Il y a cent ans naissait notre cher Père Verrier (13 octobre 1922)

Il y a cent ans naissait notre cher Père Verrier (13 octobre 1922)

Il y a cent ans naissait notre cher Père Verrier (13 octobre 1922)

“Aujourd’hui soyons dans la joie, car le ciel s’ouvre et nous montre combien nous devons travailler à nous sanctifier, pour pouvoir un jour participer à ce bonheur du ciel. C’est là le but de cette vie : nous n’en avons pas d’autre ! Nous ne sommes pas ici pour jouir des plaisirs de la vie. Au contraire, nous sommes mis sur la terre pour pouvoir nous sanctifier, pour pouvoir un jour participer au bonheur du ciel.” (Père Verrier, Toussaint 2005)

“Être Pasteur, ce n’est pas seulement diriger et commander, c’est surtout protéger et se dévouer. C’est se faire tout à tous. C’est en un mot aimer ses brebis, car aimer c’est se donner. Oui, mes frères, vous m’êtes devenus tous chers. Tous sans distinction, riches ou pauvres, pratiquants ou non-pratiquants. Je ne veux pas que l’on puisse dire que je suis le curé d’une catégorie de personnes, mais au contraire je veux être le curé de tous, parce que tous vous m’avez été confiés par Dieu et par la Sainte Église. ” (Père Verrier, Sermon d’installation à Vallerois-le-Bois)

“Ne l’oublions jamais, nous ne sommes pas faits pour la terre, mais pour le ciel, c’est le but de la vie présente. C’est donc là que j’ai mission de vous conduire tous, par le Christ, pour le Christ.” (Père Verrier, Sermon d’installation à Montjustin)

“Nous assistons à la déchristianisation de nos paroisses, et cela est parfois cause d’une si grande souffrance morale, et même physique, que, si le Seigneur n’était pas là, on pourrait mourir de chagrin. Mais ce n’est pas en se laïcisant, en suivant l’esprit du monde que nous rechristianiserons nos paroisses mais en vivant le sacerdoce tel que le Christ l’a voulu.” (Père Verrier, Lettre à l’Archevêque de Besançon, 1969)

Les grandes lignes de la vie de notre cher Père Verrier

Pierre Verrier naît le 13 octobre 1922 à Vesoul. Il passe son enfance dans le cadre de la paroisse Saint-Georges entre les cérémonies solennelles et le service de Messe dans les diverses communautés religieuses de la ville ou pour son curé, Mgr Louis Saunier (1852-1937), qualifié lors de ses obsèques de « prêtre modèle » par Mgr Dubourg. C’est là que naît, dès le plus jeune âge, sa vocation sacerdotale. Après le cursus de Philosophie au séminaire de Faverney, il entre au Grand Séminaire de Besançon à l’automne 1945. Ordonné prêtre le 2 avril 1949 par Mgr Dubourg, il est nommé le 15 octobre suivant à l’aumônerie de l’Institution Notre-Dame du Mont à Franois (Doubs).

Après cette situation de transition, l’abbé Verrier est envoyé comme vicaire-économe à Vallerois-le-Bois (70) le 27 septembre 1950, paroisse dont il devient ensuite curé. Le 1er avril 1961 il est nommé curé d’Aboncourt-Gésincourt et vicaire économe de Fouchécourt, villages haut-saônois de respectivement 141 et 170 habitants à cette époque. Lors de la cérémonie de prise de possession, le Chanoine Chabod, archiprêtre de Vesoul, souligne « ses grandes qualités de prêtres : sa profonde piété, son amour ardent de Dieu et des âmes, son zèle pour ceux qui lui sont confiés ». Mais, après seulement trois années de ministère et suite à un contentieux avec un groupe d’Action catholique irrespectueux de sa juridiction, il est nommé le 25 mai 1964, à sa demande, à la cure de Monjustin, petite paroisse située non loin de Vallerois-le-Bois.

Dès les années 1965-1966, il s’inquiète de pratiques liturgiques nouvelles, souvent non-autorisées (comme la communion dans la main, ou l’utilisation de la langue vernaculaire), et d’un affaiblissement de la piété de nombreux prêtres qui délaissent la récitation du Bréviaire, ou encore, le culte des reliques des saints qu’ils relèguent dans les greniers. Il fait part de cette inquiétude au nouvel évêque, Mgr Lallier, qui prétend le comprendre mais ne prend aucune mesure. Quand arrive la nouvelle messe issue des commissions mises en place après le concile Vatican II (1962-1965), il refuse de se plier à cette réforme qu’il dénonce comme contraire à la tradition liturgique de l’Église et à l’esprit sacerdotal, suivant en cela le Bref examen critique du Novus Ordo Missæ présenté à Paul VI par les cardinaux Ottaviani et Bacci en 1969. Il reçoit alors des menaces de la part de certains membres de l’Action catholique soutenus par un vicaire général du diocèse, et finit par se retirer pour prendre du repos le 5 novembre 1970, sans toutefois donner sa démission comme curé de Montjustin.

Il s’établit alors à Vesoul où sa profonde connaissance de l’histoire locale et du patrimoine religieux lui permettent d’assumer une partie du secrétariat de la société d’agriculture, lettres, sciences et arts de la Haute-Saône (SALSA) et de la commission départementale des monuments historiques. En l’absence de ministère pastoral il fait de fréquents séjours à l’Abbaye Notre-Dame de Fontgombault (Indre) où il rencontre le chanoine Étienne Catta († 1974), professeur à la faculté de théologie d’Angers et fondateur de l’Opus Sacerdotale, association sacerdotale. En outre, il assiste les moines de Fontgombault dans certains ministères pastoraux dont ils devaient s’acquitter. C’est également dans cette abbaye qu’il fait la connaissance des scouts de Suresnes dont il devient l’aumônier jusqu’en 1974, date à laquelle il rejoint la Fraternité de la Transfiguration (Mérigny, Indre), fondée par l’abbé Lecareux en 1970, et dont l’apostolat échappait au contrôle de l’évêque de Bourges. Entre 1978 et 1980, suite à des problèmes de santé, il se retire à Saint-Michel-en-Brenne (Indre), à la maison-mère des religieuses de la Fraternité Saint-Pie X.

Revenu en Franche-Comté, il acquiert le 9 juillet 1982 l’ancienne ferme de l’abbaye de Faverney (70) située à quelque distance de ce village au lieu-dit Bethléem et y fonde le prieuré Notre-Dame de Bethléem, reprenant le vœu de Mgr Dubois, archevêque de Besançon, de voir renaître la vie bénédictine à Faverney. Oblat bénédictin de l’abbaye de Solesmes depuis 1966, sous le nom de frère Valbert-Marie, il situe sa fondation dans l’esprit de la Congrégation de France. À partir de 1983, il n’est plus répertorié dans l’annuaire diocésain de Besançon, alors même qu’il n’a jamais reçu de sanction canonique. Le 9 avril 1989, la nouvelle chapelle est bénite par Mgr Marcel Lefebvre († 1991). Mais les évêques que celui-ci a consacrés en 1988 tendent peu à peu à imposer une juridiction ecclésiale dont ils sont de fait dépourvus, et le Père Verrier prend ses distances vis-à-vis d’eux en 2002. Il adopte alors la Thèse de Cassiciacum connue par le moyen de la revue Sodalitium éditée par l’Institut Mater Boni Consilii, fondé en 1985 par d’anciens membres de la Fraternité Saint-Pie X. Par cette thèse théologique, Mgr Michel-Louis Guérard des Lauriers, O.P. († 1988), ancien enseignant à l’Université Pontificale du Latran et au Saulchoir en France, ne remet pas en cause l’élection des papes (papauté matérielle) depuis Paul VI, mais démontre que ceux-ci n’ont pas reçu du Christ l’Autorité pontificale (ne sont pas Papes formellement), pour la raison que, ne poursuivant pas le bien objectif de l’Église et enseignant l’erreur et l’hérésie, ils posent un obstacle à la réception de cette Autorité.

Après une vie bien remplie au service de Dieu et des âmes, notre cher Père Verrier rend son âme à Dieu le 7 juin 2011. Nous retenons son profond esprit de Foi, son amour de l’Église et du Saint-Siège, son admirable piété et son esprit liturgique, son extraordinaire dévotion envers la Très Sainte Vierge Marie, et les saintes reliques. Il était un Père bon, patient, miséricordieux, et ferme sur les principes, avec une connaissance profonde de la Règle de Saint Benoît et de sa spiritualité équilibrée.

Vendredi 27 novembre (ReConfinement J29) : Saint Colomban

Vendredi 27 novembre (ReConfinement J29) : Saint Colomban

Vendredi 27 novembre (ReConfinement J29) : Saint Colomban

Annonce

En raison des restrictions gouvernementales, il est impératif de vous renseigner sur les horaires de Messes des prochains dimanches (29 novembre et 6 décembre).

La Punchline de Saint Colomban

La mortification consiste donc en trois points : exclure de son esprit la discorde, ne pas laisser sa langue dire ce qui lui plaît, n’aller nulle part sans permission.

Les deux premiers points se comprennent aisément : mortifier notre esprit en renonçant à notre jugement propre, facteur de discorde ; mortifier notre langue… et nos doigts tapotant, trop souvent sans mesure, sur les claviers et écrans. Enfin, le 3ème point s’adresse surtout aux moines… ou aux confinés que nous sommes !

Saint Colomban, Abbé de Luxeuil

Vers la fin du 6ème siècle, un souffle puissant, venu d’Irlande, passa sur la Gaule mérovingienne. Après y avoir tourbillonné pendant une vingtaine d’années, il s’éloigna vers l’Est, passa les Alpes et descendit en Italie. Ce cyclone, qui remua bien des choses dans l’Église et dans la société, est celui du moine Colomban. À une chrétienté rongée par le péché et entourée de peuples encore païens, ce moine celte apportait les « remèdes de la pénitence », comprise de façon neuve, et le zèle missionnaire. La jeune foi de l’Irlande, un vigoureux idéal de renoncement, une observance monastique sans compromission faisaient la force de ce barbare cultivé, capable de bâtir autant que de prêcher. Intransigeant et obstiné, non moins attaché à son particularisme irlandais qu’à l’Évangile universel qu’il annonçait, il se heurta aux rois et aux évêques, subit persécution et bannissement, mais sa sainteté s’imposa à tous et son œuvre prospéra par l’épreuve.

Saint Colomban est né en Irlande vers 540. Tout jeune, il entendit l’appel de Dieu et entra à Cluain-Inis où il fut formé par Sinell, disciple de Saint Finian de Clonard, puis au monastère de Bangor que venait de fonder Saint Comgall. C’est pour participer, lui aussi, à la « peregrinatio pro Christo », chère aux Irlandais, qu’il quitta son pays pour débarquer en Gaule avec ses douze disciples.

Notre pays, dévasté et pillé un siècle plus tôt, présentait à tous égards un aspect pitoyable. La plupart des habitants avaient été massacrés et le paganisme régnait de nouveau presque partout. Les anciens monastères ou évêchés avaient survécus, mais que restait-il vraiment du souvenir de saint Jean de Réomé, Saint Honorat, Saint Germain ou Saint Martin ? La Règle de Saint Benoît, mort quelques années auparavant, n’avait pas encore pénétré en Gaule.

Il y avait alors un vaste désert nommé Vosges où se trouvait un poste militaire en ruine depuis longtemps, auquel une tradition ancienne donnait le nom d’Annegray. Arrivé là, le Saint s’y installa avec les siens. Il se contentait d’un peu de nourriture pour subsister, se souvenant de la parole de Notre Seigneur selon laquelle l’homme ne vit pas seulement de pain, mais se rassasie de la parole de Dieu. Le monastère d’Annegray devenant trop petit par suite de l’affluence des vocations, saint Colomban songea qu’il fallait chercher dans ce même désert un autre emplacement pour y construire un Monastère. Il obtint du roi Childebert la concession des ruines de Luxovium, situées alors à l’extrémité de l’épaisse forêt de la « Vôge », peuplées uniquement de bêtes sauvages. Plus tard encore, l’affluence des novices obligea Saint Colomban à une nouvelle fondation, celle de Fontaine, mais Luxeuil fut la résidence habituelle du saint Abbé. Luxeuil demeure le centre et l’âme de l’institut colombanien.

Gontran, roi de Bourgogne, avait attiré Saint Colomban dans ses terres, ce fut son petit neveu Thierry qui joua le rôle le plus important dans la vie de notre Saint. Les mœurs de Thierry, comme celles de la plupart des princes francs, étaient libres. Brunehaut, son aïeule, dont l’ambition redoutait une rivale, ne lui permit point de contracter un légitime mariage et encouragea les désordres du jeune prince. Saint Colomban ne put supporter cela, ce qui déplût très fort à Brunehaut qui en conçut une haine terrible pour l’apôtre et finalement obtint du roi sa condamnation à l’exil. Le dessein de Thierry avait été de renvoyer Saint Colomban en Irlande, d’où il était venu. Mais à Nantes, le vaisseau qui devait le rapatrier, lui et ses compagnons, fut rejeté pendant trois jours sur la plage: finalement, on laissa Saint Colomban en liberté. Il se rendit successivement à Soissons, puis à Metz. Colomban rêvait dès lors d’une vie de prédication tout apostolique : il s’embarqua sur le Rhin, pénétra en Suisse et demeura quelques temps dans la région de Bregenz sur le lac de Constance, où il établit une Abbaye. De là, il passa finalement les Alpes et entra en Lombardie où le roi Agilulfe lui donna les terres de Bobbio dans une gorge des Apennins. C’est là qu’il fit sa dernière fondation monastique et mourut le 21 ou le 23 novembre 615. Il est fêté le 27 novembre dans le diocèse de Besançon.

La Regula Monachorum nous dit, entre autre, que l’on doit « chaque jour prier, chaque jour jeûner, chaque jour travailler, chaque jour lire ». Cela nous donne une idée de la vie quotidienne de nos premiers moines, et il n’est pas douteux que Saint Colomban ait institué de véritables cours, destinés à enseigner la lecture, l’écriture, le dessin, les lettres, l’étude de la Bible et des Pères de l’Église. N’avait-il pas, lui-même, composé un Commentaire sur les Psaumes et plusieurs traités concernant le chant et l’enseignement ?

À cette école seront formés : Saint Cagnoald, qui deviendra évêque de Laon ; Saint Attale, qui succèdera au maître à Bobbio ; Saint Ermenfroy, futur évêque de Verdun ; Saint Potentin, le fondateur de Coutances ; Saint Desle, qui établira Lure ; Saint Gall qui donnera son nom au célèbre monastère suisse ; Saint Sigisbert, qui fondera Disentis dans les Alpes ; Saint Valéry, le premier abbé de Sithiu, et tant d’autres… Malgré l’exil forcé de Saint Colomban, en 612, ordonné par le roi Thierry et la reine Brunehaut, l’école fut maintenue, grâce à deux abbés remarquables : saint Eustaise (612-629) et surtout saint Valbert (629-670), qui introduisit la Règle Bénédictine. Nous y trouverons de nouveaux élèves : Saint Amé, fondateur de Remiremont ; Saint Donat, évêque de Besançon ; Saint Eloi, le célèbre orfèvre, fondateur de Solignac ; Saint Faron, évêques de Meaux ; saint Achaire à Noyon ; Saint Leudemond à Sion ; Saint Philibert à Jumièges ; Saint Germain, abbé de Moutier-Grandval ; Saint Ouen à Rouen, et toute une pléiade de saints, qu’il serait trop long d’énumérer ici. Luxeuil s’est donc épanoui comme un chef d’ordre et fut véritablement, selon le mot de Dom Grappin, le dernier savant de l’Abbaye, « l’école de toutes les sciences, l’académie des grands hommes, le modèle de tous les monastères de France ».

Saint Colomban peut être regardé comme un des plus grands moines ; son œuvre fut immense. Tous les monastères colombaniens adoptèrent par la suite la Règle de Saint Benoît. Toute notre région, et même l’Europe entière lui doivent la Foi.

R. P. Valbert-Marie Verrier (†2011)

De la Discrétion ou juste mesure vertueuse : extrait de la Règle de Saint Colomban

Combien la discrétion est nécessaire, l’égarement de beaucoup le fait voir et la ruine de certains le démontre. Ils ont commencé sans discrétion et, faute de science pour les diriger, ils ont été incapables de mener jusqu’au bout une vie louable. Car, de même que l’erreur égare ceux qui marchent sans suivre un chemin, de même, pour ceux qui vivent sans discrétion, la démesure est inévitable, et celle-ci est toujours contraire aux vertus, qui se situent au milieu, entre deux excès contraires. Passer la mesure, c’est rencontrer fatalement le danger, puisque, le long du droit sentier de la discrétion, nos adversaires placent les pierres d’achoppement du mal et les embûches de toutes sortes d’erreurs. On doit donc prier Dieu continuellement qu’il dispense la lumière de la vraie discrétion pour illuminer ce chemin bordé de chaque côté des épaisses ténèbres du monde, de telle sorte que ses vrais adorateurs soient capables de traverser cette obscurité, sans s’égarer, jusqu’à lui.

La discrétion tire donc son nom de « discerner », car c’est elle qui discerne en nous entre bien et mal, et aussi entre moyens et fins. Depuis le début, après que le mal eut commencé d’exister, du fait du démon, par la corruption du bien, les deux catégories, à savoir les biens et les maux, ont été séparées comme la lumière et les ténèbres, mais Dieu, qui opéra la séparation, avait d’abord donné la lumière (Gn 1, 3-4). Ainsi le pieux Abel choisit le bien, tandis que l’impie Caïn tombait dans le mal (Gn 4, 1-8).

Dieu a fait bon tout ce qu’il a créé (Gn 1, 31), mais le diable est venu y semer le mal (Mt 13, 24-30), avec sa ruse perfide et la suggestion sournoise de sa périlleuse flatterie (Gn 3, 1-5). Quels sont donc ces biens ? Ceux qui sont restés inviolés et intacts, tels qu’ils avaient été créés. Dieu seul les a créés et « préparés », suivant l’Apôtre (Eph 2, 10), « pour que nous y marchions ; ce sont les œuvres bonnes dans lesquelles nous avons été créés dans le Christ Jésus » : bonté, pureté, piété, justice, vérité, miséricorde, charité, paix qui procure le salut, joie spirituelle, avec le fruit de l’Esprit (Ga 5, 22) — toutes ces choses, avec leurs fruits, sont bonnes.

Et voici les maux qui en sont le contraire : malice, corruption, impiété, injustice, mensonge, avarice, haine, discorde, amertume, avec les multiples fruits qui en proviennent. Innombrables, en effet, sont les rejetons engendrés par ces deux contraires, à savoir le bien et le mal. Ce qui s’écarte de la bonté et de l’intégrité de la création, voilà le premier mal, à savoir l’orgueil de la malice première. Son contraire est l’humble estimation d’une pieuse bonté, qui reconnaît son Créateur et le glorifie, ceci constituant le premier bien d’une créature raisonnable. C’est ainsi que tout le reste s’est développé peu à peu dans les deux sens en un immense foisonnement de noms.

Dans ces conditions, il faut s’en tenir fortement au bien, en recevant le secours de Dieu, qu’il faut sans cesse demander par la prière, tant dans le succès que dans l’adversité, afin d’éviter l’enivrement de la vanité dans le succès et la chute dans le découragement au sein de l’adversité. Il faut donc se garder sans cesse de ce double danger, c’est-à-dire de tout excès, par une noble tempérance et une véritable discrétion, qui se maintienne dans l’humilité chrétienne et ouvre le chemin de la perfection aux vrais soldats du Christ. Cela revient à toujours discerner avec rectitude dans les cas douteux et à savoir distinguer en toutes circonstances le bien du mal, soit entre biens et maux extérieurs à nous, soit en nous-mêmes entre corps et âme, soit entre actes et habitudes, entre activité et repos, entre vie publique et privée.

Quant aux maux, on doit pareillement s’en garder : orgueil, envie, mensonge, corruption, impiété, mauvaises mœurs, gourmandise, fornication, cupidité, colère, tristesse, instabilité, vaine gloire, élèvement, médisance. Et maintenant les biens des vertus qu’il faut rechercher : humilité, bienveillance, pureté, obéissance, abstinence, chasteté, libéralité, patience, joie, stabilité, ferveur, ardeur au travail, vigilance, silence. Tout cela, par la force d’âme qui fait supporter et la tempérance qui modère, est à mettre sur les plateaux de la discrétion comme dans une balance, pour y peser nos actes habituels selon les possibilités de nos efforts, dans la recherche continuelle de ce qui suffit. Si le suffisant ne suffit pas, il ne fait de doute pour personne que l’on a passé la mesure de la discrétion, et tout ce qui dépasse cette mesure est manifestement vicieux.

Entre le trop et le trop peu, la juste mesure se trouve donc au milieu. Sans cesse elle nous détourne de tout ce qui est superflu d’un côté ou de l’autre. Introduite en toute chose, elle procure partout le nécessaire et refuse les caprices déraisonnables d’une volonté superflue. Cette mesure de la vraie discrétion, en pesant tous nos actes à leur juste poids, ne nous permettra jamais de nous écarter de ce qui est juste, et si nous la suivons toujours tout droit, à la manière d’un guide, elle ne nous laissera pas nous égarer. Car s’il faut toujours se garder de part et d’autre, selon le mot de l’Écriture : « Gardez- vous à droite et à gauche » (Dt 5, 52), il faut toujours marcher droit par la discrétion, c’est-à-dire par la lumière de Dieu, en répétant souvent et en chantant le verset du Psalmiste victorieux : « Mon Dieu, illumine mes ténèbres, car c’est par toi que j’échapperai à la tentation » (Ps 17, 29-30). En effet, « la vie de l’homme sur terre est une tentation » (Jb 7, 1).

Prières

Oratio

Deus, qui Beáti Columbáni præcéptis et exémplis innúmeros ad perfectiónem evangélicam elevásti : accénde, quæsumus, in nobis ardens sanctitátis desidérium. Per Dóminum.

Oraison

Ô Dieu, qui avez élevé d’innombrables âmes à la perfection évangélique par les préceptes et les exemples du Bienheureux Colomban : nous prions d’allumer en nous un ardent désir de la sainteté. Par Jésus-Christ, notre Seigneur.

Prière de Saint Colomban (ca 540-615)

Seigneur Dieu, détruisez et déracinez tout ce que le Mauvais a planté en moi. Ces iniquités une fois détruites, mettez dans ma bouche et mon cœur de penser et d’agir bien, en sorte que mon action et ma volonté vous servent vous uniquement, que je comprenne vos commandements, que je vous cherche. Donnez-moi la mémoire. Donnez-moi la charité. Donnez-moi la chasteté. Donnez-moi la foi. Donnez-moi tout ce que vous savez utile à mon âme. Faites en moi le bien, accordez-moi ce qui me convient, vous qui règnez dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Invocations aux Saints de Luxeuil

Seigneur, ayez pitié de nous.
Christ, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous.

Père céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Esprit-Saint qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Trinité Sainte qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Marie, priez pour nous.
Sainte Mère de Dieu, priez pour nous.
Sainte Vierge des Vierges, priez pour nous.

Saint Colomban, priez pour nous.
Saint Colomban le jeune, priez pour nous.
Saint Lua, priez pour nous.
Saint Sigisbert, priez pour nous.
Saint Léobard, priez pour nous.
Saint Ragnacaire, priez pour nous.
Saint Hermenfroi, priez pour nous.
Saint Waldolène, priez pour nous.
Saint Valéry, priez pour nous.
Saint Desles, priez pour nous.
Saint Colombin, priez pour nous.
Saint Gall, priez pour nous.
Saint Ursanne, priez pour nous.
Saint Bertulfe, priez pour nous.
Saint Attale, priez pour nous.
Saint Babolein, priez pour nous.
Saint Eustase, priez pour nous.
Saint Cagnoald, priez pour nous.
Saint Achaire, priez pour nous.
Saint Amé, priez pour nous.
Saint Romaric, priez pour nous.
Saint Waldalène, priez pour nous.

Saint Omer, priez pour nous.
Saint Mommolin, priez pour nous.
Saint Bertin, priez pour nous.
Saint Ebertramm, priez pour nous.
Saint Valbert, priez pour nous.
Saint Agile, priez pour nous.
Saint Chuane, priez pour nous.
Saint Ermenfroi, priez pour nous.
Saint Adelphe, priez pour nous.
Saint Frobert, priez pour nous.
Saint Théoffroy, priez pour nous.
Saint Berchaire, priez pour nous.
Saint Ingofroy, priez pour nous.
Saint Emmon, priez pour nous.
Saint Mellin, priez pour nous.
Saint Anségise, priez pour nous.
Saint Gibard, priez pour nous.
Saint Tételme, priez pour nous.
Saint Baltram, priez pour nous.
Saint Antoine de Froidemont, priez pour nous.
Bienheureux Angelôme, priez pour nous.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous, Seigneur.

Jésus-Christ, écoutez-nous.
Jésus-Christ, exaucez-nous.

Prions.
Par l’intercession de la Bienheureuse Marie toujours vierge et de tous nos Saints, nous vous prions, Seigneur, de préserver de toute adversité cette famille humblement prosternée à vos pieds, et de la défendre avec bonté contre toutes les embûches des ennemis du Salut. Par Jésus-Christ N-S. Ainsi soit-il.

Antienne

Ã. Hic vir despiciens mundum et terrena triumphans divitias cælo condidit ore manu.

Ã. Cet homme, montrant du mépris pour le monde et triomphant des choses terrestres, a amassé des richesses au paradis à travers ses paroles et ses actes.

Antienne grégorienne “Hic vir”

Antienne Hic vir

Un sermon du Père Verrier

Un sermon du Père Verrier

Un sermon du Père Verrier

La qualité audio n’est pas très bonne, mais avec de l’attention, on profitera de ce sermon émouvant de notre cher Père Verrier pour préparer la fête de Noël. Il a été prononcé le 18 décembre 2005 (4ème dimanche de l’Avent).

Sermon pour le 4ème dimanche de l'Avent (18 décembre 2005) : Passer un Noël chrétien.

par Père Pierre Verrier

30 ans du Prieuré

30 ans du Prieuré

Le vendredi 9 juillet 1982, après avoir célébré la Messe de la fête du Coeur Très Pur de Marie dont l’évangile rappelle les paroles des bergers dans la nuit de Noël : « Allons jusqu’à Bethléem », le Père Pierre Verrier se rendit à Vesoul pour signer le compromis de vente afin d’acquérir l’ancienne ferme des moines de Faverney installée au lieu-dit « Bethléem ».

(suite…)