Samedi 5 décembre (ReConfinement J37)

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La Punchline de Sainte Crispine

Chaque jour j’adore, mais le Dieu vivant et véritable, qui est mon Seigneur. En dehors de lui, je n’en connais pas d’autre.

Le procès d’une martyre : Sainte Crispine († 304)

Le mot Crispina vient du latin crispus, « frisé ». La martyre qui portait ce nom a une Passio qui, dans l’ensemble, paraît fort bonne aux critiques. Son rédacteur s’est servi d’une relation officielle qu’il a peu retouchée. L’Afrique a la chance d’avoir ainsi plusieurs documents où l’on entend, presque comme dans un procès-verbal, les réponses admirables de la sainteté au tentateur. Ici, la scène est à Tébessa en Proconsulaire, vers les confins de la Numidie (aujourd’hui Tbessa en Algérie). Crispine était de Thagora en Numidie (aujourd’hui Taoura en Algérie). D’après saint Augustin, c’était une femme mariée, noble et riche, qui avait des fils; il donne sur ses épreuves quelques détails qu’on ne trouve pas dans la Passio, puisés probablement dans les Acta lus avant son sermon. Ces Acta ont disparu. Le juge Anulinus fait allusion aux « complices » de Crispina. Il s’agirait difficilement de saintes Maxima, Donatilla et Secunda, immolées à Thuburbo, en Tunisie, probablement le 30 juillet 304. Il y a donc là une allusion à d’autres martyrs.

Nous traduisons la Passio d’après l’édition critique de Franchi de’ Cavalieri. Ce texte vénérable ne donne que l’interrogatoire suprême. On remarquera qu’il omet les questions d’usage sur l’identité de l’accusée, sa profession, peut-être parce que Anulinus avait pris connaissance du dossier de Crispine, fourni par un magistrat municipal.

« Sous le neuvième consulat de Dioclétien et le huitième de Maximien, Augustes consuls (en 304), le jour des nones de décembre (5), dans la colonie de Tébessa, le proconsul Anulinus siège au tribunal dans la salle du conseil. »
Le greffier. — Crispine de Thagore a méprisé le décret de nos seigneurs les princes. Faut-il procéder à son interrogatoire?
Anulinus. — Qu’on l’introduise.
Crispine entre.
Anulinus. — Connais-tu le texte de l’édit sacré?
Crispine. — Cet édit, je ne sais pas ce que c’est.
A. — Il te dit de sacrifier à tous nos dieux pour le salut des princes, selon la loi fixée par nos seigneurs Dioclétien et Maximien, pieux Augustes, et Constance et Maxime, très nobles Césars.
C. — Je n’ai jamais sacrifié; je ne veux sacrifier qu’au seul Dieu véritable, et à Notre-Seigneur Jésus-Christ, son fils, qui est né et a soufert.
A. — Laisse la superstition, et courbe ta tête devant les images des dieux romains.
C. — Chaque jour j’adore mon Dieu tout-puissant. En dehors de lui, je ne connais aucun autre Dieu.
A. — Tu fais ta courageuse, avec ton mauvais esprit. Tu vas voir la force des lois malgré toi tu la sentiras !
C. — Quoi qu’il arrive, pour ma foi je souffrirai avec plaisir.
A. — Quelle sottise de ne pas quitter la superstition pour adorer les saintes divinités!
C. — Chaque jour j’adore, mais le Dieu vivant et véritable, qui est mon Seigneur. En dehors de lui, je n’en connais pas d’autre.
A. — Et moi, je te dis qu’il y a la loi sacrée. Il faut que tu l’observes.
C. — J’observerai la loi, mais de mon Seigneur Jésus-Christ.
A. — J’ordonne de te faire trancher la tête, si tu n’obéis pas aux lois des empereurs nos seigneurs. Tu seras bien contrainte de t’y plier. D’ailleurs toute l’Afrique a sacrifié, tu ne l’ignores pas.
C. — Jamais on n’arrivera à me faire sacrifier aux démons. Non, je sacrifie au seul Dieu qui a fait le ciel et la terre et tout ce qu’ils contiennent.
A. — Donc, ces dieux, tu n’en veux pas? Tu seras bien forcée de les servir, si tu veux vivre et garder une religion.
C. — Ce n’est pas une religion, cette contrainte qui opprime les opposants.
A. — En fait de religion, tout ce que nous demandons, c’est que, dans les temples sacrés, tu inclines la tête et offres de l’encens aux dieux des Romains.
C. — Cela, je ne l’ai jamais fait depuis que je suis née. J’ignorais cela, et ne le ferai pas tant que je serai en vie.
A. — Allons! fais-le, si tu veux échapper sans souffrance à la rigueur des lois.
C. — Ce que tu dis ne m’effraie pas. Ce n’est rien. Mais Dieu qui est dans les cieux, si je consentais à un sacrilège, me perdrait aussitôt et il n’y aurait pas moyen de me retrouver au dernier jour.
A. — Sacrilège, tu ne le seras pas, en obéissant aux ordres sacrés!
C. — À bas les dieux qui n’ont pas fait le ciel et la terre! Moi, je sacrifie au Dieu éternel, qui demeure dans les siècles des siècles, qui est le Dieu vrai et redoutable, qui a fait la mer et les herbes vertes et la terre aride. Les hommes, c’est lui qui les a faits : que peuvent-ils contre moi?
A. — Observe la religion romaine, comme nos seigneurs les Césars très invincibles, comme nous-mêmes.
C. — Eh! je te l’ai déjà dit : tous les supplices que tu voudras m’infliger, je suis prête à les subir. J’aime mieux cela que salir mon âme avec vos idoles, qui sont des pierres, des fabrications de main d’homme.
A. — Tu blasphèmes. Tu ne prends pas le chemin pour t’en tirer.
Et le proconsul Anulinus ajoute pour le greffier : — Qu’on la livre au complet déshonneur. Rasez-lui les cheveux, que son visage soit d’abord couvert d’ignominie.
C. — Qu’ils parlent eux-mêmes, les dieux, et j’y croirai. Si je cherchais à m’en tirer, je ne serais pas là. devant ton tribunal en audience.
A. — Veux-tu vivre longtemps, ou mourir dans les supplices comme tes autres complices? [Allusion à des martyres exécutées précédemment]
C. — Si je voulais la mort, et livrer mon âme à sa perte dans le feu éternel, je n’aurais qu’à donner mon assentiment aux démons.
A. — J’ordonnerai de te trancher la tête, si tu refuses d’adorer les dieux vénérables.
C. — Je rends grâces à mon Dieu, si j’obtiens cela. Ma tête, j’aurai très grand plaisir à l’abandonner pour mon Dieu. C’est ce que je désire. Car vos idoles parfaitement ridicules, muettes et sourdes, je ne leur sacrifie pas!
A. — Inutile d’insister? Tu t’entêtes dans ta folie?
C. — Mon Dieu qui est et qui demeure pour l’éternité m’a fait naître, m’a donné le salut par l’eau salutaire du baptême. Il est avec moi pour m’aider. Il soutient à tout moment sa servante, pour qu’elle ne commette pas de sacrilège.
A. — À quoi bon tolérer plus longtemps une chrétienne impie? Qu’on relise les actes du procès [instruit par un magistrat municipal qui a transmis le dossier au proconsul].
Lecture faite, le proconsul Anulinus rendit la sentence et lut : — Crispina s’obstine dans sa superstition indigne, et refuse de sacrifier à nos dieux; selon les prescriptions divines de la loi
d’Auguste, j’ordonne de la décapiter.
Crispine répond : — Je bénis Dieu qui daigne ainsi me délivrer de tes mains. Deo gratias!
Elle fit le signe de croix sur son front, et, tendant le cou, elle fut décapitée pour le nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Honneur à lui dans les siècles des siècles, amen. »

Voici maintenant les allusions à Crispine introduites par saint Augustin dans son sermon au peuple sur le psaume 120, § 13 : « Les persécuteurs s’en donnaient sur Crispine, dont nous célébrons aujourd’hui la fête; ils s’en donnaient, sur cette femme riche et délicate; mais elle était forte, car le Seigneur était sa protection… Cette femme, mes frères, y a-t-il quelqu’un qui ne la connaisse pas en Afrique? Elle fut très célèbre, de famille noble et très riche… Oui, elle était faible par son sexe, et peut-être un peu amollie par ses richesses et un peu débilitée par sa complexion… L’âme n’a pas cédé; c’est le corps qui fut frappé…
Le psaume est court, et pourtant le commentaire a été long, le sermon a été long. Dites, mes frères, pour la fête de sainte Crispine, je vous ai invités et j’ai manqué à la tempérance en prolongeant outre mesure le banquet… Ces martyrs, ils ne souffrent plus, et ils sont ici avec nous. »

Dans son commentaire du psaume 137, § 3, l’évêque d’Hippone reparle de la sainte : « Le vaurien trouve sa joie dans le cabaret, le martyr trouve sa joie dans le cadenas. Comme elle était dans la joie, cette sainte Crispine dont on célèbre aujourd’hui la solennité ! Elle était dans la joie quand on la menait au juge, quand on la mettait au cachot, quand on la poussait dehors ligotée, quand on la montait sur le pilori [certaine tribune mobile dressée face au tribunal, sur laquelle les accusés montaient pour être interrogés et torturés], quand on l’écoutait, quand on la condamnait. Dans toutes ces circonstances, elle était dans la joie. Ces malheureux la croyaient malheureuse, elle qui était dans la joie devant les anges! » Après quelques élévations sur le texte sacré, il reprend (§ 7) : « Tu célèbres la fête d’une sainte et bienheureuse femme, et peut-être désires-tu la félicité terrestre. Elle, à cause d’un saint désir, a abandonné la félicité qu’elle avait sur la terre; elle a abandonné ses fils en pleurs, navrés de la cruauté de leur mère; elle avait comme perdu l’humaine miséricorde, elle qui courait vers la divine couronne. Ne savait-elle pas ce qu’elle désirait, ce qu’elle foulait aux pieds? Certes, elle avait appris à psalmodier devant les anges de Dieu, à désirer leur société, une amitié sainte et pure, où il n’y aurait plus de mort, où, elle le savait, le juge serait inaccessible au mensonge. » Et plus loin (§ 17) : « Si sainte Crispine la martyre avait désiré le « jour des hommes » (Ier 17, 16), elle aurait renié le Christ. Elle aurait vécu plus longtemps ici, mais ne vivrait pas éternellement. Elle a mieux aimé vivre éternellement que vivre un peu plus temporairement. » Autre allusion dans le sermon 286, § 2 : « Avant la mort du Christ, saint Pierre n’avait pas encore l’étofffe d’un martyr : il n’était pas encore comme certaines femmes, certaines jeunes filles, une Crispine, une Agnès. »

Ailleurs (sermon 354, § 5), le grand orateur met en garde contre l’orgueil. « Au temps de la persécution, Agnès la vierge ne fut pas la seule couronnée; il y eut aussi Crispine, une femme. Et peut-être, sans doute, quelques-uns de ceux qui pratiquaient la continence faiblirent, tandis que beaucoup de personnes mariées combattirent et furent victorieuses. »

Ainsi parlait Augustin. On a retrouvé la basilique de Théveste, où il fit l’éloge de notre martyre. Nous ignorons si elle y était enterrée. Aux confins de Tébessa, un titulus a été découvert, portant SCE CRISPINÆ MARTIRIS, le premier mot étant l’abréviation de sanctæ. La sainte a été figurée dans les mosaïques de Saint-Martin in cælo aureo, actuellement Saint-Apollinaire-le-Neuf, à Ravenne.

Le calendrier de Carthage (avant 520) donne au 5 décembre : « Les saints martyrs Bilus, Félix, Potamia, Crispina et leurs compagnons. » Dans les manuscrits du martyrologe hiéronymien, celui d’Echternach (avant 750) porte : « dans la ville de Togora, mort de Iulius, Potamia, Crispina et de sept autres. » On trouve parfois après Crispina le nom de Gnatus ou Gratus. La Passio de Crispina ne mentionne pas d’autres martyrs, ni saint Augustin. Peut-être la liste du calendrier de Carthage groupe-t-elle des martyrs qui ont souffert le même jour que Crispine, mais en des lieux différents.

Vie des Saints par les Bénédictins de Paris

Prière

Prière de Saint Bruno (1030-1101)

Vous êtes mon Seigneur, vous dont je préfère les volontés aux miennes propres ; puisque je ne puis toujours prier avec des paroles, si quelque jour j’ai prié avec une vraie dévotion, comprenez mon cri : prenez en gré cette dévotion qui vous prie comme une immense clameur ; et pour que mes paroles soient de plus en plus dignes d’être exaucées de vous, donnez intensité et persévérance à la voix de ma prière. Ô Dieu, qui êtes puissant et dont je me suis fait le serviteur, quant à moi je vous prie et vous prierai avec persévérance afin de mériter et de vous obtenir ; ce n’est pas pour obtenir quelque bien terrestre : je demande ce que je dois demander, vous seul.

Antienne

Ã. Sion noli timere : ecce Deus tuus veniet, alleluia
Ã. Sion, ne crains point : voici que ton Dieu vient, alleluia.

Antienne grégorienne “Sion noli timere"

Antienne Sion noli

Vendredi 4 décembre (ReConfinement J36) : Illation de Saint Benoît

Vendredi 4 décembre (ReConfinement J36) : Illation de Saint Benoît

Vendredi 4 décembre (ReConfinement J36) : Illation de Saint Benoît

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Bossuet sur la Règle de Saint Benoît

Cette règle, c’est un précis du christianisme, un docte et mystérieux abrégé de toute la doctrine de l’Évangile, de toutes les institutions des saints Pères, de tous les conseils de perfection. Là paraissent avec éminence la prudence et la simplicité, l’humilité et le courage, la sévérité et la douceur, la liberté et la dépendance ; là, la correction a toute sa fermeté, la condescendance tout son attrait, le commandement sa vigueur et la sujétion son repos, le silence sa gravité et la parole sa grâce, la force son exercice et la faiblesse son soutien.

Le culte de Saint Benoît

Le culte rendu à saint Benoît eut d’abord un caractère privé et domestique. La catastrophe de 580 et la destruction du monastère par les barbares avec l’évasion des religieux ajoutèrent à la gloire du fondateur du Mont-Cassin, en réalisant à la lettre ce qu’il avait annoncé. Ce fut pour saint Grégoire le Grand l’occasion de glorifier celui qu’il appela « l’homme de Dieu, le serviteur du Christ, rempli de l’esprit de tous les justes » : sorte de canonisation anticipée. Cependant le nom n’était pas encore entré dans les martyrologes : il fallut, pour franchir cette étape, un fait important qui a donné lieu à de longues contestations, savoir :

1°. La translation des reliques. — Tradition de France. — Vers le milieu du 7ème siècle fut fondé non loin d’Orléans le monastère de Fleury-sur-Loire. Un de ses premiers abbés, apprenant l’état de ruines où se trouvait le Mont-Cassin après la destruction par les Lombards, et sachant que dans leur fuite, les religieux n’avaient pu emporter les corps de Benoît et de Scholastique, conçut le projet d’enlever ces deux corps ; à son entreprise se trouva mêlé le diocèse du Mans. En 703, un religieux prêtre, avec quelques moines de Fleury, partit en pèlerinage et fut rejoint par une députation de l’évêque du Mans. Ils arrivèrent sans encombre au pied du Mont-Cassin, puis montèrent jusqu’aux ruines. Après des prières, des jeûnes et des veilles, ils découvrirent l’emplacement de l’oratoire de Saint-Jean-Baptiste où reposaient les deux corps. Le terrain déblayé en grande hâte et la dalle funéraire brisée, ils se trouvèrent en face des deux corps dont les ossements furent mis à part, enveloppés soigneusement dans des linceuls. Le retour s’opéra heureux et rapide : le 4 décembre, les deux corps furent solennellement reçus à l’abbaye de Fleury-sur-Loire. Le trésor fut déposé dans l’église de Saint-Pierre : on décida d’aménager une sépulture plus noble dans l’église Sainte-Marie. Le corps de sainte Scholastique fut remis aux députés du Mans ; celui de saint Benoît fut solennellement transféré le 11 juillet. Pendant cinquante ans, l’abbaye de Fleury s’abstint d’ébruiter l’événement : le moine de Lorsch, qui écrivit la première chronique de son abbaye, inscrivit comme première date, l’an 703 pour la première translation de saint Benoît du Mont-Cassin à Fleury-sur-Loire.

Au Mont-Cassin, le pape Grégoire II voulant entreprendre la restauration, trouva pour cette tâche Pétronax de Brescia qui partit de Rome avec quelques moines du Latran. Ce Pétronax soutenu par Grégoire II, puis par Zacharie put relever l’église de Saint-Martin, puis construire une église dite de Saint-Benoît en place de l’oratoire de Saint-Jean-Baptiste : les restes de saint Benoît ne furent point retrouvés. Sollicité par l’abbé Optat, le pape Zacharie (vers 750) adresse aux évêques francs une lettre demandant la restitution des reliques de saint Benoît. Par une transaction, les moines de Fleury cédèrent quelques ossements ; le corps de saint Benoît resta à Fleury.

Ce récit a été contesté par les moines du Mont-Cassin. Mais dom L’Huillier (Le patriarche saint Benoît, appendice V) résume les arguments en sa faveur. Ce sont quatre faits d’histoire bien avérés : a) Durant cinq siècles, la fête de la translation de saint Benoît s’est trouvée admise universellement dans l’Europe chrétienne. Le Mont-Cassin a imaginé d’y substituer la fête du patronage de saint Benoît, le 11 juillet. — b) Au Mont-Cassin, il n’y a jamais eu d’élévation solennelle des reliques de saint Benoît. Les chroniques y parlent, il est vrai, de plusieurs inventions du tombeau, à partir de 1066, mais les récits sont inconciliables dans leurs détails. En 1659, Angello della Noce, abbé du Mont-Cassin, constate dans le tombeau la présence de quelques ossement sans aucune inscription : tout ce que l’on peut montrer c’est un ossement jadis reçu de Fleury, puis donné à l’abbaye de Léno, près Brescia. — c) Le défunt-Cassin a cru à la translation pendant trois siècles et plus (de 703 a 1066) : durant ce temps, il n’y a de sa part aucune réclamation, et qui plus est des faits positifs attestent sa créance comme la lettre du Pape Zacharie, la concession de quelques reliques par l’abbaye de Fleury, etc. — d) Le témoignage de la Chronique de Léno impuissant à infirmer le récit de l’enlèvement des reliques.

2°. Les fêtes de saint Benoît. À trois dates différentes dans les documents anciens, on trouve une mention de saint Benoît, 21 mars, 11 juillet, 4 décembre. Le martyrologe de Bède a les deux mentions suivantes : 21 mars, Sancti Benedicti abbatis ; 11 juillet, Depositio sancti Benedicti abbatis. La plus ancienne mention que l’on ait du 4 décembre, porte ces mots : a partibus Romæ, adventus corporis sancti Benedicti. Ce fut pour Fleury, la première déposition du corps de saint Benoît dans une des deux églises de l’abbaye, Saint-Pierre ou Sainte-Marie : les chroniqueurs l’appelèrent translatio, puis (il)latio. Adrevald croyant que le corps était arrivé le 11 juillet intervertit les deux fêtes, se mettant ainsi en contradiction avec les martyrologes antérieurs. La confusion devint complète au 11ème siècle, quand un moine allemand, ayant séjourné à Fleury, imagina de baser la fête du 4 décembre sur une prétendue reversion des reliques d’Orléans. Les deux autres fêtes du 21 mars et du 11 juillet furent adoptées universellement.

Les cassiniens se sont toujours refusés à faire l’ouverture liturgique du tombeau dans lequel ils paraissaient affirmer la présence du corps de saint Benoît. À partir du 17ème siècle, ils s’efforcèrent de démontrer la fausseté des prétentions françaises ; de la fête du 11 juillet qui subsistait, ils ont fait la commémoration ou le patronage de saint Benoît. Les moines français sont seuls demeurés fidèles à la fête antique de la translation du 11 juillet.

Vie des Saints par les Bénédictins de Paris

Du Prologue de Saint Benoît à sa Règle

Écoute, ô mon fils, les préceptes du Maître (Prv 1, 8), et prête l’oreille de ton cœur (Prv 4, 20). Reçois volontiers l’enseignement d’un père plein de tendresse et mets-le en pratique, afin que le labeur de l’obéissance te ramène à celui dont t’avait éloigné la lâcheté de la désobéissance. À toi donc s’adresse maintenant ma parole, qui que tu sois, qui renonces à tes propres volontés, et pour combattre sous le vrai Roi, le Seigneur Christ, prends en main les puissantes et glorieuses armes de l’obéissance.

D’abord, en tout bien que tu entreprennes, demande-lui par une très instante prière qu’il le mène à bonne fin. Ainsi, lui qui a daigné nous compter parmi ses fils n’aura pas un jour à s’attrister de nos mauvaises actions. Il nous faut, en effet, lui obéir en tout temps, à l’aide des biens qu’il a mis en nous, afin que non seulement, tel un père offensé, celui-ci n’ait pas à déshériter un jour ses enfants, mais encore qu’en maître redoutable, irrité par nos méfaits, il n’ait pas à nous livrer à la peine éternelle, comme de très mauvais serviteurs qui n’auraient pas voulu le suivre jusqu’à la gloire.

Levons-nous donc enfin à cette exhortation de l’Écriture qui nous dit : « L’heure est venue de sortir de votre sommeil » (Rm 13, 11). Les yeux ouverts à la lumière divine et les oreilles attentives, écoutons l’avertissement que nous adresse chaque jour cette voix de Dieu qui nous crie : « Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez vos cœurs ! » (Ps 94, 8)  ; et encore : « Qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Églises ! » (Apc 2, 7) Et que dit-il ? « Venez, mes fils, écoutez-moi : je vous enseignerai la crainte du Seigneur » (Ps 33, 12). Courez, tant que vous avez la lumière de la vie, de peur que les ténèbres de la mort ne vous saisissent. (Io 12, 35)

Et le Seigneur, cherchant son ouvrier dans la multitude du peuple auquel il fait entendre ce cri, dit encore : « Quel est l’homme qui veut la vie et désire voir des jours heureux ? » (Ps 33, 13) Que si, à cette parole, tu réponds : « C’est moi ! » , Dieu te dit alors : « Si tu veux avoir la vie véritable et éternelle, garde ta langue du mal et tes lèvres des paroles trompeuses ; détourne-toi du mal et agis bien ; cherche la paix et poursuis-la » (Ps 33, 14-15). Et lorsque vous aurez fait ces choses, « mes yeux seront sur vous et mes oreilles attentives à vos prières » (Ps 33, 16), et « avant même que vous m’invoquiez, je dirai : Me voici » (Is 58, 9). Quoi de plus doux pour nous, mes très chers frères, que cette voix du Seigneur qui nous invite ? Voici que, dans sa bonté, le Seigneur nous montre le chemin de la vie.

Nos reins ceints de la foi et de l’observance des bonnes œuvres (Is 11, 5 ; Eph 6, 14), sous la conduite de l’Évangile, marchons donc dans ses sentiers, afin de mériter de voir Celui qui nous a appelés dans son royaume. Si nous voulons habiter sa demeure, il nous faut y courir par les bonnes œuvres, sans lesquelles on n’y parvient pas.

Prières

Oratio

Excita, Dómine, in Ecclésia tua Spíritum, cui beátus Pater noster Benedíctus Abbas servívit : ut eódem nos repléti, studeámus amáre quod amávit, et ópere exercére quod dócuit. Per Dóminum… in unitáte eiúsdem.

Oraison

Manifestez, Seigneur, dans votre Église, l’Esprit auquel a obéi notre Bienheureux Père Benoît : afin que, en étant remplis, nous nous appliquions à aimer ce qu’il a aimé et à pratiquer ce qu’il a enseigné. Par Jésus-Christ, notre Seigneur.

Prières de Dom Joseph Mège (1625-1691)

Je vous rends grâces, mon Dieu, de tous les avantages que vous avez faits au Corps du grand Saint Benoît, et des merveilles dont vous avez bien voulu l’honorer. Je vous rends grâces aussi de ce que vous en avez enrichi la France. Faites, mon Dieu, que ce précieux trésor ne me soit pas inutile, mais que j’en tire cet avantage, qu’à l’exemple de ce Saint je mortifie ma chair, afin qu’elle vous soit parfaitement soumise , et que par votre puissant secours j’anéantisse si bien le péché dans mon corps mortel, qu’il mérite de jouir de l’immortalité bienheureuse. Ainsi soit-il

Antiennes

Antiennes Expectabo et Benedicta tu
Ã. O cæléstis norma vitæ, pastor et dux, Benedícte ! cuius cum Christo spíritus exsúltat in cæléstibus : gregem, Pastor alme, serva, sancta prece corróbora ; via cælos clarescénte fac te duce penetráre.
Ã. Ô norme de vie céleste, notre pasteur et chef, Benoît : avec le Christ votre âme exulte dans les cieux ; pasteur saint, conservez votre troupeau, aidez-le de votre sainte prière, et par une voie lumineuse, faites-le entrer au ciel sous votre égide.

Antienne grégorienne “O cælestis norma vitæ”

Ã. Ex Ægypto vocavi Filium meum : veniet, ut salvet populum suum.

Ã. D’Égypte j’ai rappelé mon Fils : il va venir pour sauver son peuple.

Antienne grégorienne “Ex Ægypto"

Antienne Ex Ægypto

Jeudi 3 décembre (ReConfinement J35) : Saint François Xavier

Jeudi 3 décembre (ReConfinement J35) : Saint François Xavier

Jeudi 3 décembre (ReConfinement J35) : Saint François Xavier

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La Punchline de Saint François Xavier

Manquer de confiance en la miséricorde de Dieu et en son pouvoir au milieu des périls dans lesquels nous pouvons tomber pour son service est un danger incomparablement plus grand que les maux que peuvent nous susciter tous les ennemis de Dieu.

Saint François Xavier, missionnaire jésuite (1506-1552)

L’Église doit faire connaître partout le message de son fondateur, le Christ. Dynamisme, expansion, propagande sont pour elle des devoirs impérieux. Au temps des conquistadores, nul ne fit plus que le jésuite François Xavier pour étendre le royaume de Jésus. En une douzaine d’années, avec les moyens pauvres de son temps, il réussit à parcourir près de cent mille kilomètres, implantant le christianisme dans l’Inde, l’Indonésie, le Japon. Il mourut quand il allait attaquer la Chine. Une telle œuvre, au temporel, est comparable à celle d’Alexandre ou de Colomb; au spirituel, elle rappelle un peu saint Paul.

Xavier, compatriote d’Ignace de Loyola, naquit en 1506 à Xavier, dans cette partie de la Navarre qui est de nos jours pays basque espagnol, auprès de l’Aragon, en un fier castel. Il était hidalgo, hijo de algo, « fils de quelque chose » : son père, le docteur don Jean de Jassu — Jassu se trouve en France, au nord de Saint-Jean-Pied-de-Port — conseiller du roi de Navarre et seigneur de Xavier (Xavier signifie « maison neuve »), mourut en 1512, alors que la Navarre venait d’être envahie par les Castillans. Il s’était opposé à ce coup de force, et cela valut bien des avanies aux siens et à leurs domaines. Les deux grands frères de François luttèrent vaillamment, en liaison avec les Français, contre les Espagnols. Ces alliés prirent Pampelune, que défendait Iñigo de Loyola. Mais le dernier mot resta aux gens de Charles-Quint. Après une résistance plus qu’honorable, les Xavier se soumirent.

François serait-il guerrier comme ses aînés? Juriste et administrateur comme son père? En septembre 1525, il partit pour l’université de Paris, âgé de dix-neuf ans. Là, il étudia au collège Sainte-Barbe. Le moment était périlleux pour un jeune : « ceux qui grécisaient luthéranisaient » a écrit un contemporain, le jésuite Bobadilla. La Providence permit que François se liât d’amitié avec un garçon de haute valeur morale, Pierre Favre (Le Fèvre), puis, après 1529, avec un vieil étudiant nouveau venu, Ignace de Loyola. En 1530, Xavier commençait à enseigner la philosophie au collège parisien de Dormans-Beauvais. Le 15 août 1534, dans une petite chapelle de Montmartre, Favre, ordonné prêtre au printemps de cette année, célébra une messe au cours de laquelle Ignace, François et quelques amis offriront à Dieu leur bonne volonté. On suivrait les désirs du Pape; on irait à Jérusalem, si possible. On était disposé à prêcher l’évangile par toute la terre, même chez les ennemis de la foi chrétienne.

En novembre 1536, Xavier, ayant renoncé à être chanoine de Pampelune, partait de Paris pour Venise avec quelques compagnons. Voyage pédestre de sept semaines, souvent dans la neige, un rosaire au cou, une bible et un bréviaire dans la besace. Venise entrait en guerre contre le Turc. Adieu le pèlerinage à Jérusalem! À Rome, Paul III bénit les projets des compagnons. Ignace et François furent ordonnés prêtres à Venise le 24 juin 1537. François voulut se préparer longuement à célébrer le saint sacrifice. Il s’offrit à Dieu le Père avec l’hostie sainte, pour la première fois, au cours de l’été, dans Vicence. Vers la fin de l’année, il travailla, et fut malade, à Bologne. Ces années italiennes furent surtout occupées par la prédication et par des soins aux pauvres des hôpitaux : pour vivre, il mendiait. Son italien assez grotesque faisait sourire : mais sa sincérité poignante s’imposait vite, quand il parlait de Dieu.

En 1539, le roi de Portugal Jean III demanda quelques apôtres pour des peuples des Indes. Ignace choisit Rodriguez, un Portugais; Bobadilla, un Espagnol assez âpre et entreprenant, qui semblait tout désigné pour affronter des barbares; et un humble volontaire, Paul, originaire de Camerino, dans les Marches. Certes, Xavier était lui aussi volontaire, mais il ne voulait pas forcer la main à son chef. Une bienheureuse sciatique rendit Bobadilla inapte à l’essor. Ignace manda Xavier : « Maître François, vous savez que nous avions choisi pour l’Inde maître Bobadilla. Son infirmité le retient… Voilà qui est pour vous. » La réponse jaillit : « Eh bien! Allons! Me voici! » Pues, sus! Heme aqui (cf. Is 6, 8).

Vingt-quatre heures pour se préparer. Xavier ravauda ses vieilles nippes, caleçons, tunique, prit son crucifix, son bréviaire, et un livre de Marcus Marulus, publié à Cologne en 1531, Opus de religiose vivendi institutione per exampla : de bons exemples de bonne vie, bibliques et patristiques, puisés entre autres chez saint Jérôme.

À Lisbonne, Xavier pria dans cette église de Bethléem où Vasco de Gama avait invoqué le Créateur avant de partir pour son illustre périple (1497-1503). Albuquerque également, qui avait ôté à l’Islam la maîtrise des mers indiennes en prenant Ormuz en 1507, Goa en 1510, Malacca en 1511, s’était recueilli en ce lieu sacré. Le jésuite, du haut d’une chaire mobile posée sur la plage, exhorte ses compagnons au zèle apostolique.

Le voyage fut très pénible, sur le Santiago, une grosse et lourde caraque qui tenait mal la mer. On était parti le 7 avril 1541 (un peu tard, mais le mauvais temps s’était prolongé outre mesure) : Xavier avait exactement trente-cinq ans. On arriva à Goa le 6 mai 1542. Xavier écrivait de Mozambique le 1er janvier 1542 : « J’ai eu le mal de mer pendant deux mois. » Pour faire passer son mal, il se mit au service des malades. Sa cabine devint une infirmerie. Peu à peu sa bonté amena l’amélioration morale de ses compagnons de souffrance. Le marais nautique, aux bas-fonds pestilentiels du navire, où pourrissaient les rats crevés, n’était rien auprès des sentines du vice que le Santiago emportait dans ses flancs. Xavier organisa la propreté matérielle et spirituelle.

À Mélinde, sur la côte d’Afrique, Xavier put admirer une croix érigée par Vasco de Gama. Il y avait là dix-sept mosquées, dont trois seulement servaient encore.

Goa était la capitale des Indes. Xavier y commença son apostolat. Était-il bien secondé pour ses débuts? Il jugeait son collaborateur « d’une très suffisante simplicité ». Les Portugais n’avaient guère rendu le Christ aimable et attirant aux indigènes. Voire, leur domination se faisait trop souvent dure et cruelle. Ces bons colons comptaient les coups de la bastonnade sur leur rosaire. Celui que l’on appela bientôt « le saint Père », ou le « grand Père », essaya de répandre partout la charité du Christ. Il visita les malades, les lépreux, entra dans les prisons, chez les pauvres. Il instruisait les enfants, qu’il récoltait en passant dans les ruelles, une clochette à la main. Des cantiques faisaient connaître les vérités chrétiennes, et bientôt ils retentirent dans les rizières et sous les cocotiers. Des enfants, des esclaves, ces enseignements remontaient — ou descendaient … aux parents et aux maîtres. Les enfants se montraient féroces pour les idoles. Ils portaient la croix du saint Père aux malades. L’évêque de Goa et le roi de Portugal se déclarèrent contents : ils souhaitaient partout des écoles catéchétiques à la Xavier.

Les pluies une fois tombées, l’apôtre se rendit vers le cap Comorin, au sud de l’Inde, chez les pêcheurs de perles. Quelque 20 000 Papavers peuplaient ces côtes. lls avaient été baptisés, huit ans auparavant, mais non instruits. Xavier les évangélisa (1542-1543), les défendit contre les exactions des Portugais, ou de leurs employés païens, et contre les sauvages du Maduré (1544). Il combattit avec succès l’alcoolisme par l’arak, le vin de palme. Xavier eut bien entendu l’occasion de causer avec des brames. Il les a jugés sans indulgence : des gens qui ne disent pas la vérité, pour qui l’idole n’est qu’un gagne-pain.

De dures pénitences étaient la rançon de ses avantages spirituels. On raconte l’histoire d’un matelot qui jurait et blasphémait parce qu’il perdait au jeu. Xavier lui fait parvenir quelque argent : qu’il persévère (à jouer), la chance tournera. De fait, le matelot regagne tout, et sort du jeu décidé à virer de bord spirituellement : à-Dieu-va! Peu après, Xavier le confesse à l’escale. L’homme termine sa pénitence dans la chapelle où il avait vidé son sac lourd de sept ans de péchés, et sort. Dans un bois voisin, il trouve le Père qui se flagelle. « Laissez-moi, dit Xavier, faire un peu pénitence pour vous. » Si quelqu’un méritait la garcette, si quelqu’un n’avait pas volé son « chat à neuf queues », assurément ce n’était pas le Père. Notre homme empoigna la discipline, et vlan! vlan! sur sa peau hâlée par bien des soleils et salée par les embruns ! Et désormais il suivit droit la coursive qui mène au ciel.

Xavier, comme son maître le Christ (Lc 6, 12), aimait les longues prières nocturnes. Sur mer, il priait de minuit à l’aurore : les matelots le considéraient comme un porte-bonheur. Dans sa cellule, ce qui frappait l’œil, c’était le crucifix. On notait aussi une autre croix, voilée, et le bréviaire. Le lit avait une pierre comme oreiller.

En 1544-1545, Xavier travailla surtout pour Ceylan, sans succès, car les Portugais le contrecarraient à cause d’intérêts commerciaux, puis, en 1545-1547, pour les Moluques — entre les Célèbes (Macassar) et la Nouvelle-Guinée. Prenez une carte de l’Insulinde pour constater le bond prodigieux de l’apôtre, le formidable mouvement tournant, d’immense envergure, vers l’Extrême-Orient. L’amour du Christ le presse (2 Cor 5, 14). Malheur à lui, s’il ne prêche pas l’Évangile! (1 Cor 9, 16). Que l’on ne dise pas qu’il ferait mieux de s’occuper de sa mission hindoue. Il est créé pour amorcer les mouvements, risquer le premier les lointaines expériences dangereuses, mourir sur la brèche.

C’est au cours de cette expédition aux Moluques, dans la région d’Amboine, que se place un miracle assez controversé. Xavier était en mer. Son crucifix lui échappa. Il atterrit peu après. Il marchait sur la plage, accompagné d’un rustre nommé Fausto Rodriguez, quand il vit un crabe sortir de l’eau et venir à lui tenant dans ses pinces le crucifix. Le bon crustacé le remit en mains propres, puis rentra dans son élément. Rodriguez semble la seule source du récit : tardive et bien contestable, estimait le bollandiste Peeters en 1928. Le P. Delahaye suggérait qu’on avait là une adaptation d’un conte oriental. Cependant le P. Schurhammer, qui est actuellement peut-être le meilleur connaisseur de l’histoire de Xavier, s’est déclaré en 1953 partisan de l’historicité.

Étrange gibier que le chasseur d’âme trouva dans ces îles! Les cannibales ne manquaient pas. Il y avait des collectionneurs de têtes humaines, comme les Alfoures. Comment aborder ces enfants terribles? apprivoiser ces bêtes féroces? Xavier réinventait les incantations de l’oiseleur, les charmes caressants de la tendresse maternelle. Il voulut visiter l’île du More, au nord des Moluques. Là, on servait aux hôtes des mets empoisonnés. Baptisés douze ans auparavant, les habitants avaient tué leur prêtre. Un nouveau pasteur les avait domptés un instant par les armes; mais il n’osa rester. Et Xavier irait chez ces monstres! On lui refusa un bateau. « J’irai donc à la nage. » Au moins, qu’il emporte des antidotes. « La confiance en Dieu est bon contre-poison. » Il y alla, et voici ce qu’il en écrivait le 20 janvier 1548 : « Ces îles sont faites et disposées à souhait pour qu’on y perde la vue en peu d’années par l’abondance des larmes de consolation… Cependant je circulais habituellement dans des îles environnées d’ennemis et peuplées d’amis peu sûrs, à travers des terres dépourvues de tout remède pour les maladies, et comme dénuées de tout secours pour conserver la vie. Mieux vaudrait appeler ces îles de l’espoir en Dieu que du More. »

Dans l’île de Ternate, le « roi » musulman, assez tolérant, fit bon accueil au missionnaire. Mais il avait « une centaine de femmes principales, sans parler des autres ». Pour sa part, il se serait accommodé d’une entente entre l’Islam et le Christianisme. Plus tard, les Hollandais (protestants) aidèrent les musulmans à chasser ou à tuer les catholiques. Plus d’un Moluquois resta fidèle à la foi de François.

Nommé à son départ d’Europe nonce apostolique par le Pape, Xavier fut supérieur des jésuites de l’Inde de 1542 à 1551. D’octobre 1549 à 1552, il fut « provincial » de l’Inde. En 1518, il pouvait admirer à juste titre le développement de la Compagnie de Jésus, approuvée par Rome en 1540. Mais déjà, après un an de séjour dans l’Inde, en 1548, il rêvait d’entreprendre, à l’extrémité du monde, la conquête du Japon. Il notait, le 20 janvier de cette année : « Je prie Dieu de me prescrire clairement ce qui lui tient le plus à cœur. » Mais Ignace n’avait-il pas son mot à dire sur cette petite entreprise? Assurément ; toutefois il fallait compter avec les lenteurs de la correspondance. En dix ans, seulement cinq courriers de Rome : 1543, 1545, 1547 (deux), 1551, plus deux courriers supplémentaires du Portugal (1544, 1548), ce qui fait deux ans huit mois de silence (1541-1543), puis environ deux ans (1543-1545), ensuite deux ans moins trois mois (1545-1547), enfin quatre ans deux mois (1547-1551). François expose en 1548 qu’un échange de lettres entre Moluques et Rome exige au minimum trois ans neuf mois. Et il y a des occasions qu’on ne peut laisser échapper, sauf à s’en expliquer plus tard.

Justement, vers la fin de 1547, à Malacca, un Japonais nommé Yajiro était venu lui demander le baptême. Il avait fui son pays, peut-être à la suite d’un crime passionnel. C’était un homme doux, poli, ouvert, qui posait des questions intelligentes. Jamais Xavier n’avait vu un païen aussi séduisant. Ce qu’il entendait dire du Japon lui donnait une envie extrême d’évangéliser ce pays.

Ayant donc réglé de son mieux l’organisation du collège Saint-Paul de Goa, de l’Inde et des postes de l’ Indonésie, Xavier s’embarqua pour la grande île mystérieuse en juin 1549. Sinistre voyage, sur une jonque où régnait une idole chinoise. Sans cesse, le patron de la nef consultait les sorts, et Satan prenait plaisir à rendre la navigation d’une lenteur mortelle. Enfin, un coup de vent du Saint-Esprit jeta la nef dans Kagohsima, port de l’île Kyūshū, le 15 août 1549.

Au bout d’un long mois, il fut reçu, avec une politesse froide, par le prince local. Xavier aurait voulu une audience de l’empereur. On le fit attendre. Il visita des bonzes. Essayant de se faire comprendre, Xavier compara la vie humaine à une navigation. « Je vous entends, répondit son interlocuteur. Mais je ne sais vers quoi je navigue. J’ignore où et comment j’aborderai. » Le baptême lui parut souhaitable; mais le respect humain le lui rendait impossible. Xavier resta un an à Kagoshima et convertit une centaine d’âmes. Il écrivait en Europe : « Les Japonais sont le meilleur des peuples. » Il aurait voulu se rendre à la capitale, au grand centre de tout, à Heian-kyō (Kyōto). Il y arriva, enfin. Mais là c’était la guerre civile à l’état endémique. L’empereur était en fuite. Après onze jours passés dans cette capitale fantôme, il repartit pour la province. Il passa quelques mois à Yamaguchi, où il obtint des conversions. Seulement le vocabulaire le trahissait. Le mot deos, qu’il prétendait offrir à ses auditeurs pour signifier Dieu, sonnait à leurs oreilles comme le japonais « grand mensonge ». Il les conviait à aimer Dieu. Mais aimer n’avait dans leur langue qu’un sens strictement charnel. Les samouraï ou seigneurs recevaient quelquefois Xavier et ses compagnons, un peu comme ils auraient fait venir des boufffons. L’apôtre le sentait; il eût aimé les cravacher d’insultes cinglantes.

Il réussit cependant à créer dans Yamaguchi une petite chrétienté qui fut « les délices de son âme ». La grâce du Christ inspirait à la vieille politesse japonaise des prévenances, des délicatesses, qui enchantaient Xavier, bien peu gâté jusqu’ici sur ce chapitre : n’avait-il pas fui les Portugais de l’Inde, dont le christianisme de façade lui avait semblé parfois odieux comme un baiser de Judas, pour tomber sur les quasi-hôtes féroces des Moluques?

Enfin, après un séjour à Bungo, dans Kyūshū, il revint dans l’Inde (fin 1551-début 1552). Les fatigues avaient blanchi ses cheveux : que de fois, par exemple, il avait marché les pieds nus, et bientôt ensanglantés ! Mais ce retour n’était que provisoire. Une objection japonaise l’avait frappé : si le christianisme était si excellent., pourquoi la Chine, qui avait exporté au Japon tant d’excellentes idées, n’avait-elle pas adopté cette doctrine? Eh bien! François créerait, à l’usage de ses chers Japonais, un catholicisme chinois! Et il disait à un confrère de la Compagnie : « Demandez à Dieu notre Seigneur qu’il me donne la grâce d’ouvrir le chemin aux autres, puisque moi je ne fais rien » Cela évoque le Baptiste au début des évangiles : « Préparez le chemin du Seigneur. » Une fois de plus on leva l’ancre. Une fois de plus l’éléphant océan le porta sur son dos houleux. François revit Malacca; à Singapour il écrivit plusieurs lettres. En août il arrivait dans l’île Shangchuan (les Anglais disent St John) à quelque 150 kilomètres du grand port chinois de Canton (Guangzhou). Là, sur cette terre, il attendrait l’occasion favorable pour entrer dans l’immense empire.

Elle ne vint pas. Déjà il tirait de nouveaux plans : si provisoirement la Chine est impossible, il se tournera vers le Siam. La solitude grandissait. Il n’avait près de lui qu’un Malabar sur lequel il ne pouvait compter, et un jeune Chinois, Antoine. Des malaises le prirent. La visiteuse à qui on ne peut fermer sa porte était là. Vers la fin de novembre, il tombait malade. Il disait et redisait : « Jésus, fils de David, ayez pitié de moi! (Mt 15, 22; Lc 18, 38). Ayez pitié de mes péchés! » Au bout de huit jours, il perdit la parole. Cela dura trois journées : il ne reconnaissait personne, ne mangeait rien. Puis le sentiment lui revint : il invoquait la sainte Trinité, implorait de nouveau « Jésus, fils de David ». Il s’adressait aussi à Notre-Dame : « Ô Vierge, mère de Dieu, souvenez-vous de moi ! » Parfois, des mots inconnus à Antoine lui venaient : peut-être le basque de son enfance. Peu avant l’aube du 3 décembre 1552, le Chinois, voyant qu‘il s’en allait, lui mit un cierge dans la main. Il mourut paisiblement, en invoquant Jésus.

Son corps fut porté à Goa. Une lettre d’Ignace, qui le rappelait — au moins provisoirement — en Europe, arrive après la mort de Xavier. Le grand missionnaire fut béatifié en 1619, canonisé en 1622 (la bulle est de 1623). Sa fête, fixée d’abord au 2 décembre, fut déplacée au 3 en 1663. Benoît XIV le proclame en 1748 patron des Indes; Pie X en 1904 plaça sous sa protection l’œuvre de la Propagande. En 1927, Pie XI déclara patrons des missions saint Xavier et sainte Thérèse de l’Enfant Jésus. — Dans le calendrier positiviste d’Auguste Comte, ou « tableau concret de la préparation humaine », notre saint est commémoré le 22 du sixième mois (qui est consacré aux plus grands hommes du christianisme).

Xavier était de taille moyenne. Il portait une soutane sans ceinture qu’il tenait habituellement des deux mains à hauteur de la poitrine, comme pour soutenir ses bras. Une iconographie un peu tardive n’a pas manqué de transformer cette attitude simple et familière en un geste conventionnel pour soulager un cœur par trop embrasé d’amour. Il avait le nez long, fort, des yeux gros, une barbe courte, mal fournie. Les hagiographes ont majoré ses voyages, ses miracles; le nombre des païens qu’il baptisa : 30 000 semble bien le chiffre maximum, d’ailleurs imposant. On lui a prêté le don des langues, alors qu‘il s‘est plaint souvent des terribles difficultés qu‘il avait à se faire comprendre. Risquerons-nous une esquisse spirituelle du grand homme? Il semble émancipé, si loin de son Père terrestre de Rome. Et cependant, il demeure affamé d’obéissance et d’humilité. Cette humilité n’est pas inconciliable avec une noble fierté d’être Navarrais et jésuite. Autoritaire et parfois sec, il a aussi des trésors de tendresses, de bontés, d’attentions. Du Basque, il a la manie des départs, des explorations. L’amour de Dieu lui donnait une grande souplesse d’adaptation aux usages indigènes, ce don irremplaçable chez le missionnaire. Il savait se faire tout à tous comme saint Paul. On l’a noté en 1555 : « il était lascar avec les lascars. » Ignace lui reprocha doucement de trop payer de sa personne; il l’aurait préféré administrant l’Inde et envoyant des frères à la découverte. Mais ce seigneur féodal voulait être le premier à sauter sur les brèches du château fort Asie. Comme la place à enlever était énorme, il avait fait de la guerre de siège une guerre de mouvement. Cette stratégie épuisante, presque toute en galopades de ses désirs sur les mers, ou en marches harassantes, l’a tué dès sa quarante-sixième année. Il reste que son rêve magnifique a commencé la réunion de la famille humaine autour du Père commun.

Vie des Saints par les Bénédictins de Paris

Prières

Oratio

Deus, qui Indiárum gentes beáti Francísci prædicatióne et miráculis Ecclésiæ tuæ aggregáre voluísti : concéde propítius ; ut, cuius gloriósa mérita venerámur, virtútum quoque imitémur exémpla. Per Dóminum.

Oraison

Ô Dieu, qui, par la prédication et les miracles du bienheureux François, avez voulu faire entrer dans votre Église les peuples des Indes, accordez-nous, dans votre bonté, la grâce d’imiter les exemples de vertu de celui dont nous honorons les glorieux mérites. Par Jésus-Christ, notre Seigneur.

Prière de Saint François Xavier (1506-1552)

Ô mon Dieu ! ce n’est ni la crainte de votre main qui lance la foudre, ni l’horreur du feu de l’enfer, qui dévore éternellement les pécheurs, qui me déterminent à vous servir. Vous m’y engagez par vous-même, ô mon Dieu ! Vous m’attirez, ô Jésus-Christ, percé d’une lance : votre croix me presse, et le sang, ô Jésus, qui s’écoule de vos plaies ! N’y eût-il plus d’enfer à craindre, n’y eut-il plus de gloire à espérer : néanmoins, ô mon Créateur, ravi de vos perfections infinies, vénérant votre Majesté divine, si sublime et si sainte, et votre ineffable Providence, je vous aimerais, sans attendre aucun prix de mon amour. Ô Jésus-Christ, Fils de Dieu, fils d’une Vierge, plein de douceur, de force et d’innocence, qui avez daigné mourir pour nous, je vous aimerais sans récompense, avec tout l’amour dont vous êtes digne. Ainsi soit-il.

Prière de Saint François Xavier (1506-1552) à la Très Saint Vierge

Ô sainte Souveraine, ô Marie, espérance des chrétiens, et reine des anges et de tous les saints et saintes qui sont dans le ciel en présence de Dieu, je me recommande à vous, ô ma Souveraine, et à tous les saints, dès à présent, et pour l’heure de ma mort, afin que vous me préserviez du monde, de la chair et du démon, qui sont mes ennemis, et qui tendent sans cesse des embûches à mon âme, aspirant uniquement à la précipiter dans les enfers, et y employant tous leurs artifices. Je vous prie et je vous conjure, ô Mère infiniment tendre, de me garder. Ainsi soit-il.

Antiennes

Ã. Benedicta tu in mulieribus et benedictus fructus ventris tui.

Ã. Ô Vous êtes bénie entre les femmes, et le fruit de vos entrailles est béni.

Antienne grégorienne “Benedicta tu”

Ã. Exspectabo Dominum Salvatorem meum, et præstolabor eum dum prope est, alleluia.

Ã. J’attendrai le Seigneur, mon Sauveur, et je le guetterai tandis qu’il est proche, alleluia.

Antienne grégorienne “Expectabo Dominum"

Antiennes Expectabo et Benedicta tu

Mercredi 2 décembre (ReConfinement J34) : Saint Pierre Chrysologue

Mercredi 2 décembre (ReConfinement J34) : Saint Pierre Chrysologue

Mercredi 2 décembre (ReConfinement J34) : Saint Pierre Chrysologue

Annonces

En raison des restrictions gouvernementales, il est impératif de vous renseigner sur les horaires des Messes.

La Punchline de Saint Pierre Chrysologue

Tout le mal que les parents se donnent pour leurs enfants, Dieu qui est père de tous, le rendra aux parents.

Saint Pierre Chrysologue, évêque de Ravenne et docteur de l’Église (380-451)

Évêque de Ravenne promue résidence impériale, Pierre fut un prélat considérable, avec qui Rome, Milan et Constantinople devaient compter. Éloquent, il reçut quelque temps après sa mort le surnom grec de chrysologue, « au verbe d’or », et en 1729 fut honoré du titre de docteur de l’Église. Sa fête fut alors inscrite au 4 décembre dans le martyrologe romain, l’éloge du saint restant au 2 (d’où sa fête au calendrier bénédictin).

Il naquit vers 405 sur le territoire de Forum Cornelii (Imola). L’évêque de cette ville, Cornelius, le forma comme un bon père à la vie sacerdotale (sermon 165 de Pierre, P. L., t. LH, col. 633. Désormais, nous indiquerons simplement le sermon et la colonne de Migne). Il fut élu évêque de Ravenne entre 425 et 429; son discours d’entrée fut prononcé entre 425 et 434 devant Galla Placidia, « mère de l’empereur (imperii) chrétien, éternel et fidèle,… qui a mérité de mettre au monde une auguste trinité » (130, 557 A), Théodose, Justa Grata Honoria, et Placide Valentinien III. Le sermon 136 en l’honneur de l’évêque Adelphe (très probablement le métropolite d’Aquilée) suggère que Pierre est alors — avant 431 — simple évêque de la VIIIème région, dépendant du patriarcat romain et sans prééminence spéciale. Mais en 431 Théodoret de Cyr et d’autres prélats orientaux, mécontents du concile d’Éphèse, adressaient une lettre aux évêques de Rome, de Milan, d’Aquilée et de Ravenne. Ravenne était donc devenue, en 431, un centre ecclésiastique prépondérant. Le sermon 175 nous apprend en effet que Pierre, tout en restant sufragant de Rome, comme les autres évêques de la Flaminie (Romagne), avait reçu par « édit du prince chrétien », Valentinien III, et par « décret du bienheureux Pierre », Célestin Ier (422-432), le droit de consacrer quelques évêques de l’Émilie. Ce droit appartenait précédemment à l’archevêque de Milan. Ce sermon 175 a été prononcé par notre Pierre lorsqu’il consacra l’évêque de Vicohabentia (Voghenza, quartier de Porto-maggiore, près de Ferrare), et le 165 quand il consacra l’évêque d’lmola. L’absence au synode milanais en 451 des prélats de Forli, Faenza, Bologne, Modène — sans parler de Voghenza et d’Imola — donne à croire que ces sièges furent soustraits à la juridiction milanaise. Rome aurait délégué à Pierre non pas un droit de métropolite sur les diocèses de la Basse-Émilie, mais une sorte de vicariat, pour donner une satisfaction à la cour de Ravenne, et prévenir un démembrement possible de la province ecclésiastique de Rome au profit de Ravenne; on restreignait aussi de cette manière les prérogatives de Milan. N’avait-on pas créé la métropole d’Aquilée et le vicariat d’Arles pour balancer la puissance de Milan? Le voyage d’Adelphe, avant 431, pourrait s’interpréter comme un prélude à cette manœuvre de résistance aux Milanais. Quant à la légende de l’origine apostolique du siège de Ravenne, qui a été considérée comme une invention antiromaine, ce pourrait être au contraire un biais pour hausser Ravenne devant Milan, en faire un bastion romain contre la capitale lombarde. Bref, la grandeur ecclésiastique, puis civile et politique, des prélats de Ravenne au Moyen Âge date du Chrysologue.

Entre 425 et 434, il consacra l’église Saint-Jean-Évangéliste, bâtie en raison d’un vœu formé par Galla Placidia en mer, alors qu’elle voguait de Constantinople à Ravenne. On figure dans l’abside un Chrysologue à la barbe imposante célébrant la messe, avec l’ange de l’épiclèse près de lui. Pierre fonda aussi la cathédrale de Classe (Petriana), et semble avoir consacré à Ravenne l’église des Saints-Jean-Baptiste-et-Berbatien. Ce qu’on appelle de nos jours la chapelle Saint-Chrysologue, au palais archiépiscopal, date en réalité de Pierre II. Notre saint accueillit avec honneur saint Germain d’Auxerre venu négocier une grâce à la cour.

Politique de grande valeur, Pierre a été également un épistolier heureux. Une lettre a suffi pour fonder supra firmam petram sa réputation de théologien et de canoniste. C’est une réponse à Eutychès, archimandrite byzantin, qui était combattu à Constantinople parce qu’il confondait les deux natures du Christ. Eutychès avait demandé appui à Ravenne et à Rome. Pierre lui écrivit, après juin 449, qu’il refusait de prendre parti sans connaître les arguments opposés à Eutychès ; il n’avait pas qualité pour trancher le débat : le jugement de l’affaire appartenait à Rome, « car le bienheureux Pierre, qui sur son propre siège vit et préside, fournit à ceux qui la cherchent la vérité en matière de foi. »

Selon Agnellus (vers 830), Pierre mourut à Imola et fut enseveli un 3 décembre dans la basilique suburbaine Saint-Cassien. Pour Testi-Rasponi, il serait mort un 31 juillet : on aurait échangé les dates de décès entre lui et Pierre II, qui vécut au début du 6ème siècle. Une allusion à sainte Euphémie (sermon 97, 472 D) n’est guère concevable avant Chalcédoine. Pierre serait donc mort après 451.

Vie des Saints par les Bénédictins de Paris

D’un sermon de Saint Pierre Chrysologue « super Missus est »

Un ange a été envoyé par Dieu. Là où c’est un ange qui est le médiateur, l’homme doit cesser de se faire une opinion par lui-même. Là où l’envoyé vient du ciel, toute interprétation purement humaine doit être rejetée. La curiosité humaine entre en torpeur là où l’ambassadeur est céleste. L’ange a été envoyé par Dieu. Celui qui porte toute son attention sur le fait qu’il a été envoyé par Dieu s’interdit de scruter en profondeur le secret de la Déité. Ce que Dieu communique par l’intermédiaire de son ange, seul mérite de le savoir celui qui craint de le savoir. Écoute le Seigneur qui dit : Sur qui poserai-je mes yeux si ce n’est sur l’humble, le doux, et sur celui qui tremble en entendant ma parole ? L’humble et le doux. Autant il est docile celui qui obéit aux ordres, autant il est indocile celui qui les conteste.

« L’ange est envoyé à une vierge. » Parce que la virginité est toujours connue des anges. Vivre dans la chair en marge de la chair, ce n’est pas une vie terrestre, mais céleste. Et si vous voulez le savoir, acquérir la gloire angélique est une plus grande chose que la posséder. L’ange n’a que le bonheur de l’être, mais la virginité, c’est la vertu qui la fait. La virginité obtient par l’ascèse ce que l’ange possède par nature. L’ange et la vierge remplissent donc une fonction divine, non humaine. Après être entré, l’ange lui dit : « Salut, pleine de grâces, le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes. »

« Salut, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous. » Vous voyez les présents qui sont donnés en gage à la vierge ? Salut, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous. Salut, ce qui veut dire : recevez ! Quoi ? Les vertus en don, mais non la pudeur. Salut, pleine de grâce ! Voici la grâce qui a donné la gloire aux cieux, Dieu à la terre, la foi aux Gentils, un terme aux vices, une règle de vie, une discipline morale. Cette grâce que l’ange a apportée, la vierge l’a reçue pour rendre le salut aux siècles. Salut, pleine de grâce. Parce qu’à chacun, la grâce est donnée par bribes; mais à Marie, c’est toute la plénitude de la grâce qui s’est donnée à elle en entier. « Tous, dit l’évangéliste, nous avons reçu de sa plénitude. » David a dit lui aussi dans le même sens : « Elle descendit comme de la pluie dans une toison. » La laine, bien qu’elle appartienne au corps, ne connaît pas les passions du corps. Ainsi en va-t-il de la virginité. Bien qu’elle soit dans la chair, elle ignore les vices de la chair. La pluie céleste se répand donc dans la toison virginale en y pénétrant goutte par goutte. Et comme des gouttes qui s’infiltrent dans la terre. Pour que les temps qui sont dévolus à la foi, irriguent les semences avec des gouttes vivifiantes, au lieu de les tuer.

« Salut, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous. » L’ange est envoyé par Dieu, et que dit-il ? « Le Seigneur est avec vous. » Dieu était donc déjà avec la vierge quand l’ange lui a été envoyé. Dieu a précédé son messager, sans s’éloigner de sa divinité. Il ne peut pas être contenu par les lieux Celui qui est présent dans tous les lieux. Et il est tout entier partout Celui sans lequel rien n’est.

« Vous êtes bénie entre toutes les femmes. » Elle est vraiment bénie la vierge qui a rempli jusqu’au bout la dignité de la maternité, sans perdre la gloire de la virginité. Oui, elle est vraiment bénie celle qui a mérité la grâce d’une conception céleste, tout en maintenant la couronne de l’intégrité. Elle est vraiment bénie celle qui a reçu la gloire d’un divin enfant, sans cesser d’être la reine de la chasteté dans toute sa plénitude. Vraiment bénie celle qui a été plus grande que le ciel, plus forte que la terre, plus élevée que tout ce qu’il y a dans la création. Car elle a été la seule à contenir Celui que le monde ne peut pas contenir. Elle a porté Celui qui porte l’univers. Elle a engendré son Géniteur. Elle a nourri Celui qui nourrit tous les vivants.

Prières

Oratio

Deus, qui beátum Petrum Chrysólogum Doctorem egrégium, divínitus præmonstrátum, ad regéndam et instruéndam Ecclésiam tuam éligi voluísti : præsta, quæsumus ; ut, quem Doctórem vitæ habúimus in terris, intercessórem habére mereámur in cælis.

Oraison

Ô Dieu, qui, par des prodiges divins, avez désigné et fait élire pour gouverner et enseigner votre Église l’illustre Docteur, le bienheureux Pierre Chrysologue, faites, nous vous en prions, que nous méritions d’avoir pour intercesseur dans les cieux, celui qui nous a donné sur terre la doctrine de vie. Par Jésus-Christ, notre Seigneur.

Prière tirée du Missel Mozarabe par Dom Guéranger (1805-1875)

C’est une chose digne et juste, et vraiment avantageuse pour nous, de faire retentir sans relâche vos louanges, ô Père tout-puissant ! vous qui, nous ayant créés dans un état de sainteté et de noblesse, daignâtes, par une miséricorde insigne, après que nous eûmes été séduits par la fraude de l’ancien serpent, nous arracher à la mort. Vous annonçâtes longtemps à l’avance que votre Fils, que vous deviez nous envoyer dans la chair, viendrait sur cette terre et naîtrait d’une Vierge ; et vous chargeâtes vos Saints de proclamer d’une voix éclatante l’Avènement de ce Messie, afin que le monde, préparé par une longue attente, conçût une plus grande joie au jour où, la plénitude des temps étant accomplie, le Sauveur lui serait enfin donné. Donc, nous vous prions et supplions que, de même que, dans votre clémence et miséricorde, vous n’avez pas voulu souffrir que votre créature pérît entièrement, mais l’avez rappelée à la vie par l’humble Avènement de votre Fils notre Seigneur ; de même, aujourd’hui, vous daigniez protéger, conserver, guérir, défendre et délivrer ce qu’une première fois vous avez retrouvé, réparé, rappelé à la vie ; afin qu’en ce terrible Avènement où il doit reparaître pour juger ceux par lesquels et pour lesquels il a été jugé lui-même, il retrouve ceux qu’il a rachetés en tel état de fidélité, qu’il puisse les posséder éternellement, lui qui les a acquis au prix de son sang.

Prière de Saint Germain d’Auxerre (378-448)

Très Sainte Vierge, vous qui êtes la plus grande consolation que je reçoive de Dieu, vous qui êtes la rosée céleste qui soulage toutes mes douleurs, vous qui êtes la lumière de mon âme quand elle est enveloppée dans les ténèbres, vous qui êtes mon guide dans les chemins inconnus, l’appui de ma faiblesse, mon trésor dans la pauvreté, mon remède dans la maladie, ma consolation dans la détresse, mon refuge dans la misère, et l’espoir de mon salut, entendez mes supplications, ayez pitié de moi, comme il convient à la Mère d’un Dieu si bon, et obtenez pour moi un accueil favorable de toutes mes prières au Trône de la Miséricorde. Ainsi soit-il.

Antiennes

Ã. O doctor optime, Ecclesiæ sanctæ lumen, beate Petre Chrysologe, divinæ legis amator, deprecare pro nobis Filium Dei.

Ã. Ô Docteur excellent ! lumière de la sainte Église, bienheureux Pierre Chrysologue, amateur de la loi divine, priez pour nous le Fils de Dieu.

Ã. De Sion exibit lex et verbum Domini de Hierusalem.

Ã. De Sion sortira la loi, et le Verbe du Seigneur de Jérusalem.

Antienne grégorienne “De Sion exibit"

Antienne De Sion exibit

Mardi 1er décembre (ReConfinement J33)

Mardi 1er décembre (ReConfinement J33)

Mardi 1er décembre (ReConfinement J33)

Annonces

En raison des restrictions gouvernementales, il est impératif de vous renseigner sur les horaires des Messes.

La Punchline des Pères du désert

Se mettre en présence de Dieu, ne pas s’estimer soi-même et rejeter derrière soi la volonté propre : tels sont les instruments de l’âme.

Saint Éloi, évêque de Noyon

Saint Éloi naquit à Chaptelat, à deux lieues de Limoges, vers l’an 588, et dans sa jeunesse son père lui fit apprendre le métier d’orfèvre. Il se rendit très habile dans cet art, et fut employé à divers ouvrages par le roi Clotaire II, dont il fut particulièrement connu et estimé. Ce prince se plaisait à le voir travailler. Il devint riche, et n’employa ses grands biens qu’à des œuvres de charité. Il fonda l’abbaye de Solignac, dans le diocèse de Limoges, et un célèbre monastère à Paris, dont sainte Aure fut la première abbesse. Les pauvres le regardaient comme leur père, et le suivaient en foule partout où il allait, parce qu’ils étaient sûrs d’éprouver toujours sa charité.

Il travaillait durant le jour, et passait une grande partie de la nuit en prières. Il affligeait sa chair par le cilice et par le jeûne, et méditait sans cesse les Saintes Écritures, et les vérités du salut.

Sa sainteté, qui avait déjà éclaté par plusieurs miracles, le fit juger digne de l’épiscopat, et il fut sacré évêque de Noyon, sous le règne de Clovis II, l’an 641. Comme il était instruit dans les lettres, rien ne lui manquait pour s’acquitter dignement des fonctions de son ministère. Il nous reste de lui quelques homélies, qui montrent combien il était versé dans la lecture et l’intelligence des Livres saints. Lorsqu’il avait expliqué à son peuple quelque point de la morale évangélique, il avait coutume de dire à la fin de son discours :

« Si vous pratiquez ce que je viens de vous enseigner, vous en serez récompensés dans le ciel. Si vous ne le pratiquez pas, vous en serez éternellement punis dans l’enfer ; quant à moi, j’ai déchargé ma conscience devant Dieu, et je prends à témoin le ciel et la terre, que j’ai rempli le devoir de mon ministère, en vous annonçant la vie ou la mort : que si vous méprisez mes exhortations et mes menaces, je serai contraint de devenir votre accusateur au tribunal du souverain Juge. »

Il restait encore des idolâtres dans une partie de la Flandre ; le saint évêque travailla à leur conversion, et Dieu bénit tellement ses travaux, qu’il eut la gloire d’en convertir un grand nombre. Un jour, Éloi se promenant dans Noyon vit que la façade de la basilique construite par saint Médard menaçait ruine. Il ordonna de la réparer, et comme on lui faisait remarquer que la saison ne s’y prêtait guère, il répondit qu’il fallait se hâter car il voulait voir la construction achevée. Il prévoyait sa mort prochaine et son tempérament n’admettait guère les demi-mesures. On raconte qu’un vigneron paresseux, battu de verges sur son ordre, s’était réjoui de sa mort : le saint revint sur terre pour lui administrer une correction. Il ne craignait pas de s’adresser aux saints en termes assez vifs : lors de l’incendie de Paris, il déclara à saint Martial que s’il laissait brûler son église il ne la reconstruirait jamais, et quand la basilique Sainte-Colombe fut cambriolée, il menaça la sainte d’en condamner la porte avec une haie d’épines, si les voleurs ne rapportaient pas tout. Et ces prières formulées comme des mises en demeure furent exaucées.

À l’âge de soixante-dix ans, après dix-sept ans d’épiscopat, il déclara à ses prêtres et à ses diacres, que sa fin était proche ; ils se mirent aussitôt à pleurer amèrement. Le Saint fut touché de leurs regrets et de leurs larmes, et demeura quelque temps en suspens entre le désir de vivre plus longtemps pour les consoler, et celui d’entrer au plus tôt dans la joie du Seigneur enfin il leur dit qu’ils devaient plutôt se réjouir que s’affliger de sa mort, que s’il était absent de corps, il leur serait toujours présent en esprit ; qu’après tout, ils ne devaient mettre qu’en Dieu toute leur espérance ; que ce Dieu ne les abandonnerait pas, qu’il les recommandait à sa miséricorde; qu’il avait travaillé pour leur salut; qu’il n’était cependant qu’un serviteur inutile ; mais qu’il espérait que Dieu aurait égard à sa bonne volonté. Il finit par les conjurer, au nom de Jésus-Christ, de pratiquer fidèlement toutes les instructions qu’il leur avait données, et surtout de prendre toujours un soin particulier des monastères qu’il avait fondés.

Lorsqu’il sentit qu’il n’avait plus que quelques moments à vivre, il leva les yeux et les mains au ciel, et adressa cette prière à Dieu :

« C’est donc aujourd’hui, Seigneur, que vous laissez mourir votre serviteur en paix, selon votre parole : souvenez-vous que vous m’avez formé avec un peu de terre, et n’entrez point en jugement avec moi. Ô Jésus, mon Rédempteur ! souvenez-vous de moi : vous seul êtes exempt de péché : ouvrez-moi l’entrée de votre royaume; je remets mon esprit dans vos mains, et je meurs en confessant votre nom ; je sais que je suis indigne de vous posséder ; mais j’ai toujours mis ma confiance dans votre miséricorde : ne permettez pas que mon espérance soit confondue ; éloignez de moi le prince des ténèbres, défendez-moi par votre puissance, et conduisez-moi dans cette céleste demeure, que vous avez préparée à ceux qui vous craignent. »

En disant ces dernières paroles, il expira le 1er décembre de l’an 660. Il avait déjà fait plusieurs miracles avant d’être évêque, et depuis son épiscopat ; il en fit encore après sa mort. Sa vie a été écrite par saint Ouen, archevêque de Rouen, son contemporain et son ami.

Pratique. Saint Eloi devint un saint en vivant au milieu du monde, et même à la cour, parce qu’il ne fut point attaché de cœur au monde, et qu’il se préserva de sa corruption par une fidélité constante aux exercices de la religion. Suivons son exemple en vivant chrétiennement dans ce même monde, en y remplissant, selon l’ordre de la Providence, les obligations de notre état ; que surtout la prière, la méditation de la loi du Seigneur, soient pour nous un devoir sacré ; la vérité nous éclairera, et sa lumière, si nous sommes fidèles, nous dirigera toujours dans les routes de la justice.

Prière.  Que votre loi, Seigneur, et vos divins mystères soient toujours présents à mon esprit et à mon cœur. J’y puiserai par votre grâce la paix et l’innocence de la vie, la confiance à la mort et l’avant-goût de l’éternité bienheureuse. Ainsi soit-il.

 

Une leçon d’humilité : d’une légende sur Saint Éloi

Éloi, simple maréchal-ferrant, s’était installé à son compte et avait accroché à sa porte une enseigne ainsi conçue : « Éloi. Maître sur maître. Maître sur tous ». Considérant que ce « Maître sur tous » était un défi à la puissance céleste, Jésus-Christ résolut de donner à Éloi une bonne leçon d’humilité.

Le Christ s’habilla donc comme un simple et pauvre forgeron et vint demander de l’embauche à l’atelier d’Éloi.
– Que sais-tu faire ? demande celui-ci.
– Je sais forger et ferrer aussi bien que qui que ce soit au monde.
– Que dis-tu de ce fer que je viens de forger ?
– Pas mal, mais on peut faire mieux.

Là-dessus, et sans attendre, Jésus forge un fer bien mieux fini, bien plus élégant que celui d’Éloi. Mais il ne s’arrête pas là. Ayant vu à la porte de la forge un cheval en attente d’être ferré, Jésus lui coupe la jambe, la met sur l’enclume, pose le fer, puis rattache la jambe au cheval qui paraît ne s’être aperçu de rien. Colère d’Éloi qui, pour relever ce défi, coupe une autre jambe du cheval et s’apprête à y poser un fer. Mais le cheval, cette fois, saigne, hennit de douleur, s’abat, et mourrait bientôt si Jésus n’arrêtait miraculeusement l’hémorragie avant de remettre la jambe en place. Du coup, Éloi capitule. Il prend son marteau et brise son enseigne en disant : « Qui que tu sois, c’est toi le maître et c’est moi le compagnon. » Alors le Christ dit : « Heureux celui qui s’humilie. » Éloi comprend enfin à qui il a affaire et se prosterne. Je te pardonne, dit le Christ, car je te crois guéri. Reste « Maître sur maître » ; mais souviens-toi que je suis seul « Maître sur tous ».

Prières

Oratio

Exáudi, quæsumus, Dómine, preces nostras, quas in beáti Elígii Confessóris tui atque Pontíficis sollemnitáte deférimus : et, qui tibi digne méruit famulári, eius intercedéntibus méritis, ab ómnibus nos absólve peccátis. Per Dóminum nostrum.

Oraison

Nous vous supplions, Seigneur, d’exaucer les prières que nous vous adressons en la solennité du bienheureux Éloi, votre Confesseur et Pontife, et de nous accorder, grâce aux mérites et à l’intercession de celui qui vous a si dignement servi, le pardon de tous nos péchés. Par Jésus-Christ, notre Seigneur.

Prière de Guerric d’Igny (vers 1087-1157)

Vous avez fait un travail considérable mon Seigneur, en vous mettant à mon service. Il n’est que trop juste, trop normal qu’à présent vous vous reposiez, et que votre serviteur, reprenant son rôle se mette à votre service. Quel prix vous avez mis pour me ramener à ce service inutile que je vous rends, vous qui n’avez pas même besoin du ministère des anges ! Avec quel art de délicatesse, de tendresse vous êtes arrivé à me récupérer, et à ramener à l’obéissance votre serviteur rebelle ! Vous avez vaincu le mal par le bien, vous avez fait rougir l’orgueilleux par votre humilité, vous avez écrasé l’ingrat sous vos bienfaits ! vous êtes arrivé à vaincre le rebelle, Seigneur, – c’est fait ! Je tends mes mains à vos liens, je courbe ma tête sous votre joug. Daignez seulement accepter mon service, permettez que je travaille pour vous. Ainsi soit-il

Antiennes

Ã. Angelus Domini nuntiavit Mariæ, et concepit de Spiritu Sancto, alleluia.

Ã. L’ange du Seigneur a annoncé à Marie, et elle a conçu du Saint Esprit, alleluia.

Ã. Ante quam convenirent inventa est Maria habens in utero de Spiritu Sancto, alleluia.

Ã. Avant qu’ils eussent habité ensemble, Marie se retrouva enceinte de l’Esprit Saint, alleluia.

Antienne grégorienne “Ante quam convenirent"

Antiennes Angelus et Antequam