Samedi 21 novembre (ReConfinement J23) : Présentation de la Bse Vierge Marie

La Punchline de Saint Bernard

Que le nom de Marie ne quitte pas tes lèvres,
Qu’il ne quitte pas ton cœur
Et, pour obtenir la faveur de ses prières,
N’oublie pas les exemples de sa vie.

La Présentation de la Vierge Marie au Temple par Dom Pius Parsch

« C’est aujourd’hui la préface des complaisances de Dieu (l’« eudoxie » du Gloria des anges) et l’annonce de la Rédemption du genre humain ; dans le temple de Dieu la Vierge est vraiment présentée et le Christ annoncé à tous. Disons-lui nous aussi à haute voix : Salut, instrument de la Rédemption divine ! » (Contakion des Grecs)

L’objet de la fête ne figure pas dans la Sainte Écriture, mais dans les apocryphes, spécialement dans ce que l’on nomme le protévangile de Jacques. Après que la future naissance de Marie lui eut été annoncée par un ange, sainte Anne aurait fait vœu de consacrer l’enfant au Seigneur. C’est pourquoi on la porta, après sa naissance, dans une sainte maison où avaient seules accès les vierges d’Israël. Puis, à l’âge de trois ans, elle fut conduite au Temple. Elle y fut élevée comme une colombe et recevait la nourriture de la main d’un ange. Telle est la légende. — La fête fut célébrée en Orient dès le VIIIe siècle et elle y avait même le caractère de solennité chômée. La fête est désignée en Orient sous la dénomination suivante : L’entrée de la Mère de Dieu au Temple. Elle fut introduite dans l’Église Romaine par un envoyé du roi de Chypre qui séjourna à la cour des papes à Avignon (1371). Sixte IV la rendit obligatoire pour l’Église universelle en 472. Pie V supprima la fête, mais elle fut rétablie quelques années plus tard.

La Messe est du commun (Salve sancta). L’Oraison propre demande pour nous la grâce « d’être présentés aussi un jour dans le temple de la gloire de Dieu ». Nous voyons comment la liturgie rapporte tout à notre transfiguration et à notre sanctification (une pensée du temps). Aujourd’hui nous voulons célébrer l’Offertoire de la messe en union avec Marie s’offrant au Temple. Quel entier abandon de la part de Marie et quelles complaisances de la part de Dieu dans cette offrande de la Mère de Dieu !

La prière des Heures. — Saint Ambroise nous trace un beau portrait de la vie cachée de Marie : « Quelles innombrables vertus brillent dans la Vierge incomparable ! Sanctuaire de la pureté, étendard de la foi, soumission de la piété ! Vierge à la maison, elle s’empresse comme associée au service divin, comme mère au Temple. Ô combien de vierges elle accueille par ces mots : « Voici celle qui a gardé dans une pureté immaculée le berceau de mon Fils, la chambre nuptiale. » À quoi bon rappeler avec quelle modération elle prenait sa nourriture, avec quelle abondance elle pratiquait ses devoirs (religieux) ? Cette abondance a dépassé les forces de la nature, cette modération a presque fait défaut aux besoins de la nature. Ici pas d’interruption, là des jours de jeûne successifs. Et, si le désir de refaire ses forces se présentait, la nourriture, ordinairement la première venue, servait plutôt à empêcher la mort qu’à procurer un plaisir. En Marie la recherche du sommeil n’en précédait jamais le besoin. Et, encore, l’âme continuait-elle de veiller pendant que le corps se reposait : en dormant elle pensait à ce qu’elle avait lu ou bien, interrompant le sommeil, elle continuait la lecture, ou bien elle exécutait les résolutions prises ou bien elle en prenait de nouvelles. »

La Vierge Marie, Maison de la Sagesse divine : Sermon de Saint Bernard

« La Sagesse s’est bâtie une maison, elle a taillé sept colonnes » (Prv 9, 1).

Comme le mot sagesse se prend en plusieurs sens, il faut rechercher qu’elle est la sagesse qui s’est bâtie une maison. En effet, il y a la sagesse de la chair qui est ennemie de Dieu. (Rm 8, 7), et la sagesse de ce monde qui n’est que folie aux yeux de Dieu (1 Cor 3, 19). L’une et l’autre, selon. l’apôtre saint Jacques, font la sagesse de la terre, « la sagesse animale, diabolique » (Iac 3, 15). C’est suivant cette sagesse que sont sages ceux qui ne le sont que pour faire le mal, et qui ne savent pas faire le bien; mais ils sont accusés et condamnés dans leur sagesse, selon ce mot de l’Écriture : « Je saisirai les sages dans leurs ruses, je perdrai la sagesse des sages, et je rejetterai la science des savants » (1 Cor 1, 19). Il me semble qu’on peut parfaitement et proprement appliquer à ces sages cette parole de Salomon : « Il est encore un mal que j’ai vu sous le soleil, c’est l’homme qui est sage à ses yeux. » Ni la sagesse de la chair, ni celle du monde n’édifie, loin de là, elle détruit plutôt la maison où elle habite. Il y a donc une autre sagesse qui vient d’en haut; elle est avant tout prodigue, puis elle est pacifique. Cette Sagesse c’est le Christ, la vertu de Dieu, la sagesse de Dieu, dont l’Apôtre a dit : « Il nous a été donné pour être notre sagesse, notre justice, notre sanctification et notre rédemption » (1 Cor 1, 30).

Ainsi cette Sagesse qui était la sagesse de Dieu, et qui était Dieu, venant à nous du sein du Père, s’est édifié une demeure, je veux parler de la Vierge Marie sa mère, et dans cette demeure il a taillé sept colonnes. Qu’est-ce à dire, il a taillé dans cette maison sept colonnes, si ce n’est qu’il l’a préparée par la foi et par les œuvres à être une demeure digne de lui? Le nombre trois est le nombre de la foi à cause de la sainte Trinité, et le nombre quatre est celui des mœurs à cause des quatre vertus principales. Je dis donc que la sainte Trinité s’est trouvée dans la bienheureuse Marie, et s’y est trouvée par la présence de sa majesté, bien qu’elle n’ait reçu que le Fils quand il s’est uni la nature humaine : et j’en ai pour garant le témoignage même du messager céleste qui lui découvrit en ces termes le secret de ce mystère : « Je vous salue, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous » : et un peu après : « Le Saint-Esprit surviendra en vous, et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre » (Lc 1, 28). Ainsi vous avez le Seigneur, vous avez la vertu du Très-Haut et vous avez le Saint-Esprit : en d’autres termes, vous avez le Père, le Fils et le Saint-Esprit. D’ailleurs le Père ne va point sans le Fils, non plus que le Fils sans le Père, de même que le Saint-Esprit, qui procède des deux, ne va ni sans l’un ni sans l’autre, s’il faut en croire ces paroles du Fils : « Je suis dans le Père et le Père est en moi. » Et ailleurs : « Quant à mon Père qui demeure en moi, c’est lui qui fait tout » (Io 14, 10). Il est clair que la foi de la sainte Trinité se trouvait dans le cœur de la Vierge.

Mais eut-elle aussi les quatre autres colonnes, je veux dire les quatre vertus principales? Le sujet mérite que nous nous en assurions. Voyons donc d’abord si elle eut la vertu de force. Comment cette vertu lui aurait-elle fait défaut quand, rejetant les pompes du siècle et méprisant les voluptés de la chair, elle conçut le projet de vivre pour Dieu seul dans sa virginité? Si je ne me trompe, la Vierge est la femme dont Salomon parle en ces termes : « Qui trouvera une femme forte? Elle est plus précieuse que ce qu’on va chercher au bout du monde » (Prv 31, 10). Telle fut sa force, en effet, qu’elle écrasa la tête du serpent à qui le Seigneur avait dit : « Je mettrai des inimitiés entre la femme et toi, entre sa race et la tienne; elle t’écrasera la tête » (Gn 3, 15). Pour ce qui est de la tempérance, de la prudence et de la justice, on voit plus clair que le jour, au langage de l’Ange, et à sa réponse à elle, qu’elle possédait ces vertus. En effet, à ce salut si profond de l’Ange : « je vous salue, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous », au lieu de s’élever dans sa pensée, en s’entendant bénir pour ce privilège unique de la grâce, elle garde le silence, et se demande intérieurement ce que pouvait être ce salut extraordinaire. N’est-ce point la tempérance qui la fait agir en cette circonstance? Puis, lorsque l’Ange l’instruit des mystères du ciel, elle s’informe de lui avec soin de la manière dont elle pourrait concevoir et enfanter un fils, puisqu’elle ne connaissait point d’homme; évidemment, dans ces questions, éclate sa prudence. Quant à sa justice, elle la prouve lorsqu’elle se déclare la servante du Seigneur. En effet, on trouve la preuve que la confession est le propre des justes dans ces paroles du Psalmiste : « Ainsi les justes confesseront votre nom, et ceux qui ont le cœur droit demeureront en votre présence » (Ps 139, 14). Ailleurs, on lit encore à propos des justes : « Et vous direz, en confessant ses louanges : « les œuvres du Seigneur sont souverainement bonnes »  » (Sir 39, 21).

Ainsi la bienheureuse Vierge Marie s’est montrée forte dans ses desseins, tempérante dans son silence, prudente dans ses questions et juste dans sa confession. C’est sur ces quatre colonnes des mœurs et sur les trois de la foi dont j’ai parlé plus haut, que la sagesse céleste s’est élevée en elle une demeure; elle remplit si bien son cœur que, de la plénitude de son âme, sa chair fut fécondée et que toute Vierge qu’elle fût, elle enfanta, par une grâce singulière, cette même Sagesse qui s’était revêtue de notre chair, et qu’elle avait commencé par concevoir auparavant dans son âme pleine de pureté. Et nous aussi, si nous voulons devenir la demeure de cette même Sagesse, il faut que nous lui élevions également en nous une demeure qui repose sur les sept mêmes colonnes, c’est-à-dire que nous nous préparions à la recevoir par la foi et les mœurs. Or, dans les vertus morales je crois que la justice toute seule peut suffire, mais à condition qu’elle se trouve entourée et soutenue par les autres vertus. Aussi, pour ne point nous trouver induits en erreur par l’ignorance, il faut que la prudence marche devant ses pas, que la tempérance et la force marchent à ses côtés, la soutiennent et l’empêchent de tomber soit à droite, soit à gauche.

Prières

Oratio

Deus, qui beátam Maríam semper Vírginem, Spíritus Sancti habitáculum, hodiérna die in templo præsentári voluísti : præsta, quæsumus ; ut, eius intercessióne, in templo glóriæ tuæ præsentári mereámur. Per Dóminum . . . in unitáte eiúsdem.

Oraison

Ô Dieu, qui avez voulu qu’en ce jour, la bienheureuse Marie toujours Vierge, en qui résidait l’Esprit-Saint, vous fût présentée au temple ; faites que, grâce à son intercession, nous méritions de vous être présentés dans le temple de votre gloire. Par Jésus-Christ, notre Seigneur.

Prières de Sainte Mechtilde de Hackeborn

Je vous salue au nom de la toute-puissance du Père, je vous salue au nom de la sagesse du Fils, je vous salue au nom de la bonté du Saint-Esprit, ô très douce Marie, lumière du ciel et de la terre.
Pleine de grâce, et votre plénitude découle sur tous ceux qui vous aiment.
Le Seigneur est avec vous, Fils unique du Père, Fils unique de votre cœur virginal, votre ami et très doux Epoux.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes, car vous avez mis en fuite la malédiction et attiré l’éternelle bénédiction.
Le fruit de vos entrailles est béni, lui le Créateur et le Seigneur de l’univers, qui bénit et sanctifie tout, qui unifie et enrichit toutes choses.

Je vous salue, ô Vierge très illustre, en cette douce rosée qui, du cœur de la très sainte Trinité, se répandit en vous dès l’éternité, à cause de votre bienheureuse prédestination !
Je vous salue, ô Vierge très sainte, en cette douce rosée qui, du cœur de la très sainte Trinité, s’est écoulée en vous durant votre vie très heureuse.
Je vous salue, ô Vierge très noble, en cette douce rosée qui, de la très bienheureuse Trinité, s’est écoulée en vous par la doctrine et la prédication de votre très doux Fils.
Je vous salue, ô Vierge très aimante, en cette douce rosée qui, de la sacrée Trinité, s’est écoulée en vous durant la très amère Passion et la mort de votre Fils.
Je vous salue, ô Vierge très vénérée, en cette douce rosée qui, du cœur de la très sainte Trinité, s’est écoulée en vous. Je vous salue, dans cette joie et cette gloire dont vous jouissez maintenant et dont vous jouirez à jamais, vous qui avez été choisie de préférence à toutes les créatures du ciel et de la terre, avant que le monde fût créé. Ainsi soit-il.

Antiennes

Ã. Dignare me laudare te, Virgo sacrata; da mihi virtutem contra hostes tuos.

Ã. Rendez-moi digne de vous louer, Vierge sainte; donnez-moi la force contre vos ennemis.

Antienne grégorienne “Dignare me"

Antienne Dignare me

Ã. Ave spes nostra, Dei Genitrix intacta ave, illud ave per angelum accipies, ave concipies patris splendorem. Benedicta ave, casta, sanctissima virgo, sola innupta, te glorificat omnis creatura, Matrem luminis.

Ã. Salut, ô notre espérance ! Mère intacte de Dieu, salut ! Vous recevrez ce salut de l’Ange. Salut ! Vous concevrez la Splendeur du Père. Salut, ô bénie, ô chaste, ô très Sainte Vierge, seule intacte. Que toute créature vous glorifie, Mère de la Lumière.

Antienne grégorienne “Ave spes nostra"

Antienne Ave spes nostra