Mardi 1er décembre (ReConfinement J33)

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La Punchline des Pères du désert

Se mettre en présence de Dieu, ne pas s’estimer soi-même et rejeter derrière soi la volonté propre : tels sont les instruments de l’âme.

Saint Éloi, évêque de Noyon

Saint Éloi naquit à Chaptelat, à deux lieues de Limoges, vers l’an 588, et dans sa jeunesse son père lui fit apprendre le métier d’orfèvre. Il se rendit très habile dans cet art, et fut employé à divers ouvrages par le roi Clotaire II, dont il fut particulièrement connu et estimé. Ce prince se plaisait à le voir travailler. Il devint riche, et n’employa ses grands biens qu’à des œuvres de charité. Il fonda l’abbaye de Solignac, dans le diocèse de Limoges, et un célèbre monastère à Paris, dont sainte Aure fut la première abbesse. Les pauvres le regardaient comme leur père, et le suivaient en foule partout où il allait, parce qu’ils étaient sûrs d’éprouver toujours sa charité.

Il travaillait durant le jour, et passait une grande partie de la nuit en prières. Il affligeait sa chair par le cilice et par le jeûne, et méditait sans cesse les Saintes Écritures, et les vérités du salut.

Sa sainteté, qui avait déjà éclaté par plusieurs miracles, le fit juger digne de l’épiscopat, et il fut sacré évêque de Noyon, sous le règne de Clovis II, l’an 641. Comme il était instruit dans les lettres, rien ne lui manquait pour s’acquitter dignement des fonctions de son ministère. Il nous reste de lui quelques homélies, qui montrent combien il était versé dans la lecture et l’intelligence des Livres saints. Lorsqu’il avait expliqué à son peuple quelque point de la morale évangélique, il avait coutume de dire à la fin de son discours :

« Si vous pratiquez ce que je viens de vous enseigner, vous en serez récompensés dans le ciel. Si vous ne le pratiquez pas, vous en serez éternellement punis dans l’enfer ; quant à moi, j’ai déchargé ma conscience devant Dieu, et je prends à témoin le ciel et la terre, que j’ai rempli le devoir de mon ministère, en vous annonçant la vie ou la mort : que si vous méprisez mes exhortations et mes menaces, je serai contraint de devenir votre accusateur au tribunal du souverain Juge. »

Il restait encore des idolâtres dans une partie de la Flandre ; le saint évêque travailla à leur conversion, et Dieu bénit tellement ses travaux, qu’il eut la gloire d’en convertir un grand nombre. Un jour, Éloi se promenant dans Noyon vit que la façade de la basilique construite par saint Médard menaçait ruine. Il ordonna de la réparer, et comme on lui faisait remarquer que la saison ne s’y prêtait guère, il répondit qu’il fallait se hâter car il voulait voir la construction achevée. Il prévoyait sa mort prochaine et son tempérament n’admettait guère les demi-mesures. On raconte qu’un vigneron paresseux, battu de verges sur son ordre, s’était réjoui de sa mort : le saint revint sur terre pour lui administrer une correction. Il ne craignait pas de s’adresser aux saints en termes assez vifs : lors de l’incendie de Paris, il déclara à saint Martial que s’il laissait brûler son église il ne la reconstruirait jamais, et quand la basilique Sainte-Colombe fut cambriolée, il menaça la sainte d’en condamner la porte avec une haie d’épines, si les voleurs ne rapportaient pas tout. Et ces prières formulées comme des mises en demeure furent exaucées.

À l’âge de soixante-dix ans, après dix-sept ans d’épiscopat, il déclara à ses prêtres et à ses diacres, que sa fin était proche ; ils se mirent aussitôt à pleurer amèrement. Le Saint fut touché de leurs regrets et de leurs larmes, et demeura quelque temps en suspens entre le désir de vivre plus longtemps pour les consoler, et celui d’entrer au plus tôt dans la joie du Seigneur enfin il leur dit qu’ils devaient plutôt se réjouir que s’affliger de sa mort, que s’il était absent de corps, il leur serait toujours présent en esprit ; qu’après tout, ils ne devaient mettre qu’en Dieu toute leur espérance ; que ce Dieu ne les abandonnerait pas, qu’il les recommandait à sa miséricorde; qu’il avait travaillé pour leur salut; qu’il n’était cependant qu’un serviteur inutile ; mais qu’il espérait que Dieu aurait égard à sa bonne volonté. Il finit par les conjurer, au nom de Jésus-Christ, de pratiquer fidèlement toutes les instructions qu’il leur avait données, et surtout de prendre toujours un soin particulier des monastères qu’il avait fondés.

Lorsqu’il sentit qu’il n’avait plus que quelques moments à vivre, il leva les yeux et les mains au ciel, et adressa cette prière à Dieu :

« C’est donc aujourd’hui, Seigneur, que vous laissez mourir votre serviteur en paix, selon votre parole : souvenez-vous que vous m’avez formé avec un peu de terre, et n’entrez point en jugement avec moi. Ô Jésus, mon Rédempteur ! souvenez-vous de moi : vous seul êtes exempt de péché : ouvrez-moi l’entrée de votre royaume; je remets mon esprit dans vos mains, et je meurs en confessant votre nom ; je sais que je suis indigne de vous posséder ; mais j’ai toujours mis ma confiance dans votre miséricorde : ne permettez pas que mon espérance soit confondue ; éloignez de moi le prince des ténèbres, défendez-moi par votre puissance, et conduisez-moi dans cette céleste demeure, que vous avez préparée à ceux qui vous craignent. »

En disant ces dernières paroles, il expira le 1er décembre de l’an 660. Il avait déjà fait plusieurs miracles avant d’être évêque, et depuis son épiscopat ; il en fit encore après sa mort. Sa vie a été écrite par saint Ouen, archevêque de Rouen, son contemporain et son ami.

Pratique. Saint Eloi devint un saint en vivant au milieu du monde, et même à la cour, parce qu’il ne fut point attaché de cœur au monde, et qu’il se préserva de sa corruption par une fidélité constante aux exercices de la religion. Suivons son exemple en vivant chrétiennement dans ce même monde, en y remplissant, selon l’ordre de la Providence, les obligations de notre état ; que surtout la prière, la méditation de la loi du Seigneur, soient pour nous un devoir sacré ; la vérité nous éclairera, et sa lumière, si nous sommes fidèles, nous dirigera toujours dans les routes de la justice.

Prière.  Que votre loi, Seigneur, et vos divins mystères soient toujours présents à mon esprit et à mon cœur. J’y puiserai par votre grâce la paix et l’innocence de la vie, la confiance à la mort et l’avant-goût de l’éternité bienheureuse. Ainsi soit-il.

 

Une leçon d’humilité : d’une légende sur Saint Éloi

Éloi, simple maréchal-ferrant, s’était installé à son compte et avait accroché à sa porte une enseigne ainsi conçue : « Éloi. Maître sur maître. Maître sur tous ». Considérant que ce « Maître sur tous » était un défi à la puissance céleste, Jésus-Christ résolut de donner à Éloi une bonne leçon d’humilité.

Le Christ s’habilla donc comme un simple et pauvre forgeron et vint demander de l’embauche à l’atelier d’Éloi.
– Que sais-tu faire ? demande celui-ci.
– Je sais forger et ferrer aussi bien que qui que ce soit au monde.
– Que dis-tu de ce fer que je viens de forger ?
– Pas mal, mais on peut faire mieux.

Là-dessus, et sans attendre, Jésus forge un fer bien mieux fini, bien plus élégant que celui d’Éloi. Mais il ne s’arrête pas là. Ayant vu à la porte de la forge un cheval en attente d’être ferré, Jésus lui coupe la jambe, la met sur l’enclume, pose le fer, puis rattache la jambe au cheval qui paraît ne s’être aperçu de rien. Colère d’Éloi qui, pour relever ce défi, coupe une autre jambe du cheval et s’apprête à y poser un fer. Mais le cheval, cette fois, saigne, hennit de douleur, s’abat, et mourrait bientôt si Jésus n’arrêtait miraculeusement l’hémorragie avant de remettre la jambe en place. Du coup, Éloi capitule. Il prend son marteau et brise son enseigne en disant : « Qui que tu sois, c’est toi le maître et c’est moi le compagnon. » Alors le Christ dit : « Heureux celui qui s’humilie. » Éloi comprend enfin à qui il a affaire et se prosterne. Je te pardonne, dit le Christ, car je te crois guéri. Reste « Maître sur maître » ; mais souviens-toi que je suis seul « Maître sur tous ».

Prières

Oratio

Exáudi, quæsumus, Dómine, preces nostras, quas in beáti Elígii Confessóris tui atque Pontíficis sollemnitáte deférimus : et, qui tibi digne méruit famulári, eius intercedéntibus méritis, ab ómnibus nos absólve peccátis. Per Dóminum nostrum.

Oraison

Nous vous supplions, Seigneur, d’exaucer les prières que nous vous adressons en la solennité du bienheureux Éloi, votre Confesseur et Pontife, et de nous accorder, grâce aux mérites et à l’intercession de celui qui vous a si dignement servi, le pardon de tous nos péchés. Par Jésus-Christ, notre Seigneur.

Prière de Guerric d’Igny (vers 1087-1157)

Vous avez fait un travail considérable mon Seigneur, en vous mettant à mon service. Il n’est que trop juste, trop normal qu’à présent vous vous reposiez, et que votre serviteur, reprenant son rôle se mette à votre service. Quel prix vous avez mis pour me ramener à ce service inutile que je vous rends, vous qui n’avez pas même besoin du ministère des anges ! Avec quel art de délicatesse, de tendresse vous êtes arrivé à me récupérer, et à ramener à l’obéissance votre serviteur rebelle ! Vous avez vaincu le mal par le bien, vous avez fait rougir l’orgueilleux par votre humilité, vous avez écrasé l’ingrat sous vos bienfaits ! vous êtes arrivé à vaincre le rebelle, Seigneur, – c’est fait ! Je tends mes mains à vos liens, je courbe ma tête sous votre joug. Daignez seulement accepter mon service, permettez que je travaille pour vous. Ainsi soit-il

Antiennes

Ã. Angelus Domini nuntiavit Mariæ, et concepit de Spiritu Sancto, alleluia.

Ã. L’ange du Seigneur a annoncé à Marie, et elle a conçu du Saint Esprit, alleluia.

Ã. Ante quam convenirent inventa est Maria habens in utero de Spiritu Sancto, alleluia.

Ã. Avant qu’ils eussent habité ensemble, Marie se retrouva enceinte de l’Esprit Saint, alleluia.

Antienne grégorienne “Ante quam convenirent"

Antiennes Angelus et Antequam