Jeudi 5 novembre (ReConfinement J7) : Anniversaire

La Punchline de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus

Dieu n’appelle pas ceux qui en sont dignes, mais ceux qu’il lui plaît d’appeler.

Sermon de Mgr Geert Stuyver pour les ordinations sacerdotales du 5 novembre 2005 à Verrua Savoia

“Magnificat anima mea Dominum” : Mon âme exalte le Seigneur.

Par ces paroles, mes chers amis, je m’adresse à vous pour exprimer ma grande joie à l’occasion de cette ordination à la prêtrise de deux diacres. Cet événement heureux et encourageant n’aurait pas eu lieu si on n’avait pas pu fêter cette année le 20ème anniversaire de l’Institut Mater Boni Consilii.

En effet, dès sa fondation, l’Institut Mater Boni Consilii a comme finalité primaire l’offrande quotidienne sur les autels de “l’oblatio munda”, c’est-à-dire du Saint Sacrifice, de la Sainte Messe qui est vierge de toute allégeance à Benoît XVI (hier Jean-Paul II) afin qu’il ne soit pas profané ni souillé. Il me semble que l’ouverture du séminaire Saint Pierre Martyr pour les candidats au sacerdoce était une conséquence logique de cette finalité primaire. Soyons reconnaissants aux fondateurs de l’Institut (et n’oublions pas Mgr Guérard des Lauriers) d’avoir eu la foi, le courage et la persévérance de continuer ce séminaire. Aujourd’hui, Dieu soit loué, nous voyons le fruit de cette œuvre : l’ordination de deux prêtres.  Bien sûr, c’est le petit nombre par rapport au nombre des candidats les jours d’ordination dans les diocèses d’autrefois. Mais Dieu ne compte pas les nombres, Il regarde l’intensité de notre Foi, de notre Espérance et de notre Charité.

“Sacerdos alter Christus”

Par l’imposition des mains et la préface consécratoire, les paroles de l’ange adressées à la Vierge Marie se réalisent à nouveau : “l’Esprit-Saint viendra sur vous et la puissance du Très-Haut vous couvrira de son ombre » (Lc 1, 35). Tout à l’heure, le Saint-Esprit enveloppera les deux élus et opèrera entre le Christ et eux une éternelle ressemblance.  Après cette cérémonie, ils seront des hommes transformés : “Tu es prêtre à jamais, selon l’ordre de Melchisédech » (Ps 109, 4). Cette ressemblance au Christ est produite dans l’âme du prêtre par le caractère sacerdotal. Ce caractère marque l’âme de l’empreinte ineffaçable de Jésus, Pontife suprême : il demeurera en lui pour l’éternité. Ce caractère consacre le prêtre au Christ en qualité de ministre. Il lui donne un pouvoir surnaturel. Le Christ le revêt de son pouvoir. Jésus opère efficacement par le ministère du prêtre. Vous avez certainement remarqué que pendant la Sainte Messe le prêtre ne dit pas : “Ceci est le Corps… est le Sang du Christ”, mais qu’il dit : “Ceci est mon Corps… ceci est mon Sang…”. Pourquoi ose-t-il dire cela ? En raison de son identification avec le Christ, le Pontife éternel. Au confessionnal il dit : “Ego te absolvo : Je vous absous”. Il ne fait pas appel à Dieu, il commande : “Ego, Je vous absous”. L’Église, en mettant sur les lèvres du prêtre cette formule sacrée, sait qu’il est un avec “le Christ qui opère avec lui et par lui”. Le prêtre est l’intermédiaire sacré entre la terre et le ciel. “Car tout pontife pris d’entre les hommes est établi pour les hommes en ce qui regarde Dieu » (Hbr 5, 1). Il est chargé des dons sacrés. Au Père, il offre Jésus immolé sacramentellement ; aux hommes, il fait part des fruits de la Rédemption, c’est-à-dire qu’il leur apporte les grâces et le pardon divins. Bien sûr, Jésus Lui-même sanctifie les âmes des élus, mais Il le fait par l’intermédiaire de ses prêtres. Du berceau au lit de mort, on trouve le prêtre qui tient la place du Christ.  Il est là comme dispensateur autorisé des trésors et des miséricordes de Dieu.

“Sacerdos alter Christus”, “le prêtre est un autre Christ”, dit l’adage. Il est le reflet parmi les hommes du sacerdoce du Fils. Ici-bas : rien au-dessus de l’excellence du sacerdoce. Faisons-nous donc une très haute idée de la dignité sacerdotale. Un jour d’ordination, saint François de Sales s’apercevait qu’à la porte de l’église un nouvel ordonné s’arrêtait comme s’il disputait avec quelqu’un d’invisible à qui passerait le premier. Le jeune prêtre avouait qu’il avait le bonheur de voir son ange gardien. “Maintenant, disait-il, il ne veut plus passer avant moi”.

“Innova in visceribus eorum spiritum sanctitatis”

Chers ordinands, de cette dignité résulte pour vous une grave obligation de tendre vers la perfection. Vous devez vous convaincre de la réelle sainteté à laquelle vous êtes appelés. Le saint Pape Pie X, dans son exhortation au clergé catholique, dit qu’entre le prêtre et un honnête homme quelconque, il doit y avoir autant de différence qu’entre le ciel et la terre; et pour cette raison, le prêtre doit prendre garde que sa vertu soit exempte de tout reproche, non seulement en matière grave, mais encore en matière légère. Votre devoir de tendre à la sainteté est une exigence de votre pouvoir sur le Corps et le Sang du Fils de Dieu. Vous serez les intimes de Jésus, les ministres de son sacrifice. Pensez-y souvent. Vous aurez la fonction de dispensateurs de la grâce. A ce titre, ne devez-vous pas vous-même, les premiers, être sanctifiés par elle ? Et enfin, les fidèles attendent de vous une leçon d’exemple. Si le prêtre prêche aux autres la loi du Christ, peut-il par sa conduite démentir la vérité qu’il enseigne ? N’oubliez jamais que vous ne cessez pas d’être prêtres en descendant de l’autel. Vous le serez partout et toujours. Comme Jésus, vivez l’esprit tourné vers les intérêts de Dieu.

Ne perdez pas courage. Le poids de tant de gloire, de tant de grâces et de tant de responsabilité ne vous accablera pas, car le caractère sacerdotal est aussi un foyer d’où jaillit une grâce surabondante, force et lumière. “Dieu est assez puissant pour augmenter sa grâce en toi”. Et Saint Paul dit : “J’ai confiance que Celui qui a commencé en vous cette bonne œuvre la perfectionnera » (Phi 1, 6). Mes chers ordinands, Jésus est prêtre en raison de l’union hypostatique. Sa conception dans le sein virginal de Marie était son ordination. Sur le Cœur Immaculé de la Vierge Marie est fondé le sacerdoce catholique. Alors, il est tout à fait naturel que le prêtre se consacre au Cœur Immaculé de Marie. La Vierge Marie est la “domus aurea”, est la “maison d’or” du prêtre, elle est la mère du prêtre. “Dans les périls, les angoisses, les doutes, pense à Marie, invoque Marie” (St Bernard).

Je termine avec un souhait tiré du pontifical : “que la bonne odeur de vos vertus réjouisse l’Eglise de Jésus-Christ; que votre prédication et votre exemple édifient la maison de Dieu, c’est-à-dire ses enfants, si bien que pour avoir conféré ou reçu la charge d’un tel ministère, Dieu ne nous punisse pas mais nous récompense plutôt”.

Que la Mère du bon Conseil vous conseille et vous protège.

Prières

Exhoration de Saint Irénée de Lyon (130-202)

Si tu es l’ouvrage de Dieu, attends tout de sa main : livre-toi à Celui qui peut te modeler et qui fait bien toutes choses et reçois en toi la forme que le Maître Ouvrier veut te donner. Garde en toi cette humilité qui vient de la grâce, de peur que ta rudesse n’empêche le Seigneur d’imprimer en toi la marque de son doigt. C’est en recevant cette empreinte que tu deviendras parfait, et seul le Seigneur pourra faire une œuvre d’art avec cette pauvre argile que tu es. En effet, faire est le propre de la bonté de Dieu et Le laisser faire, c’est le rôle qui convient à ta nature d’homme.

Prière de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus pour les prêtres (1873-1897)

Ô Jésus, Éternel souverain Prêtre, gardez vos prêtres sous la protection de votre Sacré-Cœur, où personne ne peut leur faire de mal. Gardez sans tache leurs mains consacrées, qui touchent chaque jour votre Corps sacré. Gardez pures leurs lèvres, qui sont empourprées de votre Précieux Sang. Gardez pur et détaché leur cœur, qui est marqué du sceau sublime de votre glorieux Sacerdoce. Faites-les grandir dans l’amour et la fidélité envers vous ; protégez-les de la contamination de l’esprit du monde. Donnez-leur avec le pouvoir de changer le pain et le vin, le pouvoir de changer les cœurs. Bénissez leurs travaux par des fruits abondants, donnez-leur un jour la couronne de la vie éternelle. Ainsi soit-il.

Prière de Pie XII pour les vocations (6 novembre 1957)

Seigneur Jésus, Souverain Prêtre et Pasteur universel, qui nous avez enseigné à prier en disant :  » Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson « , écoutez avec bienveillance nos supplications et suscitez en grand nombre des âmes généreuses, qui, animées par votre exemple et soutenues par votre grâce, aspirent à être les ministres et les continuateurs de votre vrai et unique sacerdoce. Faites que les embûches et les calomnies de l’ennemi mauvais, aidé par l’esprit indifférent et matérialiste de ce siècle, n’obscurcissent pas chez les fidèles la sublime splendeur et la profonde estime reconnues à la mission de ceux qui, sans être du monde, vivent dans le monde pour être les dispensateurs des divins mystères.

Faites que pour préparer de bonnes vocations, on continue toujours à donner à la jeunesse l’instruction religieuse, une formation à une piété sincère, à la pureté des mœurs et au culte du plus haut idéal. Faites que pour collaborer à cette œuvre la famille chrétienne ne cesse jamais d’être une pépinière d’âmes pures et ferventes, consciente de l’honneur de donner au Seigneur quelques-uns de ses nombreux rejetons. Faites que votre Église ait dans toutes les parties du monde les moyens nécessaires pour accueillir, favoriser, former et conduire à terme les bonnes vocations qui s’offrent à elle. Et pour que tout cela devienne une réalité, ô Jésus, qui désirez tant le bien et le salut de tous, faites que la puissance irrésistible de votre grâce ne cesse de descendre du ciel jusqu’à être dans de nombreux esprits tout d’abord un appel silencieux, puis une généreuse réponse, et, enfin, une persévérance dans votre service.

Ne souffrez-vous pas, Seigneur, de voir tant de multitudes, telles des troupeaux sans pasteur, sans personne qui rompe pour elles le pain de votre parole, qui leur présente l’eau de votre grâce, risquer ainsi d’être à la merci des loups rapaces qui les menacent continuellement ? Ne souffrez-vous pas de contempler tant de champs où ne s’est pas encore enfoncé le soc de la charrue, où croissent, sans que quelqu’un leur dispute le terrain, les chardons et les ronces ? N’éprouvez-vous pas de la peine à considérer tant de vos jardins, hier verts et touffus, près de jaunir et devenir incultes ? Permettrez-vous que tant de moissons déjà mures s’égrènent et se perdent, faute de bras qui les récoltent ?

Ô Marie, Mère toute pure, dont les mains pleines de pitié nous ont donné le plus saint de tous les prêtres ; ô glorieux Patriarche saint Joseph, exemple parfait de réponse aux appels divins ; ô saints prêtres, qui formez au ciel autour de l’Agneau de Dieu un chœur privilégié, obtenez-nous en grand nombre de bonnes vocations, afin que le troupeau du Seigneur, soutenu et guidé par des pasteurs vigilants, puisse arriver aux très doux pâturages de la félicité éternelle. Ainsi soit-il.

Chants

In spiritu humilitatis et in animo contrito suscipiamur ad te Domine, et sic fiat sacrificium nostrum in conspectu tuo hodie ut placeat tibi Domine Deus.

En esprit d’humilité, et le cœur contrit, que nous soyons reçus par vous, Seigneur : et tel s’accomplisse notre sacrifice, qu’il soit reçu de vous en ce jour, et qu’il vous soit agréable, Seigneur Dieu.

Motet “In spiritu humilitatis”

par Luca Ricossa © 2005

Ã. Sacerdotes Dei, benedicite domino ; servi Domini, hymnum dicite Deo, alleluia.

Ã. Prêtres de Dei, bénissez le Seigneur ; serviteurs du Seigneur, chantez une hymne à Dieu, alleluia.

Antienne grégorienne “Sacerdotes Dei”

Antienne Sacerdotes Dei