25 mars — Annonciation de la Bse Vierge Marie

La Punchline de Saint Bernard

Dans les dangers, dans les angoisses, dans les doutes,
Pense à Marie, Invoque Marie !

L’Annonciation à Marie (Lc 1, 26-38) : commentaire de Dom Delatte

Après l’annonciation du Précurseur, saint Luc nous rapporte l’annonciation du Messie. Les cinq mois silencieux d’Élisabeth se sont écoulés. Nous sommes arrivés au sixième mois depuis la scène du temple. Maintenant, la scène est à Nazareth, dans la Galilée. Une humble maison, plus auguste que le temple. Un ménage humble et pauvre : un artisan, son épouse vierge. Regardons. Là nous pouvons tout apprendre. Nazareth est l’école par excellence. Nous voyons le milieu et l’atmosphère où s’accomplissent les œuvres de Dieu : l’humilité, la pauvreté, la solitude, la pureté, l’obéissance. — Ce même archange Gabriel, envoyé, dans l’Ancien Testament, pour renseigner Daniel sur le mystère des semaines d’années et la date de l’avènement du Messie, député à Zacharie pour lui apprendre que l’heure est proche, est envoyé maintenant de Dieu dans une ville de la Galilée, Nazareth, à une vierge du nom de Marie, épouse de Joseph, un rejeton de la famille de David.

« Et ayant pénétré près d’elle, il dit : “Je vous salue, pleine de grâce”… » Ce n’est pas avec des paroles qu’il faut commenter. Aussi bien, les termes sacrés sont pleins, riches de signification profonde. C’est vraiment la joie qui est annoncée au monde, et depuis cette heure-là, il n’y a plus que du bonheur pour ceux qui acceptent l’incarnation. Cette création surnaturelle qui s’éveille à la parole de l’ange suffit à l’allégresse du temps et à celle de l’éternité. — Le terme grec traduit par gratia plena signifie une plénitude de grâce reçue par Notre-Dame. Saint Thomas nous a dit en quoi consiste cette plénitude (S. Th., 3a, q. 27, art. 5). Et comme la grâce est la dot de l’âme et la condition de son union à Dieu, celle qui est pleine de grâce est pleinement à Dieu, pleinement avec Dieu ; elle est sainte non seulement par ses privilèges, mais par ses vertus. « Le Seigneur est avec vous ; vous êtes bénie entre les femmes. »

L’ange ne dit rien de plus. La salutation était plus large que toutes celles adressées dans l’Ancien Testament, l’attitude de l’ange infiniment respectueuse, la Vierge infiniment humble. Joignons ensemble tous ces éléments, et nous aurons la raison de la prudente réserve de Notre-Dame. Lorsqu’on remarque qu’elle fut troublée à ces paroles de l’ange, cela veut dire qu’elle demeura indécise sur ce qu’elle devait répondre. Et, gardant le silence, elle recherchait, à part elle, ce que pouvait signifier une telle salutation. Encore une fois, elle est humble, elle est prudente : l’ange l’a abordée comme une reine, mais il n’a encore rien dit de son message divin.

En face de ce silence, qui contenait une interrogation muette, Gabriel reprit la parole. Le ne timeas n’a pas pour dessein de bannir une crainte proprement dite, mais seulement d’exclure même le trouble et l’indécision que nous venons de décrire. Cette fois Notre-Dame est appelée par son nom : « Ne craignez point, Marie, car vous avez trouvé grâce devant Dieu. » La faveur de Dieu, la tendresse de Dieu, qui est souveraine, qui est gracieuse, qui est active, s’est reposée sur elle. La même expression a été employée au sujet de Noé, qui bâtit l’arche du salut : Noe vero invenit gratiam coram Domino (Gn 6, 8). Mais il s’agit aujourd’hui d’une faveur plus haute, d’une arche plus sainte, d’un salut plus complet. La Sainte Vierge connaissait les Écritures ; elle avait lu et médité, au chapitre 7 d’Isaïe, des expressions que l’ange emploie à son tour. « Voici que la Vierge concevra et enfantera un Fils, et on l’appellera Emmanuel. » — « Voici, dit l’ange, que vous concevrez dans votre sein et que vous enfanterez un Fils, et vous l’appellerez Jésus. » Le parallélisme était flagrant. Emmanuel, « Dieu avec nous », c’était l’équivalent de Jésus, « Dieu Sauveur ».

Observons par quels traits l’ange dessine la mission du Fils de la Vierge. Il sera grand : il sera appelé, parce qu’il sera réellement, Fils du Très-Haut. L’ange ne dit pas : le Fils du Très-Haut. Ses paroles semblent calculées pour marquer une relation intime avec Dieu, sans exprimer encore nettement la filiation divine et la seconde personne de la très Sainte Trinité. — Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père. Il régnera pour les siècles sur la maison de Jacob, et son règne n’aura point de fin. Remarquons les termes et l’étendue de la prophétie. C’est chose extraordinaire que cet enfant, qui n’est pas né encore, soit promis à sa Mère comme un roi, et comme un roi éternel, en dépit de l’humiliation à laquelle était réduit, à cette époque, le peuple juif tout entier. Peut-être avons-nous le droit de remarquer aussi que cette prophétie s’est accomplie, qu’elle s’accomplit chaque jour encore, qu’elle est partiellement inachevée, et que le temps ne dure que pour lui donner le loisir de sa pleine réalisation.

Il semble que Notre-Dame, même avant la salutation angélique, aurait dû se reconnaître comme prédestinée à devenir la Mère de Dieu. Elle connaissait admirablement les Livres Saints ; elle était pleine de grâce ; elle savait que les temps étaient venus ; elle était de la famille de David ; le Messie devait naître d’une vierge : or il lui avait été inspiré de vouer, la première, sa virginité à Dieu. Tous les indices semblaient donc réunis. Comment ne s’est-elle pas demandé : « Mais n’est-ce pas de moi qu’il est question ? » Elle ne se l’est pas demandé. Les humbles s’ignorent. Peut-être avait-elle souhaité seulement d’être la servante de la Mère du Messie. Et la salutation de l’ange, si claire pour nous après l’événement, ne fit pas sortir la Vierge de cette divine ignorance d’elle-même. Après tout, il y avait moyen d’interpréter les paroles angéliques de manière à demeurer en deçà d’une grandeur à laquelle elle n’avait jamais songé. Aussi longtemps qu’il demeurait une imprécision, une part d’obscurité dans le message divin, ce serait une retraite, un abri où se réfugierait l’humilité de la Vierge. Y a-t-il au monde un spectacle plus beau que celui-là ? Dieu, qui y était attentif, dut s’y complaire. Nous aussi, perdons-nous dans cette splendeur. — Voici comment on pourrait traduire cet incomparable malentendu : « Dieu, par l’ange, me promet un fils. Il sera glorieux. Mais puisque l’ange n’a pas dit formellement qu’il est le Messie, qu’il est le Fils de Dieu, ce sera un roi comme les autres, un homme comme les autres. Il naîtra d’une femme, non d’une vierge. Or, j’ai voué à Dieu mon corps et mon âme ; mon mariage n’est qu’un voile, et mon époux le gardien prédestiné de ma virginité. Comment donc pourra s’accomplir la promesse angélique, puisque j’ai fait vœu de n’être à aucun homme ? » Quomodo fiet istud, quoniam virum non cognosco ?

Dans la réponse de l’ange, nous entendons la réponse de Dieu. Le Fils qui sera donné à Marie ne sera pas le fruit d’un commerce humain : le vœu de virginité demeurera donc sauf. « C’est l’Esprit de Dieu, l’Esprit-Saint, qui descendra sur vous ; c’est la force du Très-Haut qui vous couvrira de son ombre. » Le texte grec est susceptible de plusieurs interprétations. La Vertu de Dieu, c’est-à-dire le Fils de Dieu, vous demandera son voile, sa nature humaine, l’ombre dont il s’enveloppera pour se rendre visible aux regards humains ; la Vertu de Dieu, le Fils de Dieu, entrera en vous, comme on entre dans sa demeure ; il se reposera à l’ombre de votre sein ; il sera, par vous, Dieu avec nous, Emmanuel, beaucoup plus vraiment que dans le Saint des Saints et à l’ombre des grands chérubins qui étendent leurs ailes sur le propitiatoire ; une troisième interprétation, celle qui est commune, et préférable, semble-t-il, reconnaît qu’il est question encore du Saint-Esprit, comme dans la première partie du verset ; nous aurions affaire à un cas de parallélisme synthétique et d’équivalence entre Spiritus Sanctus superveniet in te et Virtus Altissimi obumbrabit tibi. Par deux fois, l’ange a voulu signifier la pureté virginale de la conception promise. Ce n’est point l’homme, c’est Dieu seul, c’est la sainteté et la pureté de Dieu qui interviendra. Esprit-Saint et Vertu du Très-Haut indiquent tous deux une même réalité : Dieu dans sa sainteté et son pouvoir infini, en un mot l’élément actif de cette création surnaturelle. Les paroles qui suivent marquent le résultat, le fruit béni de cette action : « C’est pourquoi l’enfant qui doit naître sera appelé Saint et Fils de Dieu. » Le Fils de Dieu prendra, grâce à Notre-Dame, sa place dans la création, sa place, la première et l’unique, dans la famille humaine : Ut sit ipse primogenitus in multis fratribus (Rm 8, 29).

Il y a une grande différence entre l’accueil fait par Zacharie au message angélique : « Comment saurai-je qu’il en sera ainsi ? » et celui de la Sainte Vierge : « Comment cela se fera-t-il ? » Aucun doute n’effleure l’âme de Notre-Dame ; elle demande seulement à l’ange comment, dans sa vie, se pourront concilier deux devoirs : celui de l’obéissance et celui de son vœu. Néanmoins, nous remarquerons que Dieu use, dans l’un et l’autre cas, du même procédé. Il traite sa créature avec respect ; il lui donne un signe, c’est-à-dire une preuve de ses dires et une garantie de la foi qu’il réclame. Ainsi, ses témoignages sont croyables à l’infini : Testimonia tua credibilia facta sunt nimis. Ce signe, la Sainte Vierge ne le sollicitait pas : il lui fut gracieusement accordé. Pour obtenir son consentement, l’ange en appelle à une autre conception miraculeuse : Votre parente Élisabeth, elle aussi, a conçu un fils dans sa vieillesse ; depuis six mois déjà elle le porte en son sein, elle, la stérile. Car nulle parole prononcée par Dieu, nulle promesse sortie de ses lèvres ne sera jamais trahie, ni démentie, ni inexécutée.

II y avait un intérêt extrême, pour l’humanité et pour Dieu même, à ce que la Sainte Vierge donnât son adhésion au mystère. Lorsqu’il s’agit d’union et de mariage, il doit y avoir un consentement libre des deux parties. L’union hypostatique n’échappe pas à cette loi. C’est une union : ce n’est pas une conquête, ni une contrainte, une sorte de mainmise violente, où ne seraient point respectés les droits et la dignité d’un des contractants. Dieu, nous l’avons dit, traite sa créature avec égards. Or, ce consentement indispensable à l’Incarnation, Dieu ne pouvait le demander ni à la portion de l’humanité qui avait précédé et qui n’existait plus ; ni à la portion qui existait alors et qu’on ne pouvait plébisciter pour savoir si elle consentait à l’union divine ; ni à la portion future de l’humanité. On ne pouvait non plus consulter la nature humaine individuelle que devait revêtir le Verbe : elle n’existait pas encore, et c’était précisément en vue de son existence que le consentement était sollicité. Voilà donc les destinées du monde suspendues aux lèvres et au cœur de Notre-Dame. Entendons l’Église, dans sa liturgie, la supplier de consentir à Dieu : Suscipe verbum, Virgo Maria, quod tibi a Domino per angelum transmissum est… Monde créé et monde incréé, tous les deux sont anxieux, attentifs, épiant la réponse de la Vierge, qui, pour tous deux, sera décisive. Ce n’est pas un rêve arbitraire, mais la doctrine de saint Thomas d’Aquin : l’Annonciation, dit-il, était convenable : « Pour montrer ainsi un certain mariage spirituel entre le Fils de Dieu et la nature humaine. Et voilà pourquoi l’annonciation demandait le consentement de la Vierge représentant toute la nature humaine » (S. Th., IIIa, q. 30, art. 1). La Sainte Vierge n’ignorait pas ce que devait impliquer pour elle la maternité divine. Dieu n’a pas surpris sa Mère. Elle savait, par l’Écriture, sur quelles épines nues son cœur serait traîné. C’est, non les yeux fermés, mais les yeux ouverts, l’âme avertie et pleinement consciente, qu’elle adhère au vouloir du Seigneur.

La condition faite à Notre-Dame par l’Incarnation entraîne deux conséquences, qu’il nous suffira ici d’indiquer. La première, c’est que jamais fils n’a été le bien de sa mère autant que le Seigneur l’a été de Marie. La virginité de Notre-Dame attache son Fils à elle toute seule, à elle exclusivement, comme le fruit de sa pureté ; il est le Fils de sa chair et de sa volonté ; à lui elle a vraiment tout donné. Mais comment osons-nous parler de tels mystères ? Il nous faudrait pourtant ajouter encore qu’à l’heure même de l’Incarnation, Notre-Dame a concentré et ramassé en elle l’humanité entière ; que son âme a comme embrassé et enveloppé tout ce que nous sommes ; et qu’à l’exemple de son Fils, à raison du même acquiescement qui lui a été demandé par Dieu, nous sommes à elle comme nous ne sommes à personne. Elle est la Mère de tous les vivants, la nouvelle Ève. Comment peut-il demeurer une tristesse sur terre, depuis que l’éternité elle-même s’est inclinée, que les cieux se sont abaissés, que l’ange est venu au nom de Dieu, et que Notre- Dame et notre Mère lui a répondu simplement : « Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon votre parole » ?

Et l’ange se retira d’auprès d’elle. Et, en même temps que la Vierge disait à Dieu : Ecce ancilla Domini, dans une adoration parfaite, s’élevait de son sein une adoration plus parfaite encore. La Mère de Dieu se disait la servante du Seigneur ; le Fils de Dieu se disait l’esclave et le serviteur de Dieu. L’apôtre saint Paul nous l’a révélé : « Lorsque le Christ fit son entrée ici-bas, il dit : Vous ne vouliez plus d’hosties et d’oblations, alors vous m’avez donné un corps ; les holocaustes et les victimes pour le péché ne vous plaisaient point, alors j’ai dit : Me voici, selon qu’en tête du livre il est écrit de moi, pour faire, ô Dieu, votre volonté. » (Hbr 10, 5-7.) C’est au même instant que, du cœur du Fils comme de celui de la Mère, montait vers Dieu le parfum d’un même sacrifice, d’une même adoration.

Le nom de la Vierge était Marie (Lc 1, 27) : Sermon de Saint Bernard

Quelques mots sur ce nom de Marie, dont la signification désigne l’étoile de la mer: ce nom convient merveilleusement à la Vierge mère ; c’est en effet avec bien de la justesse qu’elle est comparée à un astre, car de même que l’astre émet le rayon de son sein sans en éprouver aucune altération, ainsi la vierge a enfanté un fils sans dommage pour sa virginité. D’un autre côté, si le rayon n’enlève rien à l’éclat de l’astre qui l’émet, de même le Fils de la Vierge n’a rien diminué à sa virginité. Elle est en effet la noble étoile de Jacob qui brille dans les cieux, rayonne dans les enfers, illumine le monde, échauffe les âmes bien plus que les corps, consume les vices et enflamme les vertus. Elle est belle et admirable cette étoile qui s’élève au dessus du vaste océan, qui étincelle de mérites et instruit par ses exemples.

Ô toi qui te vois ballotté dans le courant de ce siècle,
Au milieu des orages et des tempêtes
De manière plus périlleuse que si tu marchais sur terre,
Ne détourne pas les yeux de l’éclat de cet astre
Si tu ne veux pas sombrer dans les tempêtes.

Si les vents de la tentation s’élèvent,
Si tu rencontres les récifs des tribulations,
Regarde l’étoile,
Invoque Marie !

Si tu es submergé par l’orgueil,
L’ambition, le dénigrement et la jalousie,
Regarde l’étoile,
Crie vers Marie !

Si la colère,
L’avarice
Ou les fantasmes de la chair
Secouent le navire de ton esprit,
Regarde Marie !

Si, accablé par l’énormité de tes crimes,
Confus de la laideur de ta conscience,
Effrayé par l’horreur du jugement,
Tu commences à t’enfoncer
Dans le gouffre de la tristesse,
Dans l’abîme du désespoir,
Pense à Marie !

Dans les dangers,
Dans les angoisses,
Dans les doutes,
Pense à Marie,
Invoque Marie !

Que son nom ne quitte pas tes lèvres,
Qu’il ne quitte pas ton cœur
Et, pour obtenir la faveur de ses prières,
N’oublie pas les exemples de sa vie.

En suivant Marie, on ne dévie pas,
En la priant on ne désespère pas,
En pensant à elle, on ne se trompe pas.

Si elle te tient par la main, tu ne tomberas pas ;
Si elle te protège, tu ne craindras pas ;
Si elle te guide, tu ne connaîtras pas la fatigue ;
Si elle est avec toi, tu es sûr d’arriver au but :

Ainsi tu comprendras, par ta propre expérience,
Combien cette parole est juste :
« Le nom de la Vierge était MARIE » (Lc 1, 27).

Prières

Oratio

Deus, qui de beátæ Maríæ Vírginis útero Verbum tuum, Angelo nuntiánte, carnem suscípere voluísti : præsta supplícibus tuis ; ut, qui vere eam Genetrícem Dei crédimus, eius apud te intercessiónibus adiuvémur. Per eúndem Dóminum.

Oraison

Ô Dieu, qui avez voulu que votre Verbe prît un corps humain à la parole de l’Ange dans le sein de la bienheureuse Vierge Marie ; accordez à ceux qui vous en supplient que, nous qui la croyons véritablement Mère de Dieu, nous soyons secourus auprès de vous grâce à son intercession.

Ô Vierge sainte, ma glorieuse princesse et ma bonne mère, je me réfugie auprès de vous ; laissez-moi m’abriter sous le manteau de votre particulière protection, et me protéger dans le sein de votre miséricorde.
Je vous confie mes désirs et mes espoirs, mes difficultés et mes angoisses, toute ma vie et ma mort, afin que, par votre sainte intercession et vos mérites, tous mes travaux soient dirigés selon votre volonté et celle de votre divin Fils. Ainsi soit-il.

Prière de Saint Grégoire de Nazianze (329-390)

Ô Vierge souveraine, souveraine et bienheureuse, vous habitez au Ciel au séjour des élus, et vous avez secoué toute la pesanteur humaine pour revêtir la parure de l’immortalité ; on sait que vous êtes, comme Dieu, toujours jeune. Du haut du Ciel, recevez mes prières avec bienveillance. Oui, oui, Vierge très glorieuse, acceptez mes prières. Parmi les mortelles, vous possédez sans partage le privilège d’être la Mère du Verbe, d’une manière qui dépasse l’entendement. C’est pourquoi je mets en vous ma confiance, je vous adresse à mon tour mes prières et je vous offre, ô Maîtresse, une couronne tressée avec les fleurs d’une prairie sans tache en échange des grâces dont vous m’avez comblé, protégez-moi toujours des malheurs de toute sorte, des ennemis visibles et plus encore des ennemis invisibles. Puissé-je franchir la dernière étape comme j’ai commencé ma vie et vous avoir toujours pour Protectrice à tout instant et pour Avocate toute-puissante auprès de votre Fils en compagnie des Saints qui lui sont agréables ! Ne permettez pas que je sois livré au supplice pour être le jouet du Malin qui corrompt les âmes. Protégez-moi, préservez-moi du feu et des ténèbres. Que la foi et la grâce qui sont en vous me servent de justification ; car on sait que la grâce de Dieu nous vient par votre intermédiaire. Ainsi soit-il.

Antiennes

Ã. Missus est Gabrihel Ángelus ad Maríam Vírginem desponsátam Ioseph.

Ã. L’Ange Gabriel fut envoyé à la Vierge Marie, l’épouse de Joseph.

Antienne grégorienne “Missus est”

Antienne Missus est

Ã. Ecce ancílla Dómini : fiat mihi secúndum verbum tuum.

Ã. Voici la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon votre parole.

Antienne grégorienne “Ecce ancilla Domini"

Antienne Ecce ancilla