Samedi 14 novembre (ReConfinement J16) : Comm. des bénédictins défunts

Samedi 14 novembre (ReConfinement J16) : Comm. des bénédictins défunts

Samedi 14 novembre (ReConfinement J16) : Comm. des bénédictins défunts

Le mot de Saint Benoît

Craindre le jour du jugement.
Redouter l’enfer.
Désirer la vie éternelle de toute l’ardeur de l’esprit.
Avoir chaque jour la menace de la mort devant les yeux.

Du livre de Saint Augustin : « Des devoirs à rendre aux morts »

Le soin des funérailles, les conditions honorables de la sépulture, la pompe des obsèques, sont plutôt une consolation pour les vivants qu’un secours pour les morts. Toutefois, ce n’est point là un motif de mépriser et de dédaigner les corps des défunts, surtout ceux des justes et des fidèles, qui ont été comme les instruments et les vases dont l’âme s’est saintement servie pour toutes sortes de bonnes œuvres. Si le vêtement et l’anneau d’un père, si quelque autre souvenir de ce genre, reste d’autant plus cher à des enfants que leur affection envers leurs parents est plus grande.il ne faut en aucune manière traiter sans respect le corps lui-même, que nous portons plus intimement et plus étroitement uni à nous que n’importe quel vêtement. Nos corps, en effet, ne nous sont pas un simple ornement ou un instrument mis extérieurement à notre usage, mais ils appartiennent à la nature même de l’homme. De là vient qu’une piété légitime s’est empressée de rendre aux anciens justes les soins funèbres, de célébrer leurs obsèques et de pourvoir à leur sépulture, et qu’eux-mêmes ont souvent, pendant leur vie, fait des recommandations à leurs fils au sujet de la sépulture ou même de la translation de leur corps.

Quand les fidèles témoignent aux défunts l’affection d’un cœur qui se souvient et qui prie, leur action est sans nul doute profitable à ceux qui ont mérité, quand ils vivaient en leur corps, que de semblables suffrages leur soient utiles après cette vie. Mais lors même qu’en raison de quelque nécessité, l’on ne trouve point moyen, soit d’inhumer des corps, soit de les inhumer en quelque lieu saint, encore faut-il ne pas omettre d’offrir des supplications pour les âmes des morts. C’est ce que l’Église a entrepris de faire à l’intention de tous les chrétiens décédés dans la communion de la société chrétienne, et même sans citer leurs noms, par une commémoraison générale, en sorte que ceux auxquels font défaut les prières de parents, d’enfants, de proches ou d’amis, reçoivent ce secours de cette pieuse mère, qui est une et commune à tous les-fidèles. Si ces supplications qui se font pour les morts avec foi droite et piété venaient à manquer, je pense qu’il n’y aurait pour les âmes aucune utilité à ce que leurs corps privés de vie fussent placés en n’importe quel lieu saint.

Cela étant, soyons bien persuadés que, dans les solennités funéraires, nous ne pouvons faire parvenir du soulagement aux morts auxquels nous nous intéressons, que si nous offrons pour eux au Seigneur le sacrifice de l’autel, celui de la prière ou de l’aumône. Il est vrai que ces supplications ne sont pas utiles à tous ceux pour lesquels elles se font, mais seulement à ceux qui, au temps de leur vie, ont mérité de se les voir appliquées. Mais il vaut mieux offrir des suffrages superflus pour des défunts à qui ils ne peuvent ni nuire ni profiter, que d’en laisser manquer ceux auxquels ils sont utiles. Chacun cependant s’empresse de s’acquitter avec ferveur de ce tribut de prières pour ses parents et ses amis, afin que les siens en fassent autant pour lui-même. Quant à ce qu’on fait pour le corps qui doit être inhumé, il n’en résulte point de secours pour le salut du défunt, mais c’est un témoignage humain de respect ou d’affection, conforme au sentiment selon lequel personne ne hait sa propre chair. Il faut donc prendre le soin que l’on peut de l’enveloppe de chair laissée par un de nos proches, quand lui-même, qui en prenait soin, l’aura quittée. Et si ceux qui ne croient pas à la résurrection de la chair agissent ainsi, combien ceux qui croient ne doivent-ils pas faire davantage, afin que les derniers devoirs soient rendus de telle manière à ce corps mort, mais destiné à ressusciter et à demeurer éternellement, qu’on y trouve même, en quelque sorte, un témoignage de cette foi.

Dom Mège : Des religieux et des religieuses les plus illustres de l’Ordre de Saint Benoît #2

Depuis l’an 680 jusqu’à l’an 780.

Outre les Apôtres des nations que notre Ordre a produits au siècle précédent, que nous avons rapportés ; outre un plus grand nombre que nous avons omis, il ne faut pas oublier saint Kilian, qui convertit toute la Franconie à la foi de Jésus-Christ, après en avoir instruit et baptisé le Prince. Il ne faut pas oublier non plus plusieurs de nos Solitaires, qui plantèrent la foi chrétienne dans la Saxe Orientale, et qui en convertirent le Roi. Les glorieux saints Egbert, Wigbert et Théodore portèrent l’Évangile en diverses provinces avec un succès merveilleux. Saint Lambert gagna à Jésus-Christ la Champagne et le Brabant. La Westphalie, la Frise et la Hollande converties au Sauveur du monde furent les fruits des travaux de saint Wigbert. Saint Willibrord combattit et surmonta l’idolâtrie dans plusieurs provinces. De Moine Bénédictin il fut fait Évêque d’Utrecht. Saint Turmie prêcha la vérité chrétienne aux Saxons dans des lieux où elle n’avait jamais été connue. Le même S. Willibrord soumit à Jésus-Christ une grande partie des peuples du Septentrion; il fut l’Apôtre des Danois. S. Suitbert n’acquit pas moins de gloire et n’eut pas moins de succès en portant la parole de Dieu dans les provinces les plus farouches de l’Allemagne et de la Thrace; et en obligeant par son admirable éloquence les peuples du Brenzen et leurs voisins à adorer Jésus-Christ qu’ils avaient toujours méprisé. S. Marcellin établit la véritable Religion dans toute la Transylvanie, après en avoir entièrement banni l’idolâtrie. Il faut ajouter à ces Apôtres de tant de nations saint Boniface, que le Pape Grégoire II envoya en Allemagne; car ce Saint éclaira toutes ces grandes provinces des lumières du Saint-Esprit dont il était rempli. Le Cardinal Baronius parlant de lui, l’a justement nommé le fils du tonnerre ; puisqu’il exerça son apostolat avec tant de ferveur, de zèle et de succès, qu’après avoir entièrement ruiné l’idolâtrie, et dissipé les hérésies, il soumit encore à Jésus-Christ les pays de Hesse et de Thuringe. Nos Solitaires savants et zélés après avoir dissipé avec tant de gloire l’idolâtrie de presque toute l’Europe, eurent d’autres ennemis à combattre et une autre nuit à dissiper par la clarté de Jésus-Christ. Car ce siècle fut infecté d’un très grand nombre d’hérésiarques, et obscurci par une infinité d’hérésies. Mais tout cela ne servit qu’à donner à nos Solitaires une moisson plus ample de travaux, de combats, de victoires et de nouveaux triomphes. Saint Agathon, qui avait été tiré du Monastère pour être élevé sur le trône apostolique, s’opposa généreusement aux Monothélites et aux Iconoclastes ; il les combattit et les surmonta, assurant à Jésus-Christ ses deux volontés comme ses deux natures, et aux saintes images l’honneur qui leur est dû, et qu’on leur refusait. Ce fût pour ce sujet qu’il assembla ce Concile célèbre de Constantinople, qui est le sixième général. Le Pape Sergius son successeur au Siège de saint Pierre, qui avait été Moine comme lui, imita son courage et sa conduite. Il s’opposa avec une constance digne du Chef de l’Église à l’Empereur et au faux Concile qu’il avait assemblé dans la même ville impériale, Grégoire II, qui avait aussi ajouté à la profession monastique la première dignité de l’Église, a laissé à la postérité un exemple admirable de courage et de force, lors que pour soutenir l’honneur des saintes images et la pureté de la foi, il excommunia l’Empereur Léon et le priva de l’Empire d’Italie.

Les autres Prélats, qui avaient été tirés de nos Cloitres pour gouverner les Églises, imitèrent ces saints Pontifes. Ils attaquèrent et confondirent les mêmes hérésies avec un semblable succès, Saint Jean de Damas vainquit les ennemis des images. La Bavière était toute infectée d’hérésie, et saint Boniface l’en purgea. La simonie fut aussi combattue et surmontée par Othon un de nos Religieux. Enfin S. Étienne Pape assembla un Concile à Rome, dans lequel il abolit entièrement l’hérésie des ennemis des images, qui renaissait et qui s’augmentait sans cesse.

Qui pourrait expliquer les grands et importants services que nos Solitaires ont rendus à l’Église Romaine durant ce siècle, et les avantages qu’ils lui ont procurés. Benoît II lui a rendu et assuré sa liberté, et a fait reconnaitre au monde son autorité souveraine. La plus grande partie de son domaine temporel est un des soins et du courage du Pape Zacharie; et si en ce temps elle triompha des Schismatiques, qui étaient si puissants, ce fut par les travaux et par la générosité du Pape Sergius, de saint Anselme et de plusieurs autres savants et généreux Bénédictins. Le Pape Grégoire II rebâtit et embellit la ville de Rome, ce fut lui qui défendit même avec les armes les droits de son Église. Enfin le Pape saint Étienne réforma les mœurs du Clergé, et mourut plein de gloire et de mérite, après avoir banni de l’Église les vices et les erreurs.

Si un Ordre Monastique peut encore recevoir quelque gloire et quelque éclat des personnes de grande qualité qui en ont fait profession, celui de saint Benoît en doit avoir beaucoup ; car durant ces trois siècles il en a reçu et en a sanctifié un très grand nombre. Ce siècle nous en fournit plusieurs, même des Princes et des Rois, qui méprisèrent la couronne et la pourpre, pour assurer leur salut dans nos Monastères sous l’habit de saint Benoît. D’un très grand nombre, que je trouve dans de très bons Auteurs, je n’en rapporterai que fort peu. Wamba Roi d’Espagne, Ethelred, Cenred, Asta, et Chinesuinde, Alfrede, Winoc, Atroc, Ceolwulf, Ine, Ratchis, Tassia, Tatrude, Etheldrède (Audrey), et Carloman Roi d’Austrasie. Tous ces Princes et ces Princesses désabusés de la vanité du monde, lassés du bruit et des embarras de la Cour, pénétrés de la crainte de Dieu, éclairés de sa lumière, et embrasés du feu saint de son amour, se réfugièrent dans nos Cloitres, y vécurent saintement, et y moururent pour vivre dans l’éternité.

Nous ne parlons pas d’un nombre presque infini de glorieux Martyrs qui ont arrosé et embelli durant ce siècle toute l’Église de leur sang, qu’ils ont généreusement répandu pour l’amplifier et pour la défendre.

Mais je ne veux pas oublier un très grand nombre de beaux esprits, qui ont été élevés dans notre Ordre, qui se sont rendus admirables dans tous les arts et dans toutes les sciences, et qui ont fait l’ornement de ce siècle. Le vénérable Bède a éclairé l’Angleterre, et tant de Solitaires très célèbres qui ont établi et rendu si célèbre l’Université de Fulda, autrefois la plus savante d’Allemagne. Il ne faut pas oublier aussi le grand Egbert qui a fondé la belle Académie et la riche Bibliothèque d’York.

Un nombre qu’on ne peut pas compter de parfaits Religieux se sont sanctifiés dans l’Ordre par la pratique exacte de la Règle durant ce siècle, et ont mérité le Paradis par leurs vertus et par leur austérité.

Depuis l’an 800 jusqu’à l’an 900.

Nous ouvrirons ce siècle par les Apôtres de beaucoup de nations, qui n’avaient pas encore entendu parler de Jésus-Christ, ou qui après leur première conversion étaient retombées dans l’idolâtrie. Le premier sera saint Sturme excellent Abbé de Fulda qui prêcha l’Évangile dans la Thuringe et dans la Saxe ; et qui au commencement de ce siècle couronna ses glorieux travaux par une mort encore plus glorieuse, puisqu’il la souffrit pour la querelle de Jésus-Christ. Saint Willehad détruisit heureusement les restes du Paganisme dans plusieurs provinces d’Allemagne. Nos Historiens disent des merveilles de saint Ludger, qui après avoir abandonné l’Évêché de Trèves, qu’il gouvernait fort saintement, et où il vivait en repos et avec beaucoup d’honneur, souffrit des peines infinies pour la conversion des Frisons. Saint Burchard a mérité le nom de Père et d’Apôtre de la Franconie par ses invincibles travaux. Saint Ludger éclaira le Septentrion comme un astre nouveau. Il porta la chaleur de sa charité et la lumière de la doctrine dans les climats les plus écartés et les plus froids, et acquit à Jésus-Christ toute la Scandinavie. Saint Anschaire convertit à la foi toute la Gothie avec son Roi, la Suède et les nations voisines avec leurs Souverains. La Saxe que nos Bénédictins avaient éclairé tant de fois de la lumière de l’Évangile, et qui s’était pervertie tant de fois, fut encore éclairée durant ce siècle de la même clarté par les prédications de saint Kortilla un très savant Abbé. Saint Anschaire prêcha encore aux Danois, qui avaient repris l’idolâtrie, et les reconquit à Jésus-Christ. Saint Rembert travailla encore dans ce même Royaume à convertir les peuples à la foi et à racheter les captifs. Je n’oublierai pas ici l’admirable conversion des Bulgares, à laquelle nos Pères ont travaillé avec tant de succès. Trebellius leur Roi conçut tant de ferveur par les prédications et par la conversion de ses saints Apôtres ; qu’il abandonna le monde et ses États, prit l’habit de l’Ordre et en fit profession, Saint Adalbert fermera cette glorieuse troupe d’Apôtres des nations, il mourut après avoir glorieusement semé la parole de Dieu dans le Danemark, dans la Suède et dans la Gothie avec des travaux infinis. On y peut ajouter nos généreux et savants Moines de Corbie, qui prêchèrent Jésus-Christ dans la Slavonie et dans les provinces voisines avec un succès merveilleux.

Rien n’approche davantage de la gloire de l’Apostolat que la couronne du martyre; on ne saurait compter les généreux Martyrs de l’Ordre de saint Benoît, qui ont empourpré de leur sang durant ce siècle presque toutes les nations du monde. Le seul Danemark fut arrosé du sang précieux d’un grand nombre de nos Solitaires, qui y furent massacrés pour la foi de Jésus-Christ. L’Espagne fut consacrée par le martyre de saint Parfait et de plusieurs de nos pères. C’est encore là que Saint Pierre un Solitaire très zélé reçut une semblable couronne, pour le juste et magnifique fruit de ses travaux. Saint Hiéron mourut dans la Frise pour le même sujet et saint Ménard en Allemagne. L’Angleterre et l’Écosse furent toutes teintes et embellies des vertus et du sang de nos Religieux, répandu pour la foi de Jésus-Christ et pour couronner ce grand nombre de nos Martyrs, nous y ajouterons saint Salomon Roi de l’Armorique ou petite Bretagne, Religieux et Martyr.

Les Apôtres des nations sèment le grain précieux de la parole divine, les Martyrs cultivent cette sainte semence et l’arrosent de leur sang : et on peut dire, que ceux qui combattent les hérésies par leurs controverses, et les vices par leurs Sermons, ou qui apaisent les schismes qui naissent dans le champ de l’Église, contribuent beaucoup à nourrir ce grain sacré et à le multiplier au centuple.

C’est principalement durant ce siècle, que le zèle de nos Pères parut en réfutant les hérétiques par leurs discours éloquents, et par leurs doctes écrits, et en réunissant les esprits et les cœurs des fidèles, que divers intérêts avaient aigris et séparés. Saint Béat et saint Éthérée combattirent. généreusement la pernicieuse hérésie d’Élipante et l’anéantirent presque en même temps. Amaury travailla avec beaucoup de soin à traiter la paix de l’Église avec l’Empereur, et la conclut heureusement pour le bien et pour le repos de toute la République Chrétienne. Le Pape Grégoire vint en France pour apaiser les différends qui étaient entre l’Empereur et les Princes ses enfants. Raban et Hincmar étouffèrent les erreurs de Godescalc presque dans leur naissance.

À peine trouverez-vous une Église considérable durant ce siècle, qui n’ait été gouvernée par nos Bénédictins. Car l’Ordre a donné au Saint-Siège le grand et généreux saint Léon, qui par la fermeté de la foi, par la sainteté de ses mœurs, par la grandeur de son courage et par ses belles actions a mérité une gloire éternelle. C’est à ce grand Pontife que l’Occident a obligation de l’Empire. Il faut ajouter à ce Saint le Pape Étienne V célèbre par son éminente Sainteté; et Pascal premier, qui mérite beaucoup de gloire pour avoir augmenté le patrimoine de saint Pierre, et pour avoir vigoureusement soutenu l’élection libre des Évêques et des Souverains Pontifes. Grégoire IV délivra l’Italie de la tyrannie des Sarrasins. Et saint Léon IV soutint encore la liberté des élections, délivra la ville de Rome de la peste et d’un funeste embrasement. Il rendit encore toute l’Angleterre tributaire au Saint-Siège par la seule réputation de sa sainteté. Je ne parle pas d’une infinité d’autres Prélats que l’Ordre a donnés à toutes les Églises ; puisqu’on peut dire, que durant tout ce siècle il y en avait fort peu d’autres.

Si ce siècle a passé pour un des plus savants, et des plus riches en hommes excellents dans tous les arts et dans toutes les sciences, il en a l’obligation à l’Ordre de S. Benoît qui les lui a presque tous donnés. Je n’en marquerai qu’un petit nombre. Paul Diacre abandonna les plus glorieux emplois pour se faire Bénédictin, et fut après tendrement aimé de l’Empereur Charlemagne. Il composa et mit en ordre tout l’Office divin, et enrichit l’Église de beaucoup d’autres écrits. L’Université de Paris la plus célèbre et la plus savante du monde, doit à nos Pères sa naissance et son premier éclat; le grand Alcuin l’institua et l’éclaira de la doctrine. C’est à ce grand homme que nous devons aussi l’institution de la Fête de la Très-sainte Trinité ; il en composa l’Office, et en prêcha le culte. Il laissa encore plusieurs écrits, qui font connaitre la force de son esprit et la profondeur de sa doctrine. L’Université de Pavie, la plus illustre de l’Italie, a la même obligation à Jean Scot. Enfin on peut dire sans crainte que nos savants Solitaires ont éclairé toute l’Europe, en établissant durant ce siècle dans toutes les provinces des Collèges, où ils enseignaient toutes les sciences et tous les arts. Et ce fut par leur moyen que la France égala en ce temps, et même surpassa toute la science de la Grèce. L’Allemagne fut aussi si bien cultivée par nos Solitaires, que durant ce siècle elle produisit un très-grand nombre d’hommes excellents pour la sainteté de leur vie et pour l’éminence de leur doctrine, Et ce n’est pas une petite gloire pour nos Pères, que par des exemples de leurs vertus et par leurs savantes leçons ces peuples grossiers et farouches se soient rendus en ce temps si doctes et si saints. Le premier qui enseigna la Théologie, et qui établit des écoles de toutes les sciences dans Lyon fut le savant Solitaire Laidrad. Saint Anschaire porta dans le Danemark les sciences et les arts libéraux, qui jusqu’à lui y avaient été inconnues. Raban Maur porta le premier la langue grecque en Allemagne. Le très éloquent Aimon d’Alberstat parut encore dans ce siècle. Strabon y parut aussi ; c’est à lui que nous devons la glose ordinaire. Nous avons encore assez de marques de l’esprit et de la rare doctrine d’Hincmar Archevêque de Reims, comme aussi de l’Abbé Hilduin, qui vivait dans ce siècle. Anségise Abbé de Luxeuil, s’y distingua aussi avec un éclat merveilleux. Il ne faut pas oublier tant de grands hommes qui sortirent d’Irlande et qui passèrent par troupes en France et en Allemagne, et qui remplirent avec tant de gloire et de sainteté les sièges Épiscopaux et les principales chaires des Universités. Il nous serait bien facile d’ajouter encore ici un très grand nombre de Prélats, d’Empereurs, de Rois, de Princes, de Princesses, et d’autres personnes de la première qualité, qui méprisèrent durant ce siècle tout le lustre et tout l’éclat du monde, pour se cacher dans l’obscurité de nos Cloitres. Mais je les veux passer, parce que je fais un abrégé, et que je n’ai promis qu’une légère idée et un tableau raccourci de la gloire de l’Ordre de saint Benoît. Je ne dirai rien non plus de cette troupe, qu’on ne peut pas compter de Saints et de Saintes, que notre Ordre a envoyés en Paradis durant ce siècle.

Prières

Oratio

Deus, véniæ largítor, et humánæ salútis amátor : quæsumus cleméntiam tuam ; ut nostræ Congregatiónis Fratres, propínquos et benefactóres, qui ex hoc sæculo transiérunt, beáta María semper Vírgine intercedénte cum ómnibus Sanctis tuis, ad perpétuæ beatitúdinis consórtium perveníre concédas.

Oraison

Ô Dieu, qui accordez le pardon et qui aimez à sauver les hommes, nous demandons à votre bonté que, par l’intercession de la bienheureuse Marie toujours Vierge et de tous vos Saints, vous accordiez à tous les Frères, les proches et les bienfaiteurs de notre Ordre, qui sont morts, de parvenir au séjour de la béatitude éternelle.

Prière de Sainte Gertrude d’Helfta (1256-1301)

Père Éternel, j’offre le Très Précieux Sang de votre divin Fils Jésus, en union avec toutes les Messes qui sont dites aujourd’hui dans le monde entier, pour toutes les saintes âmes du purgatoire, pour les pécheurs en tous lieux, pour les pécheurs dans l’Église universelle, pour ceux de ma maison et de mes proches. Ainsi soit-il.

Prière de Dom Edmond Martène (1654-1739)

Prions pour les âmes de ceux que nous aimons, pour ces âmes que Dieu a retirées des tristes et mortels filets de cette terre. Que le Dieu dont la Toute-Puissance s’étend à toutes choses et qui possède un trésor infini de richesses spirituelles, que ce Dieu vienne du haut du Ciel, au secours de ces chères âmes. Qu’il les préserve des ardeurs du feu qui ne s’éteint jamais, qu’il leur donne le rafraichissement de l’éternel Royaume. Que là-Haut ces âmes soient enivrées de félicité et de joie en présence du Roi, au milieu de tous les justes et de tous les élus qui les ont précédées dans la splendeur des Saints, sur un trône d’une incomparable majesté et dans la Lumière de la région des vivants. Par Jésus-Christ, Notre-Seigneur. Ainsi soit-il.

Antienne

Ã. Ego sum resurrectio et vita : qui credit in me, etiam si mortuus fuerit, vivet ; et omnis qui credit in me, non morietur in æternum.

Ã. C’est moi qui suis la résurrection et la vie : qui croit en moi, fût-il mort, vivra ; et qui croit en moi ne mourra pas pour toujours.

Antienne grégorienne “Ego sum resurrectio et vita”

Antienne Ego sum resurrectio et vita

Jeudi 12 novembre (ReConfinement J14)

Jeudi 12 novembre (ReConfinement J14)

Jeudi 12 novembre (ReConfinement J14)

La Punchline des Pères du Désert

La racine de toute bonne œuvre c’est la vérité.

Un Saint local : Saint Imier (ou Himier), ermite (7ème siècle)

Saint Imier naquit dans la partie du comté de Bourgogne (la Franche-Comté) qui portait autrefois le nom d’Elsgau ou d’Ajoie, et qui était comprise dans le diocèse de Besançon. Ses parents, qui étaient distingués dans le pays, possédaient un château à Lugnez, près de Porrentruy, et c’est là, selon une ancienne légende, que saint Imier reçut le jour, vers le milieu du sixième siècle. Il fut formé de bonne heure à la piété et à l’étude des lettres, et montra, dès sa jeunesse, une grande aversion pour tout ce qui avait l’apparence du vice. Quand il voyait les autres commettre le mal, il gémissait dans son cœur, et invoquait le secours du Ciel contre l’influence des mauvais exemples, en s’écriant : « Que ferai-je, Seigneur, moi qui suis chaque jour exposé à la tentation, et qui ne sais où trouver un abri contre les attaques du péché ? » Effrayé des périls que la vertu court au milieu du monde, il redoubla de ferveur pour connaître les desseins que Dieu avait sur lui, et crut enfin entendre au fond du cœur une voix secrète qui l’appelait dans la solitude. La grâce d’en-haut faisait retentir à ses oreilles ces paroles divines, qui avaient converti autrefois le grand saint Antoine : Celui qui aura quitté pour moi sa maison, ou ses frères, ou ses sœurs, père, ou sa mère, ou sa femme, ou ses enfants, ou ses terres, en recevra le centuple, et aura pour héritage la vie éternelle (Mt 19, 29).

Docile à la voix du Ciel, Imier, accompagné d’un serviteur fidèle, nommé Albert ou Elbert, se retira dans la vallée de Susingau, à quelque distance de Porrentruy, pour y vivre dans la solitude. Cette contrée sévère, où la Suze promène ses eaux vagabondes, n’était alors qu’un désert couvert de ronces et d’épines. Imier et son compagnon se mirent à défricher cette région sauvage, et à y préparer quelques portions de terrain pour la culture, afin d’en tirer les aliments nécessaires à leur subsistance. Mais la récolte ne répondit pas à leurs espérances, et le saint comprit que Dieu voulait l’éprouver, afin de rendre son sacrifice plus parfait. Il abandonna donc son désert, pour aller dresser sa tente dans quelque autre région. Il arriva bientôt à Lausanne, et pria l’évêque de cette ville de lui indiquer, dans le voisinage, quelque lieu où il pût habiter et s’exercer à la perfection chrétienne. Il ne séjourna que peu de temps dans cette contrée, qu’il ne trouva point conforme à ses desseins, et dès lors, tournant ses regards vers les régions lointaines qui avaient été sanctifiées par la présence du Sauveur, il résolut d’entreprendre le voyage de Jérusalem.

Toutes les légendes du saint nous parlent de ce voyage, et en racontent les détails. Imier espérait y trouver le martyre, en donnant sa vie pour Jésus-Christ aux lieux mêmes où il a sacrifié la sienne pour tous les hommes. Ayant donc traversé les mers, il arriva dans la ville sainte, avec son fidèle compagnon Elbert, et y resta trois ans, visitant les saints Lieux, et se livrant à la pratique assidue des veilles et des prières. La vie de saint Imier à Jérusalem ne fut pas seulement consacrée à la contemplation. Il s’appliqua aussi avec ardeur à la conversion des peuples. Isaac, patriarche de Jérusalem, l’entoura de vénération et d’estime, et l’envoya prêcher dans une île voisine, dont Imier convertit les habitants, qui étaient encore sous la domination de l’esprit de ténèbres.

Après trois ans de séjour en Palestine, saint Imier revint en Europe, rapportant de saintes reliques, et en particulier un bras du juste Siméon, qui avait eu le bonheur de porter Jésus enfant, lorsque sa Mère le présentait au temple. Imier s’arrêta d’abord dans un lieu nommé Cyriliacum. Mais, n’ayant pu obtenir la permission de s’y fixer, il revint dans la vallée de Susingau. Comme la nuit arrivait, dit la légende, le bienbeureux Imier, après avoir franchi la montagne, s’arrêta auprès d’une source limpide. Il passa la nuit sans dormir, chantant les louanges du Seigneur. À l’approche du jour, il entendit le son d’une clochette, et en avertit son compagnon Elbert. Quelques instants après, le même son se fit encore entendre plusieurs fois d’une façon plus distincte, et le saint homme, rendant grâces à Dieu, se dirigea vers le lieu d’où partait ce bruit. C’était là, pensait-il, que le Ciel voulait qu’il fixât sa demeure. Il y trouva une source abondante, et ayant coupé une branche d’arbre, il la planta sur le sol, comme pour en prendre possession.

C’est là qu’il érigea, en l’honneur de saint Martin, une chapelle qu’il enrichit des reliques apportées d’Orient, et où il venait, jour et nuit, offrir à Dieu le sacrifice de sa vie et de ses prières (vers l’an 606).

Peu à peu le nom du pieux solitaire fut connu dans le voisinage, et un grand nombre de disciples vinrent se réunir autour de lui. Imier n’avait à leur offrir en partage que les œuvres de la mortification et de la pénitence; car il jeûnait complétement trois fois par semaine, et les autres jours, il n’avait pour nourriture qu’un grossier pain d’orge, pour boisson que l’eau de la source voisine, et pour lit que le rocher ou la terre nue. Mais la pénitence même a des charmes pour les âmes que Dieu attire à lui, et ses disciples se montrèrent les dignes imitateurs de ses vertus. Ils s’appliquèrent, sous sa conduite, à féconder de leurs sueurs cette vallée déserte, à défricher et à cultiver les terres, unissant le travail des mains à la prière et aux devoirs de l’hospitalité.

Il y avait neuf ans que saint Imier vivait, avec ses compagnons, au milieu de ces austérités, lorsque, sentant sa dernière heure approcher, il se fit porter dans la chapelle qu’il avait élevée à la gloire de saint Martin. Ses disciples, réunis autour de lui, récitaient des hymnes et des psaumes auxquels le saint prenait part, et c’est au milieu de ces pieux exercices qu’il rendit son âme à Dieu, le 12 novembre de l’an 615, selon l’opinion commune.

Ses disciples déposèrent son corps dans un tombeau auprès duquel Dieu fit, dans la suite, éclater la gloire de son serviteur par de nombreux miracles. La vallée qu’il avait défrichée prit son nom et s’appelle encore aujourd’hui le Val-Saint-Imier. La communauté qu’il avait formée en ces lieux se soutint dans la suite, et fut le commencement d’un monastère dont il est fait mention dans les monuments des siècles suivants. Nous voyons, en effet, cet établissement désigné sous le nom de Celle de Saint-Imier, dans un diplôme de Charles le Gros, de l’an 884, qui en fait don à l’abbaye de Moutier-Grandval (fondée au 7ème siècle par l’abbaye de Luxeuil).

En 933, la pieuse Berthe, reine de Bourgogne, qui établit une collégiale à Soleure, en l’honneur des saints Ours, Victor et leurs compagnons, martyrs, en fonda aussi une à Saint-Imier, en l’honneur de notre saint. Ce chapitre collégial se composait de douze chanoines, ayant un prévôt à leur tête. Il subsista jusqu’à la réforme, en 1550. C’est alors que les Biennois, fanatisés par les nouvelles doctrines, introduisirent le protestantisme à main armée dans le Val-Saint-Imier. Ils signalèrent surtout leur fureur en livrant aux flammes les images des saints, et le corps même de saint Imier, qui avait été le premier habitant et le bienfaiteur de cette contrée, et qui, depuis plus de neuf cents ans, était l’objet de la vénération des fidèles.

Le culte rendu à saint Imier semble remonter jusqu’aux temps qui suivirent immédiatement sa mort. Sa fête est marquée au 12 novembre dans quelques Martyrologes, et en particulier dans celui de Besançon. Il était invoqué dans les anciennes litanies de ce diocèse, et son office se trouvait dans l’ancien Bréviaire bisontin. Les diocèses de Bâle et de Lausanne l’honoraient aussi bien que celui de Besançon, et, dans le Jura catholique, les paroisses de Damphreux, de Develier, de Courchapoix, l’invoquent encore aujourd’hui comme patron. La chapelle de Lugnez et celle du Forbourg, dans la petite ville de Delémont, sont placées sous son invocation, ainsi qu’une église paroissiale de Normandie, qui porte le nom de Saint-Imier. Le diocèse de Besançon honorait autrefois saint Imier, et on en faisait commémoraison le 12 novembre, sous le titre de confesseur.

Vie des Saints de Franche-Comté, tome 4.

Prières

Oratio

Sancti Himerii confessoris tui, Domine, quæsumus, veneranda festivitas, salutaris auxilii nobis præstet effectum. Per Dóminum nostrum.

Oraison

Nous vous en prions, Seigneur : que la fête solennelle de Saint Imier votre confesseur, nous procure des grâces efficaces de salut. Par Jésus-Christ, notre Seigneur.

Prière de Saint Albert le Grand (1200-1280)

Seigneur Jésus-Christ, je crains de pécher contre vous ou contre le prochain en simulant faussement une vie parfaite, ou en m’élevant au-dessus des autres avec singularité, en jugeant témérairement ou encore par jactance ou par mensonge. Apprenez-moi donc le mépris de moi-même, la révérence que je dois à Dieu, la peine qui est réservée au péché et la parfaite expression de la pénitence ; apprenez-moi à pleurer et à m’accuser. Dieu, soyez-moi propice, moi qui suis un pécheur : qu’une sincère humilité, tant de cœur qu’en paroles et en actes, m’obtienne de redescendre justifié dans la demeure de ma conscience, en attendant d’être exalté dans la demeure de gloire. Ainsi soit-il.

Antienne

Ã. In sanctitate serviamus Domino et liberabit nos ab inimicis nostris.

Ã. Dans la sainteté servons le Seigneur, et il nous libérera de nos ennemis.

Antienne grégorienne “In sanctitate”

Antienne In sanctitate

Mercredi 11 novembre (ReConfinement J13) : Saint Martin

Mercredi 11 novembre (ReConfinement J13) : Saint Martin

Mercredi 11 novembre (ReConfinement J13) : Saint Martin

Le mot de Saint Martin dans sa dernière maladie

Laissez-moi, mes frères, laissez-moi regarder le ciel plutôt que la terre, afin que mon âme s’oriente déjà dans la direction qui va la conduire à Dieu.

Des leçons des Matines de Saint Martin

Martin, né vers 316 à Sabarie en Pannonie (Szombathely en Hongrie), s’enfuit à l’église, malgré ses parents, quand il eut atteint sa dixième année, et se fit inscrire au nombre des catéchumènes. Enrôlé à quinze ans dans les armées romaines, il servit d’abord sous Constantin, puis sous Julien. Tandis qu’il n’avait pas autre chose que ses armes et le vêtement dont il était couvert, un pauvre lui demanda, près d’Amiens, l’aumône au nom du Christ, et Martin lui donna une partie de sa chlamyde. La nuit suivante, le Christ lui apparut revêtu de cette moitié de manteau, faisant entendre ces paroles : « Martin, simple catéchumène, m’a couvert de ce vêtement. »

À l’âge de dix-huit ans, il reçut le baptême. Aussi, ayant abandonné la vie militaire, se rendit-il auprès d’Hilaire, Évêque de Poitiers, qui le mit au nombre des Acolytes. À l’âge de 44 ans, Martin bâtit un monastère à Ligugé, où il vécut quelque temps de la manière la plus sainte, avec quatre-vingts moines. Dix ans plus tard, il est choisi pour devenir évêque de Tours. Étant tombé gravement malade de la fièvre, à Candes, bourg de son diocèse, il priait instamment Dieu de le délivrer de la prison de ce corps mortel. Ses disciples qui l’écoutaient, lui dirent : « Père, pourquoi nous quitter ? à qui abandonnez-vous vos pauvres enfants ? » Et Martin, touché de leurs accents, priait Dieu ainsi : « Ô Seigneur, si je suis encore nécessaire à votre peuple, je ne refuse point le travail. »

Ses disciples voyant que, malgré la force de la fièvre, il restait couché sur le dos et ne cessait de prier, le supplièrent de prendre une autre position, et de se reposer en s’inclinant un peu, jusqu’à ce que la violence du mal diminuât. Mais Martin leur dit : « Laissez-moi regarder le ciel plutôt que la terre, pour que mon âme, sur le point d’aller au Seigneur, soit déjà dirigée vers la route qu’elle doit prendre. » La mort étant proche, il vit l’ennemi du genre humain et lui dit : « Que fais-tu là, bête cruelle ? esprit du mal, tu ne trouveras rien en moi qui t’appartienne. » Et, en prononçant ces paroles, le Saint rendit son âme à Dieu, étant âgé de quatre-vingt un ans. Une troupe d’anges le reçut au ciel, et plusieurs personnes, entre autres saint Séverin, Évêque de Cologne, les entendirent chanter les louanges de Dieu.

Extraits d’un sermon du Cardinal Pie sur Saint Martin (14 novembre 1858)

Martin a été l’un des plus grands, l’un des plus vrais chrétiens qui se soient vus ici-bas. Mais, hélas ! mes très chers Frères, si nous venons à comparer notre christianisme, le christianisme de notre temps, avec celui de Martin, franchement, n’y a-t-il pas lieu de se demander si c’est le même évangile qui nous a été enseigné, si c’est le même baptême que nous avons reçu, si ce sont les mêmes engagements que nous avons pris ? Un christianisme qui capitule journellement avec Satan, qui pactise avec les pompes du monde, qui amalgame les ténèbres avec la lumière, Bélial avec Jésus-Christ; un christianisme qui tourne à tout vent de doctrine, qui contrôle et qui redresse à tout instant les vérités de la foi, les enseignements de l’Église par les préjugés et les opinions mobiles du temps; un christianisme qui doute de lui-même, et qui n’a ni le courage ni la dignité de ses convictions; un christianisme, hélas ! trop souvent sans esprit de pénitence, sans pratique de mortification, et qui s’imagine pouvoir subsister dans une vie commode et sensuelle; un christianisme qui laisse au second ou plutôt au dernier rang dans nos affections le sentiment qui doit être le premier et le plus fort de tous : maximum et primum ; un christianisme sans recueillement intérieur, sans union à Dieu, sans contemplation, sans oraison, disons le mot, un christianisme sans amour, ou du moins sans cet amour dominant de Dieu que l’ancienne comme la nouvelle loi place en tête de tout le devoir religieux; enfin un christianisme trop souvent personnel, égoïste, étranger à la noble passion du dévouement au bien spirituel et au salut éternel du prochain : mes Frères, suis-je dans l’exagération et dans le faux quand je fais cette peinture ?

À Dieu ne plaise que je méconnaisse ce qui reste encore parmi vous de vrais disciples de Jésus-Christ, qui n’ont point courbé le genou devant les autels de Baal ! Ceux-là sont d’autant plus grands, d’autant plus admirables pour moi, qu’il leur faut la fermeté de l’airain, la dureté du diamant, pour ne pas se laisser entamer par l’esprit corrosif ni amollir par les tendances sensuelles de leur siècle. Mais, à part ces généreux enfants de l’Évangile, n’est-il pas vrai que partout l’esprit chrétien s’altère, que la mondanité triomphe, que les convictions chancellent, que la mortification volontaire n’existe plus, que le péché abonde, que la charité du grand nombre se refroidit, que l’amour de Dieu n’est plus le premier de nos amours, que le nom de Jésus n’est presque plus sur nos lèvres parce qu’il n’est plus guère dans nos cœurs, que l’individualisme glace et dessèche tout sentiment généreux ? Ah! mes Frères, que dirait Martin s’il revenait parmi nous ? Que dirait-il s’il voyait cette société d’aujourd’hui, lui qui déjà se plaignait de la décadence des âmes; lui qui ne rendait qu’à un seul de ses contemporains, à Paulin de Bordeaux, le témoignage d’une vie vraiment et complétement modelée sur les préceptes de Jésus-Christ. Mes Frères bien-aimés, étudions donc avec une ardeur nouvelle la grande vie de Martin, étudions ses actes, ses paroles, ses vertus; inspirons-nous de son esprit; et puisque nos âmes s’affaissent, puisque notre christianisme décline et s’affaiblit, ayons les yeux attachés sur ce parfait observateur de l’Évangile, sur cette image authentique du divin modèle. Il y a opportunité dans le culte de Martin pour notre régénération personnelle; il y a opportunité aussi, il y a opportunité surtout pour la régénération publique et sociale.

Prières

Oratio

Deus, qui cónspicis, quia ex nulla nostra virtúte subsístimus : concéde propítius ; ut, intercessióne beáti Martíni Confessóris tui atque Pontíficis, contra ómnia advérsa muniámur. Per Dóminum nostrum.

Oraison

Ô Dieu, qui voyez que nous ne saurions nullement subsister par nos propres forces ; faites, dans votre bonté, que l’intercession du bienheureux Martin, votre Pontife et Confesseur, nous fortifie contre tous les maux. Par Jésus-Christ, notre Seigneur.

Prière de Dom Prosper Guéranger (1805-1875)

Ô saint Martin, prenez en pitié la profondeur de notre misère ! L’hiver, un hiver plus funeste que celui où vous partagiez votre manteau, sévit sur le monde ; beaucoup périssent dans la nuit glaciale causée par l’extinction de la foi et le refroidissement de la charité. Venez en aide aux malheureux dont le fatal engourdissement ne songe pas à demander de secours. Prévenez-les sans attendre leur prière, au nom du Christ dont se recommandait le pauvre d’Amiens, tandis qu’eux n’en savent plus trouver le nom sur leurs lèvres. Pire que celle du mendiant est cependant leur nudité, dépouillés qu’ils sont du vêtement de la grâce que se transmettaient, après l’avoir reçu de vous, leurs pères.

Combien lamentable est devenu surtout le dénuement de ce pays de France, que vous aviez rendu riche autrefois des bénédictions du ciel, et dans lequel vos bienfaits furent reconnus par de telles injures ! Daignez considérer pourtant que nos jours ont vu commencer la réparation, près du saint tombeau rendu à notre culte filial. Ayez égard à la piété des grands chrétiens dont le cœur sut se montrer, comme la générosité des foules, à la hauteur des plus vastes projets ; voyez, si réduit que le nombre en demeure encore, les pèlerins reprenant vers Tours le chemin que peuples et rois suivirent aux meilleurs temps de notre histoire.

Nous savons néanmoins que votre zèle pour l’avancement du règne de Dieu ne connut pas de frontières. Inspirez donc, fortifiez, multipliez les apôtres qui poursuivent sur tous les points du monde, comme vous le fîtes chez nous, les restes de l’infidélité. Ramenez l’Europe chrétienne, où votre nom est demeuré si grand, à l’unité que l’hérésie et le schisme ont détruite pour le malheur des nations. Malgré tant d’efforts contraires, gardez à son poste d’honneur, à ses traditions de vaillante fidélité, le noble pays où vous naquîtes. Puissent partout vos dévots clients éprouver que le bras de Martin suffit toujours à protéger ceux qui l’implorent. Au ciel aujourd’hui, chante l’Église, « les Anges sont dans la joie, les Saints publient votre gloire, les Vierges vous entourent et elles disent : « Demeurez avec nous toujours ! » N’est-ce pas la suite de ce que fut votre vie sur terre, où vous et les vierges rivalisiez d’une vénération si touchante ; où Marie leur Reine, accompagnée de Thècle et d’Agnès, se complaisait à passer déjà de longues heures en votre cellule de Marmoutier, devenue, nous dit votre historien, l’égale des pavillons des Anges ? Imitant leurs frères et sœurs du ciel, vierges et moines, clercs et pontifes se tournent vers vous, sans nulle crainte que leur multitude ne nuise à aucun d’eux à vos pieds, sachant que votre seule vie suffit à les éclairer tous, qu’un regard de Martin leur assurera les bénédictions du Seigneur.

Antienne

Ã. O beátum virum, cuius ánima paradísum póssidet ! Unde exsúltent Angeli, lætántur Archángeli, chorus Sanctórum proclámat, turba Vírginum invítat : Mane nobíscum alleluia.

Ã. Ô bienheureux homme, dont l’âme est en possession du paradis ! Aussi les Anges tressaillent, les Archanges se réjouissent, le chœur des Saints publie sa gloire, la foule des Vierges l’entoure et dit : Demeurez avec nous, alleluia.

Antienne grégorienne “O beatum virum”

Antienne O beatum virum

Mardi 10 novembre (ReConfinement J12) : Saint Vanne et Saint Hydulphe

Mardi 10 novembre (ReConfinement J12) : Saint Vanne et Saint Hydulphe

Mardi 10 novembre (ReConfinement J12) : Saint Vanne et Saint Hydulphe

Le mot du Vénérable Dom Didier de la Cour à ses moines

Si j’avais quelque pouvoir sur vous , je vous défendrais , sous peine d’excommunication, de dire du bien de moi après ma mort ; car j’ai mené une vie fort commune aux yeux des hommes et très misérable devant Dieu . Un peu de gravité et de retenue, voilà tout ce que je puis avoir de bon.

Les Saints Vanne et Hydulphe sont réunis en une seule et même fête dans la Congrégation bénédictine de France. Celle-ci a en effet été approuvée en 1833 par le Pape Grégoire XVI en tant qu’héritière des anciennes Congrégations bénédictines présentes en France avant la Révolution, dont la Congrégation des Saints Vanne et Hydulphe.

Saints Bénédictins : Saint Vanne, évêque de Verdun

Saint Vanne (en latin : Vitonus, Videnus ou Victo) qui avait embrassé de bonne heure la vie monastique, fut élevé sur le siège épiscopal de Verdun vers l’an 498. La haute opinion qu’on avait conçue de sa sainteté fut confirmée par plusieurs miracles qu’il opéra. Il travailla vingt-six ans avec un zèle infatigable à la sanctification de son troupeau. Il mourut le 9 novembre vers l’an 525, épuisé de fatigues et d’austérités.

D’après Alban Butler, Vies des Pères, des Martyrs et des autres principaux Saints.

Saints Bénédictins : Saint Hydulphe, chorévêque de Trèves et Abbé

Saint Hydulphe, issu d’une des plus illustres familles de Bavière, naquit à Ratisbonne vers l’an 612. Il renonça dès sa jeunesse aux espérances flatteuses qu’il pouvait avoir dans le monde, et se consacra au service de Dieu en embrassant l’état ecclésiastique. Son exemple fut suivi par Erard, son frère, qui devint depuis évêque régionnaire à Ratisbonne et dans la Bavière. Ce dernier est honoré comme saint le 8 janvier. Il mourut à Ratisbonne, suivant l’ancien martyrologe de Moyenmoutier. Ce furent Hydulphe et Erard qui tinrent sur les fonts baptismaux la fille d’Adalric, duc d’Alsace, laquelle était aveugle; ils lui donnèrent le nom d’Odile, parce qu’elle avait reçu la grâce de la vue avec celle du baptême.

Saint Hydulphe ayant été fait chorévêque de Trêves (espèce de coadjuteur de l’évêque du lieu, s’occupant des zones rurales du diocèse) remplit tous les devoirs d’un pasteur zélé et vigilant. Vers l’an 665, il introduisit la règle de Saint-Benoît dans le monastère de Saint-Maximin, qui avait été fondé dans le 4ème siècle, et où sans doute on suivait les observances des moines de l’Orient. Il en augmenta considérablement les revenus, et y établit une régularité si parfaite que cette maison devint l’admiration de ce siècle. Cette abbaye était une des plus célèbres de l’Allemagne.

Après une trentaine d’années, il se démet de sa charge et arrive dans la vallée vosgienne du Rabodeau vers 670. Il bâtit sa hutte à mi-chemin d’Étival et de Senones, dans la forêt. La renommée du nouvel ermite attire bientôt une foule de disciples. Hydulphe décide alors la construction d’un monastère sur le lieu, qui devient « medianum monasterium ». Premier abbé de Moyenmoutier, il adopte la règle de saint Benoît comme mode de vie de la nouvelle communauté. Il y avait plus d’un quart de siècle que Saint Hydulphe était à Moyenmoutier aux prises avec une œuvre de cette ampleur, lorsqu’il sentit faiblir ses forces. Il se démit de sa charge, afin de retrouver au soir de sa vie ce calme auquel il avait aspiré en venant ici comme ermite. Il confia donc la dignité abbatiale à Leutbald, un de ses meilleurs disciples, et prit modestement sa place au milieu de ses frères. Mais ce dernier mourut si prématurément en 704 que les moines s’en émurent, et tout désemparés se tournèrent vers leur fondateur. Le pauvre abbé, dans son ardente foi, vit un signe de la Providence qui lui demandait à nouveau le sacrifice de sa volonté propre. Avec un tranquille courage, il reprit donc sa crosse, mais pour peu de temps, car le Seigneur le rappelait à lui le 11 juillet 707, au terme d’une courte maladie. On l’inhuma dans la chapelle Saint-Grégoire, auprès de ses trois fils de prédilection, Spinule, Jean et Bénigne, qui l’y avaient précédé de peu.

D’après Alban Butler, Vies des Pères, des Martyrs et des autres principaux Saints.

La Congrégation bénédictine de Saint Vanne (Dom Stephanus Hilpisch, Histoire du monachisme bénédictin)

Pendant les guerres de religion du 16ème siècle, les monastères français avaient souffert de nombreuses destructions et ravages. Beaucoup d’abbayes avaient été saccagées ou entièrement détruites, la plupart appauvries et sans ressources. Quand un monastère avait encore du bien, ses revenus étaient donnés en commende par le roi ; et les abbés commendataires négligeaient l’intérêt du monastère à tous points de vue. C’est au milieu de ces circonstances que le projet d’une réforme naquit dans l’âme du Cardinal Charles de Lorraine. Outre son évêché de Metz, le Cardinal possédait en commende quatre grandes abbayes, et avait la légation de Lorraine et de Barrois. Il se décida à agir dans le ressort de sa légation. À la même époque l’évêque de Verdun, Éric de Vaudemont, qui tenait en commende l’abbaye de Saint-Vanne dans sa ville épiscopale, travaillait lui aussi à une réforme. Un bref de Grégoire XV donna au Cardinal pouvoir de réunir les abbés et prieurs de sa légation, et de discuter avec eux la question d’une réforme dans l’esprit du concile de Trente. L’assemblée, comptant seulement quatre abbés et quatre prieurs, eut lieu le 5 juin 1595 à Saint-Mihiel et décida l’érection d’une Congrégation. Mais le moment de s’exécuter, le Cardinal découragé fit au Pape Clément VIII (1592-1605) la singulière proposition de supprimer les monastères bénédictins de sa légation. Le Pape Clément refusa résolument, et avisa le cardinal qu’il était envoyé pour sauver les malades, non pour les étrangler. La seule pensée de la suppression était déjà un crime.

Le Cardinal appelle alors à l’aide l’abbaye Saint-Maximin de Trèves qui jouissait d’une bonne réputation. Il en reçu deux moines pour Saint-Vanne, et la moisson leva comme d’elle-même. Le prieur était Didier de la Cour, dépendant de l’évêque Éric de Verdun, abbé commendataire. En janvier 1600, sous l’inspiration du prieur, quatre novices et un profès se résolurent à une exacte observance de la règle : humble début. Mais dès 1601 Moyenmoutier recevait de Saint-Vanne des moines réformés, et les deux abbayes décidaient de se constituer en une Congrégation qui, en 1604, fut approuvée par Clément VIII sous le nom des Saint-Vanne et Hydulphe, patrons respectifs des deux abbayes. On adopta la formule de la Congrégation cassinienne. Un bref de Paul V recommanda en 1605 à tous les monastères de Lorraine de se rallier à la nouvelle réforme, et bientôt d’autres abbayes vinrent s’unir à la Congrégation. Jusqu’en 1670 celle-ci compris quarante-cinq abbayes dans les diocèses de Metz, Toul, Verdun, Bâle, Besançon (dont l’Abbaye Notre-Dame de Faverney, réformée en 1613), Châlons, Langres, Laon, Reims, Sens et Troyes, distribués en trois provinces. À la fin du 18ème siècle, elle comptait plus de 600 membres.

Au sommet de la Congrégation se tenait un président élu par le chapitre général pour un an. Le chapitre général était la plus haute autorité et se composait des supérieur de chaque maison et d’un délégué par convent. Comme la plupart des monastères étaient en commende, les supérieurs n’y avait que le titre de prieur, les autres étaient abbés à vie et élu par le convent. La Congrégation possédait sa maison d’études philosophiques et théologiques au Prieuré de Breuil (Commercy). Les études étaient florissantes. La Congrégation compta des noms célèbres qui méritent d’être cités auprès de ceux des mauristes : principalement Dom Calmet, grand exégète et historien de la Lorraine, abbé de Senones, l’un des premiers érudits de son temps ; puis Alliot et Petit-Didier, spécialisés dans l’étude de la Bible. Il fallut la Révolution pour supprimer la Congrégation.

La Congrégation Lorraine de Saint-Vanne exerça bientôt une influence salutaire sur les monastères français et trouva en France des appuis éminents, au premier rang desquels il faut placer le prieur du collège de Cluny à Paris, Laurent Bénard, et Dom Anselme Rolle de la Congrégation des Exemps. Le premier monastère français qui appela la réforme de Saint-Vanne fut l’abbaye de Saint-Augustin de Limoges. En 1614 Saint Germain-des-Prés demanda son agrégation. Bientôt suivirent Nouaillé près de Poitiers (1615), Saint-Faron de Meaux et Jumièges (1617). Ces abbayes entraient dans la congrégation Lorraine. Mais comme le gouvernement ne voyait pas d’un bon œil que les monastères du royaume s’unissent à une congrégation étrangère, il fut décidé au chapitre général de 1618 que les monastères français de l’Union se grouperaient en une congrégation spéciale. On compta pour débuter cinq monastères : Saint Augustin de Limoges, Saint-Julien de Nouaillé, Saint-Faron de Meaux, Jumièges, et les Blancs-Manteaux de Paris. Ce fut, à partir de 1618, la Congrégation « gallicana Parisiensis ». Dès 1621 la nouvelle fondation fut approuvée par Grégoire XV sous le nom de Congrégation de Saint-Maur.

Prières

Oratio

Omnípotens sempitérne Deus, qui per beátos pontífices Vitónum et Hydúlphum Ecclésiam tuam lætificásti, et órdinis monástici splendórem restituére dignátus es : fac nos opem eórum iúgiter experíri, et præmia cónsequi sempitérna. Per Dóminum.

Oraison

Dieu, tout-puissant et éternel qui par les bienheureux Pontifes Vanne et Hydulphe avez réjoui votre Église, et qui avez daigné restituer la splendeur de l’Ordre monastique : faites-nous ressentir continuellement les effets de leur aide et obtenir la récompense éternelle. Par Jésus-Christ, notre Seigneur.

Prière de Dom Claude Martin (1619-1696)

Ô Bonté infinie ! Que votre patience m’étonne et me confond ! Ô mon Dieu ! Elle m’étonne, parce que je vois que tous les hommes la fatiguent et que personne ne la soulage ; et elle me confond, parce que je lui suis à charge moi-même, par mes dérèglements, par mes infidélités, par mes péchés. Cet excès de bonté, ô mon Dieu, me porte à faire trois résolutions. La première, puisque tous les hommes exercent votre patience, de la soulager de tout mon possible, en menant avec le secours de votre grâce une vie toute pure, et – s’il est possible – toute angélique et toute céleste. La seconde, de me mettre entre Vous et les pécheurs, comme Abraham se mit entre vous et les villes impures de Sodome et de Gomorrhe, afin d’empêcher, par la prière et par le sacrifice, que leurs fautes ne montent jusqu’à vous et que votre colère ne descende jusqu’à eux. Et la troisième, de prendre votre patience pour la règle de la mienne, afin que, comme vous supportez mes fautes avec une douceur digne de votre infinie Bonté, je supporte aussi avec une parfaite soumission les peines et les privations que votre Providence m’envoie, et me fait ressentir dans le service que vous demandez de moi. Ainsi soit-il.

Antienne

Ã. Isti sunt duæ olívæ, et duo candelábra lucéntia ante Dóminum : habent potestátem cláudere cælum núbibus et aperíre portas eius, quia linguæ eórum claves cæli factæ sunt.

Ã. Ceux-ci sont deux oliviers et deux flambeaux qui brillent devant le Seigneur ; ils ont le pouvoir de fermer le ciel aux nuées, et d’ouvrir ses portes, parce que leurs langues sont devenues les clefs du ciel.

Antienne grégorienne “Isti sunt duae olivae”

Antienne Isti sunt duae olivae

Lundi 9 novembre (ReConfinement J11) : Dédicace de Saint Jean de Latran

Lundi 9 novembre (ReConfinement J11) : Dédicace de Saint Jean de Latran

Lundi 9 novembre (ReConfinement J11) : Dédicace de Saint Jean de Latran

La Punchline du Saint Ambroise

Il n’y a pas faute à être riche, mais à ne pas savoir user des richesses.

Des leçons des Matines de la Dédicace de l’Archibasilique du Très Saint Sauveur

Les rites que l’Église observe dans la consécration des temples et des autels, ont été institués par le Pape saint Sylvestre 1er. Bien que, depuis te temps des Apôtres, il existât des lieux dédiés à Dieu et appelés tantôt oratoires, tantôt églises, où, le Dimanche, se tenaient les assemblées et où le peuple chrétien avait coutume de prier, d’entendre la parole de Dieu et de recevoir l’Eucharistie, toutefois ces lieux n’étaient pas consacrés avec tant de solennité, et il ne s’y trouvait pas encore d’autel érigé en titre et oint du saint chrême, pour représenter Jésus-Christ, qui est notre autel, notre hostie et notre Pontife.

Ce fut quand l’empereur Constantin eut obtenu la santé et le salut par le sacrement du baptême, qu’il fut permis pour la première fois aux Chrétiens, par une loi de ce prince, de bâtir partout des églises ; et il les excita à la construction de ces édifices sacrés, non seulement par son édit, mais encore par son exemple. Il dédia, en effet, dans son palais de Latran, une église au Sauveur, tout près de laquelle il édifia aussi une basilique sous le nom de saint Jean-Baptiste, au lieu même où, baptisé par saint Sylvestre, il avait été guéri de la lèpre de l’infidélité. Ce Pape consacra l’église du Sauveur le cinquième jour des ides de novembre (9 novembre 324) ; et c’est de cette consécration qu’on célèbre aujourd’hui la mémoire, parce que c’est en ce jour que la première dédicace publique d’une église a été faite à Rome et que l’image du Sauveur apparut au peuple romain, peinte sur la muraille.

Si le bienheureux Sylvestre décréta dans la suite, en consacrant l’autel du prince des Apôtres, que l’on n’édifierait plus désormais d’autels qu’en pierre, et si cependant, celui de la basilique de Latran est en bois, il n’y a pas lieu de s’en étonner ; depuis saint Pierre jusqu’à Sylvestre, les Papes ne pouvaient, à cause des persécutions, résider en un lieu fixe : partout où la nécessité les poussait, soit dans les cryptes, soit dans les cimetières, soit dans les maisons de pieux fidèles, ils offraient le sacrifice sur cet autel de bois, qui était creux et en forme de coffre.

Basilique Saint Jean de LatranLa paix ayant été rendue à l’Église, saint Sylvestre le plaça dans la première église, qui fut celle de Latran, et, en l’honneur du prince des Apôtres, que l’on dit avoir offert le Saint Sacrifice sur cet autel, ainsi que des autres Pontifes qui, jusque-là, s’en étaient servis pour la célébration des Mystères, il ordonna qu’aucun autre que le Pape n’y célébrerait jamais la messe. La basilique du Saint-Sauveur, successivement endommagée par des incendies, dévastée, renversée par des tremblements de terre, fut restaurée avec grand soin puis reconstruite par les Papes. Le 28 avril 1726, le souverain Pontife Benoît XIII, de l’Ordre des Frères Prêcheurs, l’a consacrée solennellement et a décidé qu’on célébrerait en ce jour la mémoire de cette solennelle Dédicace. Selon ce que Pie IX avait projeté d’entreprendre, Léon XIII fit exécuter de grands travaux pour allonger et élargir le chœur du maître-autel, qui allait s’affaissant de vétusté ; il donna l’ordre de restaurer, selon les dessins antiques, les vieilles mosaïques, déjà réparées en beaucoup d’endroits, et de les transporter dans la nouvelle abside, magnifiquement construite et ornée ; il pourvut aussi à l’achèvement de l’ornementation du transept et à la réparation des caissons du plafond ; en 1884, il ajouta la sacristie, la demeure des chanoines et une galerie contiguë, menant au Baptistère de Constantin.

Zachée (Lc 19, 1-10) : Commentaire de Saint Ambroise

Nous ne voulons pas froisser les riches, voulant, s’il est possible, guérir tout le monde. Qu’ils apprennent qu’il n’y a pas faute à être riche, mais à ne pas savoir user des richesses : car les richesses, qui sont entraves pour les méchants, sont chez les bons ressources pour la vertu. Oui, le riche Zachée a été choisi par le Christ. Mais en donnant aux pauvres la moitié de ses biens, en remboursant même quatre fois ce qu’il avait frauduleusement dérobé car l’un des deux ne suffit pas, et les largesses n’ont pas de valeur si l’injustice subsiste, attendu qu’on ne demande pas des dépouilles mais des dons, il a reçu une récompense plus abondante que ses largesses. Et il est bien qu’on le signale comme chef des publicains : qui en effet pourrait désespérer de soi, quand celui-là même est arrivé, qui tirait son revenu de la fraude ? « Et il était riche », est-il dit : apprenez par là que les riches ne sont pas tous avares.

Comment se fait-il que l’Écriture n’a mentionné la taille d’aucun autre que celui-ci : « il était de petite taille ? » Voyez si par hasard il était petit par la malice, ou encore petit quant à la foi : car il n’avait encore rien promis quand il est monté ; il n’avait pas encore vu le Christ ; c’est donc vrai qu’il était encore petit. Aussi bien Jean est-il grand parce qu’il a vu le Christ, et l’Esprit reposant comme une colombe sur le Christ, ainsi qu’il le dit lui-même : « J’ai vu l’Esprit descendre comme une colombe et reposer sur Lui» (Io l, 32). Quant à la foule, n’est-ce pas la mêlée d’une multitude ignorante, qui ne pouvait voir les hauteurs de la Sagesse ? Donc Zachée, tant qu’il est dans la foule, ne voit pas le Christ ; il s’est élevé au-dessus de la foule, et il a vu : autrement dit, en dépassant l’ignorance populaire il a réussi à contempler celui qu’il désirait.

On a ajouté à propos : « Parce que le Seigneur devait passer en cet endroit », où était soit le sycomore, soit le futur croyant : il observait ainsi le mystère et semait la grâce ; car il était venu pour passer des Juifs aux Gentils. Ainsi il vit Zachée en haut : car désormais l’élévation de sa foi le faisait émerger parmi les fruits des œuvres nouvelles comme au sommet d’un arbre fécond. Zachée dans le sycomore, c’est le fruit nouveau de la saison nouvelle ; en lui aussi se réalise le texte : « Le figuier a donné ses premiers fruits » (Ct 2, 13) ; car le Christ est venu afin que les arbres donnent naissance non à des fruits, mais à des hommes. Nous lisons ailleurs : « Quand vous étiez sous le figuier, je vous ai vu » (Io 1, 48). Nathanaël est donc sous l’arbre, c’est-à-dire sur la racine car il est juste, et «la racine est sainte» (Rm 11, 16) mais enfin Nathanaël est sous l’arbre, parce que sous la Loi ; Zachée est sur l’arbre, parce qu’au-dessus de la Loi. L’un défend le Seigneur en secret, l’autre le prêche publiquement. L’un cherchait encore le Christ dans la Loi ; l’autre, déjà plus haut que la Loi, abandonnait ses biens et suivait le Seigneur.

Prières

Oratio

Deus, qui nobis per síngulos annos huius sancti templi tui consecratiónis réparas diem, et sacris semper mystériis repæséntas incólumes : exáudi preces pópuli tui, et præsta ; ut, quisquis hoc templum benefícia petitúrus ingréditur, cuncta se impetrásse lætétur. Per Dóminum.

Oraison

Ô Dieu, qui renouvelez chaque année en notre faveur le jour où ce saint temple vous a été consacré, et qui nous conservez en état d’assister à vos saints mystères, exaucez les prières de votre peuple et accordez à quiconque entrera dans ce temple pour demander vos grâces, la joie de les avoir obtenues. Par Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Prière du Pape Pie XII (1876-1958)

Ô très auguste Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, qui, bien qu’infiniment heureuse de toute éternité en vous-même et par vous-même, daignez accepter avec bienveillance l’hommage qui s’élève de la création universelle jusqu’à votre trône sublime, détournez, nous vous en prions, vos yeux et vos oreilles de ces malheureux qui, ou aveuglés par la passion, ou poussés par des influences diaboliques, blasphèment abominablement votre Nom, celui de la très pure Vierge Marie et ceux des saints. Retenez, ô Seigneur, le bras de votre justice qui pourrait réduire à néant ceux qui osent se rendre coupables de tant d’impiété. Acceptez l’hymne de gloire qui sans arrêt s’élève de toute la nature : depuis l’eau de la source qui coule limpide et silencieuse jusqu’aux astres qui resplendissent et décrivent une orbite immense mus par l’amour, là-haut, dans les cieux. Acceptez en réparation le chœur de louanges montant, tel l’encens devant les autels, de tant d’âmes saintes qui marchent sans jamais dévier dans les sentiers de votre loi et s’efforcent d’apaiser votre justice offensée, par des œuvres assidues de charité et de pénitence ; écoutez le chant de tant d’âmes d’élite qui consacrent leur vie à célébrer votre gloire, la louange intarissable que l’Église vous adresse à toute heure et sous tous les cieux. Et faites qu’un jour les cœurs blasphémateurs soient convertis et que toutes les langues et toutes les lèvres s’unissent pour chanter, ici-bas, ce cantique qui résonne sans fin dans les chœurs des anges : Saint, Saint, Saint, est le Seigneur Dieu des armées ; les cieux et la terre sont pleins de votre gloire. Ainsi soit-il.

Antiennes

Ã. Domus mea domus orationis vocabitur.

Ã. Ma maison sera appelée maison de prière.

Antienne grégorienne “Domus mea”

Ã. Haec est domus domini firmiter ædificata bene fundata est super firmam petram.

Ã. Cette maison est celle du Seigneur, édifiée solidement, bien fondée sur une pierre solide.

Antienne grégorienne “Haec est domus Domini”

Antiennes

Samedi 7 novembre (ReConfinement J9) : Saint Willibrord

Samedi 7 novembre (ReConfinement J9) : Saint Willibrord

Samedi 7 novembre (ReConfinement J9) : Saint Willibrord

La Punchline de Saint Jean Climaque

Quiconque a de l’aversion pour les réprimandes et ne peut les souffrir, prouve que l’orgueil lui ronge le cœur.

Saints Bénédictins : Saint Willibrord, 1er évêque d’Utrecht

Saint Willibrord naquit vers l’an 658, dans le royaume de Northumbrie. Il n’avait encore que sept ans lorsqu’on l’envoya dans le monastère de Rippon, gouverné alors par S. Wilfrid son fondateur. Le père de Willibrord s’appelait Wilgis, et vivait dans une grande piété. Il quitta le monde pour embrasser l’état monastique, et ne négligea rien pour donner une éducation chrétienne à son fils. Willibrord, en s’accoutumant de bonne heure à porter le joug du Seigneur, le trouva toujours depuis doux et léger. Pour mieux conserver les fruits de l’éducation qu’il avait reçue, il prit l’habit à Rippon. Les progrès qu’il fit dans la vertu et dans les sciences furent également rapides. À l’âge de vingt ans, il obtint la permission de passer en Irlande, dans l’espérance de se perfectionner de plus en plus dans les voies de la piété. Il se joignit à Saint Egbert et au Bienheureux Wigbert, et passa douze ans avec eux. Malgré la faiblesse de sa constitution, il surpassait ses compagnons par sa ferveur.

Willibrord, ayant été ordonné prêtre, témoigna un désir ardent de passer dans la Frise, et il en demanda la permission à ses supérieurs. Egbert, qui connaissait sa ferveur, son zèle et ses talents, acquiesça à sa demande. Saint Suitbert et dix autres moines anglais se joignirent à S. Willibrord. Saint Éloi, évêque de Noyon, et S. Wilfrid, avaient, quelque temps auparavant, prêché l’évangile dans la Frise : mais ces premières tentatives avaient produit peu de fruit. Saint Willibrord et ses compagnons y arrivèrent en 690 ou 691. Ils se rendirent à Utrecht, où ils furent bien reçus par Pépin le Gros (635-714), maire du palais de France, qui venait de s’emparer d’une partie de la Frise. Willibrord crut devoir faire un voyage à Rome, pour demander au Pape Sergius sa bénédiction apostolique, et son autorisation pour prêcher l’évangile aux nations idolâtres. Le souverain pontife, qui connaissait son zèle et sa sainteté, lui accorda les plus amples pouvoirs. Le Saint, de retour de son voyage à Rome, alla prêcher la foi avec les autres missionnaires dans cette partie de la Frise qui appartenait aux Français. Le nombre des chrétiens était si considérable au bout de six ans, que Pépin, de l’avis des autres évêques, envoya Willibrord à Rome, avec des lettres de recommandation pour le Pape, qui était instamment prié de l’honorer du caractère épiscopal. Le Pape Sergius le reçut avec de grandes marques d’honneur, changea son nom en celui de Clément, et le sacra archevêque des Frisons dans l’église de Saint-Pierre, le 22 novembre 695. Il lui donna aussi le pallium, avec le pouvoir de fixer son siège en tel lieu qu’il jugerait le plus convenable.

Le Saint, après avoir passé quatorze jours à Rome, revint dans la Frise, et fixa sa résidence à Utrecht, où il bâtit l’église de Saint-Sauveur, dont il fit son siège métropolitain. Il répara aussi celle de Saint Martin, que les païens avaient presque entièrement détruite. Elle devint depuis cathédrale d’Utrecht. L’onction épiscopale sembla donner encore plus de force et d’activité au zèle de Willibrord. Deux ans après son sacre, les libéralités de Pépin et de l’abbesse Irmine le mirent en état de fonder l’abbaye d’ Echternach, qu’il gouverna jusqu’à sa mort. Charles-Martel fit aussi plusieurs donations à diverses églises fondées par le saint archevêque. Dans tous ces établissements, Willibrord ne se proposait que d’affermir et de perpétuer l’œuvre de Dieu. Non content d’avoir planté la foi dans la partie de la Frise qui appartenait aux Français, il pénétra dans celle qui obéissait à Rabdob, roi des Frisons, qui était fort attaché à l’idolâtrie. Il n’empêcha cependant pas le Saint d’instruire ses sujets, et il venait quelquefois lui-même l’entendre.

Willibrord passa dans le Danemark ; mais Ongendus, qui y régnait alors, était un prince méchant et cruel; et son exemple, qui avait beaucoup d’influence sur ses sujets, mettait un obstacle presque invincible à leur conversion. En revenant, le Saint fut pris dans une tempête, qui le jeta dans l’île appelée Fositeland, aujourd’hui Ameland, sur la côte de la Frise, au nord. Les Danois et les Frisons révéraient singulièrement cette île, qui était consacrée à leur dieu Fosite. Ils auraient regardé comme impie et sacrilège, quiconque aurait osé tuer les animaux qui y vivaient, manger quelque chose de ce qu’elle produisait, ou parler en puisant de l’eau à une fontaine qui y était. Le Saint, touché de leur aveuglement, voulut les détromper d’une superstition aussi grossière. Il fit tuer quelques animaux, que lui et ses compagnons mangèrent; et il baptisa trois enfants dans la fontaine, en prononçant à haute voix les paroles prescrites par l’Église. Les païens s’attendaient qu’ils allaient être punis de mort; mais voyant qu’il ne leur arrivait rien, ils ne savaient si c’était patience ou défaut de pouvoir de la part de leur dieu. Radbod fut transporté de fureur, quand il apprit ce qui s’était passé. Il ordonna de tirer au sort trois jours de suite, et trois fois chaque jour, dans le dessein de faire périr celui sur lequel il tomberait. Dieu permit qu’il ne tombât pas sur Willibrord ; mais un de ses compagnons fut sacrifié à la superstition, et mourut martyr de Jésus-Christ.

Le Saint ayant quitté Radbod, se rendit à l’île de Walcheren ; il y fit un grand nombre de conversions, et y établit plusieurs églises. La mort de Radbod, arrivée en 719, lui laissa la liberté de prêcher dans toute la Frise. Il fut joint par S. Boniface, qui passa trois ans avec lui avant d’aller en Allemagne. Saint Willibrord était, suivant Alcuin, doux et toujours gai dans la conversation, sage dans les conseils, infatigable dans les fonctions apostoliques, et en même temps attentif à nourrir et à fortifier son âme par la prière, le chant des psaumes, les veilles et les jeûnes. Notre saint et ses compagnons, par leurs larmes, leurs prières, et leur zèle, détruisirent le paganisme dans la plus grande partie de la Zélande et de la Hollande, et dans tous les lieux des Pays Bas, où S. Amand et S. Lébuin n’avaient pas pénétré. Quant aux Frisons, qui avaient été jusque-là un peuple barbare, ils se civilisèrent peu à peu, et devinrent célèbres par leurs vertus ainsi que par la culture des sciences et des arts.

Willibrord choisissait avec beaucoup de soin ceux qu’il destinait à recevoir les ordres sacrés ; il était aussi fort exact à s’assurer des dispositions de ceux qu’il admettait au baptême, afin de ne pas exposer nos augustes mystères à la profanation. Pour bannir l’ignorance et faciliter la propagation de l’évangile, en éclairant les esprits et en adoucissant les mœurs, il établit à Utrecht des écoles qui devinrent célèbres. Enfin Willibrord, se voyant parvenu à un âge fort avancé, prit un coadjuteur qu’il sacra évêque pour le charger du gouvernement de son diocèse, et il se prépara dans la retraite au passage de l’éternité. Il mourut en 739.

Godescard, Abrégé des vies des Pères, des Martyrs et des autres principaux Saints.

Prières

Oratio

Deus, qui ad prædicándum Géntibus glóriam tuam beátum Willibrordum Confessórem tuum atque Pontíficem míttere dignátus es : eius méritis et intercessióne concéde ; ut quæ nobis agénda præcipis, te miseránte adimplére possímus. Per Dóminum.

Oraison

Ô Dieu, qui avez daigné envoyer saint Willibrord, votre serviteur, pour prêcher aux infidèles votre gloire, nous vous prions par ses mérites, de nous accorder votre grâce qui nous aide à faire ce que votre sainte loi nous commande, par Jésus-Christ, notre Seigneur.

Prière de Sainte Gemma Galgani (1878-1903)

Mon Dieu très cher, je m’abandonne entièrement dans vos très Saintes mains, ainsi, vous faites de moi et de ce qui m’appartient ce qu’il y a de mieux pour vous faire plaisir. Dans ce doux abandon, je me repose sur Votre Cœur Divin comme la tendre enfant se repose sur le sein de sa maman. Vous pensez à tout et moi, je ne penserai qu’à vous aimer et à accomplir votre très sainte volonté. Ainsi soit-il.

Prière de Saint Fulbert de Chartres (970-1028)

Pieuse Vierge Marie, Reine du Ciel, Mère du Rédempteur, Mère de miséricorde et de piété, suppliant, je me réfugie auprès de vous : de vous et par vous, je demande miséricorde et grâce, afin que je puisse obtenir de votre Fils, mon pardon. Que par votre intercession le Père Tout-Puissant m’accorde crainte et son amour, de manière que je l’aime de toute mon âme. Que par sa miséricorde, après m’être dignement acquitté de mes devoirs d’état, je puisse obtenir la vie éternelle. Très Sainte Mère de mon Seigneur Jésus Christ, priez et intercédez pour moi. Je crois fermement, je sais que tout ce que vous voulez, vous pouvez l’obtenir de votre Fils, Notre Seigneur Jésus Christ. Ainsi soit-il.

Antiennes

Antienne Summus SAcerdos Willibrordus

Antienne grégorienne “Summus Sacerdos Willibrordus”

Ã. Aspice Domine quia facta est desolata civitas plena divitiis : sedet in tristitia domina gentium. Non est qui consoletur eam nisi tu Deus noster.

Ã. Regardez, Seigneur : elle est tombée dans la désolation, la cité pleine de richesses ; elle est assise dans la tristesse, la maîtresse des nations.
Il n’est personne qui la console, sinon vous, Dieu.

Antienne grégorienne “Aspice Domine”

Antienne Aspice Domine