Samedi in Albis

Samedi in Albis

La Punchline du Saint-Esprit (Prv 13, 10)
L’orgueil ne produit que des querelles; mais la sagesse est avec ceux qui se laissent conseiller.
Note concernant le précepte de la communion pascale
En ce Temps pascal et dans cette période de confinement nécessaire pour la santé publique, certains catholiques ont peur de ne pas satisfaire au précepte de la communion pascale. Ce cas de conscience, de soi légitime, doit être considéré à la lumière de la Morale catholique, non selon des vues passionnelles.

Le précepte (cf. Code de Droit Canonique de 1917)

Canon 859 § 1. Tous les fidèles des deux sexes, après être parvenus aux années de discrétion, c’est-à-dire à l’usage de la raison, doivent une fois par an, au moins à Pâques, recevoir le sacrement de l’eucharistie, à moins que sur le conseil du propre prêtre, pour quelque motif raisonnable, ils estiment devoir s’en abstenir pour un temps.

Commentaire : Ce précepte est un précepte positif, c’est-à-dire qu’il oblige à poser une action. Un précepte négatif interdit de poser une action. Par exemple : le précepte dominical contient un précepte positif (il faut aller à la Messe le dimanche) et un précepte négatif (il ne faut pas travailler le dimanche).

Canon 859 § 2. La communion pascale se fera du dimanche des Rameaux au dimanche in Albis ; mais il est permis aux Ordinaires de lieu, selon que l’exigent les circonstances de personnes et de lieux, d’anticiper ce temps pour tous leurs fidèles, pas cependant avant le quatrième dimanche de carême ou de le proroger, mais pas au delà de la fête de la Sainte-Trinité.

Commentaire : Dans la plupart des diocèses de France, le précepte de la communion pascale peut être accompli depuis le 1er dimanche de la Passion jusqu’au 2ème dimanche après Pâques. Hors crise dans l’Église, on remarquera que, dans les circonstances de pandémie, les évêques auraient sans aucun doute prorogé la date limite pour accomplir ce précepte.

Canon 859 § 4. Le précepte de la communion pascale urge toujours, si quelqu’un, pour quelque motif que ce soit, ne l’a pas accompli au temps prescrit.

Commentaire : « Urge » cela signifie qu’on reste tenu d’accomplir ce précepte même si on ne l’a pas accompli dans le temps imparti, peu importent les raisons pour lesquelles on ne l’a pas accompli.

Canon 860. L’obligation du précepte de communier, qui incombe aux impubères, retombe également principalement sur ceux qui doivent avoir charge d’eux, à savoir les parents, les tuteurs, le confesseur, les instituteurs et le curé.

Commentaire : Si, pour un temps, cette obligation cesse pour les fidèles, cela signifie aussi qu’elle cesse pour ceux qui en ont la charge.

Principes moraux

Une loi positive n’oblige pas lorsqu’il y a un inconvénient grave.
À l’impossible nul n’est tenu.

L’impossibilité est physique : quand fait défaut la possibilité de poser un acte (par exemple : défaut de liberté, coaction extérieure, maladie grave, impossibilité d’obéir à la loi sans violer une loi supérieure, etc.).
L’impossibilité est morale : quand il y a un danger de dommage corporel ou spirituel conjoint accidentellement à l’accomplissement de la loi (par exemple : risque de nuisance à la santé, à la fortune, occasion de scandale, etc.).

Conclusion

Vu que l’esprit de cette loi ecclésiastique est que les fidèles communient au moins une fois par an, cela signifie, pour ce qui me concerne personnellement, que la grande majorité des fidèles qui fréquentent le Prieuré, ont déjà satisfait à l’esprit de la loi (pas à la lettre) puisqu’ils communient tous très régulièrement.

Vu que le confinement ne va pas durer indéfiniment, et vu que de véritables autorités ecclésiastiques, dans une situation similaire à celle que nous vivons, auraient prolongé le délai pour faire ses Pâques.

Pour ces motifs, l’accomplissement de ce précepte peut être différé. D’ailleurs selon le §1 de ce canon : même le curé (=propre prêtre) ou le confesseur peuvent en toute légitimité retarder l’accomplissement de ce précepte pour une personne particulière.

Vu que le précepte de la communion pascale est un précepte positif qui n’oblige pas lorsqu’il y a de graves inconvénients à l’accomplir.

Vu que ces inconvénients graves existent, et sont même nombreux (liste non-exhaustive) : restriction de la libre circulation en raison du confinement, risque de péché contre la Charité en ne respectant pas le confinement ou au minimum les gestes barrières, risque de péché contre la Charité en exposant nos chapelles (et nos prêtres) à des amendes et à des poursuites judiciaires, risque pour la fortune (amende multipliée par le nombre de personnes dans la voiture, majorée pour les récidivistes), etc.

Il ressort de tous ces éléments que les fidèles non seulement ne sont pas tenus de prendre tous les moyens et tous les risques pour accomplir ce précepte, mais encore, dans un grand nombre de cas particuliers, sont tenus par la Charité de surseoir à l’accomplissement de ce précepte.

Dans la pratique, je conseille aux fidèles de se rapprocher du prêtre chez qui ils vont habituellement, de rester soumis à ses avis, de ne pas chercher à opposer les prêtres entre eux (les contextes peuvent être différents et les fidèles n’ont pas tous les éléments pour en juger prudemment et selon l’esprit de Foi). La situation actuelle est très pénible, et nous devrions particulièrement nous serrer les coudes dans l’esprit de Charité des premiers chrétiens.

Pour finir, je ne suis pas prêtre pour inciter les gens à la révolte mais plutôt à la vertu :

  • Foi dans la Providence divine qui permet cette situation pour notre plus grand bien.
  • Espérance dans la Providence divine qui nous donne toutes les grâces nécessaires pour survivre spirituellement à cette situation temporaire.
  • Charité, c’est-à-dire amour de Dieu qui s’exprime dans la soumission à SA volonté, et le renoncement à notre volonté propre; et amour du prochain en veillant, a minima, à ne pas propager le virus, et en veillant à la pérennité de nos chapelles.
  • Prudence surnaturelle : le chrétien ne s’expose pas aux persécutions réelles ou supposées.
  • Patience : le chrétien supporte les situations inconfortables qui lui permettent d’être plus conformes au Christ crucifié.
P-S aux personnes qui fréquentent habituellement le Prieuré : Même quand le déconfinement commencera, je vous prie de ne prendre aucune initiative sans en discuter au préalable avec moi. Merci d’avoir ce soucis du Bien commun du Prieuré. †P. J-MM
Prières

Prière de Saint Anselme (1033-1109)

Mon Dieu, vous êtes toute tendresse pour moi. Je vous le demande par votre Fils bien-aimé, accordez-moi de me laisser emplir de miséricorde et d’aimer tout ce que vous m’inspirez. Donnez-moi de compatir à ceux qui sont dans l’affliction, et d’aller au secours de ceux qui sont dans le besoin, de consoler les affligés, d’encourager les opprimés. Donnez-moi de pardonner à celui qui m’aura offensé, d’aimer ceux qui me haïssent, de rendre toujours le bien pour le mal, de n’avoir de mépris pour personne, et d’honorer tous les hommes. Donnez-moi d’imiter les bons, de renoncer à la fréquentation des méchants, de pratiquer les vertus et d’éviter les vices. Donnez-moi, Seigneur la patience quand tout va mal et la modération quand tout va bien. Donnez-moi de savoir maîtriser ma langue, et de poser, au besoin, une garde à ma bouche. Enfin, mon Dieu, donnez-moi le mépris des choses qui passent et la soif des biens éternels. Ainsi soit-il.

Oratio

Concéde, quæsumus, omnípotens Deus : ut, qui festa paschália venerándo égimus, per hæc contíngere ad gaudia ætérna mereámur. Per Dóminum.

Oraison

Nous vous en prions, Dieu tout-puissant, accordez-nous qu’après avoir célébré religieusement les Fêtes pascales, nous méritions d’arriver, grâce à elles, aux joies de l’éternité.

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Vendredi dans l’octave de Pâques

Vendredi dans l’octave de Pâques

Vendredi dans l’octave de Pâques

La Punchline de Saint Benoît

Haïr sa volonté propre.

Jésus ressuscité donne sa mission à l’Autorité de l’Église (Mt 28, 16-20) : commentaire de Dom Paul Delatte

Les onze apôtres s’étaient rendus en Galilée ; ils vinrent, selon saint Matthieu, sur la montagne que Jésus leur avait indiquée. On ne nous dit pas le nom de cette montagne du rendez-vous ; elle fut sans doute désignée aux apôtres au cours d’une entrevue que les évangélistes n’ont pas racontée. Or cette entrevue ne saurait être confondue, ni avec la scène décrite au chapitre 21 de saint Jean, ni avec l’entrevue qui se termina par l’Ascension ; mais peut-être faut-il l’identifier avec la réunion plénière mentionnée par saint Paul : Visus est plus quam quingentis fratribus simul (1 Cor 15, 6). On s’expliquerait, dans cette hypothèse, que « quelques-uns », parmi les cinq cents disciples, aient encore douté de la Résurrection ; à cette date, les apôtres, eux, ne doutaient plus. « En le voyant, poursuit saint Matthieu, ils se prosternèrent ; mais quelques-uns doutèrent. Et s’approchant, Jésus leur parla en ces termes : Toute puissance m’a été donnée au ciel et sur la terre. Allez donc, enseignez les hommes de toutes les nations, les baptisant au nom du Père, et du Fils, et du Saint- Esprit, leur enseignant à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici que je suis avec vous tous les jours jusqu’à la consommation du siècle. »

Il n’est personne qui méconnaisse l’importance souveraine de chacune de ces paroles. Le Seigneur est roi ; l’univers entier lui a été donné par son Père en héritage ; il l’a acquis de son sang. Bientôt, à l’Ascension, il va prendre possession du ciel ; puis, par ses envoyés, par ses apôtres, il prendra possession de la terre. Les apôtres n’attendront point qu’on vienne chercher la vérité auprès d’eux ; ils iront la porter à ceux qui ne la cherchent pas. Leur premier office sera de rendre un témoignage, et la réponse du croyant consistera dans une adhésion de son intelligence à des vérités proposées par Dieu. Le second office des apôtres sera de baptiser, c’est-à-dire de pardonner, de sanctifier, de donner une vie nouvelle in nomine Patris, et Filii, et Spiritus sancti. Et le Seigneur fait allusion ici non seulement à la confession, à la profession de foi au Père, au Fils et au Saint-Esprit, qui sera impliquée dans le baptême : mais encore au caractère de cette vie même communiquée au baptême, laquelle est essentiellement, et par Jésus-Christ, la vie avec le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Cependant, il ne suffit pas d’avoir, par le baptême, commencé à appartenir au Seigneur ; il faut encore maintenir, dans tous les domaines de notre activité, les conditions de cette union première, la docilité aux vouloirs de Dieu ; les apôtres sont chargés d’y veiller : Docentes eos servare omnia quæcumque mandavi vobis. Il y a donc ici-bas des hommes accrédités par Dieu, munis par lui de pleins pouvoirs, dispensateurs pour le monde entier de la doctrine, de la grâce, de la direction surnaturelle. Organe d’enseignement, organe de sanctification, organe de gouvernement : telle est l’Église, dans sa hiérarchie.

Le séjour permanent dont nous parle ensuite le Seigneur n’est pas la permanence de l’Eucharistie, ni celle de la vie surnaturelle en chaque âme fidèle ; mais une forme d’assistance spéciale, d’une absolue fermeté, soustraite aux conditions du temps : et ecce ego vobiscum sum : «Je suis avec vous. – Mais nous mourrons. Seigneur? – Je suis avec vous jusqu’à la fin des siècles. » Pour que cette promesse se réalise, il faut que les disciples à qui parle le Seigneur se succèdent jusqu’à la fin du monde ; dans ce passage, il ne s’adresse donc pas aux seuls apôtres présents. « Je suis avec vous tous les jours » : c’est la continuité parfaite. Et nous voyons bien à quel dessein se rapporte la présence ainsi promise : assurer l’efficacité du ministère apostolique, soutenir perpétuellement ceux, présents ou futurs, qui enseignent, qui baptisent, qui gouvernent en son nom.

Dans la crise que traverse actuellement l’Église, on complètera le commentaire de Dom Delatte par la lecture de cet article.

Prières

Prière de Saint Anselme (1033-1109)

Ne m’abandonnez pas, Seigneur, à ma volonté, ni à l’ignorance ou à la faiblesse humaine, ni à mes propres mérites, ni à tout autre conseil qu’aux saintes dispositions de votre sagesse. Mais dans votre bonté gouvernez ma personne, mes pensées et mes actions selon votre bon plaisir, afin que votre volonté seule s’accomplisse par moi, en moi et sur moi. Délivrez-moi de tout mal et conduisez-moi à la vie éternelle. Ainsi soit-il.

Oratio

Omnípotens sempitérne Deus, qui paschále sacraméntum in reconciliatiónis humánæ fœdere contulísti : da méntibus nostris ; ut, quod professióne celebrámus, imitémur efféctu. Per Dóminum.

Oraison

Dieu tout-puissant et éternel, qui, par le mystère pascal, avez formé un pacte de réconciliation avec l’humanité : donnez à nos âmes de reproduire dans nos actes les vérités que nous professons en célébrant ce mystère.

Antiennes

Ã. Undecim discípuli in Galilǽam vidéntes Dóminum adoravérunt, allelúia.

Ã. Les onze disciples allèrent en Galilée, et voyant le Seigneur, ils l’adorèrent, alleluia.

Antienne grégorienne “Undecim discipuli”

Ã. Data est mihi omnis potéstas in cælo et in terra, allelúia.​
Ã. Il m’a été donné toute puissance dans le ciel et sur la terre, alleluia​.

Antienne grégorienne “Data est”

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Un vrai Pape peut-il faire de fausses canonisations ?

Un vrai Pape peut-il faire de fausses canonisations ?

Un vrai Pape peut-il faire de fausses canonisations ?

C’est ce que tentent de démontrer un certain nombre d’articles émanant de prêtres de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX), à l’approche de la « canonisation » de Jean-Paul II.
Après avoir admis en théorie l’infaillibilité du Pape dans les canonisations (ce qui n’a pas toujours été le cas dans la FSSPX : voir la revue Sodalitium n°53 de juillet 2002, pp. 29-31), ces prêtres la nient dans la pratique par rapport aux « nouvelles canonisations » des « nouveaux papes ». Leurs arguments sont divers mais peuvent se résumer dans l’ajout indu de conditions subjectives aux notes de l’infaillibilité telles que définies par le Concile Vatican I : prudence, examen attentif, volonté subjective d’engager (ou non) son infaillibilité du côté du Pape.
Or cet ajout indu rend incertain l’exercice de l’infaillibilité non seulement par rapport aux derniers « papes », mais par rapport à tous les Papes de tous les temps chez lesquels on pourrait toujours remettre en question les intentions subjectives. Au contraire la doctrine catholique définie précisément par le Concile Vatican I est expliquée avec clarté par Mgr Gasser dans ces réponses aux objections des Gallicans contre le texte du Concile Vatican I :

« Le sujet de l’infaillibilité est le Romain Pontife, en tant que Pontife, ou bien en tant que personne publique en relation à l’Eglise universelle »… « Or, quelques Pères du Concile ne se contentent pas de ces conditions ; ils veulent encore introduire dans cette constitution dogmatique certaines conditions ultérieures qui, de différentes manières, se trouvent dans plusieurs traités de théologie et qui se rapportent à la bonne volonté et au zèle du Pape pour la recherche de la vérité ». Mgr Gasser répondit que peu importaient les motivations et les intentions du Pontife, qui regardaient sa conscience, mais que seul comptait le fait qu’il parlait à l’Eglise : « Notre-Seigneur Jésus-Christ (…) a voulu faire dépendre le charisme de la vérité de ses [du Pontife] rapports publics avec toute l’Eglise ; autrement, le don de l’Infaillibilité ne serait pas un moyen efficace pour le maintien et le rétablissement de l’unité chrétienne. C’est pourquoi il n’est pas à craindre que l’Eglise puisse jamais être induite en erreur par la mauvaise volonté ou par la négligence d’un Pape. La protection de Jésus-Christ et l’assistance promise à Pierre sont si puissantes, qu’elles empêcheraient le jugement du Pape s’il était erroné ou nuisible à l’Eglise, et que, si, de fait, le Pape rend un décret, ce décret sera infailliblement vrai ».

Les prêtres de la FSSPX tombent ainsi dans le subjectivisme qu’ils prétendent dénoncer, et rendent vain le dogme de l’Infaillibilité pontificale. Pourquoi ces arguties qui sentent le Gallicanisme (anti-infaillibiliste), le naturalisme (Autorité du Pape n’est rien de plus que les autorités naturelles comme celle du père de famille), et même le modernisme subjectiviste ? Tout simplement parce qu’ils refusent de tirer la conclusion qui découle inéluctablement de la Foi catholique : Paul VI, Jean-Paul II, Benoît XVI, Bergoglio, bien qu’occupant le siège de Pierre ne sont pas vraiment Papes, ce que confirme l’absence d’infaillibilité chez eux. Hélas, la FSSPX entraîne dans son sillage un grand nombre d’âmes qui finissent par ne plus croire dans le dogme de l’Infaillibilité et par ne plus avoir que du mépris pour la Papauté.
Donc si la « canonisation » de Jean-Paul II ne peut pas être valable c’est parce qu’elle n’émane pas d’un vrai Pape, et non pas parce qu’elle émanerait du « pape non-infaillible » inventé par la FSSPX.

Sur l’Infaillibilité pontificale et les positions de la FSSPX on lira avec profit les articles suivant de la revue Sodalitium (voir ici) :

Sodalitium n°33, octobre 1993 : Réflexions sur la position doctrinale de la FSSPX. pp. 49-52
Sodalitium n°40, janvier 1996 : L’infaillibilité de l’Eglise. pp. 36-56
Sodalitium n°43, avril 1997 : La règle de notre Foi. pp. 31-35 ; et Les erreurs de SI SI NO NO. pp. 35-58
Sodalitium n°47, décembre 1998 : Mgr Williamson contre le Concile Vatican…I ! pp. 48-64
Sodalitium n°50, juin-juillet 2000 : L’infaillibilité du Pape. pp. 36-41
Sodalitium n°52, janvier 2002 : L’Abbé Carandino et le témoignage de la Foi. pp. 35-40

Plus de détails dans le sermon suivant :

Sermon pour le 5ème dimanche après l'Epiphanie (9 février 2014) : Un vrai Pape peut-il faire de fausses canonisations?

Sur des sujets liés à cette question :

Sermon pour la fête de la Purification de Marie (2 février 2014) : Sur l'obéissance à l'Eglise

Sermon pour la solennité de l'Epiphanie (12 janvier 2014) : Sur la Foi

Sermon pour le 2ème dimanche après la Nativité de Notre-Seigneur Jésus-Christ (5 janvier 2014) : Sur l'infaillibilité de l'Eglise

Sermon pour le 1er dimanche après Pâques (1er mai 2011) : Foi catholique et foi de Jean-Paul II

Sermon de saint Odilon sur la Résurrection du Sauveur

Sermon de saint Odilon sur la Résurrection du Sauveur

Saint Odilon est né en 961 ou 962 et il est mort dans la nuit du 31 décembre 1048 au 1er janvier 1049. Il fut béni Abbé de Cluny le 20 mai 994. Il est impossible de dater avec précision ses sermons qui ont dû être rédigés lorsqu’il était Abbé. Les plus anciens manuscrits des sermons que nous ayons datent du début du XIIème siècle.

Les chrétiens ont une confiance très sûre dans la divine promesse de la résurrection des morts. Car la Vérité l’a promise et la Vérité ne peut pas mentir. Elle est donc vraie la promesse de la vérité de la résurrection des corps, car tout ce que promet la Vérité qui ne connaît pas le mensonge, il est nécessaire qu’elle l’accomplisse dans son entier. Et pour que nous sachions avec la plus grande certitude qu’elle arrivera, le Seigneur lui-même a daigné nous montrer dans son propre corps cette résurrection des corps. Le Christ est ressuscité afin que le chrétien ne doute pas de sa résurrection à venir. Car ce qui est arrivé d’abord dans la tête suit dans le corps.

Mais nous devons savoir, frères très aimés, qu’il existe deux morts et deux résurrections. La première mort est même bipartite : l’une par laquelle l’âme pécheresse par la faute s’éloigne de son Créateur, et l’autre dans laquelle elle est rejetée de son corps par la peine après le jugement de Dieu. La deuxième mort quant à elle consiste dans la mort du corps et la punition éternelle de l’âme.

Note du traducteur : Le péché (originel) a pour conséquence la mort du corps : celle-ci est une peine infligée par Dieu à l’homme en raison du péché. Cette mort du corps est la première mort dont les deux parties sont : 1/ le péché, 2/ la mort du corps. La mort du corps entraîne à son tour la mort éternelle de l’âme en état de péché mortel (séparée de son corps, l’âme ne peut plus se repentir). Cette mort éternelle de l’âme est la deuxième mort qui consiste : 1/ dans la mort du corps, et 2/ dans la punition éternelle de l’âme.

Ainsi par la première mort, l’âme de l’homme bon comme celle du mauvais est séparée pour un temps de son corps. Mais par la seconde mort, l’âme du seul méchant est torturée éternellement avec son corps. Les deux morts tenaient l’homme enchaîné du fait que la transgression de nature tenait chacun infecté par la propagation du péché. Mais vint le Fils de Dieu, immortel et juste, qui, afin de mourir pour nous, reçu une chair mortelle de nous. Et dans cette chair mortelle, il supporta avec patience le supplice dû au péché sans être coupable, parce qu’aucun péché ne pouvait être trouvé en lui. C’est pourquoi le Fils de Dieu accepta pour nous la seconde partie de la première mort, la mort du seul corps, par laquelle il nous a lavés et de la domination du péché et de la peine de la punition éternelle. Avec miséricorde, le Christ opère maintenant dans le monde cette résurrection en ceux qu’il exhorte à une bonne vie, en leur donnant la Foi pour qu’ils croient justement, en leur accordant la Charité pour qu’ils s’adonnent volontiers aux bonnes œuvres. Au dernier jour, il daignera les ressusciter dans leurs corps pour leur prodiguer la béatitude éternelle.

Ainsi ressuscités dans l’âme par la Foi, frères très aimés, vivons avec justice afin de ressusciter aussi à la joie éternelle dans notre corps. Sentons ce don de la première résurrection que le Christ nous a accordé avec largesse, de sorte que, alors que notre corps ressuscitera, nous méritions de régner sans fin avec le Sauveur lui-même, quand la mort sera absorbée par la victoire et qu’aux fidèles sera donnée la vraie vie et la vraie joie, comme ce même Dieu Tout-Puissant donnera à ses fidèles les royaumes célestes pour les mérites de la Foi et des bonnes œuvres, Lui qui avec le Père et le Saint-Esprit vit et règne, Dieu, dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

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Benoît XVI et la Fraternité Saint-Pie X : levée de l’excommunication de 1988.

Il y a une semaine, a été rendue publique la levée de l’excommunication des quatre évêques consacrés en 1988 par Mgr Marcel Lefebvre. N’ayant aucun rapport avec la Fraternité Saint-Pie X, cette nouvelle en soi ne nous concerne pas. Cependant il est clair qu’elle a et aura un retentissement important sur tous ceux qui veulent rester attachés à la tradition de l’Eglise. Pour cette raison nous avons trouvé nécessaire de parler de cet événement dimanche dans notre sermon (http://prieure2bethleem.org/sermons-audio/), pour cette raison nous relayons ici le communiqué de nos amis de l’Institut Mater Boni Consilii qui vient compléter ce sermon.


Déclaration de l’Institut Mater Boni Consilii sur le décret du 21 janvier 2009 concernant la levée de l’excommunication des quatre évêques de la Fraternité Saint-Pie X.


Par un décret du 21 janvier 2009, le Préfet de la Congrégation pour les évêques, le cardinal Giovanni Battista Re, a remis « aux évêques Bernard Fellay, Bernard Tissier de Mallerais, Richard Williamson et Alfonso de Galarreta l’excommunication latae sententiae décrétée par cette Congrégation le 1er juillet 1988 », déclarant privé d’effet juridique, « à partir de ce jour, le décret émis à l’époque ».
Comme le rappelle ce même décret, la levée de l’excommunication a été accordée après une demande en ce sens, faite par Mgr Fellay au nom des quatre évêques, et adressée au cardinal Castrillon Hoyos, président de la Commission pontificale Ecclesia Dei (lettre de Mgr Fellay du 15 décembre 2008).
En soi, le décret du 21 janvier concerne exclusivement les quatre évêques, qui sont ainsi « absous » de « l’excommunication » qui les avait frappés plus de vingt ans auparavant, et non pas la Fraternité Saint-Pie X qui pour le moment, avec ses évêques, est encore considérée comme privée de la « pleine communion » et de tout statut canonique. Bien que personne n’en parle, la « suspens a divinis » pour tous les prêtres de la Fraternité semble toujours être en vigueur. Les faits contredisent donc la prétention de la Fraternité elle-même d’avoir été pleinement réhabilitée par le décret du 21 janvier.
Voici les faits, dans leur aspect matériel, mais quel jugement peut-on porter sur cet événement qui, qu’on le veuille ou non, aura une influence sur la vie de l’Église ?

Les consécrations du 30 juin 1988

Un jugement exact, à la lumière de la Foi, sur ce décret et sur le fait que les autorités de la Fraternité Saint-Pie X l’aient sollicité, en l’imposant comme préalable à un futur accord, doit, avant toute chose, se fonder sur l’événement qui fut l’occasion du « décret d’excommunication » qui est privé aujourd’hui d’effets juridiques : les consécrations épiscopales sans mandat pontifical faites par Mgr Lefebvre et Mgr de Castro Mayer le 30 juin 1988.
À l’occasion des consécrations épiscopales de 1988, l’Institut Mater Boni Consilii publia une Déclaration (Sodalitium n° 17, septembre-octobre 1988) qui garde toute sa valeur. Nous y disions notamment :
« L’Institut Mater Boni Consilii constate que Mgr Lefebvre, et ceux qui le suivent, n’ont pas fait formellement schisme, parce que désobéir à Jean-Paul II qui n’est pas formellement Pape n’est pas un schisme. De son côté, Jean-Paul II, étant privé de toute autorité, ne peut excommunier personne, et les censures prévues par le droit lui-même ne s’appliquent pas en l’absence d’autorité.
Cependant, Mgr Lefebvre et la Fraternité Saint-Pie X distillent dans l’esprit des fidèles qui les suivent une pratique – qui se transforme chaque jour davantage en doctrine – absolument schismatique, selon laquelle on doit, dans les faits, désobéir même en matière grave au vrai Vicaire du Christ, sans tenir aucun compte de sa juridiction universelle et immédiate sur les fidèles catholiques. De leur point de vue, le fondateur, les membres et les fidèles de la Fraternité Saint-Pie X, agissent schismatiquement ».
À notre avis, on pouvait donc appliquer aux protagonistes de la journée du 30 juin 1988 cette phrase de la Sainte Écriture : « il n’y a personne qui fasse le bien, pas même un seul ».
La Fraternité Saint-Pie X n’a pas agi licitement en consacrant des évêques non seulement sans l’accord du Pape, mais contre la volonté de celui qu’ils considéraient être le Pape. Les modernistes agissaient encore moins licitement, eux qui occupaient et occupent encore les Sièges épiscopaux, y compris le Siège apostolique, en imposant une doctrine contraire, et même contradictoire, en plusieurs points avec la doctrine de l’Église, et une réforme liturgique d’esprit protestant : « Mais quand nous-même, quand un ange venu du ciel vous annoncerait un autre Évangile que celui que nous vous avons annoncé, qu’il soit anathème »(Gal. I, 8 ; cf. Concile Vatican I, DS 3070).
Le fidèle catholique ne pouvait, ce jour-là, suivre ni Mgr Lefebvre, ni Jean-Paul II, d’autant que nous annoncions déjà à ce moment là, en nous fondant sur les paroles mêmes de Mgr Lefebvre : « Des tractations futures ne sont pas exclues, au contraire même, elles sont prévues. La tromperie continue, comme avant et plus qu’avant ».
La douloureuse impression d’alors (que l’esprit de l’Église catholique ne se trouve ni auprès des modernistes, évidemment, ni même à Écône) se renouvelle aujourd’hui – vingt ans après – face au décret du 21 janvier 2009.

Un geste œcuménique, selon la logique de Vatican II

Les observateurs superficiels (ou malicieux) des récents événements ecclésiastiques, ont d’abord diffusé l’idée que Joseph Ratzinger – Benoît XVI est ou voudrait être le fossoyeur de Vatican II (plaise à Dieu !). La même théorie fut déjà défendue, en son temps, au sujet de Jean-Paul II et même de Paul VI. Il s’agit hélas d’une erreur flagrante, contredite par leurs propres déclarations explicites. Benoît XVI, comme avant lui Paul VI, Jean-Paul Ier et Jean-Paul II, veut simplement appliquer Vatican II, avec la prétention que Vatican II est la continuité (et le développement) du magistère traditionnel (cf. le discours de Benoît XVI à la Curie romaine du 22 décembre 2005, republié de façon significative par l’Osservatore Romano du 25 janvier 2009, p. 5 ; voir la critique sur Sodalitium, n° 59, pp. 28-30).
L’absolution des quatre évêques « lefebvristes » intervient, selon Benoît XVI, dans cette optique conciliaire. Concédée durant la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, publiée la veille de la fin de cette Semaine et du 50ème anniversaire de l’annonce de la réunion du Concile de la part de Jean XXIII (25 janvier 1959), la décision ne peut pas ne pas rappeler un geste analogue et encore plus solennel : l’absolution réciproque (!) des excommunications que s’échangèrent le « Patriarche » schismatique de Constantinople Athénagoras et Paul VI le 7 décembre 1965, avec une déclaration commune qui fut lue à la clôture de Vatican II par le cardinalWillebrands devant le concile réuni en session solennelle.
L’Église catholique exige pour l’absolution des censures ecclésiastiques (dont fait partie l’excommunication) que le coupable mette fin à sa contumace (can. 2248 §2)*, ce qui implique que le coupable « se soit repenti du délit commis et qu’il ait accompli, ou au moins sérieusement promis d’accomplir, une satisfaction appropriée pour les dommages et le scandale causés » (can. 2242 §3) ; bien qu’il revienne à l’autorité qui absout de juger si les conditions requises sont présentes (ibidem), il apparaît évident que les quatre évêques n’y ont pas obtempéré, prétendant au contraire n’avoir jamais été excommuniés (cf. la déclaration de Mgr Fellay du 24 janvier 2009). Mais par ailleurs les Orientaux se sont-ils jamais repentis de leur schisme ? Croyez-vous qu’Athénagoras ait reconnu le primat de juridiction du Pape et l’infaillibilité de son magistère ? Bien sûr que non. Analogiquement, l’absolution accordée par Benoît XVI aux quatre évêques s’inscrit dans l’ecclésiologie œcuménique de la « communion imparfaite » (Unitatis redintegratio, Lumen Gentium) et « au nouveau style d’Église voulue par le concile qui préfère la médecine de la miséricorde plutôt que la condamnation » (Osservatore Romano, 26-27 janvier 2009).
La levée des excommunications est donc, comme soutient l’Osservatore Romano (25 janvier 2009) un des innombrables bons fruits du concile :
« Les bons fruits du concile sont innombrables, et il faut compter parmi eux maintenant le geste de miséricorde à l’égard des évêques excommuniés en 1988. C’est un geste qui aurait plu à Jean XXIII et à ses successeurs [peut-être pas à Paul VI, n.d.a.], un cadeau sincère que Benoît XVI, Pape de paix, a voulu rendre public en coïncidence avec l’annonce de Vatican II (…). Un demi-siècle après cette annonce, Vatican II est vivant dans l’Église ».
Même Benoît XVI l’a dit le 25 janvier, dans la Basilique de Saint-Paul, entouré durant la cérémonie liturgique par des « orthodoxes », des anglicans et des luthériens, en faisant l’éloge de l’œcuménisme conciliaire qui prévoit la conversion de tous, « même de l’Église catholique », commente scandaleusement l’Osservatore du 26-27 janvier.
Le vrai but de Benoît XVI ? Avec la levée de l’excommunication, « le Pape débarasse le terrain de possibles prétextes à des polémiques infinies, pour entrer dans le fond du problème : la pleine acceptation du magistère, y compris évidemment le concile Vatican II » (Osservatore Romano, 26-27 janvier 2009) : c’est bien sûr dans ce sens qu’il faut lire les paroles du décret, qui demande désormais « véritable fidélité et véritable reconnaissance du Magistère et de l’autorité du Pape par la preuve de l’unité visible ».
Si quelqu’un avait encore des doutes, le discours tenu par Benoît XVI le 28 janvier a effacé toute ambiguïté, en parlant explicitement de Vatican II :
« C’est justement pour accomplir ce service de l’unité, qui qualifie de façon spécifique mon ministère de Successeur de Pierre, que j’ai décidé il y a quelques jours, d’accorder la rémission de l’excommunication qu’avaient encourue les quatre évêques ordonnés en 1988 par Mgr Lefebvre sans mandat pontifical. J’ai accompli ce geste de miséricorde paternelle parce que ces prélats ont manifesté à plusieurs reprises leur vive souffrance du fait de la situation dans laquelle ils s’étaient retrouvés. Je souhaite que mon geste soit suivi d’un engagement diligent de leur part à accomplir les pas ultérieurs nécessaires pour réaliser la pleine communion avec l’Église, en témoignant ainsi une vraie fidélité et une vraie reconnaissance du magistère et de l’autorité du pape et du concile Vatican II ».

Mgr Fellay : ambiguïté, pragmatisme et contradiction

Si l’on peut reconnaître une certaine logique – comme on l’a vu – aux modernistes, on ne peut pas en dire autant de la Fraternité Saint-Pie X.
La Fraternité Saint-Pie X reconnaît en Benoît XVI le Vicaire du Christ ; mais malgré cela continue à refuser son enseignement sur Vatican II.
La Fraternité demande à Benoît XVI l’absolution de l’excommunication pour ses quatre évêques, reconnaissant (implicitement) la validité de cette censure, et se reconnaissent ainsi (implicitement) repentis du délit commis. Pour ses fidèles, par contre, elle déclare l’avoir « toujours contestée », présentant l’absolution comme une victoire de la « Tradition ». Et en effet les quatre évêques ont vécu, pendant vingt ans, comme si elle n’avait jamais existé, et même en s’en vantant et en la revendiquant comme signe d’orthodoxie, tout en sachant que si un excommunié, impénitent, reste durant un an dans l’excommunication, il est suspect d’hérésie (can. 2340 §1).
Selon le décret, l’excommunication des évêques a été levée parce que Benoît XVI est « confiant en leur volonté, exprimée dans la lettre citée auparavant, de ne ménager aucun effort pour approfondir, via des discussions nécessaires avec les autorités du Saint-Siège, les questions qui restent en suspens afin de pouvoir parvenir rapidement à une pleine et satisfaisante solution au problème qui s’est posé à l’origine ». Le problème est certainement d’ordre disciplinaire (quel statut donner à la Fraternité) mais aussi et surtout d’ordre doctrinal, et concerne Vatican II et ses réformes. La levée de l’excommunication ne résout pas du tout, mais plutôt couvre, de son ambiguïté, les problèmes posés par Vatican II. Lumen Gentium, Gaudium et spes, Unitatis redintegratio, Nostra Ætate, Dignitatis humanæ etc., sont-ils le développement de la doctrine catholique, ou sont-ils en contradiction avec la doctrine catholique ? Et s’ils sont en contradiction avec la doctrine catholique, de telles erreurs, et les réformes qui les ont suivis, peuvent-elles venir de la sainte Église, infaillible et indéfectible, et donc du Vicaire du Christ ? La déclaration de Mgr Fellay du 24 janvier parle seulement de « raisons doctrinales de fond qu’elle (la Fraternité) estime être à l’origine des difficultés actuelles de l’Église », difficultés énoncées par Jean-Paul II lui-même ! Lesdites raisons doctrinales, qui à ce stade ne sont pas davantage spécifiées, sont présentées comme une opinion de la Fraternité, et non comme la doctrine non négociable de l’Église…
Les premiers actes posés par Mgr Fellay après la « levée des excommunications » semblent confirmer que la Fraternité Saint-Pie X est désormais disposée à accepter des renoncements douloureux, pourvu qu’elle arrive à une solution « positive » des négociations, et à accomplir ainsi le pas suivant désiré par Joseph Ratzinger ; cela de façon cohérente avec l’affirmation de la Fraternité (incluse entre autre dans toutes leurs célébrations de la Messe una cum famulo tuo Papa nostro Benedicto) qui dit reconnaître son autorité et son magistère.

Perspectives futures

Hélas pour les catholiques, des discussions entre la Fraternité Saint-Pie X et des néo-modernistes risque de naître une réponse ambiguë que tous les deux semblent souhaiter, et qui est indispensable pour un accord entre les parties.
Tout fait penser, en effet, qu’on puisse « parvenir bientôt » (décret du 21 janvier) à l’accord. Benoît XVI a pleinement satisfait aux conditions imposées par la Fraternité Saint-Pie X, d’abord avec le Motu Proprio Summorum Pontificum, puis maintenant avec le décret de la Congrégation pour les évêques. Il n’est pas réaliste de penser qu’il l’ait fait sans recevoir de la part de Mgr Fellay et de la Fraternité un engagement à trouver rapidement un accord. Dans cette perspective, la Fraternité Saint-Pie X devrait suivre l’exemple de toutes les autres sociétés religieuses qui, lorsqu’elles se sont séparées d’elle, ont, les premières, signé un tel accord : à savoir accepter la nouvelle doctrine conciliaire et la légitimité de la nouvelle liturgie.
Si, par contre, la Fraternité – dans sa totalité ou en partie – devait refuser de faire « le pas suivant » qui lui est demandé, elle conserverait toutefois cette position contradictoire et fausse, qui la discrédite, selon laquelle les catholiques devraient – pour rester catholiques – désobéir à un Pape légitime et s’opposer à son magistère, puisque les erreurs, que la Fraternité condamne à raison, viendraient du Pape et donc de l’Église, et en définitive du Christ. Qui ne voit pas que ces affirmations sont un outrage à la Papauté, à l’Église, à Notre-Seigneur ?

La ligne de conduite à tenir

La ligne de conduite à tenir est celle que nous avons déjà exprimée dans un précédent communiqué (juin 2008) :

« Notre devoir n’est donc pas de favoriser les « tractations » en cours ou, au contraire, de les dénoncer, mais d’espérer plutôt que, tant la Fraternité Saint-Pie X que ceux qui suivent les erreurs conciliaires – après avoir renoncé aux erreurs jusque là défendues et proclamé intégralement la foi catholique – s’unissent enfin, non dans l’erreur, mais dans la Vérité. »

De son côté, l’Institut Mater Boni Consilii, conformément à ses statuts, « entend représenter pour tous les fidèles qui le désirent (…) en ces temps de désorientation un instrument pour persévérer dans la fidélité absolue au dépôt de la foi révélé par Dieu et proposé par le Magistère infaillible de l’Église ».
Nous sommes certains d’avoir en Jésus-Christ, la Voie, la Vérité, la Vie, et dans l’Église catholique, colonne et fondement de la Vérité, la voie à parcourir et le rocher indestructible sur lequel s’appuyer, rocher contre lequel les portes de l’enfer ne prévaudront point.
L’Institut renouvelle donc sa profession de foi catholique, son adhésion au magistère infaillible et non réformable du Pape et de l’Église. C’est pour cela qu’il estime encore aujourd’hui que la position théologique qui décrit le mieux la situation actuelle de l’Église reste toujours celle que Mgr Guérard des Lauriers défendit publiquement, selon laquelle le Siège apostolique est vacant, formellement mais non pas matériellement, à partir de Vatican II. La résolution de cette crise ne passe pas par une solution disciplinaire comme celle demandée et obtenue par la Fraternité Saint-Pie X, mais seulement par la condamnation des nouveautés introduites par Vatican II contre l’enseignement de l’Église et sa discipline canonique et liturgique (tant pour le rite du Saint Sacrifice de la Messe, que pour les rites de tous les sacrements), et la défaite définitive de l’hérésie moderniste. Dans l’unique Église de Celui qui est la Vérité, ne peuvent cohabiter la vérité et l’erreur, la Messe catholique et le rite réformé. Nous confions cette intention à l’intercession spéciale de la Très Sainte Vierge, de saint Joseph, patron de l’Église universelle, des saints apôtres Pierre et Paul, et des saints pontifes Pie V et Pie X.


Verrua Savoia, 28 janvier 2009.


* Les canons cités font référence au code de droit canon promulgué par Benoît XV.

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