Mercredi 2 décembre (ReConfinement J34) : Saint Pierre Chrysologue

Mercredi 2 décembre (ReConfinement J34) : Saint Pierre Chrysologue

Mercredi 2 décembre (ReConfinement J34) : Saint Pierre Chrysologue

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La Punchline de Saint Pierre Chrysologue

Tout le mal que les parents se donnent pour leurs enfants, Dieu qui est père de tous, le rendra aux parents.

Saint Pierre Chrysologue, évêque de Ravenne et docteur de l’Église (380-451)

Évêque de Ravenne promue résidence impériale, Pierre fut un prélat considérable, avec qui Rome, Milan et Constantinople devaient compter. Éloquent, il reçut quelque temps après sa mort le surnom grec de chrysologue, « au verbe d’or », et en 1729 fut honoré du titre de docteur de l’Église. Sa fête fut alors inscrite au 4 décembre dans le martyrologe romain, l’éloge du saint restant au 2 (d’où sa fête au calendrier bénédictin).

Il naquit vers 405 sur le territoire de Forum Cornelii (Imola). L’évêque de cette ville, Cornelius, le forma comme un bon père à la vie sacerdotale (sermon 165 de Pierre, P. L., t. LH, col. 633. Désormais, nous indiquerons simplement le sermon et la colonne de Migne). Il fut élu évêque de Ravenne entre 425 et 429; son discours d’entrée fut prononcé entre 425 et 434 devant Galla Placidia, « mère de l’empereur (imperii) chrétien, éternel et fidèle,… qui a mérité de mettre au monde une auguste trinité » (130, 557 A), Théodose, Justa Grata Honoria, et Placide Valentinien III. Le sermon 136 en l’honneur de l’évêque Adelphe (très probablement le métropolite d’Aquilée) suggère que Pierre est alors — avant 431 — simple évêque de la VIIIème région, dépendant du patriarcat romain et sans prééminence spéciale. Mais en 431 Théodoret de Cyr et d’autres prélats orientaux, mécontents du concile d’Éphèse, adressaient une lettre aux évêques de Rome, de Milan, d’Aquilée et de Ravenne. Ravenne était donc devenue, en 431, un centre ecclésiastique prépondérant. Le sermon 175 nous apprend en effet que Pierre, tout en restant sufragant de Rome, comme les autres évêques de la Flaminie (Romagne), avait reçu par « édit du prince chrétien », Valentinien III, et par « décret du bienheureux Pierre », Célestin Ier (422-432), le droit de consacrer quelques évêques de l’Émilie. Ce droit appartenait précédemment à l’archevêque de Milan. Ce sermon 175 a été prononcé par notre Pierre lorsqu’il consacra l’évêque de Vicohabentia (Voghenza, quartier de Porto-maggiore, près de Ferrare), et le 165 quand il consacra l’évêque d’lmola. L’absence au synode milanais en 451 des prélats de Forli, Faenza, Bologne, Modène — sans parler de Voghenza et d’Imola — donne à croire que ces sièges furent soustraits à la juridiction milanaise. Rome aurait délégué à Pierre non pas un droit de métropolite sur les diocèses de la Basse-Émilie, mais une sorte de vicariat, pour donner une satisfaction à la cour de Ravenne, et prévenir un démembrement possible de la province ecclésiastique de Rome au profit de Ravenne; on restreignait aussi de cette manière les prérogatives de Milan. N’avait-on pas créé la métropole d’Aquilée et le vicariat d’Arles pour balancer la puissance de Milan? Le voyage d’Adelphe, avant 431, pourrait s’interpréter comme un prélude à cette manœuvre de résistance aux Milanais. Quant à la légende de l’origine apostolique du siège de Ravenne, qui a été considérée comme une invention antiromaine, ce pourrait être au contraire un biais pour hausser Ravenne devant Milan, en faire un bastion romain contre la capitale lombarde. Bref, la grandeur ecclésiastique, puis civile et politique, des prélats de Ravenne au Moyen Âge date du Chrysologue.

Entre 425 et 434, il consacra l’église Saint-Jean-Évangéliste, bâtie en raison d’un vœu formé par Galla Placidia en mer, alors qu’elle voguait de Constantinople à Ravenne. On figure dans l’abside un Chrysologue à la barbe imposante célébrant la messe, avec l’ange de l’épiclèse près de lui. Pierre fonda aussi la cathédrale de Classe (Petriana), et semble avoir consacré à Ravenne l’église des Saints-Jean-Baptiste-et-Berbatien. Ce qu’on appelle de nos jours la chapelle Saint-Chrysologue, au palais archiépiscopal, date en réalité de Pierre II. Notre saint accueillit avec honneur saint Germain d’Auxerre venu négocier une grâce à la cour.

Politique de grande valeur, Pierre a été également un épistolier heureux. Une lettre a suffi pour fonder supra firmam petram sa réputation de théologien et de canoniste. C’est une réponse à Eutychès, archimandrite byzantin, qui était combattu à Constantinople parce qu’il confondait les deux natures du Christ. Eutychès avait demandé appui à Ravenne et à Rome. Pierre lui écrivit, après juin 449, qu’il refusait de prendre parti sans connaître les arguments opposés à Eutychès ; il n’avait pas qualité pour trancher le débat : le jugement de l’affaire appartenait à Rome, « car le bienheureux Pierre, qui sur son propre siège vit et préside, fournit à ceux qui la cherchent la vérité en matière de foi. »

Selon Agnellus (vers 830), Pierre mourut à Imola et fut enseveli un 3 décembre dans la basilique suburbaine Saint-Cassien. Pour Testi-Rasponi, il serait mort un 31 juillet : on aurait échangé les dates de décès entre lui et Pierre II, qui vécut au début du 6ème siècle. Une allusion à sainte Euphémie (sermon 97, 472 D) n’est guère concevable avant Chalcédoine. Pierre serait donc mort après 451.

Vie des Saints par les Bénédictins de Paris

D’un sermon de Saint Pierre Chrysologue « super Missus est »

Un ange a été envoyé par Dieu. Là où c’est un ange qui est le médiateur, l’homme doit cesser de se faire une opinion par lui-même. Là où l’envoyé vient du ciel, toute interprétation purement humaine doit être rejetée. La curiosité humaine entre en torpeur là où l’ambassadeur est céleste. L’ange a été envoyé par Dieu. Celui qui porte toute son attention sur le fait qu’il a été envoyé par Dieu s’interdit de scruter en profondeur le secret de la Déité. Ce que Dieu communique par l’intermédiaire de son ange, seul mérite de le savoir celui qui craint de le savoir. Écoute le Seigneur qui dit : Sur qui poserai-je mes yeux si ce n’est sur l’humble, le doux, et sur celui qui tremble en entendant ma parole ? L’humble et le doux. Autant il est docile celui qui obéit aux ordres, autant il est indocile celui qui les conteste.

« L’ange est envoyé à une vierge. » Parce que la virginité est toujours connue des anges. Vivre dans la chair en marge de la chair, ce n’est pas une vie terrestre, mais céleste. Et si vous voulez le savoir, acquérir la gloire angélique est une plus grande chose que la posséder. L’ange n’a que le bonheur de l’être, mais la virginité, c’est la vertu qui la fait. La virginité obtient par l’ascèse ce que l’ange possède par nature. L’ange et la vierge remplissent donc une fonction divine, non humaine. Après être entré, l’ange lui dit : « Salut, pleine de grâces, le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes. »

« Salut, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous. » Vous voyez les présents qui sont donnés en gage à la vierge ? Salut, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous. Salut, ce qui veut dire : recevez ! Quoi ? Les vertus en don, mais non la pudeur. Salut, pleine de grâce ! Voici la grâce qui a donné la gloire aux cieux, Dieu à la terre, la foi aux Gentils, un terme aux vices, une règle de vie, une discipline morale. Cette grâce que l’ange a apportée, la vierge l’a reçue pour rendre le salut aux siècles. Salut, pleine de grâce. Parce qu’à chacun, la grâce est donnée par bribes; mais à Marie, c’est toute la plénitude de la grâce qui s’est donnée à elle en entier. « Tous, dit l’évangéliste, nous avons reçu de sa plénitude. » David a dit lui aussi dans le même sens : « Elle descendit comme de la pluie dans une toison. » La laine, bien qu’elle appartienne au corps, ne connaît pas les passions du corps. Ainsi en va-t-il de la virginité. Bien qu’elle soit dans la chair, elle ignore les vices de la chair. La pluie céleste se répand donc dans la toison virginale en y pénétrant goutte par goutte. Et comme des gouttes qui s’infiltrent dans la terre. Pour que les temps qui sont dévolus à la foi, irriguent les semences avec des gouttes vivifiantes, au lieu de les tuer.

« Salut, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous. » L’ange est envoyé par Dieu, et que dit-il ? « Le Seigneur est avec vous. » Dieu était donc déjà avec la vierge quand l’ange lui a été envoyé. Dieu a précédé son messager, sans s’éloigner de sa divinité. Il ne peut pas être contenu par les lieux Celui qui est présent dans tous les lieux. Et il est tout entier partout Celui sans lequel rien n’est.

« Vous êtes bénie entre toutes les femmes. » Elle est vraiment bénie la vierge qui a rempli jusqu’au bout la dignité de la maternité, sans perdre la gloire de la virginité. Oui, elle est vraiment bénie celle qui a mérité la grâce d’une conception céleste, tout en maintenant la couronne de l’intégrité. Elle est vraiment bénie celle qui a reçu la gloire d’un divin enfant, sans cesser d’être la reine de la chasteté dans toute sa plénitude. Vraiment bénie celle qui a été plus grande que le ciel, plus forte que la terre, plus élevée que tout ce qu’il y a dans la création. Car elle a été la seule à contenir Celui que le monde ne peut pas contenir. Elle a porté Celui qui porte l’univers. Elle a engendré son Géniteur. Elle a nourri Celui qui nourrit tous les vivants.

Prières

Oratio

Deus, qui beátum Petrum Chrysólogum Doctorem egrégium, divínitus præmonstrátum, ad regéndam et instruéndam Ecclésiam tuam éligi voluísti : præsta, quæsumus ; ut, quem Doctórem vitæ habúimus in terris, intercessórem habére mereámur in cælis.

Oraison

Ô Dieu, qui, par des prodiges divins, avez désigné et fait élire pour gouverner et enseigner votre Église l’illustre Docteur, le bienheureux Pierre Chrysologue, faites, nous vous en prions, que nous méritions d’avoir pour intercesseur dans les cieux, celui qui nous a donné sur terre la doctrine de vie. Par Jésus-Christ, notre Seigneur.

Prière tirée du Missel Mozarabe par Dom Guéranger (1805-1875)

C’est une chose digne et juste, et vraiment avantageuse pour nous, de faire retentir sans relâche vos louanges, ô Père tout-puissant ! vous qui, nous ayant créés dans un état de sainteté et de noblesse, daignâtes, par une miséricorde insigne, après que nous eûmes été séduits par la fraude de l’ancien serpent, nous arracher à la mort. Vous annonçâtes longtemps à l’avance que votre Fils, que vous deviez nous envoyer dans la chair, viendrait sur cette terre et naîtrait d’une Vierge ; et vous chargeâtes vos Saints de proclamer d’une voix éclatante l’Avènement de ce Messie, afin que le monde, préparé par une longue attente, conçût une plus grande joie au jour où, la plénitude des temps étant accomplie, le Sauveur lui serait enfin donné. Donc, nous vous prions et supplions que, de même que, dans votre clémence et miséricorde, vous n’avez pas voulu souffrir que votre créature pérît entièrement, mais l’avez rappelée à la vie par l’humble Avènement de votre Fils notre Seigneur ; de même, aujourd’hui, vous daigniez protéger, conserver, guérir, défendre et délivrer ce qu’une première fois vous avez retrouvé, réparé, rappelé à la vie ; afin qu’en ce terrible Avènement où il doit reparaître pour juger ceux par lesquels et pour lesquels il a été jugé lui-même, il retrouve ceux qu’il a rachetés en tel état de fidélité, qu’il puisse les posséder éternellement, lui qui les a acquis au prix de son sang.

Prière de Saint Germain d’Auxerre (378-448)

Très Sainte Vierge, vous qui êtes la plus grande consolation que je reçoive de Dieu, vous qui êtes la rosée céleste qui soulage toutes mes douleurs, vous qui êtes la lumière de mon âme quand elle est enveloppée dans les ténèbres, vous qui êtes mon guide dans les chemins inconnus, l’appui de ma faiblesse, mon trésor dans la pauvreté, mon remède dans la maladie, ma consolation dans la détresse, mon refuge dans la misère, et l’espoir de mon salut, entendez mes supplications, ayez pitié de moi, comme il convient à la Mère d’un Dieu si bon, et obtenez pour moi un accueil favorable de toutes mes prières au Trône de la Miséricorde. Ainsi soit-il.

Antiennes

Ã. O doctor optime, Ecclesiæ sanctæ lumen, beate Petre Chrysologe, divinæ legis amator, deprecare pro nobis Filium Dei.

Ã. Ô Docteur excellent ! lumière de la sainte Église, bienheureux Pierre Chrysologue, amateur de la loi divine, priez pour nous le Fils de Dieu.

Ã. De Sion exibit lex et verbum Domini de Hierusalem.

Ã. De Sion sortira la loi, et le Verbe du Seigneur de Jérusalem.

Antienne grégorienne “De Sion exibit"

Antienne De Sion exibit

Mardi 1er décembre (ReConfinement J33)

Mardi 1er décembre (ReConfinement J33)

Mardi 1er décembre (ReConfinement J33)

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La Punchline des Pères du désert

Se mettre en présence de Dieu, ne pas s’estimer soi-même et rejeter derrière soi la volonté propre : tels sont les instruments de l’âme.

Saint Éloi, évêque de Noyon

Saint Éloi naquit à Chaptelat, à deux lieues de Limoges, vers l’an 588, et dans sa jeunesse son père lui fit apprendre le métier d’orfèvre. Il se rendit très habile dans cet art, et fut employé à divers ouvrages par le roi Clotaire II, dont il fut particulièrement connu et estimé. Ce prince se plaisait à le voir travailler. Il devint riche, et n’employa ses grands biens qu’à des œuvres de charité. Il fonda l’abbaye de Solignac, dans le diocèse de Limoges, et un célèbre monastère à Paris, dont sainte Aure fut la première abbesse. Les pauvres le regardaient comme leur père, et le suivaient en foule partout où il allait, parce qu’ils étaient sûrs d’éprouver toujours sa charité.

Il travaillait durant le jour, et passait une grande partie de la nuit en prières. Il affligeait sa chair par le cilice et par le jeûne, et méditait sans cesse les Saintes Écritures, et les vérités du salut.

Sa sainteté, qui avait déjà éclaté par plusieurs miracles, le fit juger digne de l’épiscopat, et il fut sacré évêque de Noyon, sous le règne de Clovis II, l’an 641. Comme il était instruit dans les lettres, rien ne lui manquait pour s’acquitter dignement des fonctions de son ministère. Il nous reste de lui quelques homélies, qui montrent combien il était versé dans la lecture et l’intelligence des Livres saints. Lorsqu’il avait expliqué à son peuple quelque point de la morale évangélique, il avait coutume de dire à la fin de son discours :

« Si vous pratiquez ce que je viens de vous enseigner, vous en serez récompensés dans le ciel. Si vous ne le pratiquez pas, vous en serez éternellement punis dans l’enfer ; quant à moi, j’ai déchargé ma conscience devant Dieu, et je prends à témoin le ciel et la terre, que j’ai rempli le devoir de mon ministère, en vous annonçant la vie ou la mort : que si vous méprisez mes exhortations et mes menaces, je serai contraint de devenir votre accusateur au tribunal du souverain Juge. »

Il restait encore des idolâtres dans une partie de la Flandre ; le saint évêque travailla à leur conversion, et Dieu bénit tellement ses travaux, qu’il eut la gloire d’en convertir un grand nombre. Un jour, Éloi se promenant dans Noyon vit que la façade de la basilique construite par saint Médard menaçait ruine. Il ordonna de la réparer, et comme on lui faisait remarquer que la saison ne s’y prêtait guère, il répondit qu’il fallait se hâter car il voulait voir la construction achevée. Il prévoyait sa mort prochaine et son tempérament n’admettait guère les demi-mesures. On raconte qu’un vigneron paresseux, battu de verges sur son ordre, s’était réjoui de sa mort : le saint revint sur terre pour lui administrer une correction. Il ne craignait pas de s’adresser aux saints en termes assez vifs : lors de l’incendie de Paris, il déclara à saint Martial que s’il laissait brûler son église il ne la reconstruirait jamais, et quand la basilique Sainte-Colombe fut cambriolée, il menaça la sainte d’en condamner la porte avec une haie d’épines, si les voleurs ne rapportaient pas tout. Et ces prières formulées comme des mises en demeure furent exaucées.

À l’âge de soixante-dix ans, après dix-sept ans d’épiscopat, il déclara à ses prêtres et à ses diacres, que sa fin était proche ; ils se mirent aussitôt à pleurer amèrement. Le Saint fut touché de leurs regrets et de leurs larmes, et demeura quelque temps en suspens entre le désir de vivre plus longtemps pour les consoler, et celui d’entrer au plus tôt dans la joie du Seigneur enfin il leur dit qu’ils devaient plutôt se réjouir que s’affliger de sa mort, que s’il était absent de corps, il leur serait toujours présent en esprit ; qu’après tout, ils ne devaient mettre qu’en Dieu toute leur espérance ; que ce Dieu ne les abandonnerait pas, qu’il les recommandait à sa miséricorde; qu’il avait travaillé pour leur salut; qu’il n’était cependant qu’un serviteur inutile ; mais qu’il espérait que Dieu aurait égard à sa bonne volonté. Il finit par les conjurer, au nom de Jésus-Christ, de pratiquer fidèlement toutes les instructions qu’il leur avait données, et surtout de prendre toujours un soin particulier des monastères qu’il avait fondés.

Lorsqu’il sentit qu’il n’avait plus que quelques moments à vivre, il leva les yeux et les mains au ciel, et adressa cette prière à Dieu :

« C’est donc aujourd’hui, Seigneur, que vous laissez mourir votre serviteur en paix, selon votre parole : souvenez-vous que vous m’avez formé avec un peu de terre, et n’entrez point en jugement avec moi. Ô Jésus, mon Rédempteur ! souvenez-vous de moi : vous seul êtes exempt de péché : ouvrez-moi l’entrée de votre royaume; je remets mon esprit dans vos mains, et je meurs en confessant votre nom ; je sais que je suis indigne de vous posséder ; mais j’ai toujours mis ma confiance dans votre miséricorde : ne permettez pas que mon espérance soit confondue ; éloignez de moi le prince des ténèbres, défendez-moi par votre puissance, et conduisez-moi dans cette céleste demeure, que vous avez préparée à ceux qui vous craignent. »

En disant ces dernières paroles, il expira le 1er décembre de l’an 660. Il avait déjà fait plusieurs miracles avant d’être évêque, et depuis son épiscopat ; il en fit encore après sa mort. Sa vie a été écrite par saint Ouen, archevêque de Rouen, son contemporain et son ami.

Pratique. Saint Eloi devint un saint en vivant au milieu du monde, et même à la cour, parce qu’il ne fut point attaché de cœur au monde, et qu’il se préserva de sa corruption par une fidélité constante aux exercices de la religion. Suivons son exemple en vivant chrétiennement dans ce même monde, en y remplissant, selon l’ordre de la Providence, les obligations de notre état ; que surtout la prière, la méditation de la loi du Seigneur, soient pour nous un devoir sacré ; la vérité nous éclairera, et sa lumière, si nous sommes fidèles, nous dirigera toujours dans les routes de la justice.

Prière.  Que votre loi, Seigneur, et vos divins mystères soient toujours présents à mon esprit et à mon cœur. J’y puiserai par votre grâce la paix et l’innocence de la vie, la confiance à la mort et l’avant-goût de l’éternité bienheureuse. Ainsi soit-il.

Une leçon d’humilité : d’une légende sur Saint Éloi

Éloi, simple maréchal-ferrant, s’était installé à son compte et avait accroché à sa porte une enseigne ainsi conçue : « Éloi. Maître sur maître. Maître sur tous ». Considérant que ce « Maître sur tous » était un défi à la puissance céleste, Jésus-Christ résolut de donner à Éloi une bonne leçon d’humilité.

Le Christ s’habilla donc comme un simple et pauvre forgeron et vint demander de l’embauche à l’atelier d’Éloi.
– Que sais-tu faire ? demande celui-ci.
– Je sais forger et ferrer aussi bien que qui que ce soit au monde.
– Que dis-tu de ce fer que je viens de forger ?
– Pas mal, mais on peut faire mieux.

Là-dessus, et sans attendre, Jésus forge un fer bien mieux fini, bien plus élégant que celui d’Éloi. Mais il ne s’arrête pas là. Ayant vu à la porte de la forge un cheval en attente d’être ferré, Jésus lui coupe la jambe, la met sur l’enclume, pose le fer, puis rattache la jambe au cheval qui paraît ne s’être aperçu de rien. Colère d’Éloi qui, pour relever ce défi, coupe une autre jambe du cheval et s’apprête à y poser un fer. Mais le cheval, cette fois, saigne, hennit de douleur, s’abat, et mourrait bientôt si Jésus n’arrêtait miraculeusement l’hémorragie avant de remettre la jambe en place. Du coup, Éloi capitule. Il prend son marteau et brise son enseigne en disant : « Qui que tu sois, c’est toi le maître et c’est moi le compagnon. » Alors le Christ dit : « Heureux celui qui s’humilie. » Éloi comprend enfin à qui il a affaire et se prosterne. Je te pardonne, dit le Christ, car je te crois guéri. Reste « Maître sur maître » ; mais souviens-toi que je suis seul « Maître sur tous ».

Prières

Oratio

Exáudi, quæsumus, Dómine, preces nostras, quas in beáti Elígii Confessóris tui atque Pontíficis sollemnitáte deférimus : et, qui tibi digne méruit famulári, eius intercedéntibus méritis, ab ómnibus nos absólve peccátis. Per Dóminum nostrum.

Oraison

Nous vous supplions, Seigneur, d’exaucer les prières que nous vous adressons en la solennité du bienheureux Éloi, votre Confesseur et Pontife, et de nous accorder, grâce aux mérites et à l’intercession de celui qui vous a si dignement servi, le pardon de tous nos péchés. Par Jésus-Christ, notre Seigneur.

Prière de Guerric d’Igny (vers 1087-1157)

Vous avez fait un travail considérable mon Seigneur, en vous mettant à mon service. Il n’est que trop juste, trop normal qu’à présent vous vous reposiez, et que votre serviteur, reprenant son rôle se mette à votre service. Quel prix vous avez mis pour me ramener à ce service inutile que je vous rends, vous qui n’avez pas même besoin du ministère des anges ! Avec quel art de délicatesse, de tendresse vous êtes arrivé à me récupérer, et à ramener à l’obéissance votre serviteur rebelle ! Vous avez vaincu le mal par le bien, vous avez fait rougir l’orgueilleux par votre humilité, vous avez écrasé l’ingrat sous vos bienfaits ! vous êtes arrivé à vaincre le rebelle, Seigneur, – c’est fait ! Je tends mes mains à vos liens, je courbe ma tête sous votre joug. Daignez seulement accepter mon service, permettez que je travaille pour vous. Ainsi soit-il

Antiennes

Ã. Angelus Domini nuntiavit Mariæ, et concepit de Spiritu Sancto, alleluia.

Ã. L’ange du Seigneur a annoncé à Marie, et elle a conçu du Saint Esprit, alleluia.

Ã. Ante quam convenirent inventa est Maria habens in utero de Spiritu Sancto, alleluia.

Ã. Avant qu’ils eussent habité ensemble, Marie se retrouva enceinte de l’Esprit Saint, alleluia.

Antienne grégorienne “Ante quam convenirent"

Antiennes Angelus et Antequam

Lundi 30 novembre (ReConfinement J32) : Saint André Apôtre

Lundi 30 novembre (ReConfinement J32) : Saint André Apôtre

Lundi 30 novembre (ReConfinement J32) : Saint André Apôtre

La Punchline du Père Garrigou-Lagrange

Si obscure que soit notre croix, nous pouvons la porter en lumière, en pensant qu’elle est ordonnée au bien de notre âme et à la gloire de Dieu.

Des leçons des Matines de Saint André

L’apôtre André naquit à Bethsaïde, qui est un bourg de Galilée ; il était frère de Pierre et disciple de Jean-Baptiste. Ayant entendu celui-ci dire du Christ : « Voici l’Agneau de Dieu », il suivit Jésus et lui amena son frère. Dans la suite, tandis qu’il péchait avec son frère dans la mer de Galilée, ils furent tous deux appelés, avant les autres Apôtres, par le Seigneur qui, passant sur le rivage, leur dit : « Suivez-moi, je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes. » Sans aucun retard, ils laissèrent leurs filets et le suivirent. Après la passion et la résurrection de Jésus-Christ, André alla prêcher la foi chrétienne dans la Scythie d’Europe, cette province lui étant échue en partage ; il parcourut ensuite l’Épire et la Thrace, et, par ses prédications et ses miracles, il convertit à Jésus-Christ une multitude innombrable de personnes.

Parvenu à Patras, ville d’Achaïe, où il fit embrasser à beaucoup de monde la vérité de l’Évangile, il s’adressa avec une courageuse liberté au proconsul Égée, qui résistait à la prédication de l’Évangile, reprochant à cet homme, qui voulait qu’on le reconnût comme juge de ses semblables, de se laisser tromper par les démons au point de méconnaître le Christ Dieu, juge de tous les hommes. Alors Égée, irrité, lui dit : « Cesse de vanter le Christ, que des propos analogues n’ont pu empêcher d’être crucifié par les Juifs. » Comme André continuait néanmoins à prêcher généreusement Jésus-Christ, démontrant qu’il s’était offert lui-même à la croix pour le salut du genre humain, Égée l’interrompit par un discours impie et l’engagea à conserver sa vie en sacrifiant aux dieux. André lui répondit : « Pour moi, il est un Dieu tout-puissant, seul et vrai Dieu, auquel je sacrifie tous les jours sur l’autel, non les chairs des taureaux ni le sang des boucs, mais l’Agneau sans tache. Quand tout le peuple des croyants a participé à sa chair, l’Agneau qui a été immolé, n’en demeure pas moins entier et plein de vie. »

Égée, enflammé de colère, ordonna de jeter l’Apôtre en prison. Le peuple en eût facilement délivré André, si lui-même n’eût apaisé la foule, la suppliant avec instance de ne pas l’empêcher d’arriver à la couronne tant désirée du martyre. Peu de temps après, étant amené devant le tribunal, comme il exaltait le mystère de la croix et reprochait au proconsul son impiété, celui-ci, ne pouvant le supporter plus longtemps, commanda qu’on le mit en croix et qu’on lui fît imiter ta mort du Christ.

Arrivé au lieu du martyre, et apercevant de loin la croix, André s’écria : « Ô bonne croix, qui as tiré ta gloire des membres du Seigneur ! Croix, longtemps désirée, ardemment aimée, cherchée sans relâche, et enfin préparée à mes ardents désirs, retire-moi d’entre les hommes, et rends-moi à mon Maître, afin que par toi me reçoive celui qui par toi m’a racheté. » Il fut donc attaché à la croix, et y resta suspendu vivant pendant deux jours, sans cesser de prêcher la loi du Christ ; après quoi, il s’en alla à celui dont il avait souhaité d’imiter la mort. Les Prêtres et les Diacres d’Achaïe, qui ont écrit son supplice, attestent qu’ils ont entendu et vu toutes ces choses, ainsi qu’ils les ont racontées. Ses ossements furent transportés, sous le règne de l’empereur Constance, à Constantinople, et plus tard à Amalfi. Son chef fut apporté à Rome, sous le pontificat de Pie II, et placé dans la basilique de Saint-Pierre.

D’un sermon de Saint Bernard sur Saint André

Voulez-vous que je vous dise quelques mots d’édification à la gloire de Jésus-Christ, sur la passion de notre saint apôtre que nous célébrons aujourd’hui ? Vous savez que saint André étant parvenu à l’endroit où sa croix était préparée reçut une force d’en haut, et, par l’inspiration du Saint-Esprit qu’il avait reçu en même temps que les autres apôtres, sous la forme de langues de feu, prononça des paroles vraiment embrasées. En effet, en apercevant de loin la croix qui lui était préparée, au lieu de pâlir, comme il semble que la faiblesse humaine devait le faire, il ne sentit aucun frisson courir dans ses veines ; ses cheveux ne se hérissèrent point et sa langue ne demeura point glacée ; son corps ne trembla pas et son esprit ne ressentit aucun trouble; enfin, sa présence d’esprit ne l’abandonna point, comme cela arrive ordinairement. Ses lèvres parlèrent de l’abondance de son cœur et la charité qui consumait son âme, s’échappa en paroles semblables à des étincelles embrasées. Que disait donc saint André quand il aperçut de loin la croix qui lui était préparée? « Ô croix, s’écrie-t-il, croix que j’appelle de tous mes vœux depuis si longtemps, et que je vois enfin sur le point de combler tous mes désirs, c’est le cœur plein de calme et de joie que je viens à toi, reçois dans tes bras avec allégresse un disciple de celui qui s’y est vu attaché. J’ai toujours été ton amant, et mon plus grand désir n’a cessé d’être de t’embrasser. » Je vous le demande, mes frères, est-ce un homme qui parlait ainsi? Au lieu d’un homme, n’est-ce pas un ange ou quelque nouvelle créature? C’était un homme en tout semblable à nous et passible comme nous, si bien passible qu’il a subi la passion dont la seule approche le remplissait d’une telle allégresse. D’où vient, dans un homme, ce bonheur si nouveau et cette joie si complètement inouïe jusqu’alors? D’où vient tant de constance dans une si grande fragilité, un esprit si spirituel, une charité si vive, une âme si robuste dans un homme? Loin de nous la pensée qu’il ait trouvé en lui une force pareille, c’est un don parfait, une grâce du Père des lumières, de celui seul qui fait de grandes merveilles.

Oui, mes bien-aimés, c’est l’Esprit qui aidait sa faiblesse, l’Esprit, dis je, par qui la charité qui est aussi forte — que dis-je ? — plus forte que la mort, était répandue en lui. Oh ! si nous avions le bonheur d’en avoir aussi notre part ! Cherchons cet Esprit, appliquons-nous de toutes nos forces à avoir cet Esprit, ou plutôt à posséder plus complètement celui-là même que nous avons déjà. Quiconque n’a point l’Esprit du Christ n’est pas des siens (Rom 7, 15). Pour nous, nous n’avons point reçu l’esprit de ce monde, mais l’Esprit qui vient de Dieu, afin que nous sachions quels biens nous avons reçus de Dieu. Or, la preuve qu’il est présent en nous, ce sont les œuvres mêmes de salut et de vie que nous ne serions jamais capables de faire, si nous ne possédions, au dedans de nous, l’Esprit du Sauveur, qui vivifie nos âmes. Faisons en sorte que Dieu multiplie ses dons en nous, et qu’il y augmente son Esprit dont il nous a déjà donné les prémices. On ne saurait trouver de preuve plus certaine de sa présence que le désir d’une grâce plus grande, selon ce qu’il a dit lui-même en ces termes : « Ceux qui me mangent auront encore faim, et ceux qui me boivent auront encore soif (Sir 24, 29). »

Pour nous, mes frères, nous devons prendre la croix avec saint André, ou plutôt avec celui-là même qu’André a suivi, je veux dire avec Notre-Seigneur et Sauveur. Ce qui faisait toute sa joie et toute son allégresse, c’est qu’il voyait qu’il allait mourir, non seulement pour lui, mais encore avec lui, qu’il allait se trouver comme greffé en lui par la ressemblance de sa mort (Rom 6, 5), qu’il allait enfin partager son royaume, comme il allait partager ses souffrances. Afin d’être crucifiés nous aussi avec lui, prêtons l’oreille et écoutons, avec le cœur, les paroles qu’il nous adresse quand il dit : « Que celui qui veut venir après moi se renonce soi-même, porte sa croix et me suive » (Lc 9, 23). C’est comme s’il disait : Que ceux qui soupirent après moi se méprisent eux-mêmes, et que celui qui veut faire ma volonté apprenne d’abord à rompre la sienne.

Notre salut est donc dans la croix, pourvu seulement que nous nous attachions effectivement à elle. L’Apôtre a dit : « La parole de la croix, à la vérité, est une folie pour ceux qui se perdent; mais pour ceux qui se sauvent, c’est-à-dire pour nous, elle est la vertu de Dieu » (1 Cor 1, 18). La croix est le bouclier qui nous entoure et ses quatre bras repoussent les traits des ennemis du salut. Selon moi, ces quatre bras de la croix représentent la continence, la patience, la prudence et l’humilité. Heureuse l’âme qui met sa gloire et son triomphe dans la croix, pourvu seulement qu’elle demeure sur la croix, et ne s’en laisse tomber par aucune tentation. Que celui donc qui se trouve sur la croix, prie, avec saint André, son Seigneur et Maître, de ne pas permettre qu’il soit détaché de la croix. En effet, à quel excès d’audace le Malin ne peut-il point se porter, quelle tentative n’aura-t-il point la présomption de faire ? Ce qu’il voulait exécuter par les mains même d’Égée sur le disciple, il avait eu la pensée de le faire sur le maître par la langue des Juifs. Mais il eut lieu de le regretter, un peu tard il est vrai, car il fut vaincu et s’éloigna plein de confusion. Fasse le ciel que le Malin s’éloigne ainsi de nous, vaincu par Celui qui a triomphé en lui-même et dans son disciple. Que Celui qui est Dieu et béni par dessus tout, dans les siècles des siècles, nous fasse la grâce de consommer heureusement notre vie sur la croix de la pénitence, quelle qu’elle soit, dont nous nous sommes chargés pour son nom. Ainsi soit-il.

Prières

Oratio

Maiestátem tuam, Dómine, supplíciter exorámus : ut, sicut Ecclésiæ tuæ beátus Andréas Apóstolus éxstitit prædicátor et rector ; ita apud te sit pro nobis perpétuus intercéssor. Per Dóminum.

Oraison

Seigneur, nous demandons avec supplication à votre majesté, que, de même que votre Église a eu pour l’enseigner et la gouverner votre bienheureux Apôtre André, nous l’ayons comme perpétuel intercesseur auprès de vous.​ Par Jésus-Christ, notre Seigneur.

Préface de l’antique liturgie « gallicane » (avant le 8ème siècle)

Il est digne et juste, équitable et raisonnable que nous rendions d’ineffables actions de  grâces à votre bonté, Dieu tout-puissant et éternel, et que nous célébrions avec une joie sans égale la passion de vos Saints, par Jésus-Christ notre Seigneur, qui donna au bienheureux André la foi, dès le moment de sa vocation, et plus tard lui octroya la victoire dans les souffrances. Le bienheureux André avait donc reçu ces deux faveurs; et c’est pour cela qu’il montrait la constance dans la prédication, la patience dans les supplices. Après des verges injustes, après l’étroite prison, enchaîné au gibet, il s’offrit à vous, ô Dieu ! comme une oblation pure. Plein de douceur, il étend ses bras vers le ciel, il embrasse l’étendard de la Croix, il y colle ses lèvres, il y pénètre les secrets de l’Agneau. Enfin, comme on le conduisait au supplice, comme on le suspendait à la croix, il souffrait dans la chair, mais l’Esprit parlait par sa bouche. Il oublie les douleurs de la croix, en prêchant Jésus-Christ du haut de cette croix. Plus son corps était étendu sur le bois, plus sa langue exaltait le Christ; car, suspendu au bois, il se félicitait d’être associé au Christ. Il ne souffre pas qu’on le descende de la croix, dans la crainte que l’ardeur du combat qu’il soutient ne s’attiédisse. La foule le considère et se lamente; elle veut qu’on délie les liens de celui qu’elle sait être le médecin des âmes; elle demande qu’on dégage le juste, dans la crainte que le peuple lui-même ne périsse pour un si grand forfait. Cependant, le martyr rend l’âme, et est admis en possession du royaume de l’éternel juge. Par ses mérites, accordez-nous, Dieu tout-puissant, d’être délivrés et préservés de tous les maux, et de vous rendre d’éternelles louanges et actions de grâces, à vous, notre Seigneur, Dieu des Martyrs et Prince des Apôtres.

Prière d’abandon

Je me laisse, ô mon Dieu, dans vos mains. Tournez, retournez cette argile, comme le vase qui se fait entre les mains du potier (Ier 18, 6). Donnez-lui une forme ; brisez-la ensuite, si vous voulez ; elle est à vous ; elle n’a rien à dire. Il me suffit qu’elle serve à tous vos desseins et que rien ne résiste à votre bon plaisir pour lequel je suis fait. Demandez, ordonnez ; que voulez-vous que je fasse ? que voulez-vous que je ne fasse pas ? Élevé, abaissé, persécuté, consolé, souffrant, appliqué à vos œuvres, inutile à tout, il ne me reste qu’à dire, à l’exemple de votre sainte Mère : Qu’il me soit fait selon votre parole.

Donnez-moi l’amour par excellence, l’amour de la croix, non pas de ces croix héroïques dont l’éclat pourrait nourrir l’amour-propre, mais de ces croix vulgaires que nous portons hélas ! avec tant de répugnance, de ces croix de chaque jour, dont la vie est semée et qui se rencontrent au milieu du chemin à toute heure, dans la contradiction, l’oubli, l’insuccès, les faux jugements, les contrariétés, la froideur ou les vivacités des uns, les rebuts ou les mépris des autres, dans les infirmités du corps, les ténèbres de l’esprit, le silence et la sécheresse du cœur. Alors seulement, vous saurez que je vous aime, bien que je ne le sache ni ne le sente moi-même, et cela me suffit !

Neuvaine à l’Immaculée Conception (du 30 novembre au 8 décembre)

Réciter une dizaine du chapelet puis la prière de Saint Pie X :

Vierge très sainte, qui avez plu au Seigneur et êtes devenue sa mère, Vierge Immaculée dans votre corps, dans votre âme, dans votre foi, et dans votre amour, de grâce, regardez avec bienveillance les malheureux qui implorent votre puissante protection. Le serpent infernal, contre lequel fut jetée la première malédiction, continue, hélas ! à combattre et à tenter les pauvres fils d’Ève. Ô vous, notre Mère bénie, notre Reine et notre Avocate, vous qui avez écrasé la tête de l’ennemi dès le premier instant de votre conception, accueillez nos prières, et, nous vous en conjurons, unis en un seul cœur, présentez-les devant le trône de Dieu, afin que nous ne nous laissions jamais prendre aux embûches qui nous sont tendues, mais que nous arrivions tous au port du salut, et qu’au milieu de tant de périls, l’Église et la société chrétienne chantent encore une fois l’hymne de la délivrance, de la victoire et de la paix. Ainsi soit-il.

Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous. 3 fois

Antiennes

Ã. Salve Crux pretiosa suscipe discipulum eius qui pependit in te Magister meus Christus.

Ã. Salut, ô Croix précieuse ! reçois le disciple de Celui qui à toi fut attaché, le Christ mon maître.

Antienne grégorienne “Salve Crux"

Ã. Beatus Andreas orabat dicens : Domine rex æternæ gloriæ, suscipe me pendentem in patibulo.

Ã. Le bienheureux André priait, et disait: Seigneur, Roi d’éternelle gloire, recevez-moi qui suis suspendu à ce gibet.

Antienne grégorienne “Beatus Andreas"

Antiennes de Saint André

Vendredi 27 novembre (ReConfinement J29) : Saint Colomban

Vendredi 27 novembre (ReConfinement J29) : Saint Colomban

Vendredi 27 novembre (ReConfinement J29) : Saint Colomban

Annonce

En raison des restrictions gouvernementales, il est impératif de vous renseigner sur les horaires de Messes des prochains dimanches (29 novembre et 6 décembre).

La Punchline de Saint Colomban

La mortification consiste donc en trois points : exclure de son esprit la discorde, ne pas laisser sa langue dire ce qui lui plaît, n’aller nulle part sans permission.

Les deux premiers points se comprennent aisément : mortifier notre esprit en renonçant à notre jugement propre, facteur de discorde ; mortifier notre langue… et nos doigts tapotant, trop souvent sans mesure, sur les claviers et écrans. Enfin, le 3ème point s’adresse surtout aux moines… ou aux confinés que nous sommes !

Saint Colomban, Abbé de Luxeuil

Vers la fin du 6ème siècle, un souffle puissant, venu d’Irlande, passa sur la Gaule mérovingienne. Après y avoir tourbillonné pendant une vingtaine d’années, il s’éloigna vers l’Est, passa les Alpes et descendit en Italie. Ce cyclone, qui remua bien des choses dans l’Église et dans la société, est celui du moine Colomban. À une chrétienté rongée par le péché et entourée de peuples encore païens, ce moine celte apportait les « remèdes de la pénitence », comprise de façon neuve, et le zèle missionnaire. La jeune foi de l’Irlande, un vigoureux idéal de renoncement, une observance monastique sans compromission faisaient la force de ce barbare cultivé, capable de bâtir autant que de prêcher. Intransigeant et obstiné, non moins attaché à son particularisme irlandais qu’à l’Évangile universel qu’il annonçait, il se heurta aux rois et aux évêques, subit persécution et bannissement, mais sa sainteté s’imposa à tous et son œuvre prospéra par l’épreuve.

Saint Colomban est né en Irlande vers 540. Tout jeune, il entendit l’appel de Dieu et entra à Cluain-Inis où il fut formé par Sinell, disciple de Saint Finian de Clonard, puis au monastère de Bangor que venait de fonder Saint Comgall. C’est pour participer, lui aussi, à la « peregrinatio pro Christo », chère aux Irlandais, qu’il quitta son pays pour débarquer en Gaule avec ses douze disciples.

Notre pays, dévasté et pillé un siècle plus tôt, présentait à tous égards un aspect pitoyable. La plupart des habitants avaient été massacrés et le paganisme régnait de nouveau presque partout. Les anciens monastères ou évêchés avaient survécus, mais que restait-il vraiment du souvenir de saint Jean de Réomé, Saint Honorat, Saint Germain ou Saint Martin ? La Règle de Saint Benoît, mort quelques années auparavant, n’avait pas encore pénétré en Gaule.

Il y avait alors un vaste désert nommé Vosges où se trouvait un poste militaire en ruine depuis longtemps, auquel une tradition ancienne donnait le nom d’Annegray. Arrivé là, le Saint s’y installa avec les siens. Il se contentait d’un peu de nourriture pour subsister, se souvenant de la parole de Notre Seigneur selon laquelle l’homme ne vit pas seulement de pain, mais se rassasie de la parole de Dieu. Le monastère d’Annegray devenant trop petit par suite de l’affluence des vocations, saint Colomban songea qu’il fallait chercher dans ce même désert un autre emplacement pour y construire un Monastère. Il obtint du roi Childebert la concession des ruines de Luxovium, situées alors à l’extrémité de l’épaisse forêt de la « Vôge », peuplées uniquement de bêtes sauvages. Plus tard encore, l’affluence des novices obligea Saint Colomban à une nouvelle fondation, celle de Fontaine, mais Luxeuil fut la résidence habituelle du saint Abbé. Luxeuil demeure le centre et l’âme de l’institut colombanien.

Gontran, roi de Bourgogne, avait attiré Saint Colomban dans ses terres, ce fut son petit neveu Thierry qui joua le rôle le plus important dans la vie de notre Saint. Les mœurs de Thierry, comme celles de la plupart des princes francs, étaient libres. Brunehaut, son aïeule, dont l’ambition redoutait une rivale, ne lui permit point de contracter un légitime mariage et encouragea les désordres du jeune prince. Saint Colomban ne put supporter cela, ce qui déplût très fort à Brunehaut qui en conçut une haine terrible pour l’apôtre et finalement obtint du roi sa condamnation à l’exil. Le dessein de Thierry avait été de renvoyer Saint Colomban en Irlande, d’où il était venu. Mais à Nantes, le vaisseau qui devait le rapatrier, lui et ses compagnons, fut rejeté pendant trois jours sur la plage: finalement, on laissa Saint Colomban en liberté. Il se rendit successivement à Soissons, puis à Metz. Colomban rêvait dès lors d’une vie de prédication tout apostolique : il s’embarqua sur le Rhin, pénétra en Suisse et demeura quelques temps dans la région de Bregenz sur le lac de Constance, où il établit une Abbaye. De là, il passa finalement les Alpes et entra en Lombardie où le roi Agilulfe lui donna les terres de Bobbio dans une gorge des Apennins. C’est là qu’il fit sa dernière fondation monastique et mourut le 21 ou le 23 novembre 615. Il est fêté le 27 novembre dans le diocèse de Besançon.

La Regula Monachorum nous dit, entre autre, que l’on doit « chaque jour prier, chaque jour jeûner, chaque jour travailler, chaque jour lire ». Cela nous donne une idée de la vie quotidienne de nos premiers moines, et il n’est pas douteux que Saint Colomban ait institué de véritables cours, destinés à enseigner la lecture, l’écriture, le dessin, les lettres, l’étude de la Bible et des Pères de l’Église. N’avait-il pas, lui-même, composé un Commentaire sur les Psaumes et plusieurs traités concernant le chant et l’enseignement ?

À cette école seront formés : Saint Cagnoald, qui deviendra évêque de Laon ; Saint Attale, qui succèdera au maître à Bobbio ; Saint Ermenfroy, futur évêque de Verdun ; Saint Potentin, le fondateur de Coutances ; Saint Desle, qui établira Lure ; Saint Gall qui donnera son nom au célèbre monastère suisse ; Saint Sigisbert, qui fondera Disentis dans les Alpes ; Saint Valéry, le premier abbé de Sithiu, et tant d’autres… Malgré l’exil forcé de Saint Colomban, en 612, ordonné par le roi Thierry et la reine Brunehaut, l’école fut maintenue, grâce à deux abbés remarquables : saint Eustaise (612-629) et surtout saint Valbert (629-670), qui introduisit la Règle Bénédictine. Nous y trouverons de nouveaux élèves : Saint Amé, fondateur de Remiremont ; Saint Donat, évêque de Besançon ; Saint Eloi, le célèbre orfèvre, fondateur de Solignac ; Saint Faron, évêques de Meaux ; saint Achaire à Noyon ; Saint Leudemond à Sion ; Saint Philibert à Jumièges ; Saint Germain, abbé de Moutier-Grandval ; Saint Ouen à Rouen, et toute une pléiade de saints, qu’il serait trop long d’énumérer ici. Luxeuil s’est donc épanoui comme un chef d’ordre et fut véritablement, selon le mot de Dom Grappin, le dernier savant de l’Abbaye, « l’école de toutes les sciences, l’académie des grands hommes, le modèle de tous les monastères de France ».

Saint Colomban peut être regardé comme un des plus grands moines ; son œuvre fut immense. Tous les monastères colombaniens adoptèrent par la suite la Règle de Saint Benoît. Toute notre région, et même l’Europe entière lui doivent la Foi.

R. P. Valbert-Marie Verrier (†2011)

De la Discrétion ou juste mesure vertueuse : extrait de la Règle de Saint Colomban

Combien la discrétion est nécessaire, l’égarement de beaucoup le fait voir et la ruine de certains le démontre. Ils ont commencé sans discrétion et, faute de science pour les diriger, ils ont été incapables de mener jusqu’au bout une vie louable. Car, de même que l’erreur égare ceux qui marchent sans suivre un chemin, de même, pour ceux qui vivent sans discrétion, la démesure est inévitable, et celle-ci est toujours contraire aux vertus, qui se situent au milieu, entre deux excès contraires. Passer la mesure, c’est rencontrer fatalement le danger, puisque, le long du droit sentier de la discrétion, nos adversaires placent les pierres d’achoppement du mal et les embûches de toutes sortes d’erreurs. On doit donc prier Dieu continuellement qu’il dispense la lumière de la vraie discrétion pour illuminer ce chemin bordé de chaque côté des épaisses ténèbres du monde, de telle sorte que ses vrais adorateurs soient capables de traverser cette obscurité, sans s’égarer, jusqu’à lui.

La discrétion tire donc son nom de « discerner », car c’est elle qui discerne en nous entre bien et mal, et aussi entre moyens et fins. Depuis le début, après que le mal eut commencé d’exister, du fait du démon, par la corruption du bien, les deux catégories, à savoir les biens et les maux, ont été séparées comme la lumière et les ténèbres, mais Dieu, qui opéra la séparation, avait d’abord donné la lumière (Gn 1, 3-4). Ainsi le pieux Abel choisit le bien, tandis que l’impie Caïn tombait dans le mal (Gn 4, 1-8).

Dieu a fait bon tout ce qu’il a créé (Gn 1, 31), mais le diable est venu y semer le mal (Mt 13, 24-30), avec sa ruse perfide et la suggestion sournoise de sa périlleuse flatterie (Gn 3, 1-5). Quels sont donc ces biens ? Ceux qui sont restés inviolés et intacts, tels qu’ils avaient été créés. Dieu seul les a créés et « préparés », suivant l’Apôtre (Eph 2, 10), « pour que nous y marchions ; ce sont les œuvres bonnes dans lesquelles nous avons été créés dans le Christ Jésus » : bonté, pureté, piété, justice, vérité, miséricorde, charité, paix qui procure le salut, joie spirituelle, avec le fruit de l’Esprit (Ga 5, 22) — toutes ces choses, avec leurs fruits, sont bonnes.

Et voici les maux qui en sont le contraire : malice, corruption, impiété, injustice, mensonge, avarice, haine, discorde, amertume, avec les multiples fruits qui en proviennent. Innombrables, en effet, sont les rejetons engendrés par ces deux contraires, à savoir le bien et le mal. Ce qui s’écarte de la bonté et de l’intégrité de la création, voilà le premier mal, à savoir l’orgueil de la malice première. Son contraire est l’humble estimation d’une pieuse bonté, qui reconnaît son Créateur et le glorifie, ceci constituant le premier bien d’une créature raisonnable. C’est ainsi que tout le reste s’est développé peu à peu dans les deux sens en un immense foisonnement de noms.

Dans ces conditions, il faut s’en tenir fortement au bien, en recevant le secours de Dieu, qu’il faut sans cesse demander par la prière, tant dans le succès que dans l’adversité, afin d’éviter l’enivrement de la vanité dans le succès et la chute dans le découragement au sein de l’adversité. Il faut donc se garder sans cesse de ce double danger, c’est-à-dire de tout excès, par une noble tempérance et une véritable discrétion, qui se maintienne dans l’humilité chrétienne et ouvre le chemin de la perfection aux vrais soldats du Christ. Cela revient à toujours discerner avec rectitude dans les cas douteux et à savoir distinguer en toutes circonstances le bien du mal, soit entre biens et maux extérieurs à nous, soit en nous-mêmes entre corps et âme, soit entre actes et habitudes, entre activité et repos, entre vie publique et privée.

Quant aux maux, on doit pareillement s’en garder : orgueil, envie, mensonge, corruption, impiété, mauvaises mœurs, gourmandise, fornication, cupidité, colère, tristesse, instabilité, vaine gloire, élèvement, médisance. Et maintenant les biens des vertus qu’il faut rechercher : humilité, bienveillance, pureté, obéissance, abstinence, chasteté, libéralité, patience, joie, stabilité, ferveur, ardeur au travail, vigilance, silence. Tout cela, par la force d’âme qui fait supporter et la tempérance qui modère, est à mettre sur les plateaux de la discrétion comme dans une balance, pour y peser nos actes habituels selon les possibilités de nos efforts, dans la recherche continuelle de ce qui suffit. Si le suffisant ne suffit pas, il ne fait de doute pour personne que l’on a passé la mesure de la discrétion, et tout ce qui dépasse cette mesure est manifestement vicieux.

Entre le trop et le trop peu, la juste mesure se trouve donc au milieu. Sans cesse elle nous détourne de tout ce qui est superflu d’un côté ou de l’autre. Introduite en toute chose, elle procure partout le nécessaire et refuse les caprices déraisonnables d’une volonté superflue. Cette mesure de la vraie discrétion, en pesant tous nos actes à leur juste poids, ne nous permettra jamais de nous écarter de ce qui est juste, et si nous la suivons toujours tout droit, à la manière d’un guide, elle ne nous laissera pas nous égarer. Car s’il faut toujours se garder de part et d’autre, selon le mot de l’Écriture : « Gardez- vous à droite et à gauche » (Dt 5, 52), il faut toujours marcher droit par la discrétion, c’est-à-dire par la lumière de Dieu, en répétant souvent et en chantant le verset du Psalmiste victorieux : « Mon Dieu, illumine mes ténèbres, car c’est par toi que j’échapperai à la tentation » (Ps 17, 29-30). En effet, « la vie de l’homme sur terre est une tentation » (Jb 7, 1).

Prières

Oratio

Deus, qui Beáti Columbáni præcéptis et exémplis innúmeros ad perfectiónem evangélicam elevásti : accénde, quæsumus, in nobis ardens sanctitátis desidérium. Per Dóminum.

Oraison

Ô Dieu, qui avez élevé d’innombrables âmes à la perfection évangélique par les préceptes et les exemples du Bienheureux Colomban : nous prions d’allumer en nous un ardent désir de la sainteté. Par Jésus-Christ, notre Seigneur.

Prière de Saint Colomban (ca 540-615)

Seigneur Dieu, détruisez et déracinez tout ce que le Mauvais a planté en moi. Ces iniquités une fois détruites, mettez dans ma bouche et mon cœur de penser et d’agir bien, en sorte que mon action et ma volonté vous servent vous uniquement, que je comprenne vos commandements, que je vous cherche. Donnez-moi la mémoire. Donnez-moi la charité. Donnez-moi la chasteté. Donnez-moi la foi. Donnez-moi tout ce que vous savez utile à mon âme. Faites en moi le bien, accordez-moi ce qui me convient, vous qui règnez dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Invocations aux Saints de Luxeuil

Seigneur, ayez pitié de nous.
Christ, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous.

Père céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Esprit-Saint qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Trinité Sainte qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Marie, priez pour nous.
Sainte Mère de Dieu, priez pour nous.
Sainte Vierge des Vierges, priez pour nous.

Saint Colomban, priez pour nous.
Saint Colomban le jeune, priez pour nous.
Saint Lua, priez pour nous.
Saint Sigisbert, priez pour nous.
Saint Léobard, priez pour nous.
Saint Ragnacaire, priez pour nous.
Saint Hermenfroi, priez pour nous.
Saint Waldolène, priez pour nous.
Saint Valéry, priez pour nous.
Saint Desles, priez pour nous.
Saint Colombin, priez pour nous.
Saint Gall, priez pour nous.
Saint Ursanne, priez pour nous.
Saint Bertulfe, priez pour nous.
Saint Attale, priez pour nous.
Saint Babolein, priez pour nous.
Saint Eustase, priez pour nous.
Saint Cagnoald, priez pour nous.
Saint Achaire, priez pour nous.
Saint Amé, priez pour nous.
Saint Romaric, priez pour nous.
Saint Waldalène, priez pour nous.

Saint Omer, priez pour nous.
Saint Mommolin, priez pour nous.
Saint Bertin, priez pour nous.
Saint Ebertramm, priez pour nous.
Saint Valbert, priez pour nous.
Saint Agile, priez pour nous.
Saint Chuane, priez pour nous.
Saint Ermenfroi, priez pour nous.
Saint Adelphe, priez pour nous.
Saint Frobert, priez pour nous.
Saint Théoffroy, priez pour nous.
Saint Berchaire, priez pour nous.
Saint Ingofroy, priez pour nous.
Saint Emmon, priez pour nous.
Saint Mellin, priez pour nous.
Saint Anségise, priez pour nous.
Saint Gibard, priez pour nous.
Saint Tételme, priez pour nous.
Saint Baltram, priez pour nous.
Saint Antoine de Froidemont, priez pour nous.
Bienheureux Angelôme, priez pour nous.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous, Seigneur.

Jésus-Christ, écoutez-nous.
Jésus-Christ, exaucez-nous.

Prions.
Par l’intercession de la Bienheureuse Marie toujours vierge et de tous nos Saints, nous vous prions, Seigneur, de préserver de toute adversité cette famille humblement prosternée à vos pieds, et de la défendre avec bonté contre toutes les embûches des ennemis du Salut. Par Jésus-Christ N-S. Ainsi soit-il.

Antienne

Ã. Hic vir despiciens mundum et terrena triumphans divitias cælo condidit ore manu.

Ã. Cet homme, montrant du mépris pour le monde et triomphant des choses terrestres, a amassé des richesses au paradis à travers ses paroles et ses actes.

Antienne grégorienne “Hic vir”

Antienne Hic vir

Jeudi 26 novembre (ReConfinement J28) : Saint Silvestre Abbé

Jeudi 26 novembre (ReConfinement J28) : Saint Silvestre Abbé

Jeudi 26 novembre (ReConfinement J28) : Saint Silvestre Abbé

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La Punchline des Pères du désert

On demanda à un vieillard : « Pourquoi n’es-tu jamais découragé ? » Et il répondit : « Parce que chaque jour je m’attends à mourir. »

Saints Bénédictins : Saint Silvestre Guzzolini, Abbé (1177-1267)

La sainte Église avait trouvé, pour stimuler au bien les hommes, vers le début du 13ème siècle, saint Dominique et saint François. Est-ce à dire que le vieil ordre monastique sommeillait ? Peut-être un peu. Mais un animateur comme saint Silvestre, dans les Marches, sut le galvaniser en le ramenant vigoureusement à ses origines.

Silvestre était né vers 1177 a Osimo (près d’Ancône et de Lorette) d’un juriste, Ghislerio di Jacopo, et de Bianca (Blanche) Ghislieri. L’adolescent, bon, bien doué, fut envoyé aux écoles de Bologne et de Pavie où il pourrait devenir l’émule de son père. Là il se prit d’amitié pour le futur évêque d’Ancône, Benvenuto Scatiroli, et, trouvant le droit sans intérêt, se voua à la théologie. Il buvait, buvait ardemment aux fontaines du Sauveur, et plus tard il ranimerait les hommes mourant de soif. Mais son père, très mécontent de ce changement d’étude, le rappela chez lui et le retint quasi-esclave pendant dix ans. Sous le boisseau, la douce lumière ne s’éteignit point. Le clergé local réussit à prendre Silvestre à son service : il devint prêtre, chanoine dévoré de zèle. La science de l’ancien étudiant rendait sa parole attrayante et victorieuse. On raconte que, venu au cimetière a l’occasion d’un enterrement, il aperçut dans la fosse le cadavre d’un parent jadis beau et admiré (1217?). Ce spectacle l’aurait bouleversé : il quitta de nuit sa demeure et, avec l’aide d’un ami, gagna le maquis effrayant de la Rossa, non loin de ce Val di Castro où était mort saint Romuald, le père des Camaldules, deux siècles avant. Un disciple lui vint. Bientôt la solitude de Silvestre à Grotta Fucile fut troublée par bien des pèlerins, voire des compagnons. Le saint se transporte en un lieu plus inhospitalier, à Monte Fano, non loin de Fabriano, dans les Marches. Dans une nouvelle grotte il vécut quelque temps sans autre société qu’un loup. Ses compagnons, cependant, le rejoignirent. En 1231, il érigea un petit monastère dont la population grandit très vite. Comme saint Benoît à Subiaco, Silvestre fonda douze monastères, entre 1231 et 1267, qui auraient compté 433 moines. Monte Fano était dédié à la reine du ciel et à saint Benoît. Innocent IV approuve cette nouvelle congrégation bénédictine en 1247. Érémitisme, cénobitisme rustique et pauvre, faisant la part belle au travail manuel : on était revenu au grand modèle, à saint Benoît de Subiaco et du Mont-Cassin. Idéal austère, capable de rivaliser avec celui des religieux mendiants, et qui connut un réel succès. Silvestre mourut à Monte Fano dans la nuit du 26 novembre 1267. Presque aussitôt, le pape Clément IV autorisa le premier procès diocésain. Le culte se développa dans les Marches dés le 13ème siècle. Léon XIII en 1890 étendit a toute l’Église l’office et la messe du saint. Silvestre fut introduit dans le martyrologe romain en 1598 et Paul V en 1617 lui consacrait une lettre élogieuse. Dès 1301, on parlait de « l’ordre de Saint-Silvestre ». En 1233 fut fondé le premier monastère de moniales silvestrines. Les silvestrins ont actuellement des missions à Ceylan, dans l’Amérique du Nord et en Australie.

Vie des Saints par les Bénédictins de Paris

Prières

Oratio

Clementíssime Deus, qui sanctum Silvéstrum Abbátem, sǽculi huius vanitátem in apérto túmulo pie meditántem, ad erémum vocáre et præcláris vitæ méritis decoráre dignátus es : te súpplices exorámus ; ut, eius exémplo terréna despiciéntes, tui consórtio perfruámur ætérno. Per Dóminum.

Oraison

Ô Dieu très clément, qui avez appelé à la solitude le bienheureux Abbé Sylvestre, tandis qu’il méditait devant un tombeau ouvert la vanité de ce monde, et qui avez daigné l’orner des mérites d’une vie très sainte ; nous vous supplions de faire que, méprisant à son exemple les biens de la terre, nous jouissions du bonheur de votre éternelle compagnie. Par Jésus-Christ, notre Seigneur.

Prière de Dom Claude Martin (1619-1696)

Mon Seigneur, mon Dieu, très adorable Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, souverain bien, infiniment aimable, mon principe et ma fin, en qui consiste ma vraie félicité, je vous adore, je vous loue et vous rends mes très humbles hommages en reconnaissance de mon entière dépendance de votre souverain domaine. J’offre à votre divine Majesté pour toujours et en particulier pour ce jour-ci mon corps, mon âme, ma vie, toutes mes pensées, mes paroles, mes actions, en union du corps, de l’âme, de la vie, des pensées, des paroles et des actions de votre très cher Fils, mon Sauveur et Rédempteur Jésus-Christ, et de tout ce qui a été fait en votre grâce depuis le commencement du monde, qui se fait à présent, et qui se fera ci-après. Ainsi soit-il.

Antienne

Ã. Domine quinque talenta tradidisti mihi ecce alia quinque superlucratus sum.

Ã. Seigneur, vous m’avez confié cinq talents ; voici que j’en ai gagné de plus cinq autres.

Antienne grégorienne “Domine quinque talenta”

Antienne Domine quinque talenta

Mercredi 25 novembre (ReConfinement J27) : Sainte Catherine d’Alexandrie

Mercredi 25 novembre (ReConfinement J27) : Sainte Catherine d’Alexandrie

Mercredi 25 novembre (ReConfinement J27) : Sainte Catherine d’Alexandrie

Annonce

En raison des restrictions gouvernementales, il est impératif de vous renseigner sur les horaires de Messes des prochains dimanches (29 novembre et 6 décembre).

La Punchline de Bossuet

Ne donner que la parole à la vérité, c’est donner l’ombre pour le corps, et une image imparfaite pour l’original. Il faut honorer la vérité par la vérité, en la faisant paraître en nous-mêmes par des effets dignes d’elle. Car sa solidité immuable n’est pas suffisamment reconnue par nos discours, qui ne sont que des ombres de nos pensées ; et il faut qu’elle soit gravée en nos mœurs par des marques effectives de notre affection.

Sainte Catherine d’Alexandrie Vierge et Martyr (3ème siècle)

Introduction par le Cardinal Schuster (Liber Sacramentorum)

Malheureusement, la légende de sainte Catherine, résumée dans les leçons du Bréviaire qui suivent, est dépourvue de toute autorité. Les anciens calendriers orientaux et égyptiens ne la nomment jamais. En Occident, le culte de sainte Catherine n’apparaît que vers le 11ème siècle. Ce furent les Croisades qui le rendirent si populaire que Catherine devint l’une des saintes les plus honorées à la fin du moyen âge. Il existe en effet un grand nombre d’églises, d’autels et d’images en l’honneur de cette martyre qui fut même choisie comme protectrice des philosophes. La critique n’a pas encore dit son dernier mot sur la personnalité de sainte Catherine ; cependant, autant nous ignorons les détails de sa biographie, autant Dieu a voulu glorifier sa Sainte sur le mont Sinaï où les pèlerins, aujourd’hui encore, vénèrent son tombeau.

Sainte Gertrude qui, dès son enfance, eut une grande dévotion à sainte Catherine, demanda un jour au Seigneur de lui montrer la gloire céleste de sa Patronne. Elle fut exaucée et vit la vierge d’Alexandrie sur un trône d’or, entourée des sages qu’elle avait attirés à la vraie foi et qui formaient dans le ciel sa couronne la plus brillante.

Rome médiévale éleva en l’honneur de sainte Catherine cinq églises au moins.

La Passion de Sainte Catherine (leçons du Bréviaire Romain)

L’illustre vierge Catherine naquit à Alexandrie au 3ème siècle. Ayant joint, dès sa jeunesse, l’étude des arts libéraux à l’ardeur de la foi, elle s’éleva en peu de temps à une haute perfection de doctrine et de sainteté, si bien qu’à l’âge de dix-huit ans, elle surpassait les plus érudits. Ayant vu traîner au supplice, par ordre de Maximin, beaucoup de Chrétiens qu’on avait déjà tourmentés diversement à cause de leur religion, Catherine ne craignit pas d’aller trouver ce tyran, et, lui reprochant son impie cruauté, elle lui prouva, par des raisons pleines de sagesse, que la foi en Jésus-Christ est nécessaire pour le salut.

Maximin, rempli d’admiration pour la science de Catherine, la fit garder ; et rassemblant de toutes parts les hommes les plus savants, il leur promit de magnifiques récompenses, s’ils pouvaient la faire passer avec conviction de la foi du Christ au culte des idoles. Le contraire arriva : car plusieurs de ces philosophes réunis pour la convaincre, furent, par la force et la précision de ses raisonnements, embrasés d’un si grand amour envers Jésus-Christ, qu’ils n’auraient point hésité à mourir pour lui. Maximin entreprend donc, par les flatteries et les promesses, d’amener Catherine à d’autres sentiments ; mais comprenant qu’on l’essaierait en vain, il la fait battre de verges, meurtrir à coups de fouets garnis de plomb, puis la retient onze jours en prison, sans nourriture ni boisson.

C’est alors que l’épouse de Maximin, et Porphyre, général de ses armées, entrèrent dans la prison pour voir la jeune vierge. Persuadés par ses discours, ils crurent en Jésus-Christ, et reçurent dans la suite la couronne du martyre. Cependant Catherine fut tirée du cachot ; on avait préparé une roue, où se trouvaient fixés de proche en proche des glaives aigus pour déchirer cruellement le corps de la vierge. Mais cet instrument de supplice fut bientôt mis en pièces à la prière de Catherine, et plusieurs, à la vue de ce miracle, embrassèrent la foi de Jésus-Christ. Maximin n’en étant que plus obstiné dans son impiété et sa cruauté, ordonna de décapiter Catherine. Elle présenta courageusement sa tête à la hache du bourreau, et s’envola au ciel, pour recevoir la double récompense de la virginité et du martyre. C’était le septième jour des calendes de décembre (25 novembre). Son corps fut miraculeusement transporté par les Anges sur le mont Sinaï, en Arabie (305?).

Du Panégyrique de Sainte Catherine par Bossuet 

Je n’ignore pas, chrétiens, que la science ne soit un présent du ciel, et qu’elle n’apporte au monde de grands avantages : je sais qu’elle est la lumière de l’entendement, la guide de la volonté, la nourrice de la vertu, l’âme de la vérité, la compagne de la sagesse, la mère des bons conseils ; en un mot l’âme de l’esprit, et la maîtresse de la vie humaine. Mais comme il est naturel à l’homme de corrompre les meilleures choses, cette science qui a mérité de si grands éloges, se gâte le plus souvent en nos mains par l’usage que nous en faisons. C’est elle qui s’est élevée contre la science de Dieu ; c’est elle qui, promettant de nous éclaircir, nous aveugle plutôt par l’orgueil ; c’est elle qui nous fait adorer nos propres pensées sous le nom auguste de la vérité ; qui, sous prétexte de nourrir l’esprit, étouffe les bonnes affections, et enfin qui fait succéder à la recherche du bien véritable, une curiosité vague et infinie, source inépuisable d’erreurs et d’égarements très pernicieux. Mais je n’aurais jamais fini, si je voulais raconter les maux que fait naître l’amour des sciences, et vous dire tous les périls dans lesquels il engage les enfants d’Adam, qu’un aveugle désir de savoir a rendu avec sa race justement maudite, le jouet de la vanité, aussi bien que le théâtre de la misère.

Un docteur inspiré de Dieu, et qui a puisé sa science dans l’oraison, en réduit tous les abus à trois chefs. Trois sortes d’hommes, dit saint Bernard, recherchent la science désordonnément. « Il y en a qui veulent savoir, mais seulement pour savoir ; » et c’est une mauvaise curiosité. « Il y en a qui veulent savoir, mais qui se proposent pour but de leurs grandes et vastes connaissances, de se faire connaître eux-mêmes, et de se rendre célèbres » ; et c’est une vanité dangereuse. « Enfin il y en a qui veulent savoir ; mais qui ne désirent avoir de science que pour en faire trafic, et pour amasser des richesses »; et c’est une honteuse avarice.

Il y en a donc, comme vous voyez, à qui la science ne sert que d’un vain spectacle ; d’autres à qui elle sert pour la montre et pour l’appareil ; d’autres à qui elle ne sert que pour le trafic, si je puis parler de la sorte. Tous trois corrompent la science, tous trois sont corrompus par la science. La science étant regardée en ces trois manières, qu’est-ce autre chose, mes Frères, qu’une «très pénible occupation qui travaille les enfants des hommes», comme parle l’Ecclésiaste (1, 13) ?

Curieux, qui vous repaissez d’ une spéculation stérile et oisive, sachez que cette vive lumière, qui vous charme dans la science, ne lui est pas donnée seulement pour réjouir votre vue, mais pour conduire vos pas, et régler vos volontés. Esprits vains, qui faites trophée de votre doctrine avec tant de pompe, pour attirer des louanges, sachez que ce talent glorieux ne vous a pas été confié pour vous faire valoir vous-mêmes, mais pour faire triompher la vérité. Âmes intéressées, qui n’employez la science que pour gagner les biens de la terre, méditez sérieusement qu’un trésor si divin n’est pas fait pour cet indigne trafic ; et que s’il entre dans le commerce, c’est d’une manière plus haute, et pour une fin plus sublime, c’est-à-dire, pour négocier le salut des âmes. C’est ainsi que la glorieuse sainte Catherine, que nous honorons, a usé de ce don du ciel. Elle a contemplé au-dedans la lumière de la science, non pour contenter son esprit, mais pour diriger ses affections : elle l’a répandue au dehors au milieu des philosophes et des grands du monde, non pour établir sa réputation, mais pour faire triompher l’Évangile : enfin elle l’a fait profiter, et l’a mise dans le commerce, non pour acquérir des biens temporels, mais pour gagner des âmes à Jésus Christ.

Prières

Oratio

Deus, qui dedísti legem Móysi in summitáte montis Sínai, et in eódem loco per sanctos Angelos tuos corpus beátæ Catharínæ Vírginis et Mártyris tuæ mirabíliter collocásti : præsta, quǽsumus ; ut, eius méritis et intercessióne, ad montem, qui Christus est, perveníre valeámus : Qui tecum.

Oraison

Ô Dieu, qui avez donné la loi à Moïse sur le sommet du mont Sinaï, et qui avez fait miraculeusement transporter en ce même lieu, par vos saints Anges, le corps de votre bienheureuse Vierge et Martyre Catherine ; faites, nous vous en supplions, que par ses mérites et son intercession, nous puissions parvenir à la montagne qui est le Christ.

Prière à Sainte Catherine tirée de l’Année Liturgique

Bienheureuse Catherine, recevez-nous à votre école. Par vous la philosophie, justifiant son beau nom, conduit à la Sagesse éternelle, le vrai au bien, toute science au Christ, qui est la voie, la vérité, la vie. « Curieux qui vous repaissez d’une spéculation stérile et oisive, s’écrie Bossuet, sachez que cette vive lumière qui vous charme dans la science, ne lui est pas donnée seulement pour réjouir votre vue, mais pour conduire vos pas et régler vos volontés. Esprits vains, qui faites trophée de votre doctrine avec tant de pompe, pour attirer des louanges, sachez que ce talent glorieux ne vous a pas été confié pour vous faire valoir vous-mêmes, mais pour faire triompher la vérité. Âmes lâches et intéressées, qui n’employez la science que pour gagner les biens de la terre, méditez sérieusement qu’un trésor si divin n’est pas fait pour cet indigne trafic ; et que s’il entre dans le commerce, c’est d’une manière plus haute, et pour une fin plus sublime, c’est-à-dire, pour négocier le salut des âmes. »

Ainsi, ô Catherine, n’employez-vous votre science que pour la vérité. Vous faites « paraître Jésus-Christ avec tant d’éclat que les erreurs que soutenait la philosophie sont dissipées par sa présence ; et les vérités qu’elle avait enlevées viennent se rendre à lui comme à leur maître, ou plutôt se réunir en lui comme en leur centre. Apprenons d’un si saint exemple à rendre témoignage à la vérité, à la faire triompher du monde, à faire servir toutes nos lumières à un si juste devoir, qu’elle nous impose. Ô sainte vérité ! je vous dois le témoignage de ma parole ; je vous dois le témoignage de ma vie ; je vous dois le témoignage de mon sang : car la vérité, c’est Dieu même. » L’Église, ô vierge magnanime, n’a pas d’autre pensée quand aujourd’hui elle formule ainsi pour nous sa prière : « Ô Dieu qui donnâtes la loi à Moïse sur le sommet du Mont Sinaï, et au même lieu par les saints Anges avez miraculeusement placé le corps de votre bienheureuse Vierge et Martyre Catherine ; exaucez nos supplications : faites que par ses mérites et son intercession nous parvenions à la montagne qui est le Christ, vivant et régnant avec vous dans les siècles des siècles. »

Antienne

Ã. Passionem gloriose virginis Katherine devote plebs celebret fidelis, que sui memores Christo commendet precibus et iuvat benefitiis.

Ã. Le peuple fidèle célébrera avec dévotion la Passion de la glorieuse vierge Catherine, qui recommande au Christ par ses prières ceux qui se souviennent d’elle, et qui les aide par des bienfaits.

Antienne grégorienne “Passionem gloriose”

Antienne Passionem gloriose