Réflexion de Saint Augustin sur les paroles de Notre-Seigneur : « Que celui qui n’a pas péché jette la première pierre sur cette femme ».

Consideret se unusquisque vestrum, intret in semetipsum, ascendat tribunal mentis suae, constituat se ante conscientiam suam, cogat se confiteri. Scit enim qui sit: quia nemo scit hominum quae sunt hominis, nisi spiritus hominis, qui in ipso est. Unusquisque in se intendens, peccatorem se invenit.

Que chacun d’entre vous se considère lui-même, qu’il rentre au dedans de lui; qu’il s’assoie au tribunal de son esprit; qu’il comparaisse devant sa conscience; qu’il s’oblige à passer aux aveux. Car il sait qui il est, et personne, parmi les hommes, ne sait ce qui est dans l’homme, sinon l’esprit de l’homme qui est en lui. Chaque homme qui se regarde lui-même se trouve pécheur.

Præténde, Dómine, fidélibus tuis déxteram cæléstis auxílii : ut te toto corde perquírant ; et, quæ digne póstulant, cónsequi mereántur. Per Dóminum.

Étendez, Seigneur, la main droite de votre céleste secours sur vos fidèles, afin que de tout leur cœur ils vous recherchent, et que, ce qu’ils demandent convenablement, ils méritent de l’obtenir. Par N.-S.

Ã. Nemo te condemnávit, * múlier ? Nemo, Dómine. Nec ego te condemnábo : iam ámplius noli peccáre.

Ã. – Personne ne t’a condamnée, femme? – Personne, Seigneur. – Alors moi non plus je ne te condamnerai pas : mais ne pèche plus à l’avenir.

Antienne grégorienne “Nemo te”

Neuvaine à Saint Benoît pour obtenir la grâce d’une bonne mort

Neuvaine à Saint Benoît pour obtenir la grâce d’une bonne mort

Neuvaine à Saint Benoît pour obtenir la grâce d’une bonne mort

Antienne. Benoît, aimé du Seigneur, s’étant fortifié par la réception du Corps et du Sang de Jésus-Christ, était debout dans l’église, appuyant ses membres défaillants sur les bras de ses disciples. Les mains élevées vers le ciel, il exhala son âme dans les paroles de la prière; et on le vit monter au ciel par une voie couverte de riches tapis et resplendissante de l’éclat d’innombrables flambeaux. (suite…)

Sainte Scholastique

Sainte Scholastique

En cette fête de sainte Scholastique, soeur de notre Bienheureux Père Saint Benoît, nous pouvons méditer ce que Saint Grégoire Le Grand nous apprend de cette sainte dans ses Dialogues (livre II, chapitres 33-34, traduction de l’Abbé Henry, Tours 1855) : son goût pour les entretiens spirituels et sa prière confiante.

Chapitre 33 : Le ciel vient au secours de sainte Scholastique pour empêcher saint Benoît d’interrompre un entretien

1. Grégoire : Y aura-t-il jamais en ce monde, mon cher Pierre, un homme d’une vertu plus éminente que saint Paul? Or, trois fois saint Paul a conjuré le Seigneur de le délivrer de l’aiguillon de la chair, sans pouvoir obtenir ce qu’il désirait. C’est pourquoi il faut que je vous raconte ce qui est arrivé au vénérable abbé, afin de vous montrer qu’un jour il n’a pu réaliser ce qu’il souhaitait.

2. Sainte Scolastique, sa sœur, qui s’était consacrée au Dieu tout-puissant dès les jours de son enfance, avait l’habitude de venir le visiter une fois l’an. L’homme de Dieu descendait à sa rencontre, à quelques pas du monastère, dans une propriété de sa dépendance. Un jour elle vint à l’ordinaire , et son vénérable frère se rendit vers elle, accompagné de quelques-uns de ses disciples. Tout le jour fut consacré aux louanges de Dieu et à de pieux entretiens; lorsque les ténèbres de la nuit vinrent couvrir la terre, ils prirent ensemble leur repas. Ils étaient encore à table, et leurs édifiantes conversations s’étaient prolongées bien avant dans la nuit, lorsque la servante du Seigneur dit à son frère : « Ne me quittez point cette nuit, je vous en prie; jusqu’au matin nous nous entretiendrons du bonheur de la vie céleste. — Que demandez-vous là, ma sœur? répondit Benoît. Je ne puis rester hors du monastère. »
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