Samedi 31 octobre (ReConfinement J2) : Vigile de la Toussaint

Samedi 31 octobre (ReConfinement J2) : Vigile de la Toussaint

Samedi 31 octobre (ReConfinement J2) : Vigile de la Toussaint

Avis important

Aujourd’hui : Vigile de la Toussaint, jour de jeûne et d’abstinence.

Vues les nouvelles mesures prises par le gouvernement français pour raison de « pandémie », il est impératif de vous renseigner au préalable sur les horaires des Offices. À partir du lundi 2 novembre, nous ne serons plus en mesure d’assurer les Offices publiquement.

La Punchline de Saint Ambroise

La parole sans la vie n’est pas la parole de Dieu.

Les Béatitudes (Lc 6, 17-23) : commentaire de Saint Ambroise

« Bienheureux, pauvres, parce que le Royaume de Dieu est à vous. Bienheureux ceux qui ont maintenant faim et soif, parce qu’ils seront rassasiés. Bienheureux, vous qui pleurez à présent, parce que vous sourirez. Bienheureux serez-vous, quand les hommes auront pour vous de la haine ».

Luc n’a noté que quatre béatitudes du Seigneur, S. Matthieu huit ; mais dans les huit il y a les quatre, et dans les quatre les huit. L’un s’est attaché aux quatre, comme aux vertus cardinales ; l’autre a, dans huit, maintenu le nombre mystérieux : car beaucoup de psaumes sont intitulés : pour l’octave ; et il vous est prescrit de faire les parts pour huit, peut-être les Béatitudes (Eccl 11, 2). De même, en effet, que l’octave est l’accomplissement de notre espérance, l’octave est aussi la somme des vertus.

Mais voyons d’abord le plus développé.

« Bienheureux les pauvres en esprit, dit-il, parce que pour eux est le Royaume des cieux. » Cette béatitude a été placée la première par l’un et l’autre évangéliste. Elle est en effet la première selon l’ordre, et comme mère et génératrice des vertus : car c’est en méprisant les biens du monde qu’on méritera les éternels ; et nul ne saurait obtenir la récompense du Royaume des cieux, si, captif de la convoitise de ce monde, il est incapable d’en émerger. Seconde béatitude : « Bienheureux, dit-il, les doux » ; troisième : « Bienheureux ceux qui pleurent » ; quatrième : « Bienheureux ceux qui ont faim » ; cinquième : « Bienheureux les miséricordieux » ; sixième : « Bienheureux les cœurs purs » ; septième : « Bienheureux les pacifiques » ; et c’est bien la septième, car c’est au jour correspondant que Dieu s’est reposé de tout l’ouvrage du monde : c’est le jour du repos et de la paix ; huitième : « Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la justice ».

Venez, Seigneur Jésus ; enseignez-nous l’ordre de vos béatitudes. Car ce n’est pas sans ordre que vous avez dit d’abord : bienheureux les pauvres en esprit, en second lieu bienheureux les doux, en troisième bienheureux ceux qui pleurent. Bien que j’en sache quelque chose, je ne le sais qu’en partie ; car si Paul a su en partie (1 Cor 13, 9), que puis-je, moi, savoir ? Je suis au-dessous de Paul par ma vie, et tout autant par la parole : car la vie produit et acquiert la parole ; la parole sans la vie n’est pas la parole de Dieu. Comme Paul est plus sage que moi : lui se glorifie des périls (2 Cor 12, 15), moi des succès ; lui se glorifie de n’être pas exalté par ses révélations ; moi, s’il m’arrivait des révélations, je m’en glorifierais. Mais cependant Dieu peut des pierres susciter des hommes (Mt 3, 9), tirer la parole des bouches closes, faire produire un langage aux muets ; s’il a ouvert les yeux de l’ânesse pour qu’elle vît l’ange (Nm 22, 27), il a le pouvoir de nous ouvrir aussi les yeux, afin que nous puissions voir le mystère de Dieu.

« Bienheureux, dit-il, les pauvres. » Les pauvres ne sont pas tous bienheureux ; car la pauvreté est chose neutre : il peut y avoir de bons et de méchants pauvres. À moins d’entendre que le pauvre bienheureux est celui qu’a décrit le Prophète en disant que « mieux vaut un pauvre juste qu’un riche menteur » (Prv 19, 22). Bienheureux le pauvre qui a crié et que le Seigneur a exaucé (Ps 33, 7) : pauvre de faute, pauvre de vices, pauvre chez qui le prince du monde n’a rien trouvé (Io 14, 30) ; pauvre à l’imitation de ce pauvre qui, étant riche, s’est fait pauvre pour nous (2 Cor 8, 9). Aussi Matthieu donne-t-il l’explication complète : « Bienheureux, dit-il, les pauvres en esprit » : car le pauvre en esprit ne se gonfle pas, ne s’exalte pas en sa pensée charnelle. Telle est donc la première béatitude.

Ayant laissé tout péché, dépouillé toute malignité, étant content de ma simplicité, dénué de mal, il me reste à modérer mon caractère. À quoi me sert-il de manquer des biens du monde si je ne suis doux et tranquille ? Car suivre le droit chemin, c’est bien entendu suivre Celui qui dit : « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur » (Mt 11, 29). Donc quittez toute improbité, soyez dépourvu de vices, conformément à la véritable pauvreté ; adoucissez vos sentiments, pour ne pas vous irriter ou du moins ne pas pécher en vous irritant, ainsi qu’il est écrit : « Irritez-vous, mais ne péchez pas » (Ps 4, 5). Il est glorieux de calmer l’émotion par la sagesse ; et il n’est pas réputé moins vertueux de contenir son irritation, de réprimer son indignation, que de ne pas s’irriter du tout : encore que généralement le premier soit jugé plus calme, le second plus courageux.

Cela fait, souvenez-vous que vous êtes pécheur : pleurez vos péchés, pleurez vos fautes. Et il est bien que la troisième béatitude soit pour qui pleure ses péchés, car c’est la Trinité qui pardonne les péchés. Purifiez-vous donc par vos larmes et lavez-vous par vos pleurs. Si vous pleurez sur vous-même, un autre n’aura pas à vous pleurer : car si Saül avait pleuré ses péchés, Samuel n’aurait pas pleuré sur lui (1 Sm 15, 35). Chacun a ses morts à pleurer. Nous sommes morts quand nous péchons, quand nous nous rassasions des ossements des morts. Morte est la parole mauvaise qui sort de la bouche : car elle sort d’un mauvais tombeau : « Leur gorge est un tombeau béant » (Ps 5, 11). Aussi l’Apôtre dit-il : « Soyez mes imitateurs » (1 Cor 4, 16) : il veut que nous ayons la mémoire de nos fautes. Paul n’avait rien à déplorer à partir du moment où il crut au Christ ; et pourtant il pleurait sa vie passée : « Je ne suis pas digne, dit-il, d’être appelé apôtre, parce que j’ai persécuté l’Église de Dieu » (1 Cor 15, 9). Lui donc fut pécheur avant de croire, mais nous péchons, nous autres, même après avoir cru. Que celui qui est pécheur pleure donc sur soi et se reprenne, afin de devenir juste ; car « le juste s’accuse lui-même » (Prv 18, 17).Poursuivons donc par ordre, puisqu’il est écrit : « Ordonnez en moi la charité » (Ct 2, 4). J’ai quitté le péché, modéré mon caractère, pleuré mes fautes : je me prends à avoir faim et soif de la justice. Quand on est souffrant, en proie à une maladie grave, on n’a pas faim, parce que la douleur du mal exclut la faim. Mais quelle est cette faim de la justice ? Quels sont ces pains dont le juste est affamé ? Ne seraient-ce pas les pains dont il est dit : « J’ai été jeune, et j’ai vieilli, et je n’ai pas vu le juste abandonné, ni sa postérité quêtant son pain » (Ps 36, 25). Qui a faim cherche bien entendu à accroître ses forces : or y a-t-il un plus grand fortifiant pour la vertu que la règle de la justice ?

Après cela, « bienheureux, dit-il, les miséricordieux » : car après la justice vient la miséricorde. Aussi est-il dit : « Il a distribué, donné aux pauvres ; sa justice demeure à jamais » (Ps 111, 9). Mais celui-même qui fait miséricorde perd sa récompense s’il n’a le cœur pur en sa miséricorde : car s’il cherche à se faire valoir, c’est sans aucun fruit. Purifiez donc l’intime de votre âme, et quand vous aurez soigneusement purifié le secret de votre cœur, ayez compassion de ceux qui ont à lutter, et comprenez combien d’hommes, combien de vos frères réclament votre aide. Mais si d’abord vous ne dégagez votre intérieur de toute souillure de péché, en sorte que ni dissentiments ni contestations ne naissent de vos dispositions, vous ne pouvez porter remède aux autres. Commencez donc en vous l’œuvre de paix, en sorte qu’une fois pacifique vous-même, vous portiez la paix aux autres. Comment pourriez-vous purifier le cœur des autres si vous n’avez d’abord purifié le vôtre ? Vous avez donc rendu service aux autres, vous avez été secourable à beaucoup : hâtez-vous de tendre au but. Alors qu’il existait bien des moyens de sortir de la vie, un seul convenait au Seigneur ? car, étant né selon la chair, il lui fallait aussi mourir selon la chair ? : il a choisi la souffrance, afin de mourir pour nous. Vous aussi, à propos de tout ce qu’il vous a donné, dites : « Je prendrai le calice du salut et j’invoquerai le nom du Seigneur » (Ps 115, 13), ce qui veut dire la souffrance ; aussi a-t-il dit à ceux qui souhaitaient siéger à sa droite ou à sa gauche : « Pouvez-vous boire le calice que moi je dois boire ? » (Mt 20, 22). Il vous conduit jusqu’au terme, il vous accompagne jusqu’au martyre, et il en fait la palme des béatitudes.

Donc voyez l’ordre : il vous faut devenir pauvre en esprit, car l’humilité d’esprit, c’est la richesse en vertus. Si vous n’êtes pauvre, vous ne pourrez être doux. Celui qui est doux peut pleurer sur le présent : qui pleure sur les biens inférieurs peut en désirer de meilleurs. Qui recherche les biens supérieurs délaisse ceux d’en-bas, afin d’être à son tour aidé par ceux d’en haut. Qui est compatissant purifie son cœur : qu’est-ce en effet que purifier son âme, sinon effacer la souillure de mort ? car « l’aumône délivre de la mort » (Tb 4, 11). Quant à la patience, c’est l’achèvement de la charité, et celui qui souffre persécution, engagé dans le combat suprême, est éprouvé par l’adversité, afin d’être couronné après avoir « lutté selon les règles » (2 Tm 2, 5).

Tels sont, au sentiment de plusieurs, les degrés des vertus, par lesquels nous pouvons monter du plus bas aux sommets.

De même, d’ailleurs, qu’il y a accroissement de vertus, il y a aussi accroissement de récompenses : être fils de Dieu, c’est plus que posséder la terre et obtenir consolation. Mais, du moment que la première récompense est le Royaume des cieux, et la dernière récompense le Royaume des cieux, y a-t-il récompense égale pour les commençants et pour les parfaits ? Ne s’agit-il pas de nous apprendre qu’au sens mystique il y a un premier Royaume des cieux, celui de l’Apôtre : « Me dissoudre et être avec le Christ ? » Voilà le premier royaume, où les saints sont ravis dans les nuées à la rencontre du Christ dans les airs ; car la multitude de ceux qui reposent se lèvera, les uns pour la vie éternelle, les autres pour la honte (1 Th 4, 17 ; Dn 12, 2). Donc un premier Royaume des cieux est promis aux saints par la libération du corps ; le second Royaume des cieux, c’est, après la résurrection des corps, d’être avec le Christ. Lorsque vous serez dans le Royaume des cieux, alors il y a progression dans les demeures : bien que le royaume soit unique, il y a pourtant diversité de récompenses dans le Royaume des cieux. Après la résurrection vous commencerez à posséder votre terre, étant libéré de la mort ; car celui à qui il est dit : « Tu es terre, et en terre tu iras » (Gn 3, 19) ne possède pas sa terre : on ne saurait être possesseur si on ne recueille les fruits. Donc libéré par la croix du Seigneur, si toutefois vous vous trouvez sous le joug du Seigneur, vous trouverez consolation dans la possession même. La consolation a pour suite la jouissance ; la jouissance, la miséricorde divine ; or celui dont le Seigneur a pitié, il l’appelle ; qui est appelé voit Celui qui l’appelle ; qui a vu Dieu est admis aux droits de la filiation divine : et alors enfin, comme fils de Dieu, il jouit des richesses du Royaume des cieux. Donc l’un commence, l’autre est comblé : car, même en ce monde, beaucoup font partie de l’Empire romain ; mais ceux-là tirent un plus grand profit de l’Empire qui sont plus proches de l’Empereur.

Maintenant disons comment en quatre béatitudes S. Luc a renfermé huit béatitudes. Or nous savons qu’il y a quatre vertus cardinales : tempérance, justice, prudence, force. Qui est pauvre en esprit n’est pas avide. Celui qui pleure ne s’enorgueillit pas, mais est doux et paisible ; qui pleure s’humilie. Celui qui est juste ne refuse pas ce qu’il sait être donné à tous pour l’usage commun. Celui qui a pitié donne de son bien ; qui donne de son bien ne recherche pas le bien d’autrui et ne dresse pas de piège à son prochain. Il y a donc un lien et un enchaînement entre les vertus, si bien qu’en ayant une, on se trouve en avoir plusieurs ; les saints ont leur vertu propre, mais celle qui est plus étendue a une récompense plus étendue. Quelle hospitalité chez Abraham ! quelle humilité ! quelle fidélité, quand il délivre de l’ennemi le fils de son frère ! et quel désintéressement, quand il ne revendique rien du butin ! Mais comme il l’a fait par la foi, il a mérité avant tout d’être premier par la foi. Donc chacun a plusieurs récompenses, parce qu’il y a plusieurs motifs à la pratique des vertus ; mais ce qui est plus riche en mérite est aussi plus comblé de récompense.

« Bienheureux donc les pauvres en esprit » : vous avez ici la tempérance, qui s’abstient du péché, foule aux pieds le monde, n’en recherche pas les attraits. « Bienheureux ceux qui ont faim et soif » : car lorsqu’on a faim, on a compassion de l’affamé ; ayant compassion on donne ; donnant, on devient juste, car « sa justice demeure à jamais » (Ps 111, 9). Aussi reconnaissons-nous en Matthieu la soif et la faim spirituelles qui font désirer la nourriture ou le breuvage de la justice ; car cette vertu est comme la substance des vertus, si bien que le juste se met au niveau de ses inférieurs, s’interdit la tromperie, recherche la vérité.

« Bienheureux vous qui pleurez maintenant : car vous sourirez. » Voici la prudence, à qui appartient de pleurer ce qui passe et de chercher ce qui est éternel ; de pleurer sur les choses du monde, qui se font la guerre ; de chercher le Dieu de paix (Rm 15, 33), qui a choisi les folies selon le monde pour confondre les sages (1 Cor 1, 27 ss.) ; et qui détruit ce qui n’est pas, afin de pouvoir posséder ce qui est. « Bienheureux serez-vous quand les hommes vous haïront. » Vous avez ici la force : mais celle qui, au lieu de s’attirer la haine par le crime, souffre la persécution par la foi ; car c’est ainsi que l’on parvient à la couronne de la souffrance : en dédaignant la faveur des hommes, en poursuivant celle de Dieu. Aussi bien, pour vous faire savoir que l’achèvement de la force est la souffrance : « C’est ainsi, dit-il, que leurs pères traitaient les prophètes » ; car les Juifs ont persécuté les prophètes jusqu’à tuer leur corps. Il appartient encore à la force de vaincre la colère, de contenir l’indignation ; et par là, la force affermit l’âme et le corps tout ensemble, et ne les laisse pas troubler par quelque crainte ou douleur, de celles qui souvent font impression sur nous comme de malhonnêtes courtiers. Donc la tempérance implique la pureté du cœur et de l’âme, la justice la miséricorde, la prudence la paix, la force la douceur.

Prières

Élévation d’Isaac de l’Étoile (1110-1178)

Par cette Parole « Heureux vous qui pleurez maintenant », le Seigneur veut nous faire comprendre que le chemin de la joie, c’est les pleurs. Par la désolation on va à la consolation ; c’est en perdant sa vie qu’on la trouve, en la rejetant qu’on la possède, en la haïssant qu’on l’aime, en la méprisant qu’on la garde (Mt 16, 24 ss.).

Si tu veux te connaître toi-même et te maîtriser : entre en toi-même et ne te cherche pas au-dehors. Rentre en toi-même, pécheur, rentre là où tu es, en ton cœur. L’homme qui rentre en lui-même, ne se découvrira-t-il pas au loin, comme le fils prodigue, dans une région de dissemblance, dans une terre étrangère, où il s’assied et pleure au souvenir de son père et de sa patrie ? (Lc 15, 17). « Adam, où es-tu ? » (Gn 3, 9) Peut-être encore dans l’ombre pour ne pas te voir toi-même ; tu couds ensemble des feuilles de vanité pour couvrir ta honte, regardant ce qui est autour de toi et ce qui est à toi. Regarde au-dedans, regarde-toi. Rentre au-dedans de toi, pécheur, reviens à ton âme. Vois et pleure cette âme sujette à la vanité, à l’agitation et qui ne peut pas se libérer de sa captivité.

Il est évident, frères, nous vivons en dehors de nous-mêmes, nous sommes oublieux de nous-mêmes, chaque fois que nous nous dissipons dans les balivernes ou les distractions, que nous nous régalons de futilités. Et c’est pourquoi la Sagesse a toujours à cœur d’inviter à la maison du repentir plutôt qu’à la maison de la bombance, c’est-à-dire de rappeler en lui-même l’homme qui était au-dehors de lui-même, en disant : « Bienheureux ceux qui pleurent » et dans un autre passage : « Malheur à vous qui riez maintenant ». Mes frères, gémissons en présence du Seigneur dont la Bonté porte à pardonner ; tournons-nous vers lui « dans le jeûne, les pleurs, le deuil sur nous-mêmes » (Io 2, 12) pour qu’un jour ses consolations réjouissent nos âmes. Bienheureux en effet ceux qui pleurent, non parce qu’ils pleurent, mais parce qu’ils seront consolés. Les pleurs sont le chemin ; la consolation c’est la Béatitude.

Oratio

Dómine, Deus noster, multiplica super nos grátiam tuam : et, quorum prævenimus gloriósa sollémnia, tríbue subsequi in sancta professione lætítiam. Per Dóminum.

Oraison

Seigneur notre Dieu, multipliez envers nous l’effusion de votre grâce, et faites que, par une vie sainte, nous méritions de suivre dans la félicité éternelle ceux dont nous anticipons la fête solennelle.

Antienne

Ã. Beata Dei Genitrix, Virgo Maria, Sanctique omnes intercedant pro nobis ad Dominum.

Ã. Que la Bienheureuse Mère de Dieu, la Vierge Marie, et tous les Saints intercèdent pour nous auprès du Seigneur.

Antienne grégorienne “Beata Dei Genitrix”

Antienne Beata Dei Genitrix

Vendredi 30 octobre (ReConfinement J1)

Vendredi 30 octobre (ReConfinement J1)

Vendredi 30 octobre (ReConfinement J1)

Avis important (mise à jour le 30 octobre 2020)

Demain, samedi 31 octobre : Vigile de la Toussaint, jour de jeûne et d’abstinence.

Vues les nouvelles mesures prises par le gouvernement français pour raison de « pandémie », il est impératif de vous renseigner au préalable sur les horaires des Offices. À partir du lundi 2 novembre, nous ne serons plus en mesure d’assurer les Offices publiquement.

Reconfinement !…

À votre volonté, Seigneur, tout est soumis, et rien ne peut résister à votre volonté ;
car c’est vous qui avez tout fait, le ciel et la terre, et tout ce qui est contenu dans l’enceinte du ciel :
Vous êtes le Seigneur de toutes choses (Esth. 13, 9).

Ces paroles de l’introït du 21ème dimanche après la Pentecôte, tirées de la magnifique prière de Mardochée, doivent inspirer notre attitude face à ce nouveau confinement :

  • Attitude de Foi dans la divine Providence : rien, absolument rien, ne lui échappe. Nous ne comprenons pas tout ce qui arrive : nous n’avons pas à tout comprendre, nous savons que Dieu permet que cela arrive. Adorons le mystère de la Sagesse divine.
  • Attitude d’Espérance dans la divine Providence : Dieu nous donne tout, absolument tout, ce dont nous avons besoin. Nous ne connaissons pas nos véritables besoins : Dieu les connaît et y pourvoit, toujours. Confions-nous, comme des enfants, dans les bras de Dieu.
  • Attitude d’Amour de la divine Providence : Dieu nous aime, il nous l’a montré dans les mystères de l’Incarnation et de la Rédemption. Aimons Dieu en faisant sa volonté par l’obéissance à ses commandements.

Les hommes (politiques ou non), les événements, les maladies, les confinements : de soi, ils sont incapables de nous séparer de Dieu. Il n’y a que nous qui puissions nous séparer de Dieu par le péché. Alors, profitons, une nouvelle fois, de ces circonstances, pour progresser dans la Foi, dans l’Espérance et dans l’Amour de Notre-Seigneur.

Oratio

Famíliam tuam, quæsumus, Dómine, contínua pietáte custódi : ut a cunctis adversitátibus, te protegénte, sit líbera, et in bonis áctibus tuo nómini sit devóta. Per Dóminum nostrum.

Oraison

Nous vous supplions, Seigneur, de garder votre famille par l’assistance continuelle de votre bonté, afin que, par votre protection, elle soit délivrée de toute adversité et qu’elle soit fervente dans la pratique des bonnes œuvres, pour la gloire de votre nom.

Le combat spirituel et les armes du chrétien (Eph 6, 10-20) : commentaire de Dom Delatte

Plus le programme de la vie chrétienne est élevé (devenir conforme au Fils de Dieu), plus les fidèles ont besoin de prendre en Dieu leur point d’appui. Et non seulement le programme est large, mais l’ennemi est redoutable : il a pour lui la force, la haine, l’intelligence, une longue expérience, une perfide habileté ; nous avons affaire à partie plus forte que nous ; ce n’est pas avec la trempe de votre caractère, que vous croyez vigoureuse ; ce n’est pas avec votre regard, que vous supposez perspicace, mais avec la seule armure de Dieu que vous lui résisterez. Ne vous couvrez même pas de la sécurité que donne une longue persévérance, ou de la fierté trop naturelle des victoires que vous avez remportées, ne comptez que sur Dieu pour résister aux assauts qui vous seront livrés.

La vie chrétienne est un combat ; il nous faut en prendre notre parti. Il y a, rôdant autour de nous, nous disent d’une commune voix saint Pierre et saint Paul, une bête féroce qui ne songe qu’à dévorer. Les vocations les plus hautes sont les plus menacées : elles sont plus élevées au-dessus de la nature ; ce que nous avons promis à Dieu réclame de nous un effort plus soutenu et plus attentif, la déchéance est plus profonde, l’ennemi dépense toutes ses embûches contre ceux qui ont été le plus aimés. Rappelons-nous que le désert était semé de diables, tandis qu’Alexandrie n’en avait qu’un seul, qui jouait de la flûte sur le fronton de la porte.

Jamais l’Apôtre n’a parlé plus ouvertement de cette puissance diabolique. C’est une lutte spirituelle, nous dit-il, ce n’est pas contre la chair et le sang que nous avons à nous défendre. Tout est spirituel ici : l’ennemi, le combat, les coups, l’armure, la victoire ; par conséquent aussi la tactique et les efforts. Ce sont des actes intérieurs de foi, d’espérance, de charité ; c’est une attitude de calme, d’humilité et de recueillement qui assure la victoire, qui d’ailleurs ne sera que momentanée, le combat n’ayant guère de trêve. Ce n’est pas que les paroles, les mouvements, les génuflexions, l’eau bénite n’aient leur efficacité, mais moyennant que les actes intérieurs les animent, les inspirent, et les fassent parvenir à Dieu : « l’entraînement du corps est profitable pour un peu » (1 Tm 4, 8), dit l’Apôtre. Des mouvements qui seraient simplement musculaires ne peuvent rien contre les principautés et les puissances angéliques, contre les princes qui gouvernent ce monde de ténèbres, contre les esprits malfaisants semés dans l’air. Contre eux, l’armure qui vient de Dieu est seule efficace. Au verset 11, l’Apôtre ne semblait préoccupé que de son efficacité défensive ; le mouvement de sa pensée l’amène à montrer la valeur défensive, plus développée, et aussi la valeur offensive de cette armure. Le détail en est donné pièce à pièce : nous y retrouvons le fantassin armé de Polybe (VI, 23), tel qu’il est figuré dans les monuments. L’Apôtre a dit : « chaussures aux pieds » ; il a parlé du glaive ; il a omis les jambières et la lance dont parle Polybe. Son dessein du reste est de donner un enseignement sous forme allégorique, et un esprit bien fait ne demandera jamais à une allégorie, non plus qu’à une parabole, cette symétrie absolue qui ferait coïncider, par superposition exacte, le symbole avec la réalité. Dans un service actif, la ceinture, la cuirasse, la chaussure et le casque sont d’indispensable nécessité : la ceinture sera la fidélité, cette loyauté résolue d’une vie entièrement d’accord avec elle-même et où tout s’appuie fortement ; la cuirasse qui couvre la poitrine et le cœur, c’est la justice et l’attachement au Seigneur (dans l’épître aux Thessaloniciens, la cuirasse symbolise la foi et la charité) ; les pieds sont fortement chaussés, afin de porter résolument l’Évangile de la paix, malgré tous les obstacles du chemin ; les mains sont armées du bouclier de la foi pour arrêter les traits enflammés de l’ennemi ; la tête est défendue par le casque, c’est l’espérance : « l’espérance ne déçoit pas » (Rm 5, 5 ; cf. 1 Th 5, 8).

L’arme offensive, c’est le glaive de la parole de Dieu, la parole de l’Évangile et la Sainte Écriture. Il est à noter qu’au cours de la tentation, c’est toujours avec une parole de l’Écriture Sainte que le Seigneur défait le diable. Avec la parole de Dieu, c’est aussi la parole qui s’adresse à Dieu avec instance et à toute heure.

Déjà dans l’épître aux Romains (Rm 8, 26) l’Apôtre nous a fait connaître celui qui inspirant notre prière la fait s’étendre à tous les besoins de l’Église. Dans cette prière des chrétiens, il sollicite une place, afin que même à Rome, même dans les fers, il lui soit donné de parler dignement du mystère du Christ, et d’annoncer l’Évangile, avec la sainte hardiesse qui convient. Nous vivons, nous, à une heure où l’Église a une histoire et un long passé de gloire surnaturelle ; mais en l’an 62 du Christ, si nous voulons y réfléchir, il fallait une rare dose de foi, de courage, et de confiance, pour promettre la rénovation de l’humanité par un Juif, par un Juif condamné par toutes les juridictions, par un Juif crucifié.

Prière

Prière de la Bse Marie de l’Incarnation (1566-1618)

Ô Seigneur, nous ne pouvons rien sans vous. Ô vous qui connaissez toutes choses, en qui se meut tout homme, en qui toute créature a vie, qui sondez les cœurs et les reins de tous ; entre les mains de qui sont nos temps, nos âges et nos aventures, notre bien, notre salut, nous ne pouvons rien sans vous qui connaissez fort bien toutes nos nécessités, subvenez à tous : tous vous invoquent, pour tous, Seigneur, je vous supplie, exaucez-moi !

Antienne

Ã. Deposuit potentes sanctos persequentes et exaltavit humiles christum confitentes.

Ã. Il a renversé les puissants qui persécutent les saints, et Il a élevé les humbles qui confessent le Christ.

Antienne grégorienne “Deposuit potentes”

Antienne Deposuit